TramCité (Tramway de Québec)

[EN IMAGES] Moins de fils qu’avant et une plateforme déjà visible: voici comment le tramway changera le visage de Québec

Le paysage à l’intersection Maguire René-Lévesque, une fois le tramway implanté. Plusieurs fils ont été enfouis. Il reste les deux fils pour le tramway et les fils transversaux. VILLE DE QUÉBEC

STÉPHANIE MARTIN
Vendredi, 23 juin 2023 00:00
MISE À JOUR Vendredi, 23 juin 2023 00:00

Les fils et la plateforme du futur tramway, deux sujets qui alimentent les passions dans le débat public. Québec sera-t-elle tapissée d’une toile de fils et séparée en deux par une plateforme infranchissable? Le Journal s’est entretenu avec deux experts du Bureau de projet pour y voir plus clair.

Stevens LeBlanc/Journal de Québec

Stevens LeBlanc/Journal de Québec

Stevens LeBlanc/Journal de Québec

Stevens LeBlanc/Journal de Québec

Vous pouvez déjà voir la plateforme du tramway

La plateforme du tramway qui a fait tant jaser depuis des mois est déjà dans le paysage, et on peut la voir sur un segment du tracé, à Sainte-Foy.

Les experts du Bureau de projet déplorent véhiculée par certains opposants au projet du fait que la plateforme du tramway «coupera la ville en deux». Or, on peut aller constater de visu ce qu’elle représente réellement, en hauteur et en largeur, sur une section du chemin des Quatre-Bourgeois.

En effet, lorsqu’on a refait le viaduc qui circule au-dessus de l’autoroute Henri-IV, on a déjà conçu et aménagé la dalle de béton qui accueillera le tramway, au centre de la chaussée, explique Benoît Carrier directeur de la division de la conception et de l’intégration, au Bureau de projet du tramway de Québec.

Pour l’observateur distrait, cela ressemble à n’importe quel terre-plein. Sa hauteur est de 15 cm, ou environ la hauteur d’un téléphone cellulaire.

En ce moment, elle est en partie gazonnée et en partie recouverte d’asphalte. C’est temporaire, confirme M. Carrier. Elle est bel et bien conçue pour accueillir les rails du tramway et des rames qui circuleront dans chaque direction. «La largeur complète de l’emprise sur le viaduc est prévue en fonction de la géométrie du tramway. La sous-fondation permet de supporter le véhicule.»

À certains endroits dans la ville, la plateforme sera moins haute. Par exemple, dans le secteur de l’avenue Cartier, elle aura 5 cm de haut, en raison de l’aménagement d’une voie partagée entre les automobilistes, les cyclistes et les piétons.

Les fils existants seront enfouis

Actuellement, sur près du tiers du tracé du tramway (7,2 km sur 19,3 km), des fils électriques aériens paraissent dans le paysage. «Avec le tramway, on vient enfouir ça», confirme Benoît Carrier, directeur de la conception, au Bureau de projet du tramway. Résultat: il y aura moins de fils le long de la voie publique. Ce sera particulièrement notable sur René-Lévesque et dans Limoilou, où les réseaux filaires sont au-dessus de la voie publique. Le tramway, quant à lui, nécessite un fil électrifié fin de 1,5 cm de diamètre dans chaque direction et des câbles transversaux de soutien qui seront reliés aux poteaux d’éclairage, installés tous les 40 mètres. Sur 88% du tracé, ces poteaux seront les seuls nécessaires. Les poteaux de bois vont donc disparaître aussi. «Ce sera beaucoup plus intégré et esthétique. Les poteaux seront moins lourds et moins imposants», illustre M. Carrier.

Le paysage à l'intersection Maguire René-Lévesque, une fois le tramway implanté. Plusieurs fils ont été enfouis. Il reste les deux fils pour le tramway et les fils transversaux.

Sur le boulevard René-Lévesque, près de Maguire, les fils sont présents dans le paysage, notamment des traverses triphasées. Ils disparaîtront avec l’arrivée du tramway. STEVENS LEBLANC/JOURNAL DE QUEBEC

Le paysage à l'intersection Maguire René-Lévesque, une fois le tramway implanté. Plusieurs fils ont été enfouis. Il reste les deux fils pour le tramway et les fils transversaux.

L’état actuel à l’intersection de René-Lévesque et Maguire, avec des fils et des poteaux électriques. VILLE DE QUÉBEC

Le paysage à l'intersection Maguire René-Lévesque, une fois le tramway implanté. Plusieurs fils ont été enfouis. Il reste les deux fils pour le tramway et les fils transversaux.

