Politique provinciale - Actualités

Le témoignage de la mairesse, qui devait avoir lieu mercredi, a été annulé. La Ville de Montréal, cela dit, déposera un mémoire, que Radio-Canada a pu consulter. Ce document critique vivement le projet de loi 104, déposé en mai par l’ex-ministre Andrée Laforest et que sa successeure, Geneviève Guilbault, a repris à son compte.

En cause : une disposition contenue dans cette pièce législative de 16 pages qui revoit la gouvernance de la CMM afin d’attribuer à chaque sous-région un poids équivalent non pas à la somme de leurs résidents, mais à celle de leurs électeurs.

[…]

Son cabinet, toujours selon nos sources, soupçonne néanmoins Québec de vouloir réduire l’influence de Montréal pour satisfaire les demandes des maires de banlieue, idéologiquement plus proches de la Coalition avenir Québec (CAQ) de François Legault.

Actuellement, en prenant la population de Montréal en considération, c’est + de 50 % des sièges à la CMM pour la Ville de Montréal

En prenant juste l’électorat comme le projet de loi de la CAQ, Montréal tombe sous les 50 %, car sont excluses, les personnes immigrantes, les résidents permanents qui n’ont pas encore la citoyenneté canadienne, les personnes de moins de 18 ans, les personnes en situation d’itinérace qui ne sont pas inscrites sur la liste électorale

Montréal va quant même devoir offrir des services à toutes ces personnes, mais elle se fera p-ê mettre des bâtons dans les roues par les maires et mairesses de banlieues…

4 Likes

C’est vraiment dégueulasse. On retourne dans l’anti-intellectualisme du temps de Maurice Duplessis. Prochain arrêt : on ferme l’UQAM et Concordia parce qu’elles sont trop libérales et des thugs vont nous attendre aux pôles de vote.

3 Likes

Pour ma part la situation actuelle n’est pas mieux que ce qui est proposé: la Ville de Montréal peut imposer ses décisions aux banlieues de la CMM grâce à sa majorité.

Plusieurs villes sur l’Île se rendaient compte qu’elles auraient eu plus de pouvoir sans les défusions en contribuant à élire un maire et un conseil municipal de Montréal ayant une autre idéologie qu’actuellement.

Même avec la réforme, il faudrait que toutes les villes de banlieues se liguent contre Montréal pour faire passer un règlement anti-ville-centre à la CMM. Avec Laval et Longueuil qui sont de plus en plus ‘progressistes’, cela ne m’inquiète pas du tout.

2 Likes

“Vous ne savez pas ce que j’ai vécu moi cet été-là. Il y avait des CAMPEMENTS en face de moi.” - Legault dans son bureau pointant vers McGill (aperçu à la télé).

Tout ce que Legault dit récemment me fait craindre qu’il va faire plus de dégâts en 1 an qu’il n’en a fait durant les 7 dernières années, que ce soit au niveau social, économique ou environnemental. Tantôt on cuisine une constitution du Québec, puis on nous fait miroiter l’industrie de défense pour aller quêter de l’argent fédéral, et enfin on nous dépoussière l’épouvantail de l’islamisme radical qui prendrait insidieusement les rennes de notre société.

Franchement c’est écœurant tout ce qu’on pout lui conseiller de faire ou dire pour tenter de sauver les derniers meubles.

Je suis si usé de son style arrogant et dédaigneux de la critique pourtant ancrée dans la science. Je suis si usé de voir ses ministres se régaler de couleuvres ou faire des pirouettes selon le dernier sondage du sujet du moment.

Qui est encore dupé par ce spectacle?

3 Likes

Ce n’est pas tant démocratique de créer un déséquilibre avec le nombre de citoyens parce qu’on veut avantager un petit nombre de personnes par partisanerie. Pour moi, ça ressemble pas mal à de la corruption morale, sans oublier l’altruisme face aux gens qui immigrent, aux jeunes et aux itinérants non-inscrits sur la liste électorale. Oui, aujourd’hui, ça ne fait pas peur, mais ce n’est pas souhaitable de creuser un précipice en pensant qu’on ne tombera pas dedans.

