Le premier projet de cohabitation à Montréal

Le premier projet de cohabitat à Montréal se concrétise

Cohabitat Québec est un exemple et le premier cohabitat de la province. Photo: Gracieuseté – Village Urbain par Jean-Yves Fréchette

Alexis Fiocco

1 août 2022 à 13h20 - Mis à jour 1 août 2022 à 16h10 3 minutes de lecture

L’organisme à but non lucratif Village Urbain a acquis un terrain sur la rue Notre-Dame, à Lachine, pour y construire le premier complexe de logements abordables en cohabitat à Montréal.

Le concept du cohabitat, c’est de partager l’espace avec ses voisins afin de créer un sens de la communauté. «Ce sont des logements complets plus petits, pour que les superficies soient rapportées aux espaces communs», explique la chargée de projet Lucy Chen. «Dans les condos, les gens ne se parlent pas, ne se connaissent pas», ajoute-t-elle. À l’inverse, la création d’espaces communs tels qu’un jardin communautaire, une cuisine collective et des espaces de détente encourage «l’entraide et le partage».

Village Urbain vise à développer un projet qui répond à plusieurs enjeux, notamment l’isolement social, qui s’est accru pendant la pandémie. Des personnes âgées, des familles d’immigrants, de jeunes professionnels; les logements rassembleraient «plein de profils différents pour créer un milieu diversifié et inclusif», estime la chargée de projet.

Selon Mme Chen, le partage encourage aussi à «réduire nos besoins matériels individuels». Le champ des possibles est vaste, tel que mettre en commun des outils dans un atelier, s’entraider pour réparer des vélos ou partager sa voiture.

Des logements abordables

Pourquoi à Lachine? Premièrement, parce que «les terrains se faisant rares, nous sommes allés chercher un terrain plus excentré, plus abordable», explique la chargée de projet. Mais aussi parce que Lachine est en phase de transition et «cherche à améliorer son réseau de transport et sa qualité de vie en général». L’objectif de l’arrondissement de changer son image de quartier industriel «nous encourage dans notre mission», affirme-t-elle.

Au-delà du partage, l’objectif du cohabitat est de rendre le logement plus abordable à long terme. Village Urbain souhaite établir une fiducie foncière qui inclut des clauses de vente pour assurer des prix abordables à la revente. «Éventuellement, ça peut répondre à la crise du logement en rendant [les unités] plus abordables», estime la chargée de projet.

Au sein de Village Urbain, environ 30 % des logements seront loués, tandis que les autres unités seront à vendre. L’organisme tient à offrir des logements locatifs «pour favoriser la mixité sociale [avec] une population diversifiée», explique Mme Chen.

Avec seulement 40 unités prévues sur la rue Notre-Dame, «la sélection pour ce projet sera un défi». Pour ce faire, l’équipe de Village Urbain «élabore une politique de sélection basée sur une charte des valeurs. Le cohabitat, ce n’est pas pour tout le monde; c’est un milieu de vie où les gens s’impliquent beaucoup», insiste-t-elle. Des activités seront organisées à l’automne pour sensibiliser des gens à la vie en cohabitat avant les réservations d’unités, qui commenceront au début de l’année 2023.

Par ailleurs, l’organisme prévoit «répliquer [son premier projet] partout au Québec». D’après Lucy Chen, un autre projet de village urbain verra peut-être le jour à Laval dans les prochaines années.

Ouin, une espèce de “gated community”, quoi.

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C’est comme la formule coopérative, ce n’est pas pour tout le monde parce qu’il y a des conditions attachées aux avantages de la formule, dont participer aux tâches dans les espaces communs et aux services à la communauté. En fait c’est l’esprit contraire des gated communities plutôt orientées vers l’individu plutôt que le collectif.

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La différence avec la coop semble tenir plus dans l’aménagement de l’édifice (espaces communs plus grands, espaces privés plus petits), le fonctionnement semble similaire en dehors de ça, dans l’implication demandée.

Le projet en question:

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Une autre différence: au sein de Village Urbain, environ 30 % des logements seront loués, tandis que les autres unités seront à vendre.

