Logements sociaux, communautaires et abordables - Actualités


Voici une photo du chantier Utile prise en octobre. Aujourd’hui il est rendu au neuvième niveau, donc un dernier étage à couler pour terminer l’érection du bâtiment. On a aussi commencé à fermer les premiers murs. Je passerai prochainement pour prendre des photos plus actuelles des travaux.

Par ailleurs le chantier du Musée Riopelle se poursuit allègrement voici une photo prise fin octobre.

et une dernière cette semaine, on se concentre maintenant sur l’installation du vitrage, l’enveloppe extérieure et les finitions intérieures.

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MACH, Cogir et Devimco voudraient construire 2500 logements pour personnes en situation d’itinérance

2500 logements à Montréal | Trois promoteurs proposent un mégaprojet pour les sans-abri

Quelque 2500 logements pour sortir des sans-abri de la rue, bâtis sur des terrains appartenant à la Ville de Montréal. Coût : 600 millions, financé par un emprunt chez Desjardins. La Société d’habitation du Québec (SHQ) serait le maître d’œuvre du projet et trois grands promoteurs immobiliers de Montréal, les « exécutants ». Aucun profit à la clé pour eux. Le gouvernement du Québec n’aurait qu’à financer le prêt hypothécaire sur plusieurs décennies.

Si la Ville de Montréal cédait certains des terrains dont elle est propriétaire, que le gouvernement du Québec maintenait ses remboursements de TVQ pour les immeubles neufs, les trois promoteurs s’engageraient à construire des tours de logements. Les immeubles compteraient chacun autour de 300 ou 400 logements. Les promoteurs, calcule M. Chiara, pourraient bâtir de tels édifices à un coût avoisinant les 400 $ le pied carré.

Desjardins pourrait être le prêteur immobilier du projet. « Nous sommes effectivement en discussions avec M. Chiara, mais celles-ci sont de nature commerciale et demeurent confidentielles pour le moment, indique le porte-parole du Mouvement Desjardins, Marc-Antoine Lavoie. Desjardins est déjà un acteur actif et engagé pour favoriser l’accès à un logement et soutenir les personnes en situation d’itinérance et nous saluons l’engagement de toute organisation privée ou publique qui souhaite innover pour relever les défis majeurs liés à ces enjeux. »

La SHQ pourrait être la donneuse d’ouvrage et, à terme, la propriétaire des bâtiments. Les nouveaux locataires paieraient une partie de leur revenu en loyer – sur le modèle des HLM. Ces fonds serviraient à l’entretien des immeubles. Le gouvernement du Québec n’aurait qu’à faire les paiements hypothécaires, une trentaine de millions par an pendant cinq décennies, calcule le président du Groupe Mach.

Ils vont faire de l’argent en faisant travailler leurs employés

Mais pourquoi des promoteurs immobiliers accepteraient-ils de construire autant de logements sans faire le moindre profit ? « Quand on voit quelqu’un qui se noie dans une piscine et qu’on a une formation de lifeguard, c’est notre devoir de sauter dans la piscine », lance Mathieu Duguay. « Non, on ne ferait pas de profit là-dedans. Si on veut que le modèle fonctionne, il faut mettre l’épaule à la roue », renchérit Serge Goulet.

Jean-Philippe Meloche, professeur à la faculté d’urbanisme de l’Université de Montréal, a une explication un peu plus prosaïque.

Ils ne feraient pas de profits, mais leurs gens travaillent, des salaires sont versés. C’est de la générosité, oui, mais ils font travailler leur business. Plutôt que de construire des condos de luxe qui ne se vendent pas très bien de toute façon, on va construire d’autres types d’immeubles.

— Jean-Philippe Meloche, professeur à la faculté d’urbanisme de l’Université de Montréal

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C’est excellent comme nouvelle que des gens du privé veuillent mettre la main à la pate.

Mais gros bémol : il faut vraiment s’assurer de ne pas créer des ghettos où l’on isole une certaine catégorie de la population à un seul ou deux endroits, loin des services, sinon ça risque de devenir comme les banlieues à Paris. Il faut que ça soit des dizaines de projets de moyenne taille distribués un peu partout sur le territoire et proche des services et transports collectifs.

Donc la Ville de Montréal doit être celle qui guide et détermine de façon intelligente les emplacements.