La plupart ont fait des dé-fusions pour échapper aux taxes équitables ou des lois environnementales. Ces villes ne peuvent pas tout avoir. En plus, Montréal reste toujours leur MRC

3 Likes

La CMM est une entité politique constituée d’élus ayant été choisi par leurs citoyens et non pas toute la population de leur ville. En utilisant tout le monde pour établir le poids proportionnel dans la CMM on se retrouve dans les faits à surpondérer le pouvoir de certains élus par rapport à leur base électorale.

mais les élus devraient baser leurs décisions sur la population au complet pas seulement les personnes qui ont voté pour eux (ce que la CAQ semble faire dans plusieurs dossiers…)

7 Likes

Laissez la Caisse tranquille, monsieur Legault

[

Francis Vailles La Presse

La déclaration m’a renversé. Quoi, François Legault veut maintenant utiliser notre Caisse de dépôt pour soutenir l’économie du Québec, donc pour assouvir l’une de ses missions politiques ?

Publié à 6 h 30

N’a-t-il pas compris à quel point il est périlleux de jouer avec l’argent public, après les fiascos de Northvolt, de Recyclage Carbone Varennes et de Lion Électrique, entre autres, où notre gouvernement a perdu respectivement 270 millions, 144 millions et 227 millions ?

N’a-t-il pas pris note que son gouvernement a dû radier 1,3 milliard de dollars des fonds qui avaient été injectés par le gouvernement précédent dans le projet C Series de Bombardier, devenu l’A220 d’Airbus ?

« Avec le contexte économique mondial actuel, je vous annonce que le gouvernement va demander à la direction de la Caisse de dépôt d’augmenter la part de ses investissements dans l’économie québécoise », a déclaré le premier ministre dans son discours d’ouverture.

De grâce, monsieur Legault, laissez la Caisse faire son travail. Non seulement l’intervention d’un gouvernement dans l’économie peut entraîner son lot de problèmes et les pertes financières qu’on connaît, mais l’argent de la Caisse n’est PAS l’argent des contribuables, dont peut disposer le gouvernement à sa guise 1.

L’actif net de 496 milliards de dollars de l’institution est la propriété des déposants. Donc des futurs retraités de l’enseignement, de la santé et de la construction, notamment. Tous les salariés québécois, même ceux du privé, ont de l’épargne-retraite dans la Caisse, par le truchement de leur cotisation au Régime de rentes du Québec.

La Caisse, c’est notre bas de laine collectif ; il faut en prendre un soin jaloux et laisser les experts de l’institution le faire fructifier.

Oui, c’est vrai, en vertu de ses statuts, la Caisse a une double mission, soit de « rechercher le rendement optimal du capital des déposants […] tout en contribuant au développement économique du Québec ».

**Sauf que les dirigeants de la Caisse, appuyés par le conseil d’administration, font bien ce travail, merci, et sans intervention politique indue.

Au 31 décembre 2024, la Caisse avait d’ailleurs 93,5 milliards de dollars investis au Québec, soit près de 20 % de son actif net 2. La Caisse maintient ce niveau depuis 5 ans, bien que la croissance économique au Québec n’ait pas l’ampleur de celles de bien d’autres pays où nos fonds sont investis, comme les États-Unis ou divers pays émergents.

En comparaison, la principale caisse de retraite canadienne avait 10,5 % de son actif investi au Canada au 31 décembre 2024, soit presque deux fois moins que les 20 % de la Caisse de dépôt au Québec3.

Une intervention politique trop directe dans la gestion des fonds de la Caisse n’est pas sans conséquence. Les dirigeants de la Caisse travaillent à battre les indices de référence du marché, ce qui fait grossir l’actif des déposants, bref à les enrichir.