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On parle de “sélectionner” des individus, pas simplement de faire respecter un code de vie collectif. Les gated communities de même sélectionnent des individus et ont des codes de vie. Ce sont aussi des collectivités, la différence ce sont les critères de sélection.

Il y a un petit côté club privé dans tout ça.

Les projets communautaires doivent nécessairement s’assurer que les membres qui y adhéreront partageront la philosophie du projet. Autrement on ouvrirait la porte à des conflits comme on en voit notamment souvent dans les syndicats de propriétaires de condos. Ici on recherche un profil de participants similaire à celui des coopératives, où la pensée collectiviste est un mode de vie.

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Je me demande en vertu de quoi on pourrait refuser de louer un logement à quelqu’un pour des motifs fondés sur des “valeurs”.

J’imagine un proprio de plex choisir ses locataires comme ça, en se basant sur “ses valeurs”. Oh je sais bien que ça fait mais bon, en principe c’est illégal, non?

Et que se passe-t-il si le locataire ne se comporte pas comme prévu, la communauté a le droit de l’expulser?

J’ai du mal à comprendre la différence avec n’importe quel autre arrangement de co-propriété. Ça me semble être surtout du marketing politique.

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Les coopératives sont des entités légales reconnues par les gouvernements. Tu trouveras les réponses à toutes tes questions dans les différentes pages de ce document.

Guide de l’habitation coopérative

Informations et conseils d’expert pour la création et le fonctionnement d’une coopérative au Canada.

Documents essentiels pour créer une coopérative d’habitation

Documents juridiques nécessaires pour lancer une coopérative

Processus de décisions des coopératives d’habitation

Élection des administrateurs, convocation d’assemblées, décisions et résolution des conflits.

Processus d’admission de nouveaux membres d’une coopérative

Directives et conseils sur les politiques d’adhésion et les listes d’attente des coopératives.

Obligations des membres envers la coopérative d’habitation

Droits et contrats d’occupation et autres obligations importantes des membres d’une coopérative.

Obligations de la coopérative envers ses membres

Obligations juridiques de la coopérative et processus de dépôt de plainte par un membre.

Lois applicables aux coopératives d’habitation

Lois, principes et règlements concernant les coopératives d’habitation au Canada.

Percevoir les sommes dues par un membre d’une coopérative

Gestion des arriérés et étapes à suivre par la coopérative quand un membre doit de l’argent.

Expulser le membre d’une coopérative d’habitation

Règlements, principes et procédures pour mettre fin à l’adhésion d’un membre.

Règlements provinciaux/territoriaux sur les coopératives

Règles de fonctionnement d’une coopérative d’habitation selon la province ou le territoire.

Vous vivez actuellement dans une coopérative d’habitation, vous participez à son fonctionnement ou vous avez envie de le faire? Ce guide vous permettra de vous familiariser avec les 3 principaux types de lois qui régissent la plupart des coopératives au Canada. Il vous donnera aussi un aperçu détaillé des droits et responsabilités des membres et des administrateurs des coopératives.

Qu’est-ce qu’une coopérative?

Les coopératives d’habitation se présentent sous diverses formes. Certaines sont composées de maisons en rangée ou de quelques logements dans un petit immeuble. D’autres sont de grands immeubles qui comprennent des centaines d’appartements.

Les coopératives se distinguent des logements locatifs privés puisque ce sont les résidents qui prennent les décisions sur le fonctionnement de la coopérative. Chaque membre a le droit de voter pour l’approbation du budget annuel, l’élection des administrateurs et la mise en place de politiques sur l’orientation générale de la coopérative.

Étant donné que les coopératives appartiennent aux membres et sont dirigées par eux, elles offrent de nombreux avantages :

  • Abordabilité. Les frais mensuels d’habitation sont fixés par les membres pour couvrir les coûts de fonctionnement de la coopérative.
  • Sécurité. Le droit de chaque membre d’habiter dans la coopérative est protégé tant qu’il respecte le règlement de la coopérative.
  • Communauté. Il y a un fort sentiment d’appartenance parce que les membres participent activement à tous les aspects relatifs au fonctionnement de la coopérative.
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Quelques exemples concrets : il y a cette série documentaire sur le site de TV5/Unis sur les cohabitats

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Je m’en connais pas plus qu’un autre mais je pense pas que ca soit illégal.

