Logements sociaux et communautaires

Logement social Le choix de Vienne

PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE

« Il faut se rendre à l’évidence : il manque de logements sociaux au Québec », écrit notre éditorialiste.

Laura-Julie Perreault

Laura-Julie Perreault La Presse

Avec ses grandes avenues, ses théâtres grandioses et ses édifices Art déco, Vienne incarne la quintessence du chic européen. Malgré ce luxe, la capitale autrichienne est aussi l’une des plus abordables de toute l’Europe pour le logement. De quoi en faire pâlir plusieurs de jalousie à la veille de ce 1er juillet particulièrement compliqué au Québec.

Publié le 30 juin 2021 à 5h00

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À travers la province, plus de 400 ménages ont lancé des appels à l’aide parce qu’ils se retrouvent sans bail et sans logement. Dans la grande majorité des villes de la province, il y a peu d’appartements à louer sur le marché et quand il y en a, comme au centre-ville de Montréal, nombre d’entre eux sont trop petits ou alors hors de prix pour ces locataires. D’ailleurs, des études statistiques récentes ont démontré que le prix des appartements vacants a augmenté de plus de 10 % en un an. Pour ceux qui peinent à joindre les deux bouts, c’est un gros trou dans le budget.

Des programmes gouvernementaux existent pour venir en aide à ceux qui tombent entre deux chaises lors du grand jeu annuel de chaises musicales du logement. Québec a notamment débloqué des fonds pour offrir des suppléments au loyer à 2500 ménages de plus. Les familles aidées ne payeront pas plus de 25 % de leur revenu en loyer, soit l’équivalent du prix d’un logement dans un HLM.

C’est bien, ça tirera plusieurs familles d’affaire, mais ça ne règle pas le problème à long terme.

Il se rendre à l’évidence : il manque de logements sociaux au Québec.

Il y a 38 000 ménages dans la province, dont 23 000 à Montréal seulement, qui se qualifient et sont en attente d’un logement à loyer modique. Considérant qu’il y a actuellement un peu plus de 110 000 logements sociaux déjà occupés au Québec, nous sommes devant un immense manque à gagner. Et c’est vrai à l’échelle du pays. En matière de logement social, le Canada est un des pires élèves des pays de l’OCDE.


Trop longtemps, les gouvernements ont traîné les pieds. Trop longtemps, on a misé principalement sur l’encadrement du marché locatif privé et la fixation des prix des loyers pour assurer le maintien de loyers abordables.

Et ça fonctionne en partie. Les loyers dans les villes du Québec sont en moyenne les plus bas du pays en entier. On ne peut pas accuser non plus le privé de ne pas faire sa part d’efforts pour offrir de nouveaux logements. En 2020 seulement, 28 300 logements locatifs ont été construits par des promoteurs au Québec. Dans la même période, tout le reste du Canada en a fait à peu près l’équivalent.

Devant la demande grandissante, parions que le privé restera un acteur incontournable, mais l’État doit aussi faire plus. Beaucoup plus.

Et c’est là qu’on revient valser à Vienne. Dans cette métropole culturelle, l’État a fait le choix d’investir dans le logement social depuis la Première Guerre mondiale et continue de le faire, en travaillant souvent main dans la main avec le privé. Tous les quartiers de Vienne, y compris les plus cossus, ont une part importante de logements sociaux. Le tout a pour effet de garder les loyers moyens bien en deçà de la moyenne en Europe de l’Ouest et de continuer à attirer des milliers d’artistes et de jeunes intellectuels qui nourrissent la vie culturelle.

Au Québec, depuis que le gouvernement fédéral a arrêté net de construire des HLM au début des années 90, la responsabilité de mettre en branle des projets de logements sociaux revient aux organismes communautaires et aux acteurs municipaux par l’entremise du programme AccèsLogis.

Ce programme, que la ministre des Affaires municipales et de l’Habitation Andrée Laforest promet d’améliorer, ne permet pas pour le moment de regagner le terrain perdu.

À titre d’exemple, la Communauté métropolitaine de Montréal demande la construction de 2700 logements sociaux par année pendant cinq ans pour faire face aux besoins. Cependant, l’an dernier, seulement 550 unités sont sorties de terre.