Autre élément fort important : un ascendant trop grand du gouvernement sur la Caisse peut nuire à nos entreprises. On l’a vu par le passé dans le litige opposant Bombardier à Boeing. À l’époque, le département du Commerce des États-Unis prétendait que la Caisse était une « autorité gouvernementale ».

Cet élément faisait partie des raisons évoquées par le département du Commerce pour imposer de lourds droits de douane sur la C Series. Les gouvernements, faut-il rappeler, ne peuvent accorder de subventions aux entreprises qui les aident dans leurs exportations, en vertu des traités internationaux.

La Caisse de dépôt avait dû vivement s’en défendre à l’époque.

Les dirigeants de la Caisse marchent sur des œufs quand Québec veut passer une commande.

https://www.lapresse.ca/affaires/chroniques/2025-10-03/laissez-la-caisse-tranquille-monsieur-legault.php)**

1 Like

Podcast de 1h avec le PM et Paul Arcand

François Legault : «C’est un peu normal un moment donné qu’on fasse des erreurs»

Ruba Ghazal embarque dans le train anti-insulte qui semble être le gros thème de la semaine. Le problème c’est que dans son cas elle parle juste “des commentaires” et se perd un peu sans vraiment nommer quelqu’un de précis.

«Commentaires remplis de haine et d’intolérance», instrumentalisation de la «colère pour s’en prendre aux progressistes»: la gauche est la cible d’une «chasse aux sorcières», dénonce la cheffe parlementaire de Québec solidaire Ruba Ghazal.

https://www.journaldemontreal.com/2025/10/06/lheure-est-grave-ruba-ghazal-en-a-assez-de-voir-la-gauche-progressiste-se-faire-demoniser

Le mot de la semaine Constitution

[
Nathalie Collard La Presse

Publié le 10 octobre

En urbanisme, quand on s’apprête à construire une nouvelle infrastructure, les bonnes pratiques veulent qu’on consulte les citoyens d’abord. On organise des activités sur le terrain convoité, on convie les résidants du quartier et on les écoute. Puis à partir de leurs commentaires et de leurs suggestions, on élabore un plan et on construit.

On s’attendrait à une pratique semblable pour un texte de loi aussi important qu’une constitution, un texte qui établit les valeurs et les droits fondamentaux d’une société, et qui est tellement important qu’on l’appelle aussi « la loi des lois ».

Bébelle, exercice partisan, geste électoraliste pour faire oublier les sondages désastreux pour la Coalition avenir Québec (CAQ) ? On laisse aux partis de l’opposition le soin de qualifier l’exercice mené par le ministre de la Justice, Simon Jolin-Barrette. Et on laissera aux constitutionnalistes aguerris le soin de déterminer si une province qui n’est ni souveraine ni indépendante peut se doter d’un texte constitutionnel qui aurait ou non préséance sur la constitution canadienne.

Regardons plutôt cette constitution d’un point de vue citoyen.

](https://www.lapresse.ca/auteurs/nathalie-collard)

D’abord, où est l’urgence de se doter d’une constitution à ce moment-ci ? Entre l’anxiété provoquée par l’augmentation du coût de la vie, nos nouvelles relations anxiogènes avec les États-Unis et la dégradation de nos services publics, avons-nous vraiment l’appétit pour un débat constitutionnel ? Je dirais : autant que pour manger de la cervelle de veau une journée caniculaire de juillet…

Ensuite, pourquoi laisserait-on entre les mains d’un parti menacé d’extinction, qui ne jouit clairement plus de la confiance des Québécois, la tâche ô combien importante de rédiger une constitution québécoise qui délimite les frontières du vivre-ensemble ?

C’est comme si on confiait la rédaction de notre contrat de mariage à un conjoint de qui on veut divorcer. Comment avoir confiance quand on découvre qu’en fin de compte, on n’a plus les mêmes objectifs dans la vie ni les mêmes valeurs ?