Selon le site de logement Québec:
Il est interdit de discriminer sur la base de la race, le sexe, la couleur, l’indentité de genre, l’orientation sexuelle, la grossesse, l’état civil, l’age, la religion, la conviction politique, la langue, etnicité, la condition sociale ou l’handicap.

Ensuite si certaines responsabilités sont explicitement dictées au moment de signer le bail et que le locataire ne respecte pas ces responsabilités, il est possible d’expulser un locataire. Il a certaines limites sur les responsabilités imposées et sur le processus d’expulsion, mais ca dépand beaucoup d’une coop à une autre. Le quatrième lien posté par acpn décrit en profondeur les conditions et les limites imposées.

C’est l’idée de sélectionner basé sur des “valeurs” qui semble hasardeux. Un test? Des impressions? La candidate a hésité avant de répondre si elle était prête à partager sa voiture sur demande? REFUSÉE.

Tout le monde peut réussir l’entrevue. Moi, individualiste?!? Voyons donc! Je suis le premier à aider mes voisins et à ramasser leur courrier lorsqu’ils sont partis. C’est très soft.

Mais une fois admis, très difficile de l’expulser. Les références ci-haut le disent, ça prend des motifs sérieux, certainement pas frivoles et qu’un juge accepterait. Ça ne peut pas juste être une question de règlements non respectés, comme de ne pas composter ses déchets de table, de refuser de participer à la corvée de ramassage de feuilles mortes (ou d’avoir été simplement absent) ou de ne pas vouloir nourrir le chat du voisin parti pour la semaine.

On peut habiller cela comme on veut ça reste un arrangement type condo avec plus de pression sociale et tout ce qui vient avec.

Et l’idée de discriminer sur des “valeurs” reste un peu épeurant.

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Pourtant ça se fait dans tous les milieux depuis toujours, pauvres ou riches. Ne dit-on pas qui s’assemblent se ressemblent? Allons-nous interdire les clubs privés pour autant ou tout autre type d’associations?

La formule coopérative existe depuis des décennies et a rendu d’immenses services à des gens qui avaient besoin de ce type de logements pour assurer leur sécurité financière et briser leur isolement, ou tout simplement parce qu’ils sont plus sensibles à la vie collective. D’ailleurs c’est cette formule qui a sauvé de la démolition les logements de Milton-Parc dans les années 70, permettant aux occupants de garantir la pérennité de leur résidence au centre-ville.

Il n’y a pas de formule parfaite, entendons-nous. C’est pour cela qu’il est bien d’avoir différentes options en accord avec ses propres priorités. Les gens plus individualistes ne seront pas attirés par ce genre de cohabitation, ce qui n’en fait pas de moins bonnes personnes pour autant. Le condos a aussi ses problèmes de gestion et de cohabitation qui peuvent en décourager plusieurs, dans ce cas la maison individuelle peut s’avérer la meilleure solution.

Quoi qu’il en soit je connais plusieurs personnes qui profitent depuis des années des avantages d’une coopérative de logements et qui ne changeraient pour rien au monde pour une autre formule d’habitation. À noter qu’une coopérative n’est pas du logement social à proprement parler. Chacun paie en fonction de son revenu, il y a donc des disparités financières qui favorisent justement la mixité sociale.

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Bien sûr la discrimination se pratique dans le quotidien mais essayer de la codifier c’est singulier.

L’usage du mot “valeur” me semble malheureux pour désigner au fond la recherche d’un “vivre ensemble” harmonieux.

“Qui se ressemble s’assemble” n’est pas un peu le rejet d’une mixité?

L’important c’est que ça marche. Quand ça marche plus c’est moins drôle malgré tout les bons principes.

Je considère avoir apporté tout l’éclairage possible sur la formule coopérative. Maintenant libre à chacun d’en tirer ses propres conclusions. Quant aux valeurs elles sont tout aussi variées qu’il y a d’individus et évoluent généralement tout au long de la vie, en fonction de nos propres expériences.

Sur ces mots bonne journée à tous, je pars pour une randonnée dans le sentier des Caps pour poursuivre mon Défi des 5 Sommets 2022 dans Charlevoix.

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