Le paysage à l’intersection Maguire René-Lévesque, une fois le tramway implanté. Plusieurs fils ont été enfouis. Il reste les deux fils pour le tramway et les fils transversaux. VILLE DE QUÉBEC

Contrer la désinformation

«Il n’y aura pas de toile d’araignée de fils» à Québec, martèle le directeur de la conception du tramway, Benoît Carrier. Il déplore la «désinformation» qui circule. Comme ces photos de systèmes de transport ailleurs dans le monde qui prétendent montrer la situation qui prévaudra à Québec. Les entrecroisements de fils aux carrefours, c’est pour des réseaux où plusieurs lignes se croisent, corrige-t-il. À Québec, avec une seule ligne de tramway, ce ne sera pas le cas. Et même en ajoutant d’autres lignes, on ne verra pas cette configuration, ajoute-t-il, puisque des jonctions sont prévues aux pôles d’échange. De plus, on a porté une attention particulière à ne pas placer les poteaux au centre de la plateforme, pour ne pas masquer le paysage, mais plutôt à utiliser les poteaux d’éclairage qui seront implantés derrière les trottoirs. La tension à 750 volts permet aussi l’utilisation de fils plus fins que ceux nécessaires pour un train léger alimenté par un courant de 1500 volts.

Le paysage à l'intersection Maguire René-Lévesque, une fois le tramway implanté. Plusieurs fils ont été enfouis. Il reste les deux fils pour le tramway et les fils transversaux.

On voit ici l’intersection Murray-René-Lévesque, où on aperçoit les deux fils du tramway ainsi qu’un fil de soutien transversal. VILLE DE QUÉBEC

Des images calibrées avec précision

Les images et vidéos du tramway, des maquettes trafiquées pour embellir la réalité? Les spécialistes du Bureau de projet ont entendu souvent cette critique et assurent qu’au contraire, les citoyens peuvent se fier sur les images du futur tramway. Dans leurs communications avec le public, ils veulent montrer la représentation la plus fidèle de l’insertion du tramway dans le paysage des différents quartiers. Pour ce faire, les images sont élaborées avec le plus grand niveau de précision possible, informe Benoît Carrier. «Tout ce qu’on voit dans la vidéo, 100% de ces images et de la vidéo, c’est issu de nos plans de référence et de conception qu’on a réalisés pour l’ensemble du système de tramway». Des architectes, des ingénieurs mécaniques civils, forestiers et électriques et des urbanistes «ont travaillé ensemble pour arriver à ce résultat» où le «moindre détail» a été étudié.

Le paysage à l'intersection Maguire René-Lévesque, une fois le tramway implanté. Plusieurs fils ont été enfouis. Il reste les deux fils pour le tramway et les fils transversaux.

Les experts du Bureau de projet assurent que les images du tramway sont représentatives de la réalité. VILLE DE QUÉBEC

L’hiver, ça va fonctionner, promet-on

«Ce n’est pas la neige et le froid, le problème, c’est le verglas», soutient Benoît Carrier. Il explique que le choix des fils pour alimenter le tramway vient avec la gestion de la glace qui peut se former en hiver. Mais tout sera prévu pour y faire face et pour éviter les interruptions de service, souligne le Bureau de projet. D’abord, lorsque les prévisions annonceront du verglas, on va «agir en amont» pour dégager les fils de la couche glacée. Le pantographe, qui est l’équipement qui assure le contact du tramway avec le fil d’alimentation, sera équipé d’un racloir, pour chasser la glace, précise M. Carrier. Aussi, on va augmenter la fréquence de circulation des rames, ce qui permettra de limiter la formation de glace sur le câble.

Le paysage à l'intersection Maguire René-Lévesque, une fois le tramway implanté. Plusieurs fils ont été enfouis. Il reste les deux fils pour le tramway et les fils transversaux.

En hiver, un racloir sera ajouté au pantographe, qui est en contact avec le fil d’alimentation du tramway, afin de retirer la glace, en cas de verglas. VILLE DE QUÉBEC

Les fils, plus fiables que l’alimentation par le sol

Dans certaines villes comme Bordeaux, le tramway est alimenté par le sol dans la partie historique. À Québec, on a écarté cette option en raison du climat, explique Benoit Sechet, responsable systèmes à Systra Canada, qui travaille au sein du Bureau de projet. Il a aussi participé à la mise en service du tramway de Bordeaux. «Ici, à Québec, le sujet du climat est un élément essentiel dans la réflexion pour choisir le mode d’alimentation. Les quelques épisodes très rares [de neige ou de verglas] qu’on peut avoir à Bordeaux, tout de suite on a des arrêts de service.» À Québec, on a exigé un système qui a fait ses preuves dans des milieux similaires et qui peut résister aux accumulations de neige, au sel déglaçant, aux abrasifs et au verglas. «C’est notre ligne principale, la colonne vertébrale, on ne peut pas la rendre vulnérable aux aléas de la météo», a soumis Benoît Carrier. C’est pourquoi l’alimentation par fil aérien, en jargon «ligne aérienne de contact», a été choisie.

Le paysage à l'intersection Maguire René-Lévesque, une fois le tramway implanté. Plusieurs fils ont été enfouis. Il reste les deux fils pour le tramway et les fils transversaux.

À Bordeaux, il n’y a pas de fils dans le centre historique, où le tramway est alimenté en électricité par le sol. On voit ici le maire de Québec, Bruno Marchand, en mission dans la ville française en avril dernier. PHOTO STÉPHANIE MARTIN

https://www.journaldequebec.com/2023/06/23/implantation-du-tramway--moins-de-fils-quavant-sur-plusieurs-troncons

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