Relations Canada–USA - Politique et commerce

Vous savez bien que cela prendra plusieurs décennies pour pivoter nos marchés et chaînes d’approvisionnement n’est-ce-pas? La majorité de nos infrastructures, chaînes d’approvisionnement, réglementations, entreprises, sans compter des milliers d’autres aspects et points (notamment d’autres aspects comme les barrières linguistiques et normalisation des standards et normes pour la fabrication des produits, lois environnementales, etc.) ont été conçues vers le marché américain qui représente près de 80% de nos exportations canadiennes. Cela ne se fera pas en 10 ans.

Et vers quels autres marché on pense se tourner? La Chine? L’Europe?

La Chine oubliez ça, ils sont en surplus de production, ils veulent seulement vendre leurs propres produits manufacturiers. On parvient seulement à exporter davantage de produits agricoles et du bois en échange de voitures électriques qui se vendent pour une bouchée de pain au détriment de nos propres industries automobiles au Canada…

L’Europe? Il va falloir construire plusieurs infrastructures tels que les ports et les routes, et ça coûtera plus cher d’exporter par navires à travers l’océan que par camions et trains vers les États-Unis…

Où sont les partisans du mouvement “Elbows Up” qui disaient que le bon banquier parviendra à sauver les meubles?

D’un côté, on critique des changements systémiques, parce qu’ils prendront du temps.

De l’autre, on se moque des gens qui ont confiance dans l’approche, parce que celle-ci n’a pas encore transformé l’économie canadienne, en quelques mois.

Je pense qu’on veut juste se plaindre de Carney, peu importe l’approche de l’enjeu.

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Je n’ai pas dit que c’était simple ou rapide.

10 ans laisse le temps d’engager en profondeur une transition. Je ne dis pas qu’on va passer de 75 à 40 ou 50% d’exportations vers les US en 10 ans.

À ce que je sache, on est encore en démocratie et on peut ouvertement critiquer nos leaders politiques, n’est-ce pas?

D’ailleurs, je suis aussi critique envers Carney que je l’étais pour Justin Trudeau, François Legault ou Stephen Harper, peu importe la couleur politique. L’objectif d’ouvertement poser des questions et de critiquer nos leaders font parti de la “game” de la démocratie et de les rendre imputables de leurs décisions et choix, sinon rien ne peut avancer dans la bonne direction. Et c’est les citoyens ordinaires, dont nous faisons parti, qui en paient le prix. Et dans le cas de l’ACEUM, les enjeux sont gigantesques.

Je le répète à nouveau aussi ici: mais je suis du genre à ne pas me laisser emporter facilement dans le “band-wagon” contrairement aux partisans ou aux fidèles de tel ou tel parti politique ou idéologie. Car la fidélité peut se retourner facilement contre soi, j’ai déjà vu cela avec l’un de mes proches. Mais bon, la réalité est que ces jours-ci, les citoyens n’aiment pas trop poser de questions et finissent toujours par devenir des dindons de la farce au bout du compte…

Vraiment? Tu t’offusques que j’embarque dans ce débat, sous le couvert d’une crainte à la censure, parce que je remets une position en question?

Je suis peut-être un dindon bien farci, mais tu as été incapable de clarifier ta position, face à un questionnement qui semble si important dans le débat public. Je trouve que tu critiques souvent les positions des gens, en leur donnant une position assez caricaturale à mon avis, plutôt que de développer une critique d’une politique.

Je ne sais pas exactement ce que tu critiques, ou ce que tu proposes ici, et je souligne ce qui me semble être une contradiction. Pourquoi attaquer le support des gens sur certaines positions, en raison de l’absence de résultat transformatif en ce moment, après avoir argumenté que ces changements ne se font que sur le long terme? Est-ce que ces politiques sont mauvaises parce qu’elles prennent du temps, sont risquées, ou sont difficiles?

Je n’en sais rien, je sais juste que tu es fier de rejeter les étiquettes, et que tu as une opinion bien faible des gens qui expriment un accord avec une position populaire.

On sait bien qu’il faudra du temps, probablement beaucoup de temps, mais le mouvement est amorcé et la leçon bien notée. Nous devons orienter nos échanges commerciaux vers de nouveaux partenaires, tout en évitant de continuer à dépendre aussi exclusivement des USA. D’ailleurs avant l’arrivée de Trump ce questionnement n’était pas aussi pertinent. Mais le président américain a tout chamboulé. Cependant c’est son dernier mandat et je présume que les Démocrats reprendront le pouvoir une fois Trump retourné dans ses quartiers.

