Politique fédérale

Tout ça est très vrai, mais ultimement les résultats n’ont pas été au RDV. Inversement, si le pétrole avait soudainement bondi ou une autre entrée d’argent était arrivée, le gouvernement aurait bien paru et aurait pris le crédit.

C’est beaucoup plus facile de trouver des défauts à une organisation qui n’a pas de résultats probants. C’est y aller trop fort que de blamer tous les problèmes du monde sur JT, mais il demeure néanmoins que son gouvernement a contribué à plusieurs problèmes que nous avons aujourd’hui.

J’ai l’impression que cette discussion tourne en rond. Lequels? On parle d’investissement et de productivité, mais ce sont des indices relatifs qui ne parlent pas nécéssairement de la qualité de vie des gens. Au Canada, on est pas mal dépendant des autres économies, et les business qu’ils nous laissent le loisir d’avoir. On l’a vu avec le théâtre des batteries NorthVolt et les usines de voitures électriques avant qu’un signe noir remporte les élections aux États-Unis. L’extraction de ressources naturelles n’est pas une industrie productive parce que ça demande beaucoup de labeur et l’argent fini toujours pas quitter le pays anyway. On n’attire pas la technologie de pointe qui est plus productive parce qu’on n’a pas la main d’œuvre et les États-Unis tirent énormément la couverte de leur côté. Les compagnies américaines monopolisent pas mal out en ce moment. Je ne vois pas ce qu’un premier ministre Canadien peut changer à ça. On n’est même pas capable d’appliquer nos propres lois sur la concurrence et le fruit du travail de l’esclavage.

Je ne comprend pas coment tu peux attribuer ça à un premier ministre alors que c’est une tendance mondiale. Encore une fois, la productivité est un indice parmis plusieurs d’autres, il n’y a pas nécéssairement de lien avec l’indice de bonheur.

C’est certain, mais on s’entend qu’ils ont gagné juste parce que le pendule allait de leur côté cette année-là.

C’est indéniable, on est un “petit” pays en termes de population. Il reste que nous avons une masse de personnes qui se compare avantageusement à d’autres pays par rapport à l’éducation et nous avons accès à beaucoup de ressources naturelles. Je pense que nous avons plusieurs ingrédients pour être compétitifs avec les États-Unis.

Pour la productivité, elle n’impacte pas directement la qualité de vie des gens, mais elle permet à l’État d’avoir une plus grande marge de manoeuvre pour ajouter/bonifier des services sociaux.

C’est plus la comparaison avec les autres pays que je voulais mettre à l’avant. Comparativement aux autres pays, nous sommes moins “heureux” qu’il y a 10 ans.

En économie (et en mathématique en général), il y a la règle du 80/20. 20% des personnes paient 80% d’impôts et le reste paie le 20%. C’est normal, ça suit la disparité de richesse, surtout vu qu’on base notre impôt sur le pourcentage de revenu en majorité. À travers les années, les gouvernements ont donné beaucoup de congés d’impôt aux plus riches pour baisser leur part d’impôts, jusqu’au point où les impôts des grandes fortunes n’ont plus de lien avec le pourcentage de leurs revenus.

Si tu veux accuser quelqu’un de ne plus financer les programme public, ça serait pour l’inaction. Trudeau devait faire passer la loi sur l’augmentation de l’impôt sur les gains en capital, mais il a démissionné avant de le faire et Carney a enterré le projet. Donc si tu as une bonne fortune, même sans bon fiscaliste, tu es déjà beaucoup moins imposé que les travailleurs productifs ou non (Tu peux même pas avoir d’argent et convaincre une banque de t’en donner et ne pas payer d’impôts dessus).

À ça, tu peux rajouter l’inaction du Canada sur les crimes fiscaux et la diminution des équipes d’enquêtes sur les fraudes à l’impôt. Nous sommes la risée des pays de l’OCDE en la matière à un tel point qu’on se fait souvent pointer du doigt à cause que le gouvernement ferme les yeux sur des fraudes international. C’est un peu compliqué d’organiser des services publics quand les grandes sommes générées au pays de se traduisent pas en impôts. C’est un peu le problème de l’exploitation des matières naturelles ; le gouvernement investi beaucoup, mais à long terme, les retours en impôts et en service publics ne sont pas tant présents (Ce n’est pas obligé d’être comme ça, mais c’est comme ça que ça a marché dans les dernières années et un changement de culture s’impose). Donc pour ce chapitre, je dirais que le gouvernement aurait pu faire plus de ménage plus rapidement.

