Nouvelles et lieux culturels

Nostalgie

La vie, la ville : l’art devenu rare du vitrail

Yves Pichette rappelle qu’à une certaine époque, il y avait plusieurs « pages jaunes » affichant des commerces spécialisés en vitrail. Aujourd’hui, on n’en compte que deux dans la métropole : Studio du verre, rue Bonsecours, et le Centre du vitrail de Montréal, qui célèbre son 50e anniversaire et dont il est propriétaire.

Le magasin et son atelier sont situés à leur adresse du boulevard Henri-Bourassa, dans le quartier Ahuntsic, depuis 1986, après avoir reçu des clients sur l’avenue Péloquin et le boulevard Saint-Laurent. Quand on franchit la porte, c’est un voyage dans le temps à une époque où l’internet et Amazon n’existaient pas. Tout se répare et se fabrique à la main.

Si Yves Pichette connaît tout sur le travail du verre, il s’en tient à l’administration. « Je ne touche à rien, car je n’ai aucune dextérité ! », lance l’homme de 67 ans.

Quand il a terminé ses études universitaires en marketing, des camarades à lui travaillaient pour l’homme qui a fondé le Centre du vitrail. Ce dernier, un monsieur Bernard, n’aimait pas le service à la clientèle, si bien que la bande a repris ses affaires. Yves Pichette est ensuite resté aux commandes alors que ses amis ont poursuivi leur chemin avec l’entreprise Verre Select.

Du travail malgré tout

Un savoir-faire qui disparaît

M. Pichette peut compter sur deux employés fidèles : Louis-Pierre Ménard, qui s’affaire dans l’atelier du sous-sol, et son fils Félix Pichette, 32 ans, qui touche à tout. « Je venais travailler à la fin des classes au secondaire », raconte ce dernier.

PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE

Félix Pichette a notamment été formé par Louis-Pierre Ménard dans l’atelier.

Il fut un temps où le Centre du vitrail de Montréal employait une dizaine de personnes. Aujourd’hui, le travail ne manque pas – même qu’il faut attendre à novembre pour avoir du service –, mais le précieux savoir-faire est de plus en plus rare.

Louis-Pierre Ménard est-il comme le dernier des Mohicans ? « Oui », opine-t-il.

PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE

Louis-Pierre Ménard à l’œuvre
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Le traité de la Grande paix de Montréal est exposé à Pointe-à-Callière

Pour le 325e anniversaire de la Grande Paix de Montréal, le Musée Pointe-à-Callière expose jusqu’au 20 septembre le seul exemplaire connu du traité de 1701. Présenté pour la première fois à la verticale, le document fragile révèle les pictogrammes des nations autochtones qui mirent fin à plusieurs décennies de conflits.

Il faut descendre sous Montréal pour retrouver la trace de l’une des plus ambitieuses entreprises diplomatiques de l’histoire de l’Amérique du Nord. À Pointe-à-Callière, le visiteur chemine entre les vestiges de la ville ancienne, traverse l’égout collecteur, puis gagne le fort de Ville-Marie. Au terme du parcours, derrière une paroi de verre, sept feuillets brunis par les siècles apparaissent dans une lumière tamisée.

Le Traité de la Grande Paix de Montréal est de retour dans la ville où il fut conclu, le 4 août 1701. Conservé aux Archives nationales de France, le document n’avait pas été présenté à Montréal depuis 25 ans. Il y restera trois mois seulement, du 20 juin au 20 septembre, avant de reprendre le chemin de l’Hexagone.
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Première du film Nitassinan/ Voir le territoire à travers le regard des Innus

Présence autochtone s’amorce ce mardi avec la projection de Nitassinan, beau film de Joséphine Bacon et de Kim O’Bomsawin. Ce long métrage poétique aux ramifications politiques rappelle qu’habiter un territoire, ce n’est pas d’abord une question de propriété, mais une affaire de connexion avec ce qui vit autour de soi et nourrit son corps, son âme et son imaginaire.