Note : Montréal avait failli tomber dans le piège français mais a vite pivoté sur le modèle. Les habitations Jeanne-Mance ont été la seule tentative de gros ensemble immobilier sociaux. Mais ce fut une réussite pour 2 raisons : l’emplacement stratégique au centre-ville proche des services et transports, et l’échelle du projet avec des immeubles de type duplex + les terrains de jeux et espaces verts, intégré à des tours d’habitation.

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J’ai moi-même immédiatement pensé aux ghettos potentiels, une direction à éviter à tout prix.

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Reportage de Radio-Canada sur le sujet:

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Ils ont tout avantage à proposer un projet comme ça. L’itinérance affecte après tout la valeur et la désirabilité de certains de leurs autres projets!

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J’y ai ps pensé mais tu as 100% raison!

Version texte

La nouvelle mairesse de Montréal Soraya Martinez Ferrada s’est dite « très, très ouverte » à étudier la possibilité de donner des terrains aux promoteurs immobiliers qui souhaitent construire des logements pour personnes itinérantes. Elle a ajouté être « prête à regarder tous les terrains » qui appartiennent à la ville pour tisser des « partenariats » avec le privé.

Tout juste avant son premier conseil municipal, Mme Martinez Ferrada a réagi à un reportage du quotidien La Presse, qui rapportait lundi que trois grands promoteurs immobiliers étaient prêts à s’unir pour construire 2500 logements pour personnes itinérantes dans la métropole.

Le nouveau consortium immobilier demande toutefois la participation des différents ordres de gouvernements afin d’y parvenir.

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Chronique de Maxime Bergeron dans la Presse

Itinérance | Le privé à la rescousse : et pourquoi pas ?

Trois gros promoteurs souhaitent ériger 2500 logements pour sans-abri, à Montréal. Ils les construiraient sans marge de profit, pour la moitié du coût habituel de ce type de projet1.

La promesse est à la hauteur de leurs portefeuilles immobiliers : gigantesque. Ces entreprises croient pouvoir sortir 40 % des sans-abri de la rue, en quelques années à peine.

J’ai des doutes. Il reste bien des ficelles à attacher. Mais ça m’apparaît possible. Le montage financier proposé est réaliste.


Article sur une autre initiative

Crise de l’itinérance | Objectif : 1500 condos pour des sans-abri

Martin déménagera bientôt dans un condo près du métro Place-des-Arts. Ayant vécu dans la rue, il ne pensait « jamais pouvoir habiter au centre-ville ». Le Montréalais participe au projet de l’organisme Toit à moi Canada, qui a déjà acheté cinq condos pour loger des sans-abri. Il demande aujourd’hui le soutien du gouvernement pour en acquérir 1500 d’ici 10 ans.

Comme révélé dans nos pages en juin, cet organisme piloté par l’ancien commissaire en itinérance de la Ville de Montréal Serge Lareault s’inspire d’un concept français né il y a 15 ans1. Il s’est donné pour mission d’acheter des condos, de les faire financer par des dons privés, puis d’y installer des sans-abri en transition.

Le tout vient avec de l’accompagnement communautaire. Des intervenants d’organismes partenaires, dont Le Chaînon et La Maison du Père, gravitent autour de la personne locataire pour l’aider dans le quotidien et la cohabitation avec les voisins, surtout au début de l’emménagement.

Ces derniers mois, cinq condos d’une chambre ont été achetés, en moyenne pour 280 000 $. Construire des logements aurait coûté beaucoup plus cher, selon M. Lareault. Les logements sont situés dans l’Est et au centre-ville, soit près des métros Frontenac, Honoré-Beaugrand, Berri-UQAM, Beaudry et Place-d’Armes.

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C’est sûr que c’est bien d’aider des gens à sortir de la rue, mais j’ai peur que le fait d’acheter des condos abordables et les retirer du marché comme ça finisse par faire augmenter les prix, encore une fois.

Les condos qui sont et seront achetés sont les même qui seraient autrement achetés par des premiers acheteurs ou par des acheteurs qui ne roulent pas sur l’or. Surtout qu’en plus, le tout est monté par des acteurs du monde de l’immobilier qui seront bien contents de retirer des condos pas chers du marché pour ensuite peddler des condos au double ou au triple du prix parce que c’est le marché qui le veut…

Dites-moi que je suis cynique si vous voulez, mais je ne crois pas aux belles intentions des développeurs et autres bourgeois qui décident soudainement de régler le problème.

