Le prix du tramway de Québec sera connu autour du 22 novembre
Ville de Québec Modélisation du projet de tramway et de la station Maguire, à la hauteur du boulevard René-Lévesque
Sébastien Tanguay
24 octobre 2023
Le gouvernement et même la Ville de Québec ne connaîtront pas le prix du tramway avant la troisième semaine de novembre. Les consortiums en lice ont jusqu’au 2 novembre pour déposer leurs offres, mais il faudra de 14 à 21 jours pour en valider la conformité.
Pendant ce temps, personne n’aura l’autorisation légale d’ouvrir les enveloppes pour jeter un coup d’oeil au coût des propositions. « Nous visons à peu près le 22 ou le 23 novembre pour avoir l’étude de conformité complétée et savoir si les consortiums ont mis tous les documents et s’ils ont répondu aux exigences », a indiqué le maire de la capitale, Bruno Marchand. Ce n’est qu’au terme de cet exercice que la Ville pourra prendre connaissance de la facture, grande inconnue dans ce dossier.
L’administration Marchand aura alors trois options.
Elle pourrait entamer de longues négociations avec le consortium privilégié pour faire baisser le prix. C’est la voie que la Ville avait choisie dans l’octroi du contrat de fabrication des rames à Alstom, qui s’est soldé par un bond de 43 % par rapport au coût initialement estimé. Si elle décidait de négocier, l’attente avant l’annonce du coût final s’avérerait plus longue encore, car le cadre juridique intimerait le silence aux parties. « Tant que nous ne serons pas très avancés dans les négociations , nous ne pourrons pas parler du prix », a précisé le maire.
Deuxième option : si les factures des soumissionnaires ne font pas l’affaire de la Ville, celle-ci pourrait décider de ne pas poursuivre l’aventure avec les consortiums et de privilégier la mise en branle d’un plan B mûri « depuis des mois ». « Nous ne voulons pas nous retrouver le bec à l’eau, nous ne voulons pas n’avoir aucune option dans les mains et devoir recommencer à partir de rien », a expliqué Bruno Marchand. L’été dernier, devant la flambée annoncée des coûts liés au tramway, l’élu avait évoqué la possibilité que la Ville prenne sous sa responsabilité une partie du volet infrastructures qui reste à octroyer.
La troisième option consiste à décacheter une soumission au prix acceptable d’emblée et à aller de l’avant sans autre forme de cérémonie. Aux yeux du maire, cette option s’avère la moins probable. « Si ça arrive, je vais être très content, a souligné Bruno Marchand. Maintenant, quand je regarde les discussions que nous avons eues avec Alstom, je pense plus que nous risquons plus d’avoir un dépôt pour lequel nous devrons négocier. »
Ce n’est qu’après l’ouverture des enveloppes que la Ville communiquera avec le ministère des Transports, la Société québécoise des infrastructures et « l’ensemble des parties prenantes, notamment le gouvernement fédéral », pour présenter le détail des sommes à débourser.
Le gouvernement de la Coalition avenir Québec, principal bailleur de fonds du tramway, dit soutenir le projet tant qu’il se réalise à un « coût raisonnable ». L’aval du Conseil des ministres demeure nécessaire pour que le projet aille de l’avant.
Le maire n’exclut pas qu’une durée excessive de la phase d’octroi du contrat des infrastructures puisse imposer le report de la première pelletée de terre. Une signature hypothétique en mai, par exemple, pourrait compromettre la première saison de construction. « Une fois le contrat signé, il faut que les chantiers se mettent en marche, explique le maire. Ça veut dire recruter, ça veut dire travailler tout le cahier de charges déposé dans le cadre des devis techniques… Je ne suis pas expert, mais si ça va juste en mai, je pense que nous risquons de perdre une saison. »
Bruno Marchand espère que la signature surviendra « le plus vite possible ». En même temps, conclut-il, « si nous n’avons pas le bon prix, ça ne sert à rien de partir trop vite ».