Il aura fallu des années pour que le film Nitassinan voie enfin le jour. Plusieurs personnes ont été impliquées dans le projet, chacune avec sa vision des choses, jusqu’à ce que Joséphine Bacon et Kim O’Bomsawin en partagent la direction et le mènent à son terme avec beaucoup de sensibilité et de beauté.

La cinéaste abénaquise et la poétesse innue se connaissent bien : Kim O’Bomsawin a réalisé en 2020 un film intitulé Je m’appelle humain où elle marchait dans les pas de Joséphine Bacon, des ruelles de Montréal aux confins de Nutshimit, territoire de ses ancêtres sur la Côte-Nord.

Cette connexion avec les rivières et les forêts du Nord se trouve en effet au cœur de Nitassinan. Joséphine Bacon résume les choses simplement : avec ce film, elle voulait rendre hommage, à travers la poésie, au passé, au présent et à l’avenir de Nutshimit.

Nutshimit ? C’est le terme par lequel les Innus ont longtemps désigné le territoire qu’ils habitent depuis des millénaires. Il n’existe pas de traduction simple de ce mot et l’un des objectifs du film coréalisé par Joséphine Bacon et Kim O’Bomsawin est précisément d’en exposer la portée.

Nutshimit ne désigne pas une terre qui peut se posséder, il renvoie plutôt à la relation intime, à la fois nourricière et spirituelle, qu’entretiennent les Innus avec les grands et rudes espaces où ils ont longtemps vécu avant la sédentarisation forcée. « Pour les Innus, c’est comme quelqu’un de vivant », résume Joséphine Bacon.

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Présenté en première ce mardi 4 août, à 19 h 30, au Théâtre Outremont, en ouverture du festival Présence autochtone. Sortie en salle prévue le 18 septembre.

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Chroniques

Ce qui se cache derrière la Grande Paix de Montréal

PHOTO CATHERINE LEFEBVRE, ARCHIVES COLLABORATION SPÉCIALE

Le belvédère Kondiaronk, surplombant le centre-ville de Montréal, a été nommé en l’honneur d’un chef wendat, personnage phare de la Grande Paix de 1701

À l’occasion du 325ᵉ anniversaire de la Grande Paix de Montréal, notre collaboratrice Isabelle Picard revient sur le coup de maître diplomatique de 1701 pour mettre en lumière ses enjeux méconnus.

À l’été 1701, 39 nations autochtones, 1300 personnes, se réunissent dans un Montréal qui ne compte à l’époque qu’au plus 1500 âmes. L’enjeu est important : il ne vise rien de moins que la signature d’un traité de paix. De Grande Paix.

Comme dans tout territoire que l’on colonise, les choses ne se passent pas sans heurts. Encore moins quand plusieurs pays colonisent un continent en même temps et qu’ils sont parallèlement en guerre en Europe.

C’est ce qui s’est passé ici et qui a mené à la signature du traité de la Grande Paix de Montréal, le 4 août 1701.

Mais revenons d’abord en arrière, puisque toute histoire mérite nuances.

Plus de détails

C’est connu, le commerce des fourrures a été l’activité économique qui a mené à la fondation de la Nouvelle-France. Après avoir cherché en vain de l’or et des diamants, c’est finalement la fourrure de castor qui est devenue la ressource convoitée dans le nord-est de ce Nouveau Monde, du moins au XVIIe siècle. C’est avec le drap de castor, le feutre, la fourrure rase que l’on confectionne en Europe les très populaires chapeaux, symbole ultime de prestige et de richesse.

Or, dès les fondements de la colonie, les Français ont créé des alliances commerciales avec les Wendat et les Anishinaabeg, puis plus tard avec les Outaouais, entre autres.

Communément appelés les Iroquois, les Haudenosaunee, eux, se situent plus au sud dans l’actuel État de New York. Ils créent conséquemment des alliances avec les Hollandais d’abord, puis avec les Britanniques.