11 messages ont été fusionnés à un sujet existant : 8215 rue Hochelaga (ancien cinéma Paradis) - X étages

Pendant ce temps en Colombie-Britannique

Un fonds provincial permet le maintien d’immeubles locatifs en Colombie-Britannique

À Montréal, comme ailleurs au Canada, des immeubles locatifs vieillissants disparaissent sous la pelle des démolisseurs pour faire place à de nouveaux projets, au détriment de leurs locataires qui doivent se reloger. En Colombie-Britannique, un fonds provincial permet désormais à des organismes de racheter ces bâtiments avant les promoteurs, et de garder ainsi des milliers de logements abordables. Un modèle inédit qui pourrait bientôt être adopté par le gouvernement fédéral.

Le reportage d’Anne Levasseur.

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Desjardins investit dans le logement hors marché

Face à la crise du logement qui touche des milliers de familles, d’étudiants et de personnes seules, Desjardins annonce qu’il rehausse son engagement et entend désormais contribuer à la création de plus de 10 000 logements abordables et à abordabilité différée au Québec d’ici trois ans. Cette ambition marque une évolution majeure de l’Initiative Logement abordable Desjardins lancée en 2022, qui visait 3 000 logements d’ici 2028.

La grande majorité des 10 000 logements seront abordables et détenus en grande partie par des promoteurs communautaires. Or, la crise du logement s’étend maintenant à un plus grand nombre de personnes et ne concerne plus uniquement celles vivant avec des revenus modestes. C’est pourquoi Desjardins compte aussi créer des logements à abordabilité différée dont la gestion sera confiée à des organismes à but non lucratif, à des coopératives d’habitation ou des Offices d’habitation municipales.

La hausse du loyer de ces logements sera limitée par convention selon les règles du Tribunal administratif du logement (TAL). Comme les loyers du marché augmentent beaucoup plus rapidement, l’écart se creusera d’année en année, ce qui fera en sorte que ces unités locatives deviendront abordables à moyen terme.

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Inauguration d’un immeuble de logements sociaux de l’OBNL Le Chaînon

Montréal: plus de 65 nouveaux logements destinés aux femmes en situation de vulnérabilité

De nouveaux milieux de vie voient le jour à Montréal pour les femmes en situation de vulnérabilité et leurs enfants alors que différents partenaires soutiennent quatre projets offrant un total de 67 nouveaux logements sociaux et abordables.

The governments of Canada and Quebec, the City of Montreal, and the Fonds de solidarité (FTQ) announced five new housing projects, totalling over 100 units, to address homelessness in Montreal.

At a press conference Monday at the Old Brewery Mission in Montreal, Quebec Minister Sonia Bélanger, Claude Pinard, president of executive committee and Claude Guay, Liberal MP announced that the governments will provide $44 million to build the housing units intended for unhoused people and those at risk of homelessness.

They will be built by Groupe CDH and Corporation Mainbourg, two non-profit organizations specializing in community housing.

A press release by Quebec’s Ministry of Housing announcing the investment, said, “These projects of hope are coming to fruition thanks to the determination of the Old Brewery Mission, Maison St-Dominique, L’Artère de l’Est, and Ma Chambre,”

Le communiqué

Les gouvernements du Canada et du Québec, la Ville de Montréal et le Fonds de solidarité FTQ unissent leurs voix pour rappeler l’importance d’agir collectivement pour offrir aux Québécoises et aux Québécois les plus vulnérables des milieux de vie sains, sécuritaires et abordables. Réunis au campus Saint-Laurent de la Mission Old Brewery, sur la rue Clark, les partenaires ont annoncé le financement de 5 projets d’habitation à Montréal, pour un total de plus de 100 nouveaux logements, tous destinés aux personnes en situation d’itinérance ou à risque de le devenir.

Coordonnés par les OBNL spécialisés en immobilier communautaire Groupe CDH ou Corporation Mainbourg, les projets reçoivent l’appui financier des gouvernements du Canada et du Québec ainsi que de la Ville de Montréal, pour un total de plus de 44 M$. Ces chantiers d’espoir voient le jour grâce à la volonté d’agir des organismes Mission Old Brewery, Maison St-Dominique, L’Artère de l’Est et Ma Chambre.

