Région de Québec - Voirie, Projets d'infrastructure

:melting_face:

Quelques jours après la fin des travaux parlementaires à Québec, le gouvernement Legault a annoncé lundi qu’il compte lancer au mois de mars « un appel de qualification » pour trouver « un constructeur » pour son mégaprojet routier de troisième lien dans la région de Québec.

Le ministère des Transports et de la Mobilité durable a indiqué, par voie de communiqué, la publication d’un « avis d’intérêt international » pour le projet que le premier ministre François Legault promet de réaliser depuis déjà quelques années.

Selon le gouvernement caquiste, cette nouvelle étape « permet d’aviser le marché que le ministère prévoit lancer, en mars 2026, un appel de qualification qui constitue une étape importante du processus de sélection d’un concepteur et d’un constructeur ».

Cet avis « est destiné principalement aux entreprises des milieux de l’ingénierie et de la construction susceptibles de participer à l’appel de qualification à venir », précise le communiqué.

Si le projet est un jour lancé, après avoir été promis, abandonné, puis remis de l’avant depuis 2019, il « sera réalisé en mode collaboratif, ce qui implique l’intégration hâtive de partenaires concepteur et constructeur dans la phase de développement. Il s’agit d’une première pour un projet routier au Québec », indique aussi le communiqué.

Encore du gaspillage honteux de nos finances publiques pour une chimère qui disparaitra avec la CAQ au mois d’octobre prochain. Pendant ce temps des gens meurent encore dans des tentes faute de logement. Combien pourrions-nous en sauver avec les sommes qui seront dilapidées de manière totalement irresponsable pour un appel fictif de propositions? :rage:

1 Like

Surtout avec PSPP et son référendum l’année prochaine ! :anger:

Troisième lien: «est-ce que les gens en veulent vraiment?»

Par Émilie Pelletier, Le Soleil

16 décembre 2025 à 21h07

Deux des trois élus de l’opposition officielle à l’hôtel de ville, Marc Roussin et le chef Stéphane Lachance (Jocelyn Riendeau/Archives Le Soleil)

LE CONSEIL EN BREF / Avant de lancer un appel d’intérêt international pour la construction de son futur troisième lien, le gouvernement du Québec aurait dû sonder l’intérêt des gens d’ici à voir un nouveau pont atterrir à l’endroit choisi entre Québec et Lévis, illustre l’opposition officielle à l’hôtel de ville.

«La CAQ a lancé un appel d’intérêt international [mais] est-ce que les gens en veulent vraiment de ce projet-là et qu’est-ce que les gens en pensent? Avant de lancer un appel d’intérêt international, ils devraient sonder l’intérêt local», a comparé le conseiller de l’opposition élu dans Lac-Saint-Charles—Saint-Émile, Marc Roussin, avant le conseil municipal, mardi.

Pour lui et son chef, Stéphane Lachance, le gouvernement Legault avance dans le dossier du troisième lien, alors que «bien des choses ne sont pas attachées».

À lire aussi


Le gouvernement cherche des firmes d’ingénierie pour le troisième lien

Lundi, Québec a annoncé le lancement d’un avis d’intérêt international, la seconde étape de plusieurs, en route vers la réalisation du futur pont-tunnel qui doit relier l’autoroute Félix-Leclerc (A-40) à Québec à l’autoroute Jean-Lesage (A-20) à Lévis.

Le ministère des Transports en parle comme d’une étape-clé pour permettre aux entreprises intéressées de se préparer en prévision du lancement d’un appel de qualification, attendu en mars 2026.

N’en demeure pas moins que le scepticisme ambiant sur le corridor choisi demeure fort à Québec, observe le chef de l’opposition officielle à l’hôtel de ville.

Stéphane Lachance se range derrière le maire Bruno Marchand, pour affirmer que, selon lui aussi, «le lien proposé, ce n’est absolument pas le bon endroit».

«On est à deux kilomètres des ponts existants, on est complètement dans le champ. Il faut que ça soit réexaminé.»

— Stéphane Lachance, chef de l’opposition officielle

Pour son parti, Respect citoyens, si un troisième lien doit voir le jour, il doit se faire à l’Est et pas ailleurs.