Après on peut présumer qu’il deviendra plus aisé de négocier avec un prochain président plus pragmatique, moins extrémiste et moins erratique dans ses décisions.

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Tout d’abord ceci était une réponse au fait que certains, dont moi-même, semblent critiquer trop durement notre PM, et non une crainte de censure:

Je rappellais que c’est le jeu de la démocratie. Si certains n’aiment pas être critiqué durement, ok fine! Change de carrière…

Ce n’est pas moi qui a fait la caricature des gens et de nos politiciens, c’est eux-mêmes qui ont poussé la caricature avec le mouvement “Elbows Up”. Je n’ai pas créé ce mouvement. Je critique le fait que tout le monde était si confiant au départ l’an dernier qu’on allait pouvoir tenir tête à Trump et aux américains, que nous allions pouvoir tirer notre épingle du jeu en lançant des contre-tarifs. Mais finalement, le ballon s’est dégonflé…

Dès le départ, même si la politique américaine des tarifs était ridicule et désorganisée, même plus que caricaturale, je trouvais, et je voyais correctement, qu’on ne faisait que, du côté canadien, rajouter davantage dans le ridicule et que ce n’était au final qu’une stratégie pour regagner le pouvoir et avoir une majorité, tout en faisant oublier tout nos autres problèmes internes causés par nos propres choix et politiques. Si Trump n’avait pas été réélu, certainement les Libéraux fédéraux n’auraient pas été réélus non plus. Ce qui m’amène au prochain point:

Fier? Non, j’essaye de rester pragmatique tout restant le plus critique possible.

Et la raison est aussi personnelle car j’ai vu ce qui est déjà arrivé à un membre de ma famille en rejoignant un mouvement politique, c’était à l’époque de la vague orange en 2011: il s’était donné corps et âme en tant que volontaire pour que plusieurs membres du NPD puissent être élus au Québec. Et après l’élection fédérale et la mort de Jack Layton, lorsqu’il a eu une position qui différait un peu de la majorité du groupe, il s’est fait poignardé par le derrière, rejeté. Évidemment, ça l’a rendu aussi cynique et il s’est réorienté ailleurs, rien à voir avec la politique. Et j’ai pu aussi voir comment ces activistes politiques se comportent derrière des portes closes car j’avais aussi la carte de membre du NPD à l’époque: de vrais serpents! Bien qu’ils vont toujours montré le sourire en public. Il n’y a pas de fidélité, ni de loyauté et encore moins d’ouverture à des opinions différentes en politique, il y a seulement des intérêts et des gains. La politique est une géante boîte et dès qu’on sort de la boîte, on se fait écrasé facilement. Et ce n’est pas seulement le NPD, c’est aussi certainement les Conservateurs et les Libéraux.

Donc c’est pour cette raison que je me méfie toujours des mouvements populaires, car on peut toujours manquer les nuances et les angles morts. Les gens parfois n’adoptent pas un regard suffisamment critique, surtout lorsqu’il s’agit de mouvements populaires et peuvent facilement se laisser emporter par les sourires et les slogans. Mais je pense aussi que c’est dans la nature des choses, car on cherche souvent un sentiment d’appartenance. D’ailleurs je conseille de lire les essais de Jean-Jacques Pelletier, écrivain et philosophe québecois, l’un de ses ouvrages décrit bien ce qu’est la politique: c’est plus souvent une guerre d’images qu’une guerre de substance.

D’ailleurs, une autre preuve que les gens peuvent facilement se laisser emporter par des mouvements on n’a qu’à regarder ce qui se passe au niveau de la politique provinciale: maintenant que François Legault est parti et que c’est Christine Fréchette qui est PM, la CAQ a remonté dans les sondages, certes pas suffisamment pour être réélue, mais quand même. Maintenant qu’elle est PM, on tente de faire passer le message qu’elle est bonne, notamment dans les médias et en public. Mais lorsque Christine Fréchette est incapable de dire quel est le montant de la dette publique au Québec, des commentateurs, dont Antonine Yaccarini, disent à quel point c’est une question piège et qu’on la juge trop sévèrement.