Pensons seulement au droit à l’avortement enchâssé dans cette nouvelle constitution, et ce, contre l’avis de tous les experts qui avaient recommandé à Martine Biron, alors ministre de la Condition féminine, de ne pas y toucher, au risque de voir ce droit contesté devant les tribunaux.

Que dire de la laïcité, elle aussi protégée dans cette nouvelle constitution ? La conception qu’en a le gouvernement Legault ne fait pas l’unanimité. En conférence de presse, le ministre Jolin-Barrette affirmait que le Québec voulait se distinguer de l’approche multiculturaliste du reste du Canada. Le Québec, ajoutait-il, a son modèle bien à lui.

Quel est ce modèle, selon la CAQ ? Un financement inadéquat des cours de francisation ? Aviser, à une semaine d’avis, des gens qui vivent ici depuis plusieurs années de faire leurs boîtes et de repartir dans leur pays d’origine ? Réduire l’aide sociale aux demandeurs d’asile pour ensuite déplorer que l’itinérance augmente sans cesse ?

Pas certaine que les Québécois soient en mesure d’expliquer clairement ce qu’est le modèle d’intégration québécois aujourd’hui.

Pour rédiger sa constitution, le ministre de la Justice a, dit-il, parlé à beaucoup de gens… Il s’est aussi basé sur les travaux du Comité consultatif sur les enjeux constitutionnels du Québec au sein de la fédération canadienne, le comité Proulx-Rousseau. Au total, 43 mémoires ont été présentés à ce comité. En termes de représentativité et de diversité des opinions, est-ce vraiment suffisant ?

Quant à la Commission parlementaire qui s’en vient, elle risque d’attirer les suspects habituels, c’est-à-dire les mêmes organismes et les mêmes individus qui se prononcent dans ce genre d’exercices. Or, pour un texte aussi important qu’une constitution, surtout pour une première version, n’aurait-il pas fallu se donner la peine d’aller à la rencontre des Québécois « ordinaires », ceux et celles qui ne rédigeront pas de mémoires, mais qui devraient quand même avoir voix au chapitre ? Cela comprend aussi bien les personnes âgées que les jeunes, les personnes en situation d’itinérance et les gens issus de l’immigration.

Bref, si le gouvernement Legault voulait faire de la présentation de la constitution un moment solennel et rassembleur, c’est raté.

Le ministre Jolin-Barrette l’a présentée un petit jeudi matin d’octobre, lors d’un point de presse qui aurait pu tout aussi bien être consacré au dévoilement d’une nouvelle loi sur l’emballage ou l’obsolescence programmée.

On est loin du grand moment historique.

Parlant d’histoire…

Le 30 octobre prochain, on soulignera le 30e anniversaire du référendum de 1995.

À l’époque, le premier ministre Jacques Parizeau prévoyait de créer une assemblée constituante. C’est elle qui aurait adopté la constitution québécoise. Elle aurait été composée d’un nombre égal d’hommes et de femmes, en majorité non élus, et issus d’origines et de milieux différents.

Ça semble une approche pleine de bon sens pour élaborer une loi qui se veut le socle de la société québécoise.

https://www.lapresse.ca/dialogue/chroniques/2025-10-10/le-mot-de-la-semaine/constitution.php

Encore une atteinte au droit des femmes

L’inscription de l’avortement dans le projet de loi 1 fait de celui-ci un soin exceptionnel qui stigmatise les femmes qui le demandent, estiment les auteures.

Publié à 11 h 00

Partager

Louise Langevin Professeure titulaire et avocate, faculté de droit, Université Laval

Christiane Pelchat Avocate et doctorante en droit, faculté de droit, Université de Sherbrooke

https://www.lapresse.ca/dialogue/opinions/2025-10-13/projet-de-constitution/encore-une-atteinte-au-droit-des-femmes.php

1 Like

Constitution québécoise: un ego trip politique

Par Lise Ravary, Les Coops de l’information

13 octobre 2025 à 04h05

CHRONIQUE / Le gouvernement Legault ne sera vraisemblablement plus au pouvoir en octobre 2026. Soyons lucides. Cela lui laisse peu de temps pour faire adopter son projet de Constitution du Québec.