AccèsLogis ne permet pas non plus de bien distribuer les logements sociaux à la grandeur du territoire. Si les arrondissements montréalais du Sud-Ouest, de Mercier-Hochelaga et de Ville-Marie comptent plus de 10 % de logements sociaux chacun, les Outremont, Hampstead, Westmount et Mont-Royal de ce monde n’en comptent pratiquement pas. Et il serait bien surprenant que des organismes de ces milieux se bousculent pour en demander.

Non, il est temps pour Ottawa et Québec de se relever les manches et d’établir un plan réel pour bâtir un parc de logements sociaux digne de ce nom. Vienne ne le regrette pas du tout.
https://www.lapresse.ca/debats/editoriaux/2021-06-30/logement-social/le-choix-de-vienne.php

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Ce n’est pas un secret que plus d’investissements dans le logement social de la part des gouvernements est propice au développement économique et à la richesse collective. Regardez l’exemple de Singapour…

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Quartier Saint-Michel Oui, ce sont des HLM

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

Avec des façades colorées, des jardins communautaires et des espaces familiaux, les HLM Saint-Michel Nord prouvent qu’il y a moyen de rénover de façon spectaculaire avec un maigre budget.

Le plus beau projet immobilier du quartier Saint-Michel est un complexe de HLM. Mais c’est une exception dans le paysage des HLM montréalais, où huit immeubles sur dix sont en piètre état. Leur nombre est aussi très insuffisant. S’il y a 20 000 ménages logés, on en compte 23 500 sur les listes d’attente. La durée moyenne d’attente est de cinq ans et quatre mois.

Publié le 19 juillet 2021 à 5h00

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Suzanne Colpron

Suzanne Colpron La Presse

Les HLM Saint-Michel Nord sont le plus gros projet de rénovation jamais réalisé par l’Office municipal d’habitation de Montréal (OMHM), qui en est le propriétaire. C’est aussi le plus beau pâté de maisons du quartier.

Situé dans l’est de l’arrondissement de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension, à la frontière de Saint-Léonard, le complexe construit en 1972 par l’architecte Philip Bobrow était triste, avec ses murs en briques ternies et ses façades en béton, dont plusieurs n’avaient pas de fenêtres, et qui tournaient le dos au quartier.

Les travaux ont duré trois ans et demi et coûté 54,3 millions, soit, en gros, 300 000 $ par logement.

« C’était vraiment déprimant. Un peu trop anonyme », dit l’architecte Vladimir Topouzanov, qui en a fait le tour avec La Presse.

Rien à voir avec ce que c’est devenu : un ensemble coloré, dans les tons de jaune, d’orange et de rouge, doté d’impressionnants escaliers en colimaçon, qui a valu à ses concepteurs, Saïa Barbares Topouzanov architectes (SBTA), le Prix d’excellence de l’Ordre des architectes du Québec 2021, non dans la catégorie des logements sociaux, mais dans celle des « Bâtiments et ensembles résidentiels de type multifamilial ». Et pourtant, ce ne sont pas des condos de luxe.

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

Le complexe compte 21 bâtiments et 182 logements, certains ayant cinq ou six chambres à coucher.

« Aujourd’hui, on se demande : est-ce que ce sont des condos ? Mais ce n’est pas le budget de condos », précise M. Topouzanov.

Les couleurs créent un sentiment d’appartenance. Avec quatre briques de différentes couleurs, on a fait neuf nuances. Ça crée un environnement dynamique et ça définit certaines zones.

Vladimir Topouzanov, architecte

Le complexe compte 21 bâtiments et 182 logements, certains ayant cinq ou six chambres à coucher pour loger les familles nombreuses. Il occupe le quadrilatère bordé par les rues Jean-Rivard et Choquette, le parc René-Goupil et la 25e Avenue, dans le quartier Saint-Michel.

« La logistique était colossale et a été faite dans des délais extraordinaires », souligne l’architecte.

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

Une grande table en béton peut accueillir les familles sur une des placettes aménagées le long de l’allée Léo-Bricault, au cœur du projet.

En tout, 165 ménages, environ 600 personnes, ont été relocalisés pendant les travaux, à proximité d’écoles et de garderies. Aujourd’hui, la moitié sont de retour. Les autres logements ont été attribués à des ménages provenant d’autres secteurs ou à des personnes sur les énormes listes d’attente.