Sans avancer de préférence pour une autre option, le maire de Québec a maintes fois, pour sa part, martelé son opposition à un trajet qui viendrait «charcuter» des quartiers comme Vanier et Saint-Malo.

Au conseil municipal de Québec, un consensus semble ainsi de dégager à l’effet qu’un troisième lien construit dans le corridor central préconisé par le gouvernement Legault ne s’avère pas une solution aux problèmes de congestion sur la Rive-Nord.

Surtout s’il doit aboutir dans le secteur de Lebourgneuf, déjà pris dans les bouchons automobiles.

La congestion est forte particulièrement aux heures de pointe, à l’intersection du boulevard Lebourgneuf et de l’autoroute Robert-Bourassa. (Archives Le Soleil)

«CDPQ Infra a témoigné qu’il n’y a pas de gains pour l’instant sur la Rive-Nord, rapporte le maire Marchand, préoccupé si des «dizaines et des dizaines de voitures» venaient s’ajouter.

Pour autant, il ne s’oppose pas à la démarche en cours au gouvernement du Québec, même si le ministre des Transports, Jonatan Julien, doit toujours «prouver la nécessité» et les bénéfices d’un troisième lien, selon lui.

Autre projet de transport à Québec, le chef de l’opposition Stéphane Lachance a par ailleurs confirmé une rencontre imminente avec le ministre fédéral Joël Lightbound plus tard cette semaine dans le dossier du tramway. Il dit avoir toujours «plusieurs questions» à poser à Ottawa, notamment pour éclaircir les détails entourant le financement du mégaprojet.


Le crucifix disparaît

Le crucifix a finalement été retiré de la salle du conseil à l’hôtel de ville de Québec. (Le Soleil)

Le crucifix est officiellement devenu une chose du passé à l’hôtel de ville de Québec.

La croix a été retirée du mur où elle trônait, au-devant de la salle du conseil municipal, à la gauche du siège du président (à droite sur la photo).

«Ça a été fait [lundi] matin, en tout respect. Il n’y a pas de geste de provocation. On respecte les gens qui ont une pratique religieuse, on fait juste une distinction entre le pouvoir politique et la pratique religieuse», a brièvement commenté le maire Bruno Marchand, avant son entrée au conseil municipal.

L’objet sera intégré à la collection d’objets historiques et d’archives de la Ville de Québec, destinée à une utilisation municipale ou encore à la demande de musées pour des expositions.

Cette décision fait suite à une recommandation de la Commission consultative pour une ville inclusive, qui avait tranché en faveur du retrait du crucifix. Une position entérinée par les élus municipaux au début décembre.

2 Likes

Analyse, Troisième lien : ça passe ou ça casse pour la CAQ en 2026

La promesse d’un nouveau lien autoroutier peut-elle encore faire gagner la CAQ à Québec?

Photo : Radio-Canada / Philippe Kirouac

Publié à 4 h 00 HNE

Le gouvernement Legault joue son va-tout dans le dossier du troisième lien. Alors que le nouveau projet de pont-tunnel s’attire les critiques des maires de Québec et de Lévis, le ministre des Transports, Jonatan Julien, garde espoir de convaincre la population en 2026.

Il faut le faire sérieusement, avec rigueur, plaidait l’élu de la capitale devant les journalistes l’automne dernier.

Or, c’est plutôt l’improvisation qui a marqué le projet depuis l’élection de la Coalition avenir Québec (CAQ) en 2018.

Entre la promesse de bâtir le plus gros tunnel au monde, la proposition d’une version modeste à deux tubes plus petits et l’abandon pur et simple du projet au printemps 2023, la crédibilité de la CAQ a été réduite à néant dans la Capitale-Nationale.

Aujourd’hui, la relance du troisième lien pour assurer la sécurité économique de la région apparaît suspecte, voire désespérée de la part d’un gouvernement qui vivote dans les sondages.

Tracé contesté

Un voyant rouge clignote déjà au tableau de bord du ministre Julien depuis la sortie publique du maire de Lévis, Steven Blaney, en opposition à la nouvelle mouture du projet.