Le projet de loi constitutionnelle, un déluge de mots qui tient sur 40 pages, n’aura droit qu’à quelques séances en commission parlementaire, comme n’importe quel projet de loi, avant d’être adopté par un gouvernement majoritaire.

Il y aura bien quelques consultations externes, mais le temps file et les opposants défilent.



C’est ainsi qu’on traite un texte suprême qui veut définir tout un peuple, son histoire, sa volonté, sa résilience, ses caractéristiques, ses complexités et ambiguïtés?

Ce projet, élaboré par un gouvernement à l’agonie, sans consultation large, sans apport du peuple et des autres partis politiques, est une farce. Un exercice arrogant, un ego trip politique.

Pire encore: toutes les bonnes intentions du monde n’y feront rien, car cette constitution sera toujours subordonnée à la Constitution canadienne. Du moins, tant que le Québec ne sera pas indépendant, ce qui peut prendre du temps.

Pour l’instant, la version caquiste de la Constitution du Québec n’accomplit rien d’autre que de faire rager les indépendantistes, à rassurer les autonomistes qu’ils servent à quelque chose et à enquiquiner le fédéral.

Simon Jolin-Barrette fait comme si le Canada n’existait pas. Par exemple, les décisions juridiques sur l’avortement et sur la loi sur l’aide médicale à mourir sont de compétences fédérales.

Si le Québec a pu convaincre Ottawa de lui laisser le champ libre, rien ne l’empêcherait un jour de changer d’avis. Aucune Constitution québécoise n’y pourrait quoi que ce soit.

Ce sera aussi Ottawa qui aura le dernier mot sur la clause dérogatoire.

Résumé

On ne peut s’opposer à ce que l’égalité homme-femme soit enchâssée dans une constitution, mais rendre ce droit supérieur à la liberté de religion garantie par la Charte est une aberration. En principe, toutes les lois sont égales et les droits collectifs, dont on peut mettre en doute la validité dans une société libérale, n’ont pas nécessairement préséance sur les droits individuels.

Le projet de loi constitutionnelle limite aussi le droit de contester les lois que le Parlement du Québec aurait déclarées comme protégeant la nation québécoise. Une limite injustifiable dans un état de droit.

Tous, individus, organismes privés ou publics, devraient pouvoir remettre en cause devant un tribunal toute loi jugée discriminatoire.

Simon Jolin-Barrette affirme que la Constitution du Québec sera le bouclier et le miroir de la nation québécoise. Cela n’est pas faux en théorie, mais pour quoi faire? La Constitution ne forcera pas le fédéral à donner les pleins pouvoirs au Québec en matière d’immigration, par exemple.



Les États — on aura beau dire que le Québec est un État, mais pas dans le sens de pays — gardent pour eux les clés de la porte d’entrée et Ottawa n’ira jamais plus loin que les pouvoirs déjà accordés au Québec. C’est une question de souveraineté… nationale.

Depuis les échecs référendaires, le Québec cherche par tous les moyens d’augmenter son autonomie face à Ottawa.

Et si, au lieu de demander une place plus grande, le Québec négociait une place distincte dans la fédération canadienne, comme le suggère Christian Dufour.

Le politologue croit que le temps est venu de reprendre le chemin vers Meech, question de protéger le pouvoir québécois au lieu d’attendre le Grand Soir de l’indépendance qui ne viendra peut-être jamais, un objectif qu’il estime réalisable et qui échappe à ce projet de constitution, même si elle promet d’affirmer le caractère distinct du Québec.

