D’un côté, des centaines, voire des milliers de condos invendus dans certaines villes du Canada. De l’autre, la crise du logement dans tant de métropoles. Les gouvernements sont-ils bien avisés de voler au secours des promoteurs ?
Kari Norman, économiste sénior chez Desjardins, creuse la question dans l’étude Condos invendus : l’intervention du gouvernement est-elle justifiée ?, en se penchant sur les programmes hors du commun mis de l’avant en Ontario et en Colombie-Britannique.
« Le marché du logement au Canada est confronté à un paradoxe, commence Mme Norman. Alors que les décideurs continuent de lutter contre une pénurie de logements abordables à long terme, les condos achevés, mais invendus s’accumulent dans certains des plus grands centres urbains du pays. »

Le stock de condos neufs vacants à Montréal « a augmenté considérablement, mais il s’agit ici d’un retour à des normes à long terme », fait-elle remarquer.
Il en va tout autrement à Toronto et à Vancouver, où le problème reste entier.
« Le marché des condos au Canada a connu un revirement spectaculaire au cours des dernières années, souligne Mme Norman. Pendant la pandémie, des taux d’intérêt exceptionnellement bas, une croissance démographique rapide et une forte demande des investisseurs ont soutenu les préventes et les nouvelles constructions. »
Puis, le vent a tourné. « De nombreux projets lancés dans ces conditions optimistes ont été achevés dans un marché beaucoup plus faible, est-il écrit, résultant en une augmentation, surtout à Vancouver et à Toronto, d’unités nouvellement construites qui sont prêtes à être habitées, mais qui n’ont pas été vendues. »
Interventions
Risques et avantage d’une intervention étatique
Aussi, « une intervention gouvernementale immédiate pourrait amener les promoteurs à attendre du soutien similaire lors de ralentissements ultérieurs, ce qui pourrait inciter certains d’entre eux à continuer à prendre plus de risques ».
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