Depuis les débuts de la traite des fourrures, les Haudenosaunee, les Français et leurs nations alliées s’affrontent pour le contrôle des voies de navigation, des territoires de chasse au castor, et donc, pour la précieuse ressource.

Ainsi, en Nouvelle-France, de nombreux raids sont menés par les Haudenosaunee, tout comme par les Français et leurs nations alliées, faisant des milliers de morts.

Évidemment, un tel climat est invivable et freine le développement de la colonie française.

En 1697, un évènement viendra créer une brèche dans les affrontements qui durent depuis plus d’un siècle. En effet, le traité de Ryswick est signé en Europe, mettant fin à la guerre de la Ligue d’Augsbourg entre la Grande Alliance (incluant les Anglais) et les Français.

Cette signature ne sera pas sans conséquence pour les Iroquois, qui seront privés des armes et du soutien militaire de leurs alliés anglais, forcés de cesser toute forme d’hostilité avec les Français.

Cet affaiblissement des Haudenosaunee se veut la porte d’entrée idéale vers des pourparlers de paix en Nouvelle-France, qui s’étaleront sur plus de quatre années, jusqu’à leur point culminant à l’été 1701 à Montréal.

C’est Kondiaronk, un diplomate et orateur wendat hors pair, qui viendra, malgré la maladie qui sévissait à Montréal et dont il était atteint (on parle le plus souvent d’influenza), sceller la paix entre les nations autochtones présentes et les Français dans un discours de deux heures qui saura convaincre les uns et les autres de l’importance et des avantages d’une paix durable. Kondiaronk mourra quelques heures plus tard.

Résultat : 39 nations autochtones viendront apposer leurs signatures sous forme de pictogrammes à côté de celle du gouverneur Louis-Hector de Callière, non sans conditions.

PHOTO WIKIPEDIA COMMONS

Numérisation d’une copie de la Grande de Paix de Montréal de 1701 extraite du livre La Grande Paix, Chronique d’une saga diplomatique, Alain Beaulieu, Montréal, éditions Libre Expression, 2001

La confédération Haudenosaunee doit libérer les captifs et s’engager à demeurer neutre en cas de guerre entre l’Angleterre et la France. En échange, ils auront un plus grand accès au commerce établi et à certains territoires de chasse.

Mais là où la Nouvelle-France fait des gains, outre la paix promise, c’est qu’en cas de différends entre les nations autochtones, la France assumera un rôle de médiateur, une position qui lui permettra de renforcer sa position coloniale. La paix n’est jamais totalement gratuite.

La Grande Paix de Montréal est longtemps restée dans l’oubli. Kondiaronk aussi. Avec plus de trois siècles de recul, peut-être faut-il tout de même y voir un évènement duquel s’inspirer : une leçon, un rappel que malgré les différences, la distance, les aspirations, les langues, les cultures, les visions, les alliances et les échecs, un terrain d’entente est toujours possible si on le veut bien, si on sait écouter et se parler.

Les négociations entourant cette entente seront effectuées dans une douzaine de langues différentes, avec des mœurs tantôt autochtones – on pense aux colliers wampums, au partage du tabac ainsi qu’aux danses –, tantôt françaises. Un exemple de diplomatie.

Quoi qu’il en soit, l’histoire de la Grande Paix de Montréal est un des témoins de notre histoire commune, dont la connaissance permet de mieux s’ouvrir à l’autre et de se comprendre.

Opinions

Kondiaronk, un héros racinien ?

ILLUSTRATION FRANCIS BACK, ARCHIVES LA PRESSE

Le chef Kondarionk fut l’instigateur de la Grande Paix de Montréal signée le 4 août 1701, deux jours après sa mort.

Marie-Christine Pioffet relate le dernier discours du chef Kondiaronk, artisan essentiel de la Grande Paix de Montréal de 1701.