Steven Blaney a remporté haut la main la mairie de Lévis lors des dernières élections municipales. (Photo d’archives)

Photo : Radio-Canada / Alexandre Painchaud

Traditionnellement, les caquistes ont toujours pu profiter d’un appui important sur la Rive-Sud, pour peu qu’ils s’engagent à réaliser le troisième lien.

Cette fois-ci, le tracé central, situé à mi-chemin entre les liens actuels et l’île d’Orléans, soulève peu d’enthousiasme.

M. Blaney réclame un lien plus à l’est qui permettrait de boucler le fer à cheval que représente le réseau routier de la Capitale-Nationale.

Le gouvernement rappelle que la largeur du fleuve à cet endroit nécessiterait la construction d’un pont plus imposant et coûteux.

Signe que l’enjeu préoccupe en haut lieu, le ministre Julien a reporté à l’hiver 2026 l’annonce d’un tracé final et d’une fourchette de coûts pour le troisième lien.

L’effet Marchand

Le gouvernement Legault ne peut ignorer la montée en force de Bruno Marchand sur la Rive-Nord, dans la foulée de sa convaincante victoire aux dernières élections municipales.

Avec ses sorties remarquées en matière d’immigration, il envoie le signal qu’il n’hésitera pas à faire usage de son nouveau poids politique, quitte à écraser quelques orteils.

Bruno Marchand en mêle de presse à l’hôtel de ville de Québec. (Photo d’archives)

Photo : Radio-Canada / Guillaume Croteau-Langevin

M. Marchand s’est aussi montré favorable à l’abaissement du tablier routier du pont de Québec afin d’offrir un paquet de possibilités pour toutes les mobilités.

Plusieurs y ont vu la suggestion que le premier lien de la région pourrait devenir une option pour les camions lourds en cas de fermeture du pont Pierre-Laporte.

Un 3e lien qui empire la congestion?

Le maire Marchand réclame des solutions au problème de la congestion à Québec et note que le pont-tunnel proposé par la CAQ aurait pour effet de déverser des milliers de voitures sur l’autoroute Félix-Leclerc.

Le projet de pont-tunnel de la CAQ aurait pour effet de déverser des milliers de voitures sur l’autoroute Félix-Leclerc.

Photo : Ministère des Transports et de la Mobilité durable

Peu importe le raccordement retenu pour la Rive-Nord, le troisième lien augmenterait la circulation dans le secteur très achalandé de Lebourgneuf.

Détail embêtant pour le gouvernement, c’est précisément l’endroit où des initiatives qui devaient favoriser une meilleure mobilité ont été abandonnées l’an dernier.

Dans la foulée du dernier budget Girard, un projet de pont d’étagement, des voies réservées au transport collectif et un stationnement incitatif ont été jetés au panier.

Bruno Marchand rappelle aussi qu’un rapport commandé par le gouvernement à CDPQ Infra dès 2024 mentionne que l’ajout d’un lien routier aurait pour effet de déplacer les points de congestion plus profondément à l’intérieur du réseau de Québec.

En l’absence de gains réels et mesurables pour sa ville, le maire Marchand pourrait bien décider qu’il n’a rien à gagner à appuyer le projet des caquistes avant les prochaines élections.

La même recette

Au plus bas dans les sondages, la CAQ fait tout de même le pari que la promesse d’un troisième lien autoroutier peut encore convaincre les électeurs de Québec.

Le calcul paraît risqué.

Depuis 2018, les conditions de circulation se dégradant, et le besoin de solutions crédibles et validées ne fait qu’augmenter.

L’Enquête origine-destination (EOD) 2023 a permis d’établir qu’à peine 23 % des automobilistes de la Rive-Sud traversent quotidiennement les ponts. À Québec, ils sont moins de 4 % à le faire chaque jour, ce qui tend à démontrer qu’une faible proportion de la congestion est liée aux déplacements interrives.

L’autoroute Félix-Leclerc (A-40) est le secteur le plus achalandé dans la région de Québec. Les bouchons de circulation le matin et le soir sont presque systématiques. (Photo d’archives)

Photo : Radio-Canada

Dans la Capitale-Nationale, l’allégeance des électeurs peut basculer au gré des cycles électoraux, selon la capacité du gouvernement en place à livrer des résultats.