Un nouveau milieu de vie

« C’est magnifique ! », lance Fatima Chouaiby, coordinatrice en sécurité alimentaire pour Mont Resto Saint-Michel, un centre communautaire du site. « C’est beau ! Ça n’a rien à voir avec ce qui était là avant. »

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En 2015, quand l’OMHM a lancé ce projet, l’ensemble était en piteux état. Il y avait de l’infiltration d’eau, de la moisissure. Et un gros enjeu de sécurité : plusieurs rues en cul-de-sac favorisaient la criminalité dans le secteur. « C’était un circuit fermé, très sombre », indique Vladimir Topouzanov. « Trop introverti. »

La majorité des logements donnaient à l’intérieur du projet et n’avaient pas d’adresses dans la rue.

« On a vraiment créé un milieu de vie », affirme Isabelle Breaut, architecte et directrice de la gestion des projets à l’OMHM, qui gère le plus grand parc immobilier de logements sociaux et abordables au Québec, évalué à 3,3 milliards au 31 décembre 2020.

« C’est une grande réussite. Car au-delà des travaux qui étaient nécessaires, l’objectif était de redonner une identité citoyenne aux locataires de ce plan d’ensemble. Aux Habitations Saint-Michel Nord, les immeubles n’avaient pas d’adresses physiques sur rue. Donc, les locataires ne sentaient pas qu’ils faisaient partie prenante de la société. »

Ça a l’air banal, d’avoir une adresse sur rue, mais ça te donne une identité citoyenne. Tu fais partie d’un quartier, tu fais partie d’un lieu.

Isabelle Breaut, architecte et directrice de la gestion des projets à l’OMHM

Dans un premier temps, la firme SBTA, associée à la façade arc-en-ciel du Palais des congrès, a soumis trois plans à l’OMHM : raser et reconstruire à neuf ; rénover les bâtiments existants ; en préserver seulement une partie. C’est la troisième option qui a été retenue.

Garder « la mémoire des lieux »

Pour briser le côté ghetto, 6 des 26 bâtiments d’origine ont été démolis et une rue partagée a été aménagée au centre du terrain afin de connecter l’ensemble au reste du quartier. La circulation automobile est permise, mais le piéton est roi.

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Les pavés colorés gardent la mémoire des bâtiments détruits pour faire place à une rue et désenclaver l’îlot.

Des pavés colorés marquent au sol l’emplacement des six bâtiments disparus dans la rue qu’on a baptisée allée Léo-Bricault, en l’honneur de M. Bricault, fondateur du Journal de Saint-Michel, qui s’est impliqué durant 50 ans dans les organismes communautaires du quartier.

« On a fait ça pour garder une trace, pour la mémoire des lieux », souligne M. Topouzanov.

Le nombre de logements a été conservé grâce à l’ajout d’un troisième étage sur les bâtiments qui en comptaient deux.

À l’intérieur, les plans n’ont pas été beaucoup modifiés, mais les logements ont été entièrement rénovés et dotés de plus grandes ouvertures et de balcons. Des fenêtres ont aussi été percées dans les murs qui n’en avaient pas. On a prévu des jardins communautaires, des poubelles écolos, du pavé perméable, une zone destinée aux BBQ, des bancs « anti-skateboard » et une longue table en béton.

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

Des jardins communautaires ont été aménagés par les locataires des HLM.

Fait à noter : il n’y a pas le moindre graffiti sur les murs.

Les services ont été regroupés au nord du site, près du parc René-Goupil : resto communautaire, halte-garderie, maison de jeunes, salle multifonctionnelle. Ces équipements sont ouverts à toute la population, pour favoriser un plus grand métissage entre les locataires et les résidants du quartier.

« Ce sont des matériaux peu coûteux, mais agencés de façon très harmonieuse, explique Isabelle Breault, de l’OMHM. Les tons naturels, qui ne se démodent pas, s’insèrent dans le quartier de façon douce. »

Ce projet, selon elle, prouve qu’il y a moyen de rénover de façon spectaculaire avec un maigre budget.

Il prouve aussi que rénover soigneusement des HLM peut être payant pour la société, en améliorant la vie de ceux qui y habitent, tout en contribuant à la revitalisation du quartier. Il brise le préjugé voulant que le logement social soit une cicatrice dans la communauté.

