De nouveaux logements pour les itinérants dans Saint-Roch
Par Juliette Nadeau-Besse, Le Soleil
28 novembre 2025 à 04h02
L’immeuble concerné est en plein centre-ville, tout près du parvis de l’église Saint-Roch. (Jocelyn Riendeau/Archives Le Soleil)
Un nouveau projet de logements pour sortir des personnes de la rue est en branle dans Saint-Roch. Les premiers locataires doivent arriver cet hiver, avec un accompagnement 24/7.
Ce projet est en marche depuis quelques mois au CIUSSS de la Capitale-Nationale. Une quarantaine de personnes itinérantes qui vivent du vieillissement précoce pourront intégrer cet hiver un immeuble dans Saint-Roch devenu vacant au cours de l’été. Ce bâtiment comprend 28 chambres et 12 studios, qui étaient déjà subventionnés, d’où la mise en place rapide d’un projet de logements par le CIUSSS.
«C’est une opportunité extraordinaire parce qu’un projet comme celui-là, mettons qu’on voulait 40 unités dans un bâtiment, on en a pour quelques années normalement avant que ça arrive», se réjouit Frédéric Keck, directeur adjoint responsable de l’itinérance au CIUSSS.
L’objectif est d’augmenter l’offre de logements pour une population très vulnérable, qui a besoin de soutien particulier, d’une gestion tolérante et d’une grande abordabilité. Des personnes qui fréquentent déjà les refuges, par exemple, pourront s’y installer.
«L’objectif, c’est de favoriser une sortie de rue ou d’éviter une bascule à la rue.»
— Frédéric Keck, directeur adjoint responsable de l’itinérance au CIUSSS
L’immeuble concerné est en plein centre-ville, tout près du parvis de l’église Saint-Roch.
«On est proche de tous les services aussi qui sont associés à l’itinérance, comme la soupe populaire et tout ça.»
Beaucoup de services associés à l’itinérance sont déjà offerts autour du parvis de l’église Saint-Roch. (Jocelyn Riendeau/Archives Le Soleil)
Ouverture à l’hiver
Comme les besoins sont pressants en itinérance, le CIUSSS espère ouvrir les premières chambres dès que possible, même s’il faut ouvrir graduellement.
«On n’attendra pas d’avoir le projet parfait pour se lancer dans ce projet-là», fait valoir Frédéric Keck. «Il y a quand même une urgence d’agir, puis on a un bâtiment qui est disponible rapidement.»
Comme les logements sont subventionnés, les locataires paieront un loyer à la hauteur de 25% de leurs revenus.
«Ça veut dire que même quelqu’un qui aurait un chèque d’aide sociale de base serait capable d’être dans ce projet-là», félicite Frédéric Keck.
Les locataires pourront aussi choisir de débourser pour un service alimentaire abordable et d’entretien ménager à même leur immeuble.
La clientèle visée est essentiellement des personnes de 45 ans et plus, mais la sélection se voudra «inclusive». Il n’y aura pas durée maximale pour y habiter.
Le bâtiment est aussi muni d’une cour intérieure, d’un fumoir et d’une cuisine industrielle. De quoi permettre un véritable espace de vie sécuritaire, pour se poser ailleurs que dans la rue.
Accompagnement 24/7
Les 40 unités sont destinées à des personnes vivant un vieillissement prématuré, entre autres en raison d’un passage à la rue, où la santé tend à se dégrader plus rapidement.
Frédéric Keck coordonne les projets en itinérance pour le CIUSSS de la Capitale-Nationale. (Frédéric Matte/Archives Le Soleil)
«Ça peut être des gens de 45, 50, 55 ans, mais qui vont avoir des enjeux physiques qui sont plus de l’ordre de 75, 80, 85 ans», explique Frédéric Keck.
Ces personnes n’ont pas les moyens de vivre en résidence privée, ne se qualifient pas nécessairement pour un CHSLD, et ont trop de besoins pour les organismes communautaires débordés.
Le CIUSSS prévoit donc un accompagnement 24 heures sur 24 dans son immeuble, ce qui permettra une vigie sur la santé, la sécurité et la dynamique des locataires.
«On sait qu’il y a des gens qui sont à la rue présentement, pour lesquels il y en a peu ou pas d’alternatives adaptées à leur réalité. On souhaite que ça devienne une solution adaptée à cette réalité-là.»
— Frédéric Keck, directeur adjoint, Partenariats et itinérance au CIUSSS de la Capitale-Nationale.
Un appel d’intérêt a été lancé la semaine dernière pour trouver les bons OBNL avec qui collaborer sur le projet. Des organismes qui œuvrent déjà dans l’habitation et l’accompagnement de personnes itinérantes, et même dans l’alimentation, peuvent manifester leur intérêt d’ici le 10 décembre.
Après cette date, les partenariats pourront être ficelés entre le CIUSSS et les partenaires choisis.
L’enveloppe budgétaire que le CIUSSS consacre à ce projet d’habitation sera précisée après la conclusion d’une entente avec les organismes partenaires.



