Quoique habituellement favorable à la densification et les hauteurs, c’est un peu décevant qu’on se retrouve avec une nouvelle tour sur la rive nord du boulevard Gouin. Il y a pourtant des lots qui pourraient être densifier au sud de Gouin. Ça aurait pu être une opportunité pour la ville d’ajouter une nouvelle entrée et d’agrandir le Parc-nature de l’Île-de-la-Visitation, dont la superficie et les accès sont très limitées à Montréal-Nord.
Le projet est modifié (11 étages plutôt que 15) et a été adopté en vertu de e l’article 93 de la Loi modifiant diverses dispositions législatives en matière d’habitation (PL31).
Difficile de dire si le design a été grandement modifié. L’architecte est le même cependant.
ID Permis: 3001984183 Emplacement: 3351 boulevard Gouin Est Arrondissement: Montréal-Nord Nb logements: 63 Date émission: 2026-10-01
Construire une habitation multifamiliale de 63 logements sur 11 étages, 10 cases de stationnement intérieures et une case de stationnement extérieure. Modification des deux entrées charretières existantes. Attribuer le numéro civique “3351, boul. Gouin Est”.
Dans les quartiers défavorisés comme Montréal-Nord, il semble que l’accès aux berges et les vues depuis la voie publique n’aient aucune importance aux yeux des autorités.
Les résidents aisés des tours érigent un mur qui enlaidit tout le quartier pour les moins nantis… comme si c’était voulu ?
J’ai souvent fréquenté ce parc linéaire. Mais, comme beaucoup de « parcs riverains » en banlieue, il est très étroit et invisible depuis la rue.
Une urbanisation déficiente a créé une situation où les tours (et les bungalows) bloquent la vue sur l’eau pour le public sur des kilomètres. Peut-être que les personnes défavorisées ne méritent pas de voir l’eau depuis leur maison ou leur rue ?
Dans le cas de Montréal-Nord, il semble que les autorités aient jugé plus rentable de vendre les terrains riverains à des promoteurs pour y ériger des tours monstrueuses, vendant ainsi la vue aux propriétaires de condos, de bungalows et aux résidences pour personnes âgées.
Les tours sont si hautes qu’il est difficile d’apercevoir l’eau, sauf peut-être depuis les quatre premiers étages.
Tout vendre aux riches… et laisser le moins possible à tous les autres: une philosophie qui n’est pas très durable.
Vous présumez beaucoup de mauvaises intentions ici. Est-ce que vous avez des informations historiques pour appuyer ce que vous avancez?
Ma famille vient de Rivière-des-Prairies et j’imagine que la situation était assez similaire à Montréal-Nord.
Pendant longtemps, une bonne partie des rives n’était simplement pas publique. Il y avait des maisons et des terrains privés tout le long.
Mon père me racontait que, dans les années 70, la Ville avait exproprié des terrains sur les berges pour créer un accès public à la rivière. Des maisons qui avaient auparavant un accès direct à l’eau l’ont donc perdu. Ça n’avait apparemment pas été super bien reçu à l’époque, ce qu’on peut facilement imaginer.
C’est d’ailleurs probablement ce qui explique pourquoi, à certains endroits à RDP, le parc linéaire est aussi étroit et passe littéralement dans la cour arrière de grosses maisons.
Alors c’est l’inverse : les terrains étaient privés, et la Ville a créé un parc linéaire en acquérant une partie des terrains.
Et pour précision, le lot visé par le projet dont il est question ne se rend pas à la berge.
Pendant longtemps, une bonne partie des rives n’était simplement pas publique. Il y avait des maisons et des terrains privés tout le long.
Ces espaces n’ont pas toujours été privés. Les Anishinabeg ne les ont certainement pas clôturés.
Quand les berges de la rivière sont-elles soudainement devenues des propriétés privées ? Et combien de temps encore le public laissera-t-il les promoteurs immobiliers détruire leur beauté naturelle, les vues publiques et l’accès à ces espaces ?
C’est l’une des choses qui rendent notre ville (et notre province) si laide pour ses habitants.
Les terres sont devenues probablement a l’époque des seigneuries… mais pour ce projet ici, justement la berge n’est pas privée, donc il est où le problème ? On ne peut pas construire ce qu’on veut en bordure d’un cours d’eau.
Et pour ce projet, je ne suis pas trop sûr de comprendre en quoi ce projet est choquant ? Le projet bouche un trou, et il y a une accès direct vers le parc à partir du stationnement du bâtiment voisin. De plus, tous les autres immeubles a côté, c’est pas l’île des Soeurs…
“Bouche un trou” – oui, mais un trou qui offre une vue magnifique sur la rivière depuis une rue publique.
L’obstruction des vues a rendu ce tronçon de la boulevard Gouin vraiment laid et sans intérêt pour les constructions de l’autre côté de la rue.
Ce n’est pas le bâtiment en lui-même qui me pose problème, c’est l’urbanisme absurde qui règne ici. Comment enlaidir un quartier et faire chuter la valeur des propriétés, tout en nuisant aux loisirs et à l’environnement ? Construisez au plus près de l’eau, en toute impunité.
Personne ne devrait se réjouir d’une nouvelle vue obstruée sur une rivière.
Tel qu’indiqué dans l’ordre du jour, le permis autorise la construction d’une bâtisse sur le lot 1174764 du Cadastre du Québec. Or, ce cadastre n’a aucun accès à l’eau:
Bonne nouvelle: la partie riveraine fait partie du beau parc de l’île de la Visitation, accessible au public depuis 1984.
Une piste cyclable sans arrêt la traverse (en hiver, c’est du ski de fond), et il y a beaucoup de bancs et de tables à pique-nique pour ceux qui souhaitent prendre leur temps.
Derrière le 3351, on retrouve même un terrain de bocce (jeu de boules), encore une fois, accessible au public.
Le seul changement que la bâtisse apporte, c’est la perte de vues pour les duplex du 3350 et 3352 en face (mais les vues ne sont jamais un droit acquis).
J’invite tout le monde à y faire un tour, comme je l’ai fait cette fin de semaine.