Pour la productivité, il y a beaucoup de recherche là-dessus parce qu’elle est au cœur de plusieurs iniquités et de changements économiques peu pris en compte par les gouvernements, c’est quand même intéressant à lire. Comme pourquoi un concierge d’école primaire ne peut plus se payer des ouvriers pour refaire sa cuisine chez lui alors qu’il y a plusieurs années, les gens de métiers avaient pas mal le même niveau de vie que quelqu’un qui travaille en tech à éducation et labeur égale. C’est pas mal au cœur de plusieurs problèmes des programmes publics et pourtant on aime tellement mieux dire que c’est à cause de d’autres facteurs économiques moins importants. Bref, je pense que je viens d’écrire une intro pour le post de @Klogw lol

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Ottawa et Québec s’entendent sur le logement

Les gouvernements Carney et Legault se sont finalement entendus sur la façon d’accélérer la construction de nouveaux logements dans la province. Un quatuor de ministres annoncera la conclusion de deux ententes distinctes à Québec mercredi matin, en compagnie du maire Bruno Marchand.

Selon des sources gouvernementales, Ottawa versera près d’un milliard de dollars au gouvernement du Québec dans le cadre du Fonds canadien sur les infrastructures liées au logement (FCIL).

Ce fonds fédéral totalisant six milliards de dollars vise à financer les infrastructures comme les égouts et les aqueducs pour stimuler la construction de nouvelles habitations.

Résumé

Le FCIL avait été lancé en 2024 sous l’ère Trudeau, mais les négociations entre les deux paliers de gouvernement n’avaient jamais abouti sur un accord.

AILLEURS SUR INFO : La fin de l’innocence

L’Union des municipalités du Québec avait par ailleurs dénoncé la lenteur du fédéral et du provincial à s’entendre, plaidant que l’absence d’accord privait les villes d’importantes sommes pour faire face à la crise du logement.

Gregor Robertson, ministre fédéral du Logement

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Le Québec exigeait le plein pouvoir sur la façon de dépenser sa part de la cagnotte, mais le gouvernement fédéral tenait à avoir son mot à dire.

Le nouveau ministre fédéral du Logement, Grégor Robertson, et la ministre québécoise des Affaires municipales, Geneviève Guilbault, semblent finalement avoir trouvé un terrain d’entente. L’argent pourra être dépensé en fonction, dit-on, des priorités de Québec, mais dans des projets qui cadrent dans le programme établi par Ottawa.

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Protocole d’entente Maisons Canada

Québec et Ottawa vont également annoncer un protocole d’entente avec la nouvelle agence fédérale Maisons Canada, qui a été mise sur pied pour financer des projets de logements sociaux et abordables.

La ministre québécoise de l’Habitation, Caroline Proulx, s’est déjà engagée à ce que son gouvernement livre, avec ses partenaires, près de 9000 logements abordables d’ici la fin de 2026.

Caroline Proulx , ministre de l’Habitation du Québec

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Maisons Canada était une promesse électorale phare du premier ministre Mark Carney.

L’agence, créée en septembre dernier, est dotée d’une enveloppe de 13 milliards de dollars pour offrir du financement et des terrains pour aider des constructeurs privés à lancer de vastes projets d’habitation.

Carney réunit ses ministres à Québec

L’annonce se fera en marge de la réunion du cabinet de Mark Carney, qui se déroulera à Québec les 22 et 23 janvier.

Le premier ministre doit rentrer au pays mercredi et il est attendu à Québec jeudi. Après la joute diplomatique à Davos et les négociations commerciales pour ouvrir de nouveaux marchés pour les entreprises canadiennes en Chine, Mark Carney doit maintenant préparer la rentrée parlementaire.

Les travaux vont reprendre à Ottawa le 26 janvier et Mark Carney voudra montrer qu’il travaille aussi sur des mesures plus concrètes pour le portefeuille des Canadiens.