Euh… Excusez-moi? Je sais que la dette publique du Québec est énorme, mais on doit au moins avoir une idée de l’ordre de grandeur. Vous êtes PM du Québec, vous êtes aussi responsable des finances publiques de l’état québecois. Lorsque je gère mes finances et que mon conseiller me demande quel est le montant de ma dette sur la carte de crédit, je devrais être capable de dire un montant plus ou moins approximatif, je sais que c’est impossible de connaître le montant exact à 100% jusqu’au derniers cents.

Si les politiciens pensent qu’on les juge trop sévèrement, bah, ils ont le choix: ils peuvent démissionner, ou ne pas se représenter aux élections. Vous êtes élus pour faire la job que le peuple vous a confié…

Éditoriaux

Pas d’entente avec Trump, et après ?

Vents violents, pluies torrentielles, éclairs… Ce n’est pas une simple tempête passagère qui a gâché la fête du Canada cette semaine. L’orage qui a forcé l’annulation des célébrations à Ottawa s’est vite dissipé. Mais le climat commercial en Amérique du Nord restera lourd à cause du refus du président américain Donald Trump de renouveler l’accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM), dont nous avons eu la confirmation le 1er juillet.

L’accord de libre-échange reste en vigueur pendant encore 10 ans, à moins que les pays s’entendent pour le prolonger. Mais d’ici là, des renégociations annuelles feront en sorte que l’incertitude deviendra la norme, ce qui est dommageable en soi.

Trump le sait. Il cherche à nous affaiblir pour faire un maximum de gains. Pourquoi conclure une entente formelle quand il peut nous laisser dans le flou et exiger sans cesse de nouvelles concessions avant même de s’asseoir à la table de négociation ?

Déjà, le Canada a plié sur plusieurs fronts. Il y a un an, le premier ministre Mark Carney a annulé la taxe sur les services numériques. Ce geste de bonne volonté n’a aucunement favorisé les pourparlers. Ni les efforts déployés pour répondre aux doléances américaines sur le fentanyl. Ni le recul sur le contenu local exigé des diffuseurs en ligne. Ni quoi que ce soit.

Trump en demande toujours davantage, sans jamais rien céder en retour. Il répète ses menaces de faire du Canada son 51e État, tout en affirmant que les États-Unis n’ont pas besoin de nous.

Si c’était vraiment le cas, le président américain pourrait se retirer carrément de l’ACEUM, en donnant un préavis de six mois. Mais il se buterait à l’opinion publique, aux entreprises américaines et aux élus du Congrès.

Maintenir l’ACEUM fait son affaire. Cela lui évite d’imposer des droits de douane généralisés sur les importations canadiennes, y compris le pétrole, ce qui hausserait le coût de la vie des ménages américains. Pour lui, il est plus utile d’imposer des droits sectoriels sur les industries qu’il veut rapatrier aux États-Unis, comme l’automobile et l’aluminium.

De toute façon, des changements majeurs à l’ACEUM nécessiteraient l’aval du Congrès, un exercice périlleux. Alors Trump semble plutôt vouloir superposer à l’entente tripartite des « protocoles » séparés avec le Canada et le Mexique. De cette façon, il divise pour mieux régner.

(…)

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Les USA ont juste à enlever les tarifs douaniers sur les produits du Canada

Pas besoin d’enquête pour ça

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Texte de la Presse candienne

Une élue républicaine du Congrès de New York a annoncé le dépôt d’un projet de loi visant à contraindre le représentant américain au Commerce à enquêter sur les provinces canadiennes qui refusent d’acheter de l’alcool américain.

Il est inacceptable que les provinces canadiennes prennent en otage les vignobles, les brasseries et les distilleries des États-Unis, a déclaré Claudia Tenney dans un communiqué de presse lundi. Les vignobles, les brasseries, les distilleries et les autres producteurs de boissons des États-Unis méritent un accès équitable aux marchés canadiens, et non un traitement discriminatoire de la part de l’un de nos plus proches partenaires commerciaux. Mme Tenney a indiqué qu’elle présenterait lundi à la Chambre des représentants la Combating Attacks on our National Alcoholic Drinks by Allies Act (loi visant à lutter contre les attaques menées par nos alliés contre nos boissons alcoolisées nationales), également appelée CANADA Act, afin de déclencher une enquête en vertu de l’article 301 de la loi sur le commerce de 1974.

Si cette enquête révélait des pratiques commerciales déloyales, les États-Unis pourraient riposter en imposant des droits de douane ou d’autres restrictions à l’importation.
[…]

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