On aura beau le dire, le répéter et l’écrire, cela ne vaut pas grand-chose tant que le gouvernement fédéral ne le reconnaît pas officiellement. Or, tourner le dos à Ottawa, lancer de la boue sur la Constitution canadienne, ne fera pas avancer la position du Québec dans cette fédération où il est cantonné par manque d’enthousiasme pour la souveraineté.

Le premier ministre du Québec, François Legault, félicite le ministre de la Justice et ministre responsable des Relations canadiennes, Simon Jolin-Barrette, après le dépôt du projet de loi visant à créer une constitution pour le Québec. (Jacques Boissinot/La Presse Canadienne)

Soyons magnanimes. Pour François Legault, ce projet de Constitution n’est pas une «bébelle électorale». Il y croit.

Bien des gens sensés, parmi eux des intellectuels et autres mordus de politique, y croient, même des gens de l’Opposition y croient. Mais le peuple, lui, qu’en pense-t-il? Y pense-t-il? Cela fait-il partie de ses préoccupations? Qui prendra le temps de lire l’entièreté du texte du projet?

Un ami me faisait remarquer que nous sommes très français à ce chapitre. Nous aimons les grands textes, le verbiage, les mots pour les mots. Les descriptions et explications à n’en plus finir.



À l’opposé, les Britanniques, concepteurs de nos traditions politiques, que cela plaise ou non, se contentent d’une constitution non écrite. Personne ne doute pour autant du caractère hautement démocratique du Royaume-Uni.

Par définition, une constitution est contraignante. Même si on la souhaite rassembleuse, elle ne satisfera jamais tout le monde.

Par exemple, le projet québécois n’offre aucune place qui vaille aux Québécois anglophones, outre le respect de ses institutions, une communauté parmi nous depuis deux siècles et demi et qui a contribué de manière exceptionnelle à bâtir le Québec. Cela est injustifiable et mesquin.

La «belle nation» québécoise peut faire mieux.

Constitution québécoise: un ego trip politique

Plusieurs hauts fonctionnaires ont fait part de leurs inquiétudes

Le sous-ministre à l’Environnement n’est pas le seul à avoir exprimé des préoccupations.

La présidente de Commission de la fonction publique du Québec, Marie-Claude Rioux, s’est publiquement indignée des coupes qu’on impose à son organisme.

Les sous-ministres à la Justice et à l’Emploi ont écrit à leurs équipes que les compressions auront des impacts directs sur les services offerts aux citoyens.

La direction de la CNESST a aussi documenté le fait que les compressions auront des impacts sur la population.

Mardi, la Société de l’Assurance automobile du Québec (SAAQ) a éliminé une centaine de postes, dont plusieurs sont en lien direct avec la clientèle.

M. Bouvrette se demande pourquoi le sous-ministre a tout de même accepté de sabrer dans ses effectifs : “Pourquoi est-il allé de l’avant avec ça? Pourquoi force-t-on, avec le pouvoir politique, des mises à pied qui ont des impacts directs sur les services à la population?”

Le président du SPGQ a écrit, jeudi, à l’ensemble des dirigeants d’organismes, sous-ministres et sous-ministres adjoints pour les encourager à “se tenir debout et protéger les services publics”.

Du côté du Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ), le président Christian Daigle se dit “content d’entendre que des hauts dirigeants disent le même message que nous disons depuis fort longtemps que les coupures vont mettre à mal les services”.

M. Daigle aimerait que le premier ministre Legault et le ministre de l’Environnement Bernard Drainville “se commettent et nous disent ce qu’ils vont abandonner comme missions essentielles de l’État”.

“Ce n’est pas vrai qu’on peut couper 2000 personnes et faire la même chose que ce qu’on faisait hier”, conclut-il.