Le premier ministre Mark Carney doit rentrer au Canada mercredi pour participer à la réunion de son cabinet.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

C’est dans cet esprit que le maire de Québec, Bruno Marchand, a été invité à partager son expérience en matière de logement avec les ministres fédéraux.

La Ville de Québec se targue d’être une première de classe parmi les grandes villes du pays en ce qui a trait aux mises en chantier, avec 5700 en 2025.

Pour accélérer les constructions, la Ville affirme avoir réduit la paperasse pour obtenir des permis.

Le maire croit également être sur la bonne voie pour augmenter l’abordabilité à Québec, alors que le taux d’inoccupation, qui stagnait sous la barre du 1 %, s’est établi à 2,2 % l’an dernier. Pour qu’un marché locatif soit considéré comme équilibré, le taux d’inoccupation doit s’approcher du 3 %.

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Ottawa pourrait imiter l’Australie et déposer un projet de loi pour interdir les médias sociaux au moins de 14 ans. L’âge limite en Australie est 16 ans

Federal officials have drawn up plans to include a ban on social media for children under the age of 14 in the government’s coming online harms bill, part of a suite of possible measures aimed at protecting young people in the digital space, three sources told The Globe and Mail.

The proposal follows a social-media ban for young people under 16 that took effect in Australia in December. The move has caused other countries, including Canada and Britain, to consider following the Australian example.

In Canada, there is currently a ban on social-media use by children under the age of 13, though many children circumvent it by pretending they are older.

The proposal to raise the cutoff age to 14 would first need cabinet approval. Ministers are expected to consider the measure as early as next month, according to two of the sources.

They said there have also been discussions between civil servants in government departments in recent weeks about whether a new regulator would be required to police the ban.

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J’espère cependant que l’approche sera différente de celle de l’Australie et ne va pas restreindre la vie privée en forçant tous les utilisateurs de prouver qu’ils ont plus de 14 ans.

Je comprends les intentions, mais pour le moment, dans les autres pays qui ont implémenté des lois similaires, les conséquences des lois sont pires que les bénéfices, à mon avis.

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Le discours au complet sur la chaîne YouTube de la CPAC

Le premier ministre Mark Carney, qui se trouve à Québec pour une retraite ministérielle de deux jours après son voyage à Davos, a souligné jeudi l’importance de l’unité au sein du Canada pour faire face aux menaces extérieures.

« Au Canada, c’est lorsque nous sommes unis que nous sommes les plus forts », a dit M. Carney dans un discours prononcé dans la Citadelle.

Ce lieu est emblématique : construite par les Britanniques au début du XIXe siècle pour protéger la ville de Québec d’une éventuelle invasion américaine, cette forteresse située au cœur de la capitale québécoise sert encore aujourd’hui de base militaire. Elle est également l’une des deux résidences officielles de la gouverneure générale du Canada.
[…]

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Entrevue de Mélanie Joly à l’émission Les coulisses du pouvoir

« Un sentiment d’urgence » gagne la ministre de l’Industrie, alors que les tensions commerciales s’intensifient avec l’administration américaine.

Mélanie Joly donne le ton en entrevue à l’émission Les coulisses du pouvoir. « Si on ne transforme pas notre économie rapidement, si on ne diminue pas notre dépendance aux États-Unis, on va se retrouver en mode réaction ».
[…]

Unité nationale et tensions commerciales avec Mélanie Joly | Les coulisses du pouvoir

Un sentiment d’urgence gagne la ministre de l’Industrie, Mélanie Joly, alors que les tensions commerciales s’intensifient avec l’administration américaine.

En entrevue aux Coulisses du pouvoir, la ministre revient sur les discours de Mark Carney à Davos et à Québec et sur leur impact sur la relation du premier ministre Carney avec le président américain Donald Trump.

Elle dit tout haut ce que bien des gens pensent tout vas depuis longtemps, et depuis longtemps les politiciens ont augmenté notre dépendance aux compagnies américaines. On vit le résultat de plusieurs années de fermage de yeux. Même avec le climat actuel, je n’ai pas confiance qu’on va être capable de complément s’émanciper.