« Toutes les conditions sont là pour accueillir les familles dans le respect et la dignité, estime Fatima Chouaiby, qui travaille pour Mon Resto Saint-Michel. Et c’est génial, la façon dont c’est construit. Il n’y a pas de coins où les gens peuvent se rencontrer et faire des mauvais coups. On voit que les gens sont contents, que les gens sont fiers. On le voit, on le sent. »

Des HLM en état lamentable

Aussi remarquable soit-il, ce projet est une exception à Montréal, où 82 % des HLM gérés par l’Office municipal d’habitation de Montréal (OHMH) ont un urgent besoin de rénovations.

Sur les 838 bâtiments du parc immobilier, comptant en tout 20 180 logements, 684 sont en mauvais état (cote D ou E) ; 13 bâtiments sont barricadés et 330 logements sont vacants dans l’attente de travaux majeurs.

Les fonds alloués à l’OMHM pour la rénovation et l’entretien de ses bâtiments, provenant des différents ordres de gouvernement, sont passés de 100,6 millions, en 2016, à 62,4 millions, en 2020. Ils étaient de 101,7 millions en 2017, de 86,5 millions en 2018, et de 77,7 millions en 2019.

« À ce jour, pour 2021, 66,6 millions ont été accordés à l’OMHM pour réaliser des travaux de remplacement, d’amélioration et de modernisation », signale Marie-Ève Leblanc, chargée de communications. Une autre tranche de 100 millions provenant de l’entente Canada-Québec, signée en mai dernier, a été accordée sur trois ans pour rénover 517 HLM.

L’OMHM en 5 chiffres

55 000 : nombre de locataires

838 : nombre de bâtiments HLM, constitués de plans d’ensemble, des tours d’habitation, des multiplex et des logements unifamiliaux en rangée

20 180 : nombre de logements de type HLM à Montréal

23 509 : nombre de ménages sur les listes d’attente de l’OMHM, en date du 30 juin 2021

5 ans et 4 mois : temps que les demandeurs inscrits sur les listes d’attente doivent patienter, en moyenne, pour obtenir un logement
https://www.lapresse.ca/actualites/2021-07-19/quartier-saint-michel/oui-ce-sont-des-hlm.php

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Conversion d’un ancien gîte touristique près du CHUM en maison de chambres pour autochtones.

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La Ville de Montréal vient de publier un rapport sur la répartion des logements sociaux/commautaires par arrondissements et quartiers.

Selon le rapport détaillé, c’est le Sud-Ouest qui a le plus de logements sociaux/commaunautaires avec 14,4%. et le quartier de la Petite-Bourgogne qui en compte le plus avec 2988 logements. Je crois que ça inclut les logements dans les coops de Griffintown.

Faits saillants

  • Il y a 62 707 logements sociaux et communautaires sur le territoire de l’agglomération de Montréal en 2019, dont 60 621 dans la Ville de Montréal.
  • Près de 35 % des logements sociaux sont des logements HLM. On compte 10 787 logements HLM pour personnes âgées et 9 862 pour les familles et les personnes seules de moins de 60 ans.
  • 30,8 % des logements sociaux sont des OBNL d’habitation et 23,9 % des coopératives d’habitation.
  • Parmi les 6 856 logements publics non HLM, 67,5 % appartiennent à la SHDM.

Le rapport détaillé avec des chiffres en date du 31 décembre 2019 : https://portail-m4s.s3.montreal.ca/pdf/repartition_des_logements_sociaux_et_communautaires.pdf

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Est-ce que c’est 14,4% des logements du Sud-Ouest qui sont du logement social, ou c’est 14,4% des logements sociaux de Montréal qui sont dans le Sud-Ouest?

14.4% des logements sociaux de l’agglomération de Montréal sont dans le Sud-Ouest.

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Je suis choqué qu’il y en ait aussi peu dans Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension, considérant que c’est un des arrondissements les plus pauvres de la métropole

Malgré les shoebox à 1.2 million, Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension a parmi les loyers les plus abordables de l’île. Ce n’est pas nécessairement là que l’OMHM et autres obnl devraient diriger leurs efforts.

Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension a parmi les loyers les plus abordables de l’île. Ce n’est pas nécessairement là que l’OMHM et autres obnl devraient diriger leurs efforts.

Les moins dispendieux peut-être, mais je ne les qualifierai pas d’abordable. Je crois d’ailleurs que Villeray a connu la plus grosse croissance des prix des 10 dernières années.

Avec toutes les menaces de rénovictions dans Parc-Ex depuis l’arrivée du Campus MIL, c’est absolument là où ils devraient concentrés leurs efforts. Surtout que la forte population immigrante et allophone est particulièrement vulnérable.

