Alexandre Boulerice avec QS La petite crise existentielle de la gauche
Pour la gauche, c’est un match nul. Le bonheur des solidaires fait le malheur des néo-démocrates. Avec le déplacement d’Alexandre Boulerice, le NPD disparaît du Québec et devient un parti de l’Ouest et des Prairies.
S’il est élu en octobre dans Gouin comme prévu, M. Boulerice ne fera que compenser pour le départ de Gabriel Nadeau-Dubois. Cette bonne nouvelle en neutralise une mauvaise.
M. Boulerice est un député d’expérience enraciné dans sa circonscription fédérale de Rosemont–La Petite-Patrie, qui comprend le territoire de Gouin au provincial. Il s’agit d’un politicien professionnel – ce titre n’est pas péjoratif, mais il relativise la capacité des solidaires d’attirer des talents externes.
Dans cinq des circonscriptions gagnées en 2022, le ou la députée solidaire ne se représente pas. Outre M. Boulerice, une seule autre personne a été annoncée pour l’instant : Roxane Milot, la présidente du parti. Même s’il s’agit d’une candidature de qualité, on ne peut pas dire que QS a recruté un nouveau visage.
Le problème dépasse QS. Partout en Occident, la gauche encaisse des reculs. Les exemples souvent mentionnés du nouveau maire de New York et du gouvernement socialiste en Espagne ressemblent plus à l’exception qu’à la règle.
L’instabilité géopolitique et la guerre commerciale créent un sentiment d’inquiétude. Dans la peur, on cherche de la stabilité. Les partis de gauche offrent le contraire.
La fatigue écologique passagère n’aide pas non plus. Le coût de la vie préoccupe plus la population que l’environnement, même chez les jeunes. QS et le NPD, qui misent plus sur ce vote, en souffrent.
Au NPD, le nouveau chef Avi Lewis propose de créer un réseau d’épiceries publiques. Il s’inspire du maire de New York, qui en fait toutefois un modeste projet pilote à l’échelle municipale. La gauche parle du coût de la vie, mais ses solutions plaisent moins. Peut-être est-ce à cause d’une perte de confiance en l’État. Au lieu de rêver à des programmes qui redistribueront la richesse et amélioreront les services, l’électorat est séduit par ceux qui veulent remettre de l’argent dans ses poches.
Angus Reid a récemment publié un sondage frappant. Plus un Canadien dit en arracher financièrement, plus il risque d’appuyer les conservateurs. Chez les libéraux, c’est le contraire. Pour les néo-démocrates, il n’y avait pas de lien.
Voilà pour le polaroïd.
Sous la barre des 10 % dans les sondages, QS se bat pour rester pertinent.
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