Avec sa nouvelle stratégie industrielle de la défense, Ottawa souhaite se défaire de sa dépendance aux produits américains et porter à 70 % la part des acquisitions de matériel canadien d’ici 10 ans, ce qui permettrait de créer 125 000 emplois.
Actuellement, environ 75 % des acquisitions de défense proviennent des États-Unis.
Le gouvernement fédéral devait présenter sa nouvelle stratégie de la défense cette semaine, mais la présentation a été repoussée à mardi, à cause de la fusillade à Tumbler Ridge, en Colombie-Britannique.
Le développement du secteur de la défense offre la possibilité au Canada d’investir dans des industries menacées par les tarifs imposés par l’administration Trump, comme l’acier et l’aluminium, explique le rapport de la stratégie nationale dont Radio-Canada a obtenu copie.
Cette stratégie de 6,6 milliards $ permettra de créer 125 000 nouveaux emplois au profit de l’économie canadienne. En ce moment, le secteur de la défense génère 81 000 emplois, peut-on lire dans le rapport.
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Quand les agents de ICE ne savent pas reconnaître une personne autochtone
Voyage aux États-Unis | Nouvelles recommandations pour les membres des Premières Nations
Le gouvernement fédéral a mis à jour ses conseils aux voyageurs pour les États-Unis, exhortant les membres des Premières Nations à se munir d’un passeport en plus de leur carte de statut lorsqu’ils traversent la frontière.
Avant cette semaine, le site internet du gouvernement indiquait que les membres des Premières Nations pouvaient entrer « librement » aux États-Unis à des fins d’emploi, d’études, de retraite, d’investissement ou d’immigration.
La chef nationale de l’APN, Cindy Woodhouse Nepinak, a confirmé qu’au moins un membre des Premières Nations avait récemment eu une mauvaise expérience avec la police fédérale de l’immigration, l’ICE, et que cette personne était depuis revenue au Canada.
Cette affaire a incité l’organisme de défense des droits à publier une déclaration avertissant les membres des Premières Nations de s’assurer qu’ils disposent des documents et pièces d’identité appropriés lorsqu’ils traversent la frontière.
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Les tarifs de Trump sont illégaux. Je ne crois pas que cela concerne certains tarifs sectoriels, mais ça enlève l’outil préféré du président pour faire pression sur l’entièreté de la planète.
Trump ne sera pas content. Les prochains jours vont être intéressants, et probablement acrimonieux.
La Cour suprême des États-Unis a annulé vendredi les droits de douane dits « réciproques » de Donald Trump instaurés en avril dernier à l’encontre de la plupart des partenaires commerciaux de Washington.
La plus haute juridiction des États-Unis a estimé que le président américain n’avait pas le droit d’invoquer une loi de 1977, l’IEEPA (International Emergency Economic Powers Act), pour imposer des droits de douane sans l’approbation du Congrès.
La décision, rendue avec une majorité de six juges contre trois, concerne les droits de douane présentés comme réciproques par le gouvernement américain, mais pas ceux appliqués à des secteurs d’activités particuliers, comme l’automobile ou l’acier et l’aluminium.
Selon le président de la Cour suprême John Roberts, le président des États-Unis doit justifier d’une autorisation du Congrès claire la mise en place de tels droits de douane.
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C’est la crédibilité du plan économique de Trump qui est discrédité par la plus haute cour des USA. Une conséquence qui aura des répercussions politiques majeures tout autant aux USA que dans le monde. Un camouflet magistral qui tombe sur l’égo surdimensionné du président, dont l’étoile pâlit subitement et qui sera probablement le début de sa descente aux enfers, notamment pour les élections de mi-mandat.
Mais le pire sera la réaction des pays malmenés par les droits de douanes qui voudront certainement obtenir réparation. Un cauchemar pour Trump qui voit son château de cartes s’écrouler et son ascendant dans le monde s’affaiblir considérablement, surtout qu’il n’y aura pas de pitié du côté de ses anciens alliés ,tout comme ses nombreux ennemis.