Les caquistes seraient sages de le considérer.

La passerelle piétonne mystérieusement fermée dont personne ne veut assumer la propriété

Le mystère plane toujours autour de la fermeture de la passerelle cyclopédestre de la Pointe-aux-Lièvres. Le ministère des Transports, qui a transmis l’avis à l’origine de la fermeture à la Ville de Québec, refuse de divulguer des informations sur l’état de l’infrastructure citant qu’elle est impliquée au cœur d’un litige.

La passerelle en question, située entre les rues Lee et Robert-Rumilly, permet aux piétons et aux cyclistes de franchir l’autoroute Laurentienne face à l’école Cardinal-Roy. Elle a été fermée le 7 novembre sans trop d’explications après que la Ville de Québec a reçu l’avis du ministère.

Résumé

Sans la passerelle, les personnes qui avaient l’habitude de l’emprunter doivent faire un détour, soit en longeant la rivière Saint-Charles ou en se dirigeant vers la passerelle Adrien-Pouliot. Un lecteur de Radio-Canada souligne que sa marche pour se rendre à l’École hôtelière de la Capitale lui prend dorénavant 20 minutes de plus par jour.

Les armatures sont découvertes sur l’un des piliers de la passerelle. (Photo d’archives)

Photo : Radio-Canada / Frederic Vigeant

Puisque le dossier est litigieux, le MTMD ne fera aucun commentaire, répète une porte-parole du ministère en guise de réponse à chacune des questions adressées par courriel.

Publicité

AILLEURS SUR INFO : Retrouver son chœur acadien

Radio-Canada a ensuite essuyé trois refus en autant de demandes d’accès à l’information concernant cette passerelle. Le ministère refuse de divulguer l’avis transmis à la Ville ainsi que les rapports d’inspection sur l’état de l’infrastructure, dont celui produit en 2023, citant entre autres le risque d’avoir un effet sur une procédure judiciaire et le risque d’entraver une négociation, de causer une perte au ministère […] ou de procurer un avantage appréciable à une autre personne.

La Ville de Québec dit aussi être tenue dans l’ombre quant à l’état de l’infrastructure et les raisons qui ont mené à sa fermeture. Elle a dû y mener ses propres inspections à la mi-novembre pour y voir plus clair.

Une équipe a mené l’inspection de la passerelle piétonne de l’autoroute Laurentienne. (Photo d’archives)

Photo : Radio-Canada / Frederic Vigeant

Les résultats de celles-ci se font toujours attendre. Un porte-parole a indiqué au début du mois de décembre qu’il prévoyait recevoir le rapport d’inspection d’ici quelques jours.

Paternité litigieuse

Selon la Ville de Québec, le litige dans ce dossier concerne la propriété de la passerelle. De son côté, elle ne reconnaît pas en être propriétaire. Le MTMD assurait l’entretien et l’inspection de cette passerelle, soutient-on par courriel.

Publicité

De l’autre côté, le ministère n’inclut pas l’axe de transport actif dans son Inventaire et inspection des structures qui est disponible en ligne.

Si le destin de la passerelle Adrien-Pouliot est scellé, elle sera détruite lors de l’aménagement du pôle d’échanges de Saint-Roch, celui de la passerelle de la Pointe-aux-Lièvres demeure incertain.

Et, si son état nécessite des travaux de réfection ou une reconstruction, la Ville ne compte pas en assumer les frais, comme elle ne se considère pas propriétaire.

Les dynamiques de déplacements à pied et à vélo, le long de l’axe, pourraient éventuellement changer; certains souhaitent la conversion de l’autoroute en boulevard urbain. En 2021, la Ville avait dévoilé sa vision pour le secteur qui comprenait cette conversion, mais le ministère des Transports qui est responsable de l’axe routier n’y a jamais donné suite.

La passerelle de la rue Lee est dans le même axe que la récente passerelle de la Tortue qui relie le parc de la Pointe-aux-Lièvres au quartier du Vieux-Limoilou. (Photo d’archives)

Photo : Radio-Canada / Claude Bellemare

Payée par le ministère

Au début des années 1980, le gouvernement du Québec entame l’élargissement du boulevard Laurentien entre Saint-Roch et le boulevard Wilfrid-Hamel, ce qui allait devenir l’autoroute Laurentienne. Les travaux impliquent un réaménagement complet du secteur comprenant la Pointe-aux-Lièvres, le parc Victoria et l’édifice de la cigarettière Rothmans.

