Mobilité Infra Québec (MIQ) - Discussion générale

Transport collectif/ L’ambition perdue de la CAQ

Le gouvernement Legault vient de ralentir deux autres projets de transport collectif.

À Gatineau, le projet de tramway fait face à de nouveaux délais. Après s’être entendu avec la Ville et Ottawa pour fonctionner avec un bureau de projet municipal, Québec veut maintenant confier le projet à sa nouvelle agence Mobilité Infra Québec (MIQ). Le gouvernement Legault se dit officiellement « favorable » au projet de tramway de Gatineau, mais parle désormais de « projet optimisé avec de nouvelles pistes de financement ».

Dans la région de Montréal, le gouvernement tarde à confier officiellement l’étude du Projet structurant de l’Est (PSE) à MIQ. Ça devait être fait en janvier dernier. Québec promet de le faire « d’ici quelques semaines ».

Ces deux dossiers m’ont donné l’idée de faire le bilan du gouvernement Legault en matière de transport collectif, après sept ans et demi au pouvoir (et à la veille du dernier budget du gouvernement Legault).

Après avoir fouillé la question et m’être entretenu avec des experts, je fais deux constats.

Premièrement, on l’a oublié, mais la Coalition avenir Québec (CAQ) avait beaucoup d’ambition en 2018. Deuxièmement, ça ne paraît pas quand on fait le bilan de ses mandats.

Les caquistes « étaient bien partis en 2018, mais ils ont abandonné leur plan de match au moment de la pandémie », dit Florence Junca-Adenot, ex-PDG de l’Agence métropolitaine de transport et professeure associée à l’UQAM.

PHOTO DOMINICK GRAVEL, ARCHIVES LA PRESSE

« Les années du gouvernement Legault ont été marquées par trois grands projets en transport collectif : le REM (9,4 milliards), le prolongement de la ligne bleue du métro de Montréal (7,6 milliards) et le tramway de Québec (7,6 milliards) », écrit notre chroniqueur.

« C’est un gouvernement qui n’appuie aucune décision de transport basée sur la science, dit Catherine Morency, professeure et titulaire de la Chaire Mobilité à Polytechnique Montréal. Pour eux, le transport collectif, c’est un fardeau plus qu’un investissement. »

Le maire Tremblay résume ainsi son bilan de la CAQ en transport collectif : « Deux ou trois bons coups, vingt mauvais coups. »

Pour sa part, Florence Junca-Adenot, qui est aussi membre du comité directeur d’Alliance Transit (une coalition d’organismes visant à améliorer le transport collectif), donne au gouvernement une note de 3 sur 10. « Je n’ai jamais vu autant de politisation autour des transports », dit-elle.

Catherine Morency donne une note de 2 sur 10. « Ce gouvernement parle souvent de respecter la capacité de payer des citoyens. Justement, le transport collectif, c’est la principale clé pour réduire les coûts totaux de transport des citoyens », dit Mme Morency, qui a quitté le comité consultatif du gouvernement du Québec sur les changements climatiques en 2024.

Trois grands projets… libéraux

La suite

Les années du gouvernement Legault ont été marquées par trois grands projets en transport collectif : le REM (9,4 milliards), le prolongement de la ligne bleue du métro de Montréal (7,6 milliards) et le tramway de Québec (7,6 milliards).

La CAQ cite souvent ces trois grands projets dans ses bilans. Or, ils ont été lancés par le gouvernement libéral de Philippe Couillard entre 2016 et 2018.

Le mérite de la CAQ est donc de ne pas avoir annulé ces trois projets déjà bien en marche.

Pour la ligne bleue du métro, le financement fédéral était déjà attaché en 2018. Pour le tramway de Québec, le gouvernement Legault a attaché le financement fédéral en 2019, mais il a ensuite retardé et réduit le projet après en avoir enlevé la gestion à la Ville de Québec.

La CAQ a aussi permis la réalisation d’un autre projet lancé par le gouvernement Couillard en 2018, soit le service rapide par bus Pie-IX entre Laval et l’est de Montréal (664 millions).