La Corée du Sud veut nous vendre des sous-marins

via Reuters

South Korea delegation heads to Canada to lobby for submarine project

South Korean Presidential Chief of Staff Kang Hoon-sik said on Monday he was heading to Canada, with executives from Hyundai Motor, alongside shipbuilders Hanwha and HD Hyundai Heavy Industries, in a bid to win a submarine project believed to be worth 40 trillion won ($27.65 billion).

J’espère que le Canada va aussi réduire sa dépendance envers les États-Unis pour les systèmes informatiques. Il faut que les institutions publiques fasse usage du logiciel libre. Le gouvernement devrait avoir sa propre distribution Linux et, par exemple, installer LibreOffice à la place d’utiliser Microsoft Windows et la suite Microsoft Office. Cela permettra au gouvernement de faire des économies sur le long term, en évitant d’être captif de Microsoft et de la politique états-unienne, et en évitant de devoir replacer tous ses postes lorsqu’il est temps de mettre Windows à niveau. De la même manière, le gouvernement et ses député·es devrait utiliser le Fediverse (par ex. Mastodon) à la place de Facebook et Twitter pour que les États-Unis ne contrôlent pas ses canaux de communication, en plus de respecter la vie privée (et la santé mentale!) de leurs utilisateurs. Le pays aura davantage de souveraineté numérique puisqu’il ne sera plus captif des GAFAMs. Aussi, le logiciel libre est plus en accord avec les principes d’égalité et de respect du droit suivi par le Canada

L’Union Européenne a un « call for evidence » pour le logiciel libre en cours. De plus, la Commission Européenne et d’autres instances de l’Union Européenne, y compris certains états membres, utilisent déjà le Fediverse : @EUCommission@ec.social-network.europa.eu, l’Insee en France (d’autres départements ont aussi des comptes), les Pays-Bas qui ont une instance Mastodon pour tout membre du government, l’Allemagne a plein d’exemples, etc. Notez que chaque gouvernement a sa propre instance Mastodon/Fediverse : l’idée est de suivre les comptes qui vous intéressent, même s’ils sont sur d’autres instances, depuis votre instance “locale”.

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Dans la Presse

Rentrée parlementaire à Ottawa | Vers une majorité pour Mark Carney d’ici juin ?

Les députés fédéraux sont de retour à Ottawa après plus d’un mois d’absence, et alors que le gouvernement Carney priorisera l’économie et les relations internationales, une question est sur toutes les lèvres dans la capitale : le gouvernement minoritaire deviendra-t-il majoritaire d’ici la fin des travaux en juin ?

« Si personne ne constate le mandat fort que nous avons reçu et la volonté des Canadiens de voir des progrès […], je pense que ce serait l’aveuglement volontaire », a lâché le leader du gouvernement à la Chambre des communes, Steven MacKinnon, samedi.

À Ottawa, les tensions commerciales avec les États-Unis, les sautes d’humeur du président Donald Trump et les bouleversements géopolitiques actuels provoquent un changement de ton et d’approche.

Le gouvernement gouverne avec fermeté, et les partis de l’opposition ont laissé entendre qu’ils s’ajusteront dès cette semaine.

Les conservateurs de Pierre Poilievre, connus pour leur opposition systématique aux propositions libérales et pour leurs tentatives répétées d’obstruction des travaux, ont annoncé qu’ils sont « là pour aider [les libéraux] à avancer ».

[…]


Selon une source gouvernementale haut placée, d’abord citée par le Toronto Star puis vérifiée par Radio-Canada, le gouvernement Carney annoncera lundi une bonification du crédit pour la TPS.

Les versements trimestriels augmenteront de 25 % au cours des cinq prochaines années. Cette mesure touchera environ 12 millions de Canadiens.

Pour l’année 2026-2027, cela représentera 130 $ de plus pour une personne seule à faible revenu et 270 $ de plus pour un couple avec deux enfants.
[…]

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Au sujet des plus récents sondages dans la Presse

Intentions de vote au fédéral | Mark Carney a le vent en poupe

Depuis son allocution où il énonçait une « rupture » de l’ordre mondial fondé sur les règles et le droit, illustrant notamment que « si vous n’êtes pas à la table, vous êtes au menu », le premier ministre et le Parti libéral cartonnent dans les sondages.