Dénigrement

“Les déclarations et actions du gouvernement quant au ménage à faire dans la fonction publique, au dénigrement du travail du personnel, aux coupures de postes et de services sont de nature vexatoire, répétées, portent atteinte à la dignité, sont hostiles et non désirées et créent un climat de travail toxique”, dénoncent le SFPQ et le SPGQ dans un communiqué de presse conjoint.

Ils allèguent que les situations vécues par leurs membres s’apparentent à du harcèlement psychologique et qu’il y a par conséquent risque d’atteinte à leur santé psychique.

Permanents “à risque”

Les syndicats affirment avoir reçu de nombreux témoignages attestant de l’anxiété et de la surcharge engendrées par les compressions et la rhétorique gouvernementale vis-à-vis des fonctionnaires.

La charge de travail augmente, mais pas les ressources. Les non-remplacements des congés, départs et retraites créent une surcharge de travail. Le constat est que les personnes sont incapables d’effectuer le travail demandé et sont inévitablement confrontées à l’échec.
Une citation de Extrait d’un communiqué de presse conjoint du SFPQ et du SPGQ

Les syndicats reprochent en outre à l’employeur d’agir “sans discernement dans un contexte préélectoral” et d’alimenter un climat de tension, de stress et d’incertitude “intenable”.

Perte d’expertise…

1 Like

La CAQ risque de frapper un autre mur.


Réforme du régime syndical Boulet ira de l’avant avec la cotisation facultative

(Québec) Malgré la grogne, le ministre Jean Boulet fonce avec sa réforme du régime syndical et introduira la cotisation facultative en donnant aux syndiqués le pouvoir de refuser par vote de participer financièrement à d’autres activités que la défense des travailleurs.

Publié à 5 h 00

Fanny Lévesque
](https://www.lapresse.ca/auteurs/fanny-levesque)

Ce qu’il faut savoir

Le gouvernement Legault a ouvert un nouveau front avec les syndicats en promettant de moderniser le régime syndical, un système « dépassé », selon le premier ministre.

Québec veut notamment restreindre l’utilisation des fonds syndicaux. Il envisage aussi de revoir les règles sur les votes de grève et la publication des états financiers.

Le ministre Jean Boulet déposera cet automne un projet de loi pour moderniser la gouvernance syndicale et assurer une transparence accrue. Les syndicats y voient une « attaque frontale ».

La Presse a appris que le gouvernement Legault forcera les syndicats à consulter leurs membres une fois par année, lors de l’assemblée générale annuelle, par exemple, sur l’utilisation des fonds syndicaux.

En clair, un syndicat devra expliquer à quelles fins il prévoit utiliser les cotisations syndicales dans l’année à venir, et les membres pourront voter pour exprimer leur accord ou non.

La cotisation syndicale sera ainsi scindée en deux : la cotisation obligatoire, qui inclura tout ce qui touche à la défense des droits des travailleurs, comme le renouvellement des conventions collectives ou la formation, et la cotisation facultative, qui comprendra les contestations judiciaires, les campagnes publicitaires ou l’adhésion à des « mouvements sociaux », notamment.

Un vote plutôt qu’un retrait

Québec ira donc de l’avant avec la cotisation facultative en donnant le pouvoir aux membres de la rejeter lors d’un vote en assemblée. Cela veut dire qu’il largue l’option de retrait individuel, ou « opting out », comme le lui recommandaient ses fonctionnaires. La Presse a révélé à la fin de septembre que des drapeaux rouges étaient levés au sein même du ministère du Travail devant cette possibilité1.

L’option de retrait individuel posait un « risque élevé », selon les fonctionnaires : la solution serait difficilement applicable et forcerait des employeurs – à commencer par l’État québécois – à « modifier substantiellement » leurs systèmes de paie pour prélever des cotisations différenciées. Au surplus, des enjeux de droit constitutionnel touchant à la liberté d’association devaient aussi être examinés.

Après nos révélations, M. Boulet a affirmé qu’il voulait « trouver une façon simplifiée » d’atteindre son objectif. « Il faut assurément donner la possibilité aux travailleurs syndiqués de s’exprimer et de scinder en deux [la cotisation] », a-t-il affirmé.