Nous avons remporté une « victoire », mais pas la « bataille », dit Doug Ford
La décision de la Cour suprême des États-Unis invalidant certains tarifs douaniers du président Donald Trump constitue une « victoire importante », affirme le premier ministre ontarien, Doug Ford. Il ajoute toutefois que « la bataille n’est pas encore terminée ».
“Nous devons surveiller la réaction de la Maison-Blanche”, commente M. Ford dans un message publié sur X (anciennement Twitter).
Donald Trump a déjà qualifié la décision de “honte”, et doit prendre la parole plus tard cet après-midi.
“Nous devons poursuivre la lutte contre les tarifs douaniers sur l’automobile, l’acier, l’aluminium et les produits forestiers, qui demeurent en vigueur et continuent de pénaliser nos travailleurs”, affirme le premier ministre Ford.
Le syndicat Unifor, qui représente entre autres des travailleurs dans le secteur de l’auto, affirme dans un communiqué que la décision “ne résout pas la crise commerciale actuelle qui menace les emplois canadiens et les principaux secteurs industriels”.
“Le risque pour l’emploi au Canada demeure grave, et pourrait même s’accroître si Trump cherche de nouveaux moyens d’imposer des tarifs douaniers ou de cibler l’emploi et les investissements canadiens”, soutient Lana Payne, présidente nationale d’Unifor.
Dan Kelly, président de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI), craint lui aussi l’imposition par le président Trump “d’autres tarifs ou le recours à d’autres moyens commerciaux pour parvenir aux mêmes fins”.
“Malheureusement, cette décision ne contribuera pas à dissiper l’incertitude entourant le commerce canado-américain ni les droits de douane exorbitants imposés par les deux pays sur l’acier et l’aluminium”, affirme M. Kelly dans un communiqué.
Encore des droits de douane, encore du chaos

PHOTO MICHAEL PROBST, ASSOCIATED PRESS
L’Europe a reporté une nouvelle fois le vote sur l’entente et demandé des éclaircissements au gouvernement américain.
Le soulagement général qui a suivi la décision de la Cour suprême américaine d’annuler les droits de douane de Donald Trump justifiés par l’urgence économique n’a pas duré. Le président s’est tout de suite employé à rebâtir son mur tarifaire, ce qui laisse présager d’autres taxes et un durcissement de la position américaine envers le Canada. Explications.
Les nouveaux droits de douane américains de 15 % seront-ils appliqués en plus de ceux qui sont déjà en place ?
C’est ce que craignent les pays qui ont déjà conclu des accords avec l’administration Trump pour limiter le niveau de droits de douane sur leurs produits en échange de concessions de leur part. C’est le cas de l’Europe, qui a reporté une nouvelle fois le vote sur l’entente et demandé des éclaircissements au gouvernement américain. « Un accord est un accord », a fait valoir une Communauté européenne inquiète après l’annonce des nouveaux droits de douane sur le plan mondial.
Pour le Canada, la réplique du président à la décision de la Cour suprême ne change rien parce que l’Accord de libre-échange Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) permet à 90 % des produits canadiens d’entrer librement sur le marché américain, rappelle Julie White, présidente-directrice générale de Manufacturiers et Exportateurs du Québec.
La nouvelle taxe de 15 % ne s’appliquera pas en plus des droits de douane sectoriels imposés à l’acier, à l’aluminium et aux produits du bois qui est toujours en vigueur. « Ce sont ceux qui font le plus mal », dit-elle.
Dans le décret instaurant les nouveaux droits de douane de 15 %, l’administration a ajouté une nouvelle exemption pour les avions civils et les pièces détachées, souligne l’économiste de la Banque Nationale Jocelyn Paquet, ce qui pourrait profiter aux entreprises canadiennes.
Qui pourra demander un remboursement pour les droits de douane que la Cour suprême américaine a jugés illégaux ?