Il y a 325 ans jour pour jour mourait, le 2 août 1701, le Tionontati Kondiaronk (ou Kandiaronk, selon la graphie préconisée par le spécialiste du wendat John Steckley). Le chef de Michilimakinac, brillamment mis en scène par l’historien Claude-Charles Le Roy Bacqueville de La Potherie, fut non seulement un redoutable guerrier, mais aussi le principal artisan de la Grande Paix de Montréal signée le 4 août 1701.

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Loto-Québec a lancé un gratteux dont le prix est une paire de billets pour aller voir Céline à Paris, voyage payé

Sur le site de CBC

The Céline Dion lotto? Loto-Québec gives fans shot at trip for Diva in Paris show

Loto-Québec is launching the Diva in Paris lottery ticket, offering Céline Dion fans a chance to land an exclusive travel package to watch the singer perform live in Paris.

Two winners could receive a prize package that includes round-trip flights between Montreal and Paris, four nights at a hotel, a luggage set, a $5,000 cheque, and two tickets for Dion’s upcoming concert on Sept. 25.

Winners and their guests will be treated to a gourmet meal at the Eiffel Tower restaurant and a scenic cruise on the Seine. The experience for two is valued at $25,000.

Retailers are stocking the scratch tickets for a six-week run.
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Le Traité de la Grande Paix en exposition à Montréal pour son 325ᵉ anniversaire

Le 4 août 1701 était ratifiée la Grande Paix de Montréal, un exploit diplomatique qui a ouvert la voie à une paix durable entre les nations autochtones et les colons en Amérique française.

Trois siècles plus tard, ce document historique revient à Montréal pour une exposition et continue d’inspirer les décideurs, grands chefs et politiciens d’aujourd’hui.

Le reportage de Jean-Philippe Hughes.

Pour en savoir plus, consultez notre article : À Montréal, le Traité de la Grande Paix sort de l’ombre après 25 ans d’absence | Radio-Canada



Rappel que l’oeuvre de Nadia Myre dans l’esplanade Jean-Doré est une reproduction des certaines signatures des chefs autochtones qui ont signé le traité

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L’Orchestre Métropolitain au mont Royal Une grande rencontre

PHOTO CHARLES WILLIAM PELLETIER, LA PRESSE

La foule a répondu présente lors du concert de l’Orchestre métropolitain.

Il y a toutes sortes de festivals extérieurs à Montréal, mais aucun n’est consacré à la musique classique. Il y a toutefois des rendez-vous en plein air avec les deux grands orchestres de la ville. Une semaine avant que l’Orchestre symphonique de Montréal ne s’installe sur l’Esplanade Pie-IX du Parc olympique, l’Orchestre Métropolitain (OM) s’est produit, mercredi, au pied du mont Royal, réjouissant l’immense foule avec des œuvres connues de Grieg et Dvořák.

Une bonne heure avant le début du concert dirigé par l’un des chefs les plus en vue au monde, le Québécois Yannick Nézet-Séguin, il y avait du monde à perte de vue au bas de la montagne, le long de l’avenue du Parc. En famille, entre amis ou en couple, sur une couverture, sur des chaises pliantes ou les fesses dans le gazon, les gens jasaient tranquillement avec souvent un sac de grignotines et de rafraîchissements à portée de main, attendant que le silence se fasse et que la musique commence.

L’espace avait été réaménagé en vue du concert de mercredi.

Plutôt que d’être installée au bout de l’espace vert longeant l’avenue du Parc, comme à l’habitude, la scène avait été placée dos à la rue, face à la montagne et à une pente naturelle. L’objectif, a-t-on expliqué à La Presse, était de permettre au plus grand nombre de voir l’orchestre, même de biais, même de loin.

Trois écrans avaient par ailleurs été installés sur le site : deux de part et d’autre de la structure scénique et un autre plus au nord, passé le monument à George-Étienne Cartier.

Première mondiale

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