Le ministre Jean Boulet avait alors rappelé que son intention « n’est pas de les empêcher de contester [une loi, par exemple], mais d’avoir l’assentiment d’une majorité [de membres] ».

Reste que la cotisation facultative demeure une option délicate.

Le document interne faisant état des préoccupations des fonctionnaires et obtenu par La Presse rappelait que, selon la Cour suprême, il n’existe pas de « distinction claire entre une dépense directement liée à la négociation collective » et une qui ne l’est pas. Sa définition sera un élément « clé » étant donné « la difficile démarcation » par rapport à la cotisation ordinaire, prévenait-on.

Les gains potentiels seraient également modestes pour les syndiqués. Selon une analyse préliminaire des états financiers de la CSN, entre 1,47 % et 3,41 % des cotisations servent à des « fins accessoires », c’est-à-dire à autre chose que les relations de travail. Les salariés pourraient, selon ce scénario, récupérer « entre 10,50 $ et 24,20 $ par année, soit entre 0,87 $ et 2,02 $ par mois ».

1. Lisez l’article « Des drapeaux rouges au sein même du ministère du Travail »

https://www.lapresse.ca/actualites/politique/2025-10-16/reforme-du-regime-syndical/boulet-ira-de-l-avant-avec-la-cotisation-facultative.php

Un autre dossier très chaud

https://www.lapresse.ca/actualites/chroniques/2025-10-16/negociations-entre-les-medecins-et-quebec/demain-le-point-de-rupture.php

https://www.lapresse.ca/affaires/2025-10-16/pertes-et-projets-debranches/la-sortie-de-route-de-la-filiere-batterie.php

2 Likes

Godin dans Le Devoir :

3 Likes

3 articles

Le Québec à l’heure des choix
Il est urgent de boucher les trous de la passoire

Le Québec est pris en étau. Les services publics ne répondent pas aux attentes croissantes de la population, alors que les finances de l’État sont dans le rouge. Voilà le dur constat de notre dossier sur l’État-providence publié en février. Dans un esprit constructif, nous avons donc poussé notre réflexion plus loin, pour trouver des solutions.
Publié à 5 h 00

S’inspirer de nos grands-mères

Nos grands-mères avaient le tour de nourrir 14 personnes avec les victuailles prévues pour 11. Elles étiraient la sauce, la soupe, réduisaient les portions de viande, misaient sur les patates. Personne autour de la table n’aurait osé critiquer.

Le symptôme des sept fonctionnaires

Voici une histoire qui illustre parfaitement la lourdeur administrative à Québec.

Le courage de tout changer

Du classique dépassement de coûts aux achats mal planifiés en passant par les décisions inadéquates, chaque groupe d’employés sous-performant ou laxiste accroît la pression sur les finances de l’État. « Quand tu sais que tu n’as pas le choix de livrer la marchandise, témoigne Raymond Daigneault, ça change totalement les organisations. »

https://www.lapresse.ca/affaires/chroniques/le-quebec-a-l-heure-des-choix/il-est-urgent-de-boucher-les-trous-de-la-passoire/2025-10-20/s-inspirer-de-nos-grands-meres.php

Il faut également rajouter le projet de Recyclage Carbone Varennes, perte de 670 millions:

https://www.lapresse.ca/affaires/entreprises/2025-09-29/recyclage-carbone-varennes/un-projet-milliardaire-rachete-pour-17-millions.php

Recyclage Carbone Varennes Un projet milliardaire racheté pour 17 millions

L’entreprise qui souhaite racheter Recyclage Carbone Varennes (RCV), dont la déconfiture fera perdre plus d’un demi-milliard aux contribuables, n’aura qu’à débourser 17,5 millions pour reprendre ce mégaprojet en matière de transition énergétique, a appris La Presse .

2 Likes