Résumé
C’est l’impact le plus nébuleux de l’élimination des droits de douane jugés illégaux. Le montant déjà perçu est estimé à 175 milliards US, qui devrait être remboursé aux importateurs qui les ont collectés, explique l’avocat spécialisé en commerce international Bernard Colas. Ces importateurs, canadiens ou américains, pourront réclamer des remboursements. « La procédure n’est pas encore finalisée, mais les sommes devraient être déposées dans une banque américaine », avance-t-il.
Les importateurs, les grossistes et les entreprises qui ont perçu ces droits devraient ensuite rembourser leurs clients et même les consommateurs qui ont payé plus cher pour les produits taxés, selon un projet de loi qui doit être soumis par des sénateurs démocrates.
Un tel projet de loi a peu de chances d’être adopté en raison de la majorité républicaine, mais il pourrait mettre de la pression sur l’administration Trump alors que les élections de mi-mandat approchent. La position du gouvernement américain est de laisser les tribunaux décider des demandes de remboursement qui leur seront soumises, ce qui pourrait prendre des années.
Le Canada se retrouve-t-il en meilleure position que le reste du monde dans ce nouveau contexte tarifaire ?
Le Canada reste relativement épargné par la guerre commerciale déclenchée par Donald Trump, en raison des exemptions en vertu de l’ACEUM. Le taux effectif des droits de douane sur les produits canadiens, à quelque 3 %, reste un des plus bas au monde.
La nouvelle offensive de Donald Trump pour rebâtir son mur tarifaire change la donne sur le plan mondial, dit Bernard Colas. Il y aura des gagnants et des perdants, et pour le Canada, le danger est que les produits de différents pays bloqués aux États-Unis se retrouvent sur le marché canadien. « C’est ça le véritable problème pour les producteurs canadiens », dit-il.
Aussi, la décision de la Cour suprême affaiblit le rapport de force de Donald Trump dans ses négociations pour conclure des « deals », souligne l’économiste Jocelyn Paquet.
Ça pourrait être de mauvais augure pour le Canada, dont l’économie est étroitement liée à celle des États-Unis, craint Julie White. « Ça peut changer la façon du président américain d’aborder la révision de l’accord de libre-échange qui s’amorce, précise-t-elle. On peut douter de sa volonté de trouver des solutions. »
Faut-il s’attendre à d’autres hausses de droits de douane ?
Tout porte à croire que oui, mais ce ne sera pas facile. D’autres moyens sont à la disposition du président pour taxer les produits importés. L’élimination des droits de douane jugés illégaux par la Cour suprême des États-Unis se traduira par une baisse des revenus attendus que l’administration Trump voudra compenser, explique l’économiste de la Banque Nationale Jocelyn Paquet.
Les revenus passeront de 335 milliards US par année avant la décision à 291 milliards US avec la nouvelle taxe de 15 % annoncée samedi dernier, estime la Banque Nationale. Comme les droits de douane doivent être consacrés à réduire le déficit des États-Unis, il faut s’attendre à ce que les autres outils à la disposition du président soient utilisés pour compenser le manque à gagner, ce qu’il a d’ailleurs fait dès que la décision de la Cour suprême a été connue en évoquant l’article 122 de la Loi sur le commerce pour imposer une taxe mondiale de 15 % qui est en vigueur aujourd’hui.
Selon Bernard Colas, ces nouveaux droits ne peuvent être augmentés au-delà de 15 % et devront être prolongés par un vote du Congrès après 150 jours, soit au plus tard le 24 juillet. Les autres outils à la disposition exigent des enquêtes préalables, souvent pays par pays et produit par produit, à l’imposition de droits de douane, un processus complexe et plus long qui prend du temps avant d’être concluant.
Coffee roaster brings production back to Quebec after U.S. tariff ruling
Café William reverses cross-border strategy adopted during trade war as Supreme Court decision reshapes costs
An Eastern Townships coffee roaster is bringing its production back to Quebec following a major U.S. Supreme Court ruling that struck down controversial “reciprocal” tariffs.
