On devrait enseigner la séquence des 24 dernières heures à l’université. J’ai déjà trouvé un nom pour le cours : « Déconnexion 101 ».
Premier acte, lundi.
La Presse révèle que les Québécois paieront bientôt plus cher pour se loger. Raison ? La Régie du bâtiment (RBQ) imposera une série de nouvelles normes de construction sévères, comme des protections sismiques dopées aux stéroïdes1.
La facture globale atteindra plusieurs centaines de millions de dollars chaque année. Elle sera refilée aux futurs acheteurs et locataires.
Et mardi : deuxième acte.
On apprend que le campement de sans-abri de la rue Notre-Dame Est, à Montréal, a battu un record. Il y a maintenant une centaine de tentes en bordure du chemin, à quelques mètres du trafic incessant des poids lourds.
Plusieurs « résidants » du camp ont abouti ici après avoir perdu leur logis… devenu trop cher.
Voyez-vous la logique ?
D’une part, le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) se désole de la montée de l’itinérance. Mais en même temps, la RBQ, qui relève du ministre du Travail, adopte une flopée de mesures qui rendront l’habitation moins abordable pour tous.
Le décalage entre la sphère bureaucratique et le plancher des vaches m’est rarement apparu aussi abyssal.
La situation est déroutante, pour plusieurs raisons.
La RBQ a annoncé il y a 18 mois qu’elle reverrait certaines normes du Code de construction. L’intention était connue, dans ses grandes lignes. Mais bien des acteurs du monde de la construction affirment avoir été pris de court devant l’ampleur des nouvelles exigences.
À peu près toute l’industrie, autant les organismes à but non lucratif (OBNL) que les promoteurs privés, dénonce la réforme.
Car elle ratisse large : il y aura des critères plus stricts pour l’accessibilité universelle, les bornes de recharge électriques, l’efficacité énergétique, les tremblements de terre… Autant de nouvelles dépenses qui s’additionneront, tant dans le neuf que la rénovation de bâtiments existants.
Le gouvernement de la CAQ semble lui-même déboussolé.
(…)