La Ville de Montréal a quand même fait l’acquisition de 3 trois terrains (au moins, à ma connaissance) dans l’arrondissement avec les droits de préemption.
2 terrains dans Parc-Ex (le bâtiment de Hutchison et un autre sur Acadie)
1 à Villeray qui est l’ancien hôpital chinois si je me rappelle bien.

Depuis 8 ans que je suis à Villeray je n’ai pas vu de changements à l’hôpital Chinois, il est toujours placardé. Est ce que la ville a des plans de réaménagement prévus pour bientôt ?

Je ne suis pas expert et je ne vois pas ce type de statistique dans le document (pour les constructions récentes), mais les nouveaux logements sociaux ou communautaires ne sont presque pas construits par la Ville ou un organisme gouvernemental. Il s’agit souvent d’OBNL ou de COOP.

La séquence habituelle est que la Ville devient propriétaire d’un terrain et le vend (ou le cède?) à l’organisme ou la Coopérative qui réalisera le projet. Ils ont généralement l’aide d’un GRT pour les accompagner et ça peut prendre quelque temps avant que le projet se réalise. Parfois, c’est un promoteur qui réalisera les travaux (clé en main).

En bref, la Ville n’est pas nécessairement responsable d’un terrain qui tarde à être développé pour du logement communautaire.

Je crois qu’il ne s’est pas construit de HLM depuis longtemps.
Les dernières annonces de logements sociaux/communautaires sont surtout des coops et ou des propriétés d’OBNL.
Proportionnellement, il y en a bcp plus que les HLM et autres logements publics.


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Wow… Je ne savais pas qu’une coopérative pouvait être dissoute par le gouvernement du Québec.

Des immeubles locatifs administrés par Revenu Québec en manque d’entretien


De vieux matelas, des morceaux de bois, des jouets, des meubles et de nombreux déchets jonchent le sol à l’arrière des habitations de la rue Émile-Nelligan.
PHOTO : LA PRESSE CANADIENNE / PAUL CHIASSON

La Presse canadienne
16 h 02 | Mis à jour à 21 h 26

Des locataires de Montréal se sentent abandonnés depuis que Revenu Québec administre temporairement les trois immeubles de leur ancienne coopérative dissoute en 2019. Ils observent une dégradation des lieux, leur faisant craindre une éventuelle expulsion par un futur acheteur afin de réaliser des travaux majeurs. Au fait de la situation, Revenu Québec promet de prendre « rapidement des mesures » pour y remédier.

L’ancienne coopérative d’habitation les Cinq continents n’a jamais été aussi sale, déplorent des résidents qui expriment frustration et exaspération.

De vieux matelas, des morceaux de bois, des jouets, des meubles et de nombreux déchets sont quelques-uns des débris qui jonchent le sol à l’arrière des habitations de la rue Émile-Nelligan, dans l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville. À travers ces monticules s’ajoutent deux voitures abandonnées et une végétation laissée à elle-même.

Un arbre se retrouve notamment en mauvaise posture, menaçant des fils électriques et a nécessité même l’intervention des pompiers cet été afin d’ériger un périmètre de sécurité.

À l’intérieur des immeubles, La Presse canadienne a pu constater des trous au bas de certains murs et des corridors défraîchis. Des familles vivent également dans des appartements ayant besoin de travaux, comme la réparation d’un immense trou au plafond, d’un comptoir de cuisine qui se défait ou de portes délabrées.

Depuis que la gestion est entre les mains de Revenu Québec, les trois blocs se trouvent dans un état de délabrement très, très avancé.

Une citation de : Blaise Nsimba, un des résidents

Les immeubles logent une trentaine de familles, dont plusieurs sont à faible revenu et issues de l’immigration.

Les locataires assurent que les lieux affichaient auparavant une très bonne image grâce à l’implication de membres coopérants responsables de la conciergerie. Mais l’agence gouvernementale, expliquent-ils, a mis un terme à cette pratique pour donner le mandat à une société de gestion immobilière.

Celle-ci se limite toutefois à récolter les loyers chaque mois et ne donne jamais suite aux demandes de travaux et d’entretien, selon les résidents.

On s’est retrouvés sans ressources quand Revenu Québec a pris possession des immeubles. Ils ne s’occupent pas du tout de l’entretien, que ce soit de l’intérieur et de l’extérieur. C’est incroyable que des êtres humains puissent vivre dans une telle situation. C’est inadmissible.