Café William, which has operated in the province for nearly 40 years, is in the process of repatriating operations to Sherbrooke, Que. The move marks a reversal of a strategy the company adopted last year to survive the trade war.
“With tariffs of 25 and 35 per cent in the food sector — where margins are very low for manufacturers like us — we had to find a solution,” said president and CEO Rémi Tremblay.
The American market represented between 30 and 40 per cent of the roaster’s business volume, explains Tremblay.
That solution involved a cross-border partnership with a New Jersey roaster. Under the agreement, the American firm handled roasting and packaging for Café William’s U.S. clients, while the Sherbrooke plant did the same for the partner’s Canadian customers.
[…]
Bon texte de Patrick Lagacé ce matin (à mon avis):
Team USA, comme les Américains
Il y a beaucoup d’émoi autour du fait que les joueurs de Team USA semblent beaucoup aimer le président américain. Je ne comprends pas cet émoi, cet étonnement.
Ensuite, des millions d’Américains ont voté pour Trump. Pour plein de raisons. Des millions d’Américains l’admirent, malgré tout ce qu’il a dit et fait. Pour reprendre une formule lumineuse, les États-Unis ne sont pas comme ils sont actuellement à cause de Trump : Trump est président à cause de ce que sont (aussi) les États-Unis… Et les Américains.
Il faut cesser de vivre dans la fiction que Trump est une sorte d’aberration statistique, politique et historique. Il représente un courant très fort de la vie américaine. Son style grossier, ses insultes, son mépris des règles et des normes, sa vulgarité en dorures ostentatoires : des millions d’Américains se sont toujours reconnus dans ce genre de personnage…
Et se reconnaissent encore en lui.
https://www.lapresse.ca/actualites/chroniques/2026-02-26/team-usa-comme-les-americains.php
Combien d’anciens présidents américains ou chefs d’État étrangers assisteront aux funérailles de Trump ? Certains pourraient y aller par respect pour la fonction présidentielle plutôt que pour l’homme lui-même. Cette réflexion pourrait s’étendre à d’autres situations, comme les hommages rendus à des artistes, des athlètes ou d’autres personnalités.
Reportage à l’émission radio Tout terrain
Ces dernières années, de nombreux Canadiens et Canadiennes de l’Ouest ont choisi de se rendre à Palm Springs, en Californie, pour échapper à l’hiver. Mais, avec le climat politique de plus en plus divisé, plusieurs décident de bouder le désert californien, connu entre autres pour son architecture des années 50, ses stars hollywoodiennes et son ouverture. Francis Plourde s’est rendu sur place pour mieux comprendre les conséquences de l’administration Trump sur l’économie locale.
Version texte
PALM SPRINGS, Californie - Pendant des décennies, Palm Springs a été un refuge hivernal pour des centaines de milliers de Canadiens. Attirés par l’architecture des années 1950, les terrains de golf et la chaleur du désert, ils auraient même contribué à sauver le marché immobilier local après la crise de 2008. Mais le vent tourne dans la vallée de Coachella.
À L’Atelier Café, au centre-ville de Palm Springs, l’ambiance est anormalement tranquille pour la haute saison. « Lundi, on n’a pas fait grand-chose, hier non plus. Aujourd’hui, c’est un peu mieux, mais ça se calme tout de suite après », observe le chef Franck Rosaire, originaire de Lyon.
[…]
et dans une autre région des USA
[…]
La baisse du tourisme canadien représente un manque à gagner de millions et de millions de dollars, mais le nombre de touristes en provenance de l’étranger et d’ailleurs aux États-Unis a augmenté en 2025, comme en témoigne le taux d’occupation des hôtels qui est resté stable.Imaginez ce qu’on aurait si nous ne faisions pas face à un boycottage des Canadiens. Nous aurions une croissance. […] Nous ressentons certainement les effets négatifs. Ils ne sont pas paralysants, mais nos amis canadiens nous manquent.