Le plus récent, celui de Léger-Postmedia, place les libéraux à 47 %, devant les conservateurs (38 %) et le Bloc québécois (26 %, uniquement au Québec). Les libéraux obtiennent un taux de satisfaction de 58 % dans ce sondage effectué du 23 au 26 janvier.

Les libéraux n’ont pas atteint un tel niveau d’appui depuis l’été dernier durant la lune de miel postélectorale. La dernière fois qu’ils voguaient de la sorte remonte à la pandémie de COVID-19.

Dans le plus récent sondage de Liaison Strategies, le taux d’approbation de Mark Carney atteignait les 62 %.

Celui de la firme Angus Reid montrait une hausse de huit points par rapport à décembre pour atteindre 60 %.

Ça pourrait bientôt sentir les élections fédérales pour tenter d’avoir une majorité, bien que le gouvernement dément les rumeurs. Le beau discours de Mark Carney à Davos a certainement beaucoup aidé.

Il y aura l’élection partielle à venir pour remplacer le poste de député de Chrystia Freeland. Pour cette élection, ça sera un “no-brainer”, certainement gagné d’avance.

Je crois plutôt qu’il y aura encore du floor crossing de certains conservateurs vers les libéraux, leur assurant une majorité. En plus, le NPD ne veut pas d’élections tout de suite, alors qu’ils sont en pleine course à la chefferie et que les coffres du parti sont vides, ils supporteront le gouvernement pour éviter des élections.

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Rencontre des premiers ministres/ Les indépendantistes et l’unité canadienne au menu

PHOTO ADRIAN WYLD, LA PRESSE CANADIENNE

Les premiers ministres canadiens se rencontraient jeudi à Ottawa.

(Ottawa) Après les indépendantistes du Québec, ceux de l’Alberta ont fait parler d’eux à la rencontre des premiers ministres canadiens jeudi. Le premier ministre du Québec François Legault a invité ses homologues à la prudence.

L’unité canadienne était au cœur de la rencontre des premiers ministres, mais la possible élection du Parti québécois et la démarche des indépendantistes albertains se sont invitées dans les discussions qui devaient davantage porter sur la diversification des marchés commerciaux et la révision de l’Accord de libre-échange Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM).

Le premier ministre de l’Ontario Doug Ford a encore une fois invité les Québécois à ne pas élire « des séparatistes parce que ça sera un désastre ». François Legault a incité ses homologues à la retenue, martelant que « c’est aux Québécois et seulement aux Québécois de décider de l’avenir du Québec ».

Le Financial Times, citant des sources confidentielles, rapporte que des dirigeants de l’Alberta Prosperity Project, un groupe de droite qui milite pour la séparation de l’Alberta, ont rencontré des représentants du département d’État américain à Washington à trois reprises depuis avril 2025.

Résumé

Mark Carney a semblé suivre le conseil de M. Legault, disant que l’élection provinciale est dans neuf mois et que « ce sera la décision des Québécois et des Québécoises ».

Mais c’est surtout le premier ministre de la Colombie-Britannique, David Eby, qui a sévèrement dénoncé la démarche d’indépendantistes albertains qui se rapprochent de l’administration Trump.

Le Financial Times, citant des sources confidentielles, rapporte que des dirigeants de l’Alberta Prosperity Project, un groupe de droite qui milite pour la séparation de l’Alberta, ont rencontré des représentants du département d’État américain à Washington à trois reprises depuis avril 2025.

Ces derniers tenteraient de rencontrer le mois prochain des responsables du département d’État et du Trésor afin d’obtenir une ligne de crédit de 500 milliards de dollars pour financer la province dans l’éventualité où le « Oui » remporterait un futur référendum sur l’indépendance.

En entrevue à La Presse, le leader séparatiste albertain Mitch Sylvestre confie que l’Alberta Prosperity Project s’est effectivement rendue à Washington pour avoir « des conversations », mais affirme n’avoir « rien demandé » aux Américains. Selon lui, « les conversations au sujet du 500 milliards étaient des conversations » et qu’il s’agit d’une préparation en prévision d’une éventuelle victoire référendaire.

