Tout d’abord ceci était une réponse au fait que certains, dont moi-même, semblent critiquer trop durement notre PM, et non une crainte de censure:
Je rappellais que c’est le jeu de la démocratie. Si certains n’aiment pas être critiqué durement, ok fine! Change de carrière…
Ce n’est pas moi qui a fait la caricature des gens et de nos politiciens, c’est eux-mêmes qui ont poussé la caricature avec le mouvement “Elbows Up”. Je n’ai pas créé ce mouvement. Je critique le fait que tout le monde était si confiant au départ l’an dernier qu’on allait pouvoir tenir tête à Trump et aux américains, que nous allions pouvoir tirer notre épingle du jeu en lançant des contre-tarifs. Mais finalement, le ballon s’est dégonflé…
Dès le départ, même si la politique américaine des tarifs était ridicule et désorganisée, même plus que caricaturale, je trouvais, et je voyais correctement, qu’on ne faisait que, du côté canadien, rajouter davantage dans le ridicule et que ce n’était au final qu’une stratégie pour regagner le pouvoir et avoir une majorité, tout en faisant oublier tout nos autres problèmes internes causés par nos propres choix et politiques. Si Trump n’avait pas été réélu, certainement les Libéraux fédéraux n’auraient pas été réélus non plus. Ce qui m’amène au prochain point:
Fier? Non, j’essaye de rester pragmatique tout restant le plus critique possible.
Et la raison est aussi personnelle car j’ai vu ce qui est déjà arrivé à un membre de ma famille en rejoignant un mouvement politique, c’était à l’époque de la vague orange en 2011: il s’était donné corps et âme en tant que volontaire pour que plusieurs membres du NPD puissent être élus au Québec. Et après l’élection fédérale et la mort de Jack Layton, lorsqu’il a eu une position qui différait un peu de la majorité du groupe, il s’est fait poignardé par le derrière, rejeté. Évidemment, ça l’a rendu aussi cynique et il s’est réorienté ailleurs, rien à voir avec la politique. Et j’ai pu aussi voir comment ces activistes politiques se comportent derrière des portes closes car j’avais aussi la carte de membre du NPD à l’époque: de vrais serpents! Bien qu’ils vont toujours montré le sourire en public. Il n’y a pas de fidélité, ni de loyauté et encore moins d’ouverture à des opinions différentes en politique, il y a seulement des intérêts et des gains. La politique est une géante boîte et dès qu’on sort de la boîte, on se fait écrasé facilement. Et ce n’est pas seulement le NPD, c’est aussi certainement les Conservateurs et les Libéraux.
Donc c’est pour cette raison que je me méfie toujours des mouvements populaires, car on peut toujours manquer les nuances et les angles morts. Les gens parfois n’adoptent pas un regard suffisamment critique, surtout lorsqu’il s’agit de mouvements populaires et peuvent facilement se laisser emporter par les sourires et les slogans. Mais je pense aussi que c’est dans la nature des choses, car on cherche souvent un sentiment d’appartenance. D’ailleurs je conseille de lire les essais de Jean-Jacques Pelletier, écrivain et philosophe québecois, l’un de ses ouvrages décrit bien ce qu’est la politique: c’est plus souvent une guerre d’images qu’une guerre de substance.
D’ailleurs, une autre preuve que les gens peuvent facilement se laisser emporter par des mouvements on n’a qu’à regarder ce qui se passe au niveau de la politique provinciale: maintenant que François Legault est parti et que c’est Christine Fréchette qui est PM, la CAQ a remonté dans les sondages, certes pas suffisamment pour être réélue, mais quand même. Maintenant qu’elle est PM, on tente de faire passer le message qu’elle est bonne, notamment dans les médias et en public. Mais lorsque Christine Fréchette est incapable de dire quel est le montant de la dette publique au Québec, des commentateurs, dont Antonine Yaccarini, disent à quel point c’est une question piège et qu’on la juge trop sévèrement.
Euh… Excusez-moi? Je sais que la dette publique du Québec est énorme, mais on doit au moins avoir une idée de l’ordre de grandeur. Vous êtes PM du Québec, vous êtes aussi responsable des finances publiques de l’état québecois. Lorsque je gère mes finances et que mon conseiller me demande quel est le montant de ma dette sur la carte de crédit, je devrais être capable de dire un montant plus ou moins approximatif, je sais que c’est impossible de connaître le montant exact à 100% jusqu’au derniers cents.
Si les politiciens pensent qu’on les juge trop sévèrement, bah, ils ont le choix: ils peuvent démissionner, ou ne pas se représenter aux élections. Vous êtes élus pour faire la job que le peuple vous a confié…