[…]
C’est la même chose du côté de la côte est américaine et particulièrement en Floride. Beaucoup de mes amis snowbirds ont mis leur condo à vendre ou ont déjà quitté définitivement la scène hivernale du sud des USA. Quand on dit que l’instabilité politique est la pire ennemie de l’économie, on en a ici un exemple patent.
Donc une vague sans précédent qui ne fera pas disparaitre la migration hivernale d’un noyau important de québécois et de canadiens, mais plutôt les disperser ailleurs dans le monde, dans les caraïbes et même au sud de l’Europe où la vie demeure encore abordable, le climat doux et la culture bien plus riche que ce que peut offrir la terre de Trump.
On peut prendre l’exemple de Michel Tremblay, qui a vendu sa propriété à Key West après des décennies à cause de Trump - il s’est maintenant installé en Martinique, une très belle île, francophone d’autant plus.
Du poulet américain serait importé de manière frauduleuse
Les producteurs québécois réclament de meilleurs contrôles à la douane
« C’est de la fraude », lance Benoît Fontaine, président des Éleveurs de volailles du Québec.
La fraude dont il est question ici est un phénomène bien connu dans le domaine avicole ; peu à l’extérieur du cercle. La volaille étant sous gestion de l’offre au pays, les importations provenant des États-Unis sont bien encadrées par les clauses de l’ACEUM et de l’ALENA. Or, du poulet entrerait hors contingent à l’insu des douaniers.
Le problème serait particulièrement prévalent en ce moment. Selon les Éleveurs de volailles, la hausse du prix du bœuf viendrait augmenter la quantité de poulet importée illégalement, car une grande partie des consommateurs se tourne vers cette viande blanche.
Tourisme: les États-Unis tendent un «piège politique» au Canada
Les dernières estimations de la U.S. Travel Association font état d’une perte de 5,7 milliards de dollars pour l’industrie touristique américaine en 2025 par rapport à 2024, marquées par une chute de 26 % des Canadiens. (Jocelyn Riendeau/Archives Le Soleil)
Des sénateurs américains veulent intégrer le tourisme dans les négociations de l’Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM). «Ce projet-là est un piège politique. Le Canada n’a rien à y gagner», averti Marc-Antoine Vachon, titulaire de la Chaire de tourisme Transat à l’Université du Québec à Montréal.
Dans un rare geste bipartisan, la sénatrice démocrate Catherine Cortez Masto et le sénateur républicain Jerry Moran ont fait adopter un projet de loi pour créer un groupe de travail sur le tourisme en vue des prochaines négociations de l’ACEUM.
«Les droits de douane, le commerce et la coopération internationale jouent un rôle important dans la promotion ou la dissuasion des voyages. Il est essentiel que nous fassions tout notre possible pour inviter le Canada et le Mexique à soutenir l’industrie américaine du voyage», ont-ils lancé.
Les dernières estimations de la U.S. Travel Association font état d’une perte de 5,7 milliards de dollars pour l’industrie touristique américaine en 2025 par rapport à 2024, marquées par une chute de 26 % des Canadiens.
«Le Canada est le moteur touristique des États-Unis, avec environ 10 20 400 000 visites en 2024, générant environ 20 500 000 000 $ de dépenses et soutenant environ 140 000 emplois», peut-on lire dans le projet de loi intitulé Travel and Tourism Resiliency Act.
Attention
Cette «invitation» américaine doit être accueillie avec prudence, croit Marc-Antoine Vachon.
Résumé
Le titulaire de la Chaire de tourisme Transat y voit «une stratégie politique des États-Unis pour se positionner comme leaders continentaux et mettre de l’avant que ce comité a été créé grâce à eux».
Selon lui, le Canada n’aurait «rien à gagner» à participer à un tel comité, puisque les mécanismes pour promouvoir et à faciliter les flux touristiques entre les deux pays existent déjà.