Un seul nouveau projet : le tramway de l’Est

Malgré des besoins importants en transport collectif, la CAQ a lancé un seul nouveau projet d’envergure : le Projet structurant de l’Est (PSE) à Montréal. Ce projet de 18 milliards avance très lentement. Après être passé de La Caisse (un REM) à l’ARTM (un tramway), il est toujours au stade des études et doit passer au cours des prochaines semaines sous le giron de MIQ. Si le PSE va de l’avant, ce serait une réalisation majeure. On devrait être fixés en 2027.

Avant les élections de 2018, la CAQ avait présenté un ambitieux plan de décongestion. Outre le PSE, tous les autres projets de transport collectif promis par la CAQ en 2018 ont fait du surplace (projet du boulevard Taschereau sur la Rive-Sud) ou ont été abandonnés (projet est-ouest à Laval sur le boulevard Saint-Martin, prolongement du REM sur la Rive-Sud vers Boucherville et Chambly).

À mon avis, c’est le point le plus décevant de ce bilan. Dans une décennie, on constatera les conséquences négatives de cet immobilisme, car un projet de transport collectif prend de 10 à 20 ans à réaliser.

Le ministre des Transports et de la Mobilité durable, Jonatan Julien, a décliné notre demande d’entrevue pour un bilan.

Infrastructures : les routes avant le transport collectif

Difficile de réaliser des projets de transport collectif si on ne les finance pas adéquatement.

Dans son plan de décongestion en 2018, la CAQ promettait d’en arriver à répartir également les dépenses d’infrastructures pour les routes et pour le transport collectif.

Ça ne s’est pas passé comme ça.

En 2018, la répartition des dépenses d’infrastructures sur 10 ans était de 69 % pour les routes (20 milliards) et de 31 % pour le transport collectif (9 milliards).

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

« Dans son plan de décongestion en 2018, la CAQ promettait d’en arriver à répartir également les dépenses d’infrastructures pour les routes et pour le transport collectif. Ça ne s’est pas passé comme ça », écrit notre chroniqueur.

En 2025, on est au même point : 71 % pour les routes (35,9 milliards) et 29 % pour le transport collectif (14,5 milliards).

L’Ontario fait plutôt le contraire : il investit deux tiers pour le transport collectif (60,7 milliards sur 10 ans) et un tiers pour les routes (29,9 milliards).

Pas de solutions pour le financement

Tout au long des deux mandats de la CAQ, les municipalités et les défenseurs du transport collectif ont demandé à Québec des solutions pour mieux le financer. Le gouvernement Legault a fait deux consultations… mais on attend encore les solutions.

Et ça peut sembler incroyable, mais même si les infrastructures vieillissent, le gouvernement Legault a diminué les sommes investies pour le maintien d’actifs dans le transport collectif depuis sept ans. Pendant ce temps, les sommes pour le maintien d’actifs du réseau routier ont presque doublé.

Selon la STM, 46 % des actifs du métro de Montréal sont en mauvais état.

Un bon coup du gouvernement Legault : pendant la pandémie, avec le concours d’Ottawa, il est venu à la rescousse des sociétés municipales de transport collectif pour combler la baisse des revenus des usagers. Comme la pandémie, cette aide d’urgence supplémentaire est terminée.

Une nouvelle agence

La nouvelle agence Mobilité Infra Québec a vu le jour l’automne dernier. Son objectif : mieux planifier et favoriser la réalisation de projets d’infrastructures complexes, comme en transport collectif.

Or, à court terme, ça signifie surtout des délais supplémentaires pour des projets comme le tramway de Gatineau. Du point de vue des municipalités, MIQ, « ce n’est pas un gage de succès, c’est un peu le bordel », dit Guillaume Tremblay, président de l’Union des municipalités du Québec (UMQ) et maire de Mascouche.

Le maire Tremblay résume ainsi son bilan de la CAQ en transport collectif : « Deux ou trois bons coups, vingt mauvais coups. »

Pour sa part, Florence Junca-Adenot, qui est aussi membre du comité directeur d’Alliance Transit (une coalition d’organismes visant à améliorer le transport collectif), donne au gouvernement une note de 3 sur 10. « Je n’ai jamais vu autant de politisation autour des transports », dit-elle.