Découvrez les projets

Avant que quelqu’un mentionne que Claude Pinard fait avancer les choses :

à noter que 4 des 5 projets sont déjà répertoriés dans le forum

et le 5e a ouvert en octobre!

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Des logements construits… en 32 heures

Maxime Bergeron La Presse

Il y a 16 stations de travail dans l’usine de Bonneville de Belœil, sur la Rive-Sud de Montréal.

Publié à 5 h 00

À la toute première, on trouve de grands morceaux de contreplaqué, de charpente et des planches. Les matériaux bruts.

À la 16e station : un module rectangulaire parfaitement étanche, qui contient deux appartements de 500 pieds carrés, avec la plomberie, le câblage et même les armoires de cuisine. Emballé et prêt à embarquer sur un camion.

Bonneville se spécialise de plus en plus dans les immeubles locatifs.

Il s’écoule à peine 32 heures du début à la fin de ce processus. La préfabrication 2.0, si vous voulez, à la vitesse grand V.

Bonneville a incarné pendant des décennies le rêve de l’accession à la propriété, avec ses fameuses maisons modulaires. Mais l’entreprise soixantenaire est en train de transformer radicalement son modèle d’affaires – la raison de ma visite ici.

Les résidences unifamiliales ne représentent plus que le quart de son chiffre d’affaires, contre 75 % il y a cinq ans. Bonneville se spécialise de plus en plus dans les immeubles locatifs. Et plus précisément : dans les logements abordables.

Le groupe en vend depuis environ 18 mois à des organismes à but non lucratif (OBNL) et à des offices d’habitation. Ça semble bien fonctionner : Bonneville a construit jusqu’ici près de 800 unités réparties dans une dizaine de projets, un peu partout au Québec.

Le groupe s’apprête même à mettre en marché des villages démontables pour sans-abri, ai-je appris pendant ma visite. Coût estimé : 90 000 $ « la porte », tout compris, une assez bonne affaire en cette époque inflationniste.

Le projet « Bonvillage », conçu par Bonneville, se vendra 2,7 millions de dollars, tous frais compris, pour 30 chambres individuelles et des blocs sanitaires. Il est destiné aux sans-abri. L’ensemble pourra être monté – et démonté – en quelques jours à peine, promet l’entreprise.

Le projet semble sérieux : des discussions ont été entamées avec plusieurs villes, dont Montréal et Gatineau.

Nous sommes loin de la « Poitras Casa », une maison « moderne et branchée » dessinée par le designer Jean-Claude Poitras, que Bonneville avait présentée en 2005.

Comme les temps changent…

Je l’ai souvent écrit dans cette chronique : la construction modulaire est l’un des remèdes les plus prometteurs pour s’attaquer à la crise du logement. Pas une réponse universelle, bien sûr, mais un outil drôlement efficace.

L’une des grandes forces du « préfab » : la standardisation. Le fait de reproduire les mêmes modèles de logement, dans le climat contrôlé d’une usine, génère d’importants gains de productivité par rapport aux chantiers traditionnels.

À l’usine de Belœil, une cloche sonne toutes les deux heures. Chaque module franchit quelques mètres vers la prochaine station de travail. Ils sont tirés par des chaînes cachées sous le plancher.

Les employés fabriquent d’abord la structure du plancher, puis les plafonds, puis posent les murs, l’isolation, le gypse, la plomberie, les armoires… jusqu’à l’emballage final.

Un travail à la chaîne

Trente-deux heures de travail par module, top chrono.

« La beauté, c’est que les travailleurs ne se déplacent pas, ni les matériaux ni l’outillage, m’explique pendant la visite Éric Bonneville, coprésident du groupe. On amène le module aux travailleurs. C’est ce qui se rapproche le plus, à plusieurs égards, d’une chaîne de montage automobile. »

Éric Bonneville, coprésident du groupe, explique le processus de fabrication à notre chroniqueur Maxime Bergeron.

Une fois terminés, les modules sont emmagasinés dans la cour arrière, puis transportés sur de gros camions jusqu’au site du projet X ou Y. Ils sont ensuite assemblés à l’aide d’une grue, tels de gros blocs Lego. Des ouvriers sur place connectent le filage et la plomberie, puis installent le toit et la façade, souvent en brique.