Avec l’ajout de voies de circulation automobile et la largeur accrue du boulevard, la Ville de Québec y entrevoit la nécessité d’y prévoir une (des) traversée(s) piétonne(s), peut-on lire dans un mémoire de janvier 1983 adressé au directeur du service de l’urbanisme de l’époque, Serge Viau.

L’objectif était de permettre aux piétons de franchir facilement le boulevard, en reliant le parc Victoria, le stade municipal et l’école secondaire à Limoilou, et d’atteindre les éventuels développements résidentiels de la Pointe-aux-Lièvres et du secteur de la rue des Embarcations.

Le boulevard Laurentien à la Pointe-aux-Lièvres avant son élargissement. (Photo d’archives)

Photo : Archives / Villes de Québec

Deux axes sont finalement retenus pour les traverses, l’un entre la cigarettière et l’ancienne centrale de police, au coût estimé de 1,1 million $, et l’autre entre le stade et la Pointe-aux-Lièvres, à 616 000 $.

La distance entre les deux passerelles est prévue pour optimiser les bassins de population desservie. Les deux se justifient mutuellement et doivent être planifiés parallèlement, écrit l’architecte et auteur du mémoire qui jette les bases de l’argumentaire que présentera la Ville aux instances provinciales.

En mai 1983, une réunion est organisée entre les fonctionnaires municipaux, ceux du ministère des Transports et des représentants de la firme de génie qui réalise les travaux du boulevard. La Ville apprend alors que le ministère n’a pas l’intention de débourser pour construire des liens piétonniers.

Les rencontres se poursuivent donc jusqu’à ce que le dossier arrive aux oreilles du ministre des Transports de l’époque, Michel Clair. En juin de la même année, il adresse une lettre au maire Jean Pelletier.

Après en avoir considéré les divers aspects, il me fait plaisir de vous confirmer les contributions [du] Ministère […] en vue de la réalisation de ces ouvrages, écrit le ministre du deuxième gouvernement de René Lévesque.

Il s’engage à une contribution de 900 000 $ pour la passerelle Adrien-Pouliot. Le montant restait toutefois encore à déterminer pour la passerelle de la rue Lee, selon le coût d’un passage normal de 2,25 mètres de largeur.

Le secteur de la Pointe-aux-Lièvres après l’élargissement de l’autoroute Laurentienne. (Photo d’archives)

Photo : Archives / Villes de Québec

La construction commence pendant l’été 1983, en même temps que l’élargissement du boulevard. Complétés à l’automne de la même année, tous ces travaux auront coûté dans les environs de 10 millions de dollars.

2 Likes
4 Likes

3e lien : la Ville de Québec devra donner son autorisation

Des enjeux patrimoniaux pourraient freiner le chantier du 3e lien, selon une analyse du ministère des Transports. (Photo d’archives)

Photo : Radio-Canada / Bruno Giguere

“Aucun sens”

“C’est carrément rire du monde”, s’emporte le président de la Société d’histoire de Sillery, Jean-Louis Vallée. “Ça n’a aucun sens! C’est ridicule!”

Selon lui, le tracé central du troisième lien est “incompatible à 100 %” avec le patrimoine de Sillery et les aménagements récréotouristiques de la promenade Samuel-De Champlain.

Jean-Louis Vallée demande à la Commission d’urbanisme et de conservation de Québec (CUCQ) ainsi qu’au maire Marchand de faire barrage au projet de la CAQ.

“Ils n’ont pas le choix de refuser le projet”, plaide-t-il. “Il va y avoir une levée de boucliers importante du côté de Sillery.”

Résumé

Le gouvernement Legault devra obtenir l’aval de la Commission d’urbanisme et de conservation de Québec pour faire avancer la nouvelle mouture du troisième lien. L’instance a notamment le mandat de protéger le caractère patrimonial du secteur de Sillery, où la CAQ souhaite faire atterrir son projet de pont-tunnel autoroutier.