Catherine Morency donne une note de 2 sur 10. « Ce gouvernement parle souvent de respecter la capacité de payer des citoyens. Justement, le transport collectif, c’est la principale clé pour réduire les coûts totaux de transport des citoyens », dit Mme Morency, qui a quitté le comité consultatif du gouvernement du Québec sur les changements climatiques en 2024.

Le maire Guillaume Tremblay souhaite l’élection d’un gouvernement « qui va avoir plus d’ambition pour l’ensemble des régions du Québec » en transport collectif.

Les Québécois méritent en effet un gouvernement beaucoup plus ambitieux.

Comme la CAQ l’était en 2018.

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Contenu des procès verbaux du MIQ entre Septembre 2025 et Février 2026, obtenu dans le cadre d’une demande d’accès à l’information au MTMD

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Entrevue avec la PDG de MIQ dans le Devoir

L’ambition en matière de transport collectif ne manque pas chez Mobilité Infra Québec (MIQ). Au moment où la jeune agence promise à « révolutionner » les grands chantiers de mobilité trouve son erre d’aller, les moyens de concrétiser ses volontés, toutefois, demeurent entre les mains d’un gouvernement qui gratte les fonds de tiroir.

« Moi, le transport collectif, j’y crois », lance la présidente-directrice générale de MIQ, Renée Amilcar. Sa feuille de route en témoigne : après près de 20 ans à la Société de transport de Montréal, un passage à la direction générale d’OC Transpo à Ottawa suivi d’un autre à la présidence de l’Union internationale des transports publics, la voici à la barre de Mobilité Infra Québec, l’agence que l’ancienne ministre des Transports, Geneviève Guilbault, vantait comme une « révolution » à venir.

Aux commandes de MIQ, elle aura accès à une « expertise de pointe » pour analyser les plus importants chantiers de transport au Québec et formuler ses recommandations au gouvernement. À terme, espère-t-elle, ce dernier demandera à son agence d’élaborer « la vision pour l’ensemble du Québec » en matière de transport collectif.
[…]

Est-ce que c’est moi ou en lisant ça, j’ai l’impression que le MIQ va faire ralentir pas mal tous les projets qui sont dans sa cour parce qu’ils ne sont pas prêts ?

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Fervente partisane du transport collectif, la p.-d.g. de Mobilité Infra Québec caresse des aspirations de haute volée pour une agence qui doit encore, de son aveu même, « faire ses preuves ».

« Mobilité Infra Québec, c’est une jeune agence, explique Mme Amilcar en entrevue avec Le Devoir. Il faut quand même prendre notre place dans l’écosystème. » Le gouvernement a confié, jusqu’à maintenant, deux mandats à la nouvelle entité. L’analyse et « l’optimisation » de TramGo, le tramway de Gatineau, et, depuis mardi, la maîtrise d’ouvrage de la première phase de TramCité, le tramway de Québec.

Un troisième mandat est « en cours d’écriture » sur une ligne de transport pour l’est de Montréal, explique Mme Amilcar, qui se dit convaincue que ce secteur « requiert assurément un projet structurant ».

Pour noyer des poissons, ça prend des noyeurs de poissons :stuck_out_tongue:

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Ce n’est pas CDPQ Infra le maître d’œuvre du Tramway de Québec? Et espérons que ce projet dans l’Est de Montréal ne soit pas le PSE dans sa mouture actuel… ça serait une grosse erreur.

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Tient, petite fiche faite par l’OIQ pour démystifier la terminologie de chantier:

Intervenants, rôles et responsabilités

Donneur d’ouvrage (ou maître d’ouvrage)

Souvent appelé client ou propriétaire, c’est celui qui lance un projet en déterminant ses besoins et en choisissant le mode de réalisation qu’il entend utiliser pour exécuter le projet. Son rôle est essentiellement administratif. Dans certains modes de réalisation de travaux, il occupe aussi le rôle d’administrateur de contrats.

Maître d’œuvre

Le maître d’œuvre est la personne qui, sur un chantier de construction, a la responsabilité de l’exécution de l’ensemble des travaux. Habituellement, il s’agit de l’entrepreneur général. Dans certains modes de réalisation de travaux, cette responsabilité pourrait être celle du donneur d’ouvrage. Le maître d’œuvre demeure le responsable ultime du volet santé-sécurité sur le chantier.

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