Bonneville n’est pas le seul acteur du « préfab » à avoir entamé un virage vers le logement abordable. Ils sont une dizaine au Québec, et plusieurs ont aussi commencé à convertir leurs activités.

Photographié en septembre dernier, un projet de 155 logements étudiants réalisé par l’UTILE avec des modules de Bonneville était en passe d’être complété à Rimouski.

La Société d’habitation du Québec (SHQ) a agi comme catalyseur en lançant un appel d’offres pour 500 unités modulaires, l’an dernier1. Elle a organisé une délégation en Scandinavie, championne dans ce domaine.

Bien entendu, les entreprises comme Bonneville ne font pas la charité. La construction de maisons unifamiliales a chuté en vrille depuis la pandémie. Le locatif occupe maintenant une part considérable du marché.

Et dans le lot, les besoins pour des logements abordables sont plus criants que jamais. La demande excède l’offre. Le business case est bon.

Mais la transformation du modèle d’affaires de l’industrie pourrait faire une réelle différence dans la crise, à terme. Bonneville, par exemple, y trouve son profit, mais il agit aussi de plus en plus comme un accompagnateur auprès des OBNL, dès les toutes premières étapes d’un projet.

L’entreprise a recruté une demi-douzaine d’employés issus des milieux communautaire et municipal, pour l’aider à développer sa nouvelle offre. Elle a aussi créé un logiciel – appelé configurateur – qui permet en quelques heures de créer toutes les facettes d’un projet immobilier, avec un niveau de détail surprenant.

Le produit calcule le format idéal du bâtiment par rapport au zonage, à la taille du terrain, à l’ensoleillement et aux marges de recul nécessaires. Il fait ensuite un assemblage de modules, selon le nombre et la taille des appartements souhaités. Puis arrive la portion cruciale, qui fait souvent tout dérailler : le calcul des coûts.

Un configurateur en temps réel

« Le module vient tenir compte des programmes de subventions qui sont en place, des contributions du milieu, des coûts d’opération, des loyers maximums qui sont attribués, explique Éric Bonneville. Et il vient répondre à la question la plus importante pour tout projet viable : est-ce que je rencontre le ratio de remboursement de la dette qui est autorisé par la SHQ ou le fonds fiscalisé ou le banquier ? »

Éric Bonneville, coprésident de Bonneville

L’objectif paraît simple : concevoir dès le départ un modèle viable pour les OBNL, et abordable pour les locataires à faible revenu. Mais dans la réalité, c’est souvent à cette étape du montage financier que ça accroche – et où bien des projets « hors marché » avortent.

Éric Bonneville affirme avoir plus de 1000 unités abordables sur sa planche à dessin. Et il aimerait en construire 2000 autres en deux ans, « à prix fixe, en bas des budgets qui sont reconnus », avec un consortium d’OBNL et de fonds fiscalisés. Le projet sera présenté à la SHQ et à la nouvelle agence fédérale Maisons Canada.

Bonneville est conscient que les besoins pour des logements abordables sont plus criants que jamais.

À Belœil, son groupe a investi 8 millions depuis deux ans pour acquérir des cloueuses et visseuses robotisées, entre autres machines. Les coûts de fabrication baisseront au fur et à mesure que l’automatisation et la productivité progresseront dans les usines, il en est persuadé.

Le Québec, croit-il, peut – et doit – s’inspirer des pays scandinaves, où le préfab a transformé l’industrie de la construction. « Je suis sûr qu’on va se revirer de bord dans cinq ans. Puis on va regarder en arrière et on va dire qu’on a vraiment vécu une révolution modulaire. »

Ça ne répondra pas à tous les besoins, c’est évident, mais ça pourrait faire une différence réelle.

1. Lisez la chronique « Crise du logement : Québec misera (très) gros sur le “préfab” »

https://www.lapresse.ca/actualites/chroniques/2025-12-20/des-logements-construits-en-32-heures.php

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Crise du logement : le DSI mise sur un OBNL régional et une fiducie foncière

Par Félix Côté 5:00 AM - 20 décembre 2025

Les logements disponibles sont une denrée rare dans Charlevoix. Photo courtoisie

Le Développement social intégré de Charlevoix (DSI) souhaite mettre sur pied un organisme à but non lucratif régional en habitation, qui aurait pour mandat de construire des logements sociaux et de développer des projets immobiliers sur le territoire. Cette intention a été officiellement présentée lors du dépôt du plan d’action du DSI, à l’occasion de sa plus récente assemblée générale annuelle.