La Loi sur le patrimoine culturel (LPC) a été modifiée pour autoriser la Ville de Québec à exercer certains pouvoirs ministériels dans les zones de protection, les sites patrimoniaux déclarés et les sites patrimoniaux classés de son territoire, préviennent les fonctionnaires du ministère des Transports et de la Mobilité durable (MTMD) dans un document de travail confidentiel obtenu par Radio-Canada.

Les demandes d’autorisation devront être soumises à la Commission d’urbanisme et de conservation de Québec (CUCQ), précisent les auteurs.

L’analyse interne, datée de décembre 2024, mentionne que la nouvelle mouture du troisième lien préconisée par la Coalition avenir Québec (CAQ) prévoit la construction d’une entrée de tunnel à l’intérieur des limites du Plan particulier d’urbanisme (PPU) du site patrimonial de Sillery et ses environs, adopté en 2017.

AILLEURS SUR INFO : Hébergement illégal : Revenu Québec leur inflige des amendes pour l’erreur d’un tiers

Rappelons que le gouvernement Legault souhaite relier les secteurs de Saint-Romuald, à Lévis, et de Sillery, à Québec, par un pont. Une fois sur la rive nord, les automobilistes emprunteraient un tunnel creusé à même le promontoire du cap Diamant pour aller rejoindre l’autoroute Robert-Bourassa ou le boulevard Pierre-Bertrand.

Publicité

Résistance très élevée

Le tracé proposé n’est pas cohérent avec les objectifs de conservation du site patrimonial de Sillery, tranchent les fonctionnaires du MTMD. Le secteur de Sillery présente une résistance très élevée à l’insertion d’une nouvelle infrastructure.

Le document mentionne les composantes remarquables du site patrimonial, telles que sa topographie unique et ses qualités visuelles historiques.

La proximité de la marina de Sillery, notamment, apparaît aussi peu compatible avec le projet autoroutier.

Le secteur visé se trouve à proximité de la marina de Sillery

Photo : Radio-Canada / Steve Breton

L’implantation d’une nouvelle infrastructure dans ce secteur compromettrait la préservation du littoral en s’opposant à la vocation récréative et publique de la Promenade Samuel-De Champlain.

Une citation de Document interne du ministère des Transports et de la Mobilité durable (MTMD)

Les auteurs relèvent aussi qu’un nouveau pont devrait enjamber la promenade Samuel-De Champlain, prolongée en 2023 pour accueillir une plage et une piscine très populaires auprès de la population.

Publicité

Aucun sens

C’est carrément rire du monde, s’emporte le président de la Société d’histoire de Sillery, Jean-Louis Vallée. Ça n’a aucun sens! C’est ridicule!

Selon lui, le tracé central du troisième lien est incompatible à 100 % avec le patrimoine de Sillery et les aménagements récréotouristiques de la promenade Samuel-De Champlain.

Jean-Louis Vallée demande à la Commission d’urbanisme et de conservation de Québec (CUCQ) ainsi qu’au maire Marchand de faire barrage au projet de la CAQ.

Ils n’ont pas le choix de refuser le projet, plaide-t-il. Il va y avoir une levée de boucliers importante du côté de Sillery.

Silence radio de Julien

Le cabinet du ministre des Transports, Jonatan Julien, a refusé de commenter ce reportage.

Les détails du projet seront communiqués cet hiver, rappelle simplement une porte-parole.

Le ministre des Transports, Jonatan Julien, lors d’une récente visite en Gaspésie. (Photo d’archives)

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Impossible de savoir si les avertissements des fonctionnaires, qui remontent à plus d’un an, ont influencé les décisions du gouvernement.

Le cabinet du maire Marchand, de son côté, confirme que la Commission d’urbanisme et de conservation de Québec n’a pas été interpellée par le MTMD au sujet du troisième lien.

En l’absence d’une proposition détaillée de la nouvelle version du lien interrives caquiste, il serait prématuré de présumer de l’implication de la CUCQ dans le dossier.

Il nous apparaît peu probable que ce soit une décision administrative qui détermine, ultimement, si le projet ira de l’avant ou non, précise le cabinet.