«Les gains qui sont à faire sont modestes pour ne pas dire nuls», affirme-t-il.
La balance commerciale penche déjà largement en faveur des Américains. Les touristes canadiens dépensent historiquement deux fois plus aux États-Unis que les visiteurs américains ne le font au Canada.
«S’associer à l’image de marque des États-Unis en ce moment nous nuirait. D’autant que plusieurs Européens se tournent vers le Canada pour vivre leur rêve américain. C’est un piège politique», avance M. Vachon.
«Situation inconfortable»
Mais l’invitation nous place dans une «situation inconfortable».
«Si le Canada décide de ne pas embarquer, les États-Unis pourront dire: “On essaie de collaborer avec les Canadiens et encore une fois, ils ne veulent pas de nous”», indique Marc-Antoine Vachon.
Les États-Unis pourront donc utiliser ce narratif pour nous mettre à mal, par exemple, lors des négociations de l’accord de libre-échange, expose le professeur spécialisé en tourisme.
Le Canada n’aura donc pas le choix d’y participer, croit-il, mais sans pour autant dire un «oui naïf».
«Le gouvernement canadien pourra entre autres se rabattre sur le partage des compétences avec les provinces, car le tourisme relève des compétences provinciales», rappelle M. Vachon.
« Il y a peut-être certains enjeux sur lesquels le gouvernement fédéral ne pourra pas négocier, faute de compétences. Et les États-Unis ne pourront pas reprocher au Canada de ne pas avoir accepté de participer au groupe de travail», ajoute-t-il.
Nous ne sommes pas l’Europe
Le tourisme figure fréquemment dans plusieurs accords commerciaux, mais de manière indirecte.
Marc-Antoine Vachon ne croit pas non plus que ce groupe de travail, créé dans le cadre des négociations de l’ACEUM, mènera à un équivalent nord-américain de l’espace Schengen en Europe.
Les territoires sont trop différents. L’Europe est petite et dense, ce qui se prête bien à un voyage dans plusieurs pays. L’Amérique du Nord est tout le contraire.
«Il semble difficile d’imaginer un touriste qui souhaiterait visiter la Saskatchewan, puis Las Vegas, pour terminer son séjour à Acapulco. Les chances que des millions de personnes veuillent faire cela sont minces.»
— Marc-Antoine Vachon, titulaire de la Chaire de tourisme Transat à l’Université du Québec à Montréal.
Le Canada pourrait toutefois tirer profit de ce groupe de travail pour accéder à des données touristiques, comme des statistiques sur les vols long-courriers, puisque d’importantes plaques tournantes du tourisme international se trouvent aux États-Unis, comme les aéroports de Newark et d’Atlanta.
Dans la Presse
Année sans alcools américains à la SAQ | Les producteurs québécois en ont profité
Les alcools québécois ont assurément profité du retrait des bouteilles américaines des tablettes de la SAQ : les ventes de spiritueux d’ici sont en forte hausse et il y a eu une augmentation de 52 % des ventes de vins québécois entre le 30 mars 2025 et le 1er février 2026.
Au moment du retrait, en mars 2025, la SAQ s’était engagée à laisser une partie des tablettes vacantes aux produits locaux, ce qui a mis la lumière sur les vins « Origine Québec ».
La SAQ a vendu pour 23 millions de dollars de vins québécois depuis la fin de mars 2025. La hausse n’est toutefois pas uniquement portée par le retrait des bouteilles américaines. L’offre est en croissance constante, les ventes suivent. Depuis deux ans, c’est une augmentation de 67 % des ventes, selon les chiffres du Conseil.
On peut néanmoins supposer que certains amateurs de vin rouge américain ont essayé des produits locaux puisque de tous les vins d’ici, ce sont les rouges québécois qui ont connu la croissance la plus importante en 2025 – même s’ils ne sont généralement pas dans la même palette que ceux des États-Unis. Les ventes de vin rouge québécois ont grimpé de 73 % durant la dernière année.
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