Longueuil se porte à la défense des maisons unifamiliales

« Le Far West vit ses derniers moments à Longueuil », a martelé la mairesse Sylvie Parent dans une déclaration écrite. Elle dit avoir mandaté la Direction générale de « lui proposer une stratégie claire et rapide » en octobre dernier.

Son cabinet précise que l’arrivée d’une politique formelle viendra répondre à des préoccupations grandissantes au sein de la population. « On constate sur tout le territoire une accentuation et une accélération des démolitions de maisons unifamiliales pour en faire du multilogement », indique l’attachée de presse, Alexandra Lapierre.

« Préserver l’âme » des quartiers

Ce phénomène s’observerait particulièrement dans le Vieux-Longueuil, où plusieurs citoyens ont manifesté leur mécontentement à ce sujet dans les derniers mois. « Je partage entièrement leur préoccupation de préserver l’âme de nos quartiers et de mieux protéger notre patrimoine bâti », note la mairesse Parent.

Elle promet par ailleurs que le nouveau règlement ratissera large, en posant des balises claires sur l’octroi d’un certificat de démolition. « Que ce soit pour les marges, la largeur des bâtiments, l’emplacement des portes d’entrée, les stationnements, la définition d’un triplex, la subdivision des lots […], rien n’a été laissé au hasard pour encadrer adéquatement la densification », dit l’élue, sans donner plus de détails.

Cette politique devra toutefois être entérinée par une majorité de conseillers dans chaque arrondissement. Un vote aura lieu le 2 décembre dans le Vieux-Longueuil, puis le 7 décembre dans Greenfield Park et Saint-Hubert. Un autre scrutin aura lieu « dans les prochains mois » en vue de la création d’un « comité de démolition ».

Sur les réseaux sociaux, le groupe Résidents et Résidentes de Longueuil pour un urbanisme cohérent, qui milite depuis plusieurs mois pour une réglementation plus serrée, a applaudi la nouvelle. « On ne lâche rien et on doit demeurer attentif à la suite des choses. Maintenant, il faut que les bottines suivent les babines », a toutefois prévenu une internaute.

L’opposition propose un moratoire

Il semble que la Ville recevra le soutien de l’opposition dans sa quête, du moins sur la forme. Dans un avis de proposition qui sera soumis au conseil municipal mardi soir, la conseillère du district LeMoyne-de Jacques-Cartier, Colette Éthier, reconnaît elle aussi que « certains projets de redéveloppement immobilier dénaturent la vie des quartiers, et ce, dans les trois arrondissements de Longueuil ».

L’ampleur et la croissance du phénomène observé et les plaintes des citoyens qui se multiplient confirment l’urgence d’agir.

Colette Éthier, conseillère de l’opposition

L’élue propose toutefois aux instances d’étudier plusieurs autres scénarios alternatifs, dont la possibilité « de la mise en place d’un moratoire sur certains projets résidentiels demandant un permis de démolition ». Elle suggère aussi de confier aux Comités consultatifs d’urbanisme (CCU) la responsabilité d’émettre les permis de démolition.

De plus, Mme Ethier presse le comité exécutif d’étudier la création d’un poste d’inspecteur « dédié à la surveillance des chantiers de construction et la gestion des plaintes ». Cette nouvelle ressource « dédiée », soutient la conseillère, pourrait faire appliquer la loi et les règlements avec plus de vigueur sur le terrain.

Mieux planifier et développer, d’accord! En espérant que ce soit pas un cas de NIMBYisme parce qu’ils veulent à tout prix éviter toute densification. Le Vieux-Longueuil (le secteur, pas l’arrondissement) est très propice à devenir un petit centre-ville secondaire dans la CMM, notamment avec la rue St-Charles.

Reportage sur ce sujet, présenté au TJ 18h ce soir à Radio-Canada:


https://www.youtube.com/watch?v=mNZ7rshUqTs