Navettes fluviales

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Les navettes attirent près de 40 000 personnes à leur retour sur le fleuve

Les passagers étaient nombreux à vouloir profiter de ce mode de transport peu usité à Montréal.

Photo : Radio-Canada

La Presse canadienne

12 h 44 | Mis à jour à 13 h 40

Pendant que le transport en commun reprenait tranquillement du poil de la bête durant l’été à Montréal, un autre moyen de transport collectif effectuait un retour attendu de ses habitués. En deux mois seulement, près de 40 000 personnes ont voyagé sur le fleuve Saint-Laurent en utilisant le service de navettes de l’entreprise Navark.

En tout, 38 222 personnes ont emprunté l’une des navettes, celle reliant Pointe-aux-Trembles, dans l’est de Montréal, au Vieux-Port du 3 juillet au 6 septembre.

En raison de la pandémie, la saison 2021 a été écourtée d’environ un mois et demi par rapport à celle de 2019. Le compromis était tout de même plus intéressant que l’annulation complète du service, comme en 2020. Pour une saison complète en 2019, le service avait été utilisé par 59 500 personnes.

On est hyper content, affirme le directeur des opérations de Navark, Gilles Tanguay en entrevue avec La Presse canadienne.

Si on remonte dans le temps, il y en avait des bateaux qui faisaient du transport en commun sur le fleuve. On a oublié ça un peu, mais avec les problèmes de congestion routière, ça devient une solution intéressante pour de nombreuses personnes.

**Une citation de :**Gilles Tanguay, directeur des opérations de Navark

La pause forcée l’année dernière a tout de même permis d’améliorer le service sur quelques points. Les passagers pouvaient notamment utiliser leur abonnement sur leur carte OPUS pour payer, tandis que les enfants de moins de 12 ans voyageaient gratuitement.

Les gens étaient un peu en train de redécouvrir l’extérieur cet été. On a donc eu un retour très positif des familles, qui appréciaient vraiment de pouvoir se déplacer rapidement, témoigne Simon Charbonneau, porte-parole de l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM), qui coordonne le transport collectif dans le Grand Montréal.

La navette fluviale entre Pointe-aux-Trembles et le Vieux-Port de Montréal.

Photo : Radio-Canada / Jean-Claude Talania

Boucherville -Vieux-Port en 30 minutes

Navark aurait bien pu s’asseoir sur le succès estival de la navette de Pointe-aux-Trembles, mais moins d’une semaine après la fin de la saison, l’entreprise se lançait dans une opération charme à Boucherville la fin de semaine dernière.

L’objectif : relier le Quai municipal de Boucherville et le Vieux-Port en moins de 30 minutes. Un projet ambitieux par rapport au temps requis pour faire le même trajet en autobus et en métro.

Mais comme elle l’a fait tout l’été à Pointe-aux-Trembles, l’entreprise a relevé le défi haut la main.

Lors du passage de La Presse canadienne, le petit navire Explorateur a atteint le Vieux-Port en 27 minutes, pour le plus grand plaisir de la quarantaine de passagers à bord.

Au total, 1273 personnes ont utilisé le service entre Boucherville et le Vieux-Port lors des deux journées du projet pilote.

Nous n’avions pas de chiffre précis en tête, mais ça a vraiment dépassé nos attentes, affirme M. Tanguay. Nous n’avons presque pas fait de publicité, mais les bateaux étaient quand même presque toujours pleins.

De grandes ambitions

Au cours des prochains mois, l’ARTM, le ministère des Transports et d’autres partenaires se concerteront afin de planifier la suite des choses concernant l’avenir des navettes fluviales dans la région métropolitaine.

La ministre déléguée aux Transports Chantal Rouleau a d’ailleurs réitéré son intention d’appuyer ce service, comme elle le faisait en tant que mairesse d’arrondissement avant de faire son entrée à l’Assemblée nationale.

Chaque succès que l’on obtient nous rapproche d’un véritable réseau de navettes fluviales pour la région métropolitaine. Et je sais que les gens le veulent, souligne Mme Rouleau.

La navette fluviale à son départ de Pointe-aux-Trembles

Photo : Radio-Canada / Karine Bastien

La ministre responsable de la Métropole rappelle aussi que le gouvernement de la CAQ a prévu des crédits d’impôt de 21 millions de dollars en cinq ans pour le développement du réseau de navettes fluviales, en plus d’inscrire la volonté d’étendre le réseau dans sa vision Avantage Saint-Laurent.

Mais même si rien n’est confirmé pour l’instant, Navark voit grand pour les prochaines années.

De l’aveu même de Gilles Tanguay, les bateaux utilisés ne sont pas conçus spécialement pour le service de navettes. Lorsqu’ils sont au maximum de leur capacité, l’espace y est restreint.

L’entreprise a déjà terminé la construction d’un nouveau navire, le XL5, conçu spécialement pour le transport collectif, plus confortable et plus fiable.

Le mastodonte de 87 places a été mis à l’essai vers la fin de l’été et il devrait être prêt pour le lancement de la prochaine saison. Son navire jumeau, le Faucon Millénium, est déjà en construction.

Il y a beaucoup plus de place pour les vélos et il est beaucoup plus confortable. Il va à la même vitesse que les autres, mais il est plus stable sur les vagues, explique M. Tanguay, qui souligne également que ses navires sont construits au Québec.

À court terme, l’entreprise souhaite retrouver son contrat à Pointe-aux-Trembles et, peut-être, lancer une nouvelle liaison permanente avec Boucherville, mais ses ambitions ne s’arrêtent pas là.

Navark a déjà déposé un mémoire à l’ARTM, intitulé Le réseau fluvial Hochelaga, dans lequel elle propose un système complet de liaisons fluviales pour la région de Montréal.

À terme, les navires pourraient sillonner le fleuve entre Repentigny, Lachenaie et Varennes dans l’est, Verdun, L’Île-des-Sœurs et Pointe-Saint-Charles dans l’ouest, ainsi que le Vieux-Port au centre-ville, entre autres.

Un peu trop ambitieux?

Pas du tout, tranche M. Tanguay. Dans la plupart de ces endroits, il y a des quais déjà disponibles, il faudrait seulement les mettre à niveau. Une opération chiffrée à 2,5 millions de dollars, selon Navark.

Ensuite, il y a les bateaux. Mais des bateaux, ça s’achète et ça se construit, rappelle le directeur des opérations. L’entreprise parle de 8,5 millions de dollars pour 14 navires.

Navark affirme donc qu’elle serait en mesure, dès 2024, d’assurer le service complet de son réseau fluvial chaque année entre avril et décembre, au coût de 5 millions de dollars par an.

L’intérêt des gens est là, il nous faut juste un ‘‘go’’ pour mettre tout ça en place, dit Gilles Tanguay.

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