Pour l’instant, le projet en est à ses débuts. Le DSI est actuellement en processus de création d’un poste afin d’embaucher la personne qui sera responsable de mettre sur pied ce nouvel organisme. Le co-coordonnateur du DSI, Philippe Carrier-Moisan, précise déjà que les logements développés par ce futur OBNL « seraient gérés par les offices d’habitation ».

Toutefois, les logements issus de cette structure parapluie ne seraient pas soumis aux mêmes critères d’admissibilité que ceux relevant des Offices municipaux d’habitation (OMH) ou des Offices régionaux d’habitation (ORH). « L’objectif, c’est de trouver une façon d’offrir un accès à la propriété à un plus grand nombre de personnes, y compris certaines qui ne seraient pas admissibles aux habitations à loyer modique (HLM) », explique M. Carrier-Moisan.

En ce qui concerne les constructions envisagées, aucune option n’est arrêtée pour le moment. « Des plans d’architecture pourraient être réutilisés, et le préfabriqué pourrait aussi faire partie des discussions, mais nous n’en sommes pas encore à cette étape. On est en retard en matière de logements sociaux par rapport à d’autres régions », souligne le co-coordonnateur.

Les questions de gouvernance restent également à préciser. Le DSI indique toutefois s’être inspiré de modèles existants ailleurs au Québec, notamment à Drummondville et à Sutton, où l’OBNL Territoire solidaire repose sur un modèle de fiducie foncière communautaire (FFC). « Il est possible que l’on s’inspire de ce modèle de gouvernance, mais il sera assurément adapté à la réalité et aux besoins de Charlevoix », ajoute M. Carrier-Moisan.

Dans ce modèle, les membres de la fiducie seraient principalement les municipalités, ce qui permettrait, selon le DSI, « d’assurer la pérennité de l’abordabilité des logements ». Philippe Carrier-Moisan cite notamment l’exemple de la ville de Burlington, aux États-Unis, où une structure mise en place dans les années 1980 sous l’impulsion de l’actuel sénateur Bernie Sanders a permis de soustraire près du quart du parc immobilier résidentiel aux effets de la spéculation.

« Le modèle de fiducie permettrait aux municipalités de se doter de terrains et de les retirer de la fluctuation du marché », résume le DSI. À noter que l’ancienne mairesse de Montréal, Valérie Plante, avait également exprimé son intérêt pour ce type de modèle en 2024.

Un article assez complet qui couvre les différents angles problématiques de cette initiative!

Ce qui est assez paradoxal est que ces mêmes promoteurs se sont opposés systématiquement au Règlement pour une métropole mixte (RMM) dans les dernières années, et là ils se présentent en mère Theresa.

Je note ce passage qui est le plus inquiétant à mon avis car on pourrait construire de grands ensembles mal situés et qui finiraient en ghettos après quelques années :

“Elle note que les trois grands promoteurs parlent de construire des édifices de 200 à 300 logements. Or, rappelle-t-elle, « il y a beaucoup de gens qui ont besoin de soutien pour se réinsérer dans la société et 300 personnes, c’est beaucoup trop pour un immeuble, pour cette clientèle. Je trouve ça un peu inquiétant que de telles entreprises se lancent dans du logement qui est destiné à une autre population, sans nécessairement connaître les enjeux que ça présente. En général, pour des gens qui ont certaines difficultés d’adaptation, on est plus dans le maximum 50 logements. »”

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N’est-ce pas les municipalités qui fourniraient les sites? (Et non pas les “méchants” promoteurs…)

Tout ça fera partie des négociations avec la Ville, justement. Et avec l’administration actuelle, faut s’attendre à ce que celle-ci se plie en 2 devant les promoteurs. On paiera collectivement le prix dans 10 ou 15 ans avec des quartiers ghettoisés, vu que leur objectif sera de démontrer qu’ils ont accompli de quoi à court terme…

NB: Quand les donateurs à Ensemble Montréal sont les ShillerLavy de ce monde, faut s’attendre au pire…

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