Une citation de : Djibril Souaré, un des résidents

Des locataires tentent avec leurs propres moyens de faire un peu d’entretien, jusqu’à se cotiser pour acheter une tondeuse afin de couper l’herbe.

On veut que les lieux soient propres, qu’ils entretiennent pour qu’on puisse vivre décemment, réclame Marie-Antoinette Mansaré, propriétaire d’une garderie à l’intérieur du complexe résidentiel. Qu’ils arrêtent de nous traiter comme du bétail.

Revenu Québec affirme de son côté avoir constaté un état de délabrement avancé des immeubles, dès sa prise de compétence. Revenu Québec a immédiatement pris des mesures pour assurer la sécurité des bâtiments en procédant aux réparations les plus urgentes, a indiqué son porte-parole, Martin Croteau.

Des réparations de tuyauterie, le remplacement de plusieurs portes, le nettoyage de l’intérieur des immeubles à plusieurs reprises et des travaux d’extermination ont notamment été réalisés, détaille M. Croteau. Bien que plus de 130 000 $ aient été investis depuis sa prise en charge, Revenu Québec reconnaît que des travaux demeurent nécessaires.

Une dissolution contestée

Revenu Québec est devenue liquidatrice des biens de la coopérative après sa dissolution au printemps 2019 par le ministère de l’Économie, en vertu de la loi sur les coopératives. La non-transmission entre autres du rapport annuel et des états financiers 2017 est à la source de cette décision.

Des membres ont tenté de remédier aux manquements pour faire annuler le décret du ministère, en vain. Ils se sont tournés vers les tribunaux pour contester la dissolution. La Cour supérieure les a déboutés en août, mais ils entendent faire appel du jugement.

Ces locataires disent avoir été victimes du trésorier de l’époque qui aurait omis de transmettre les documents en raison de conflits internes. Selon eux, le trésorier a donné seul son accord à la dissolution sans consulter les autres membres. Ils déplorent maintenant de ne plus avoir accès aux ressources pour remédier à la situation.

Entre-temps, Revenu Québec a mis en vente les immeubles au coût de plus de 3,3 millions de dollars. Une promesse d’achat a été acceptée. Il manque seulement l’autorisation de la cour pour procéder, peut-on lire sur le site web de Remax. La prochaine audience est prévue à la mi-décembre.

Des locataires craignent que la dégradation avancée des immeubles ne laisse présager une démolition complète de l’endroit.

Quand on veut vendre et qu’on veut donner de la valeur, on entretient. L’intention [des futurs acheteurs], c’est peut-être de tout raser. C’est peut-être pour ça qu’on n’investit pas dans l’entretien des lieux.

Une citation de : Antoinette Mansaré, propriétaire d’une garderie au sein du complexe

Des locataires souhaitent conserver le caractère social, mais en raison de la dissolution, ils n’ont plus accès aux ressources financières provenant des loyers pour faire des démarches en ce sens. Ils espèrent un appui du gouvernement pour garder leurs logements.

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Ca me parait éclair comme dissolution juste pour une non communication d’états financiers…

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Malheureusement on a un bon exemple de l’importance d’une bonne gestion, indépendamment de la formule résidentielle. C’est en fait le principal défi pour assurer la pérennité des lieux et garantir un logement décent et abordable aux résidents. Même en HLM on trouve des cas de négligence, ce qui démontre la nécessité d’un suivi constant et d’interventions régulières pour éviter la détérioration du bâtiment. Donc public ou privé c’est le même objectif: avoir une équipe de gestionnaires compétents et intègres; constituer un fond d’entretien et faire les travaux avec célérité pour maintenir la qualité de l’immeuble sur le long terme.

L’exemple de la ville de Vienne pour garder le prix des logements/maisons bas (en vidéo)

Vienna’s Radical Idea? Affordable Housing For All

As cities around the world grapple with a crisis of affordable housing, Vienna has been keeping it at bay. How the Austrian capital got there may offer a model strategy for cities worldwide.

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Excellent reportage, rempli d’idées intelligentes facilement applicables un peu partout dans le monde. Tout est réfléchi, orienté vers l’humain dans un esprit de développement durable. C’est ça bâtir des villes à échelle humaine ou la qualité de vie prime sur toutes les autres considérations, tout en étant rentables autant économiquement que socialement.

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