« Nous nous sommes présentés aux personnes susceptibles de nous aider à concrétiser le projet si nécessaire. Nous avons spécifiquement demandé aux États-Unis de rester à l’écart et de laisser faire nos affaires. Nous leur avons demandé de ne pas nous apporter un soutien financier pour l’instant », a dit M. Sylvestre.

PHOTO ADRIAN WYLD, LA PRESSE CANADIENNE

Le premier ministre de la Colombie-Britannique David Eby

À Ottawa, le premier ministre Eby ne pouvait concevoir que des Canadiens se rendent à l’étranger « demander de l’aide pour briser le Canada ».

« À mon avis, il s’agit d’un acte de trahison, et il faut le dénoncer. Il faut y mettre un terme », a-t-il dit.

Pendant ce temps, le premier ministre Mark Carney n’a pas réagi directement à cette affaire, évitant aussi de parler d’ingérence étrangère de la part des États-Unis.

Je m’attends à ce que l’administration américaine respecte la souveraineté du Canada en tout temps, sans exception.

Mark Carney, premier ministre du Canada

« Quand j’ai eu des discussions avec le président des États-Unis, j’ai fait ce point », a-t-il dit.

PHOTO JUSTIN TANG, LA PRESSE CANADIENNE

Bloyce Thompson, Mark Carney, Doug Ford et Tim Houston

M. Carney a également affirmé que le président Trump n’a jamais évoqué l’indépendance de l’Alberta ou du Québec dans leur conversation.

Dans les derniers jours, le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent a légitimé la démarche indépendantiste albertaine en disant que la province canadienne devrait « se joindre aux États-Unis ».

« Ils ont d’importantes ressources. Les Albertains sont très indépendants. Ils pourraient tenir un référendum pour décider s’ils veulent rester au sein du Canada ou non », a-t-il dit en entrevue à un balado conservateur.

Selon le directeur des politiques internationales de l’École de politiques publiques de l’Université de Calgary Carlo Dade, il s’agit néanmoins d’un « mouvement marginal de séparatistes purs et durs » qui existe dans cette province de l’Ouest.

« Même en Alberta, nous levons les yeux au ciel », dit-il en entrevue. Il estime que ce mouvement permet aux Américains de diviser les Canadiens à l’aube des négociations de l’ACEUM et qu’il faudrait cesser de tomber dans le panneau.

La première ministre albertaine Danielle Smith a dit s’attendre à ce que l’administration américaine « respecte la souveraineté canadienne et qu’elle limite ses discussions sur le processus démocratique de l’Alberta aux Albertains et aux Canadiens ».

Pour sa part, le premier ministre François Legault a évité d’aborder l’enjeu albertain, disant qu’il n’avait pas à se prononcer.

En marge de son caucus à Saint-Georges, en Beauce, le chef du Parti québécois n’a pas voulu commenter les actions posées par le Alberta Prosperity Project, mais il a confirmé que sa formation politique « n’a pas de lien [avec les États-Unis] à part les canaux diplomatiques qu’on a avec tous les pays dans le monde ».

Carney promet de rencontrer chaque mois les premiers ministres provinciaux pendant la révision de l’ACEUM

Le premier ministre Mark Carney s’est engagé jeudi à rencontrer ses vis-à-vis des provinces et des territoires chaque mois, lorsque la révision de l’accord de libre-échange avec les États-Unis et le Mexique aura formellement commencé.

L’examen de cette entente commerciale, connue sous son acronyme ACEUM, doit commencer dans les prochaines semaines, a précisé M. Carney, plus tôt cette semaine.

« Quel est le message d’aujourd’hui ? C’est le message d’une équipe. Le premier ministre du Québec, le premier ministre de l’Ontario, tous les premiers ministres et le premier ministre du Canada, nous travaillons ensemble afin de bâtir […] un pays plus fort, plus résilient, plus indépendant, plus prospère, plus durable », a-t-il dit.

Le premier ministre fédéral, de même que ses homologues, a insisté sur l’importance de diversifier les partenaires commerciaux afin de réduire la dépendance envers les États-Unis.

L’administration américaine de Donald Trump mène une guerre tarifaire avec de nombreux pays, dont le Canada, depuis environ un an.

La Presse Canadienne

Ce qui est drôle, c’est qu’ils doivent eux-mêmes être américains ou être financé par des compagnies américaines.