Le mystérieux projet, dont on sait encore bien peu de choses, a été révélé mercredi matin dans la Gazette officielle. Il devait faire l’objet d’une annonce formelle le même jour en présence du premier ministre François Legault. L’entente survenue avec Terre-Neuve dans le dossier de Churchill Falls a toutefois forcé Québec à repousser la conférence de presse.
Le futur parc sera situé dans la zone Nutinamu-Chauvin. La Zec Chauvin, située à l’est de Sacré-Cœur sur la rive nord du Saguenay, confirme que le gouvernement envisage installer des éoliennes sur son territoire. Nutinamu signifie « bouge avec le vent » en innu-aimun.
La puissance de Churchill Falls serait rehaussée d’ici 2028 grâce à de nouvelles turbines pour ajouter 550 mégawatts (MW).
Une nouvelle centrale appelée Churchill Falls 2 serait construite sur le même réservoir avec une capacité de 1100 MW. Elle serait mise en service en 2035.
Enfin, la pièce maîtresse du projet consiste à bâtir d’ici 2035 une toute nouvelle centrale au fil de l’eau d’une capacité de 2250 MW, Gull Island – un investissement représentant à lui seul 20 milliards de dollars. Cette nouvelle électricité sera achetée à 90 % par Hydro-Québec.
Pour transporter cette électricité, la société d’État aimerait bâtir de nouvelles lignes de transport entre Gull Island et La Romaine, sur la Côte-Nord. Le corridor d’étude potentiel est “à discuter avec les communautés autochtones et les collectivités”, précise-t-elle.
Chaque province construirait sa partie de la ligne, un projet dont le coût est estimé par Hydro-Québec entre 2 et 3 milliards de dollars.
L’entente de Churchill Falls renégociée avec Terre-Neuve-et-Labrador réduit la pression sur Hydro-Québec, mais elle comble seulement une partie des besoins supplémentaires identifiés dans son Plan d’action 2035, relèvent des experts.
Avec la renégociation du contrat de Churchill Falls et l’ajout prévu de production des nouvelles centrales de Churchill Falls 2 et Gull Island, Hydro-Québec achètera de l’électricité au coût moyen de 6 cents le kilowattheure pour les 50 prochaines années. C’est un coût inférieur de 50 % à celui prévu par Hydro-Québec dans son plan d’expansion pour ses projets, s’est félicité le président d’Hydro-Québec, qui estime que c’est la meilleure option en Amérique du Nord. « Je ne connais personne qui aurait refusé de signer ça », a renchéri le premier ministre François Legault.
Le coût moyen de production d’Hydro-Québec est actuellement de 4 cents le kilowattheure. Dans son plan d’expansion, la société d’État évalue que ses nouveaux projets de production en territoire québécois coûteront 13 cents le kilowattheure.
Les autres projets seront tout de même nécessaires
L’augmentation de la production hydroélectrique dans le Labrador devrait se faire en partenariat avec des communautés autochtones. La ligne de transport pour relier la future centrale de Gull Island au réseau d’Hydro-Québec nécessitera certainement une entente avec les communautés qui y vivent, a-t-on évoqué lors de l’annonce de jeudi.
Celle-ci est d’ailleurs bien accueillie par le chef de la communauté innue de Matimekush-Lac John, Réal McKenzie : « En ce qui me concerne, moi, je suis content de ce qui se passe parce qu’on sent la volonté de s’entendre. Je suis très positif. »
Au passage, le ministre Wilkinson a rappelé que le gouvernement fédéral est prêt à délier les cordons de la bourse pour aider les deux provinces à mener à bien de tels projets visant à produire de l’électricité propre, comme cela avait été annoncé dans le budget fédéral de 2023.
Dans ce budget, la ministre des Finances Chrystia Freeland a annoncé que des sociétés d’État comme Hydro-Québec pourraient avoir accès à un crédit d’impôt fédéral de 15 % pour l’investissement dans la production d’électricité propre.
Les nouvelles installations de production d’électricité, centrales hydroélectriques ou parcs éoliens, la rénovation d’anciennes installations, de même que les lignes de transport, sont admissibles à l’aide fédérale.
Le gouvernement fédéral calcul que le crédit d’impôt à l’investissement dans l’électricité propre lui coûtera 7,2 milliards d’ici cinq ans et 25 milliards de plus entre 2029-2030 et 2034-2035.
« Je félicite les gouvernements du Québec et de Terre-Neuve-et-Labrador d’être parvenus à une entente de principe », a affirmé le ministre Wilkinson dans une déclaration transmise à La Presse.
Environ 1000 ménages sont privés d’électricité depuis vendredi soir dans l’arrondissement Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension, où des centres d’hébergement d’urgence ont été ouverts pour leur offrir de la chaleur et un peu de confort en attendant le retour de l’électricité.
Le secteur touché s’étend de la 56e Rue à la 41e Rue, à l’est du boulevard Pie-IX.
Selon Hydro-Québec, la panne est causée par un bris d’équipement souterrain qui nécessite des travaux très complexes. La société d’État, qui prévoyait rétablir le courant vers midi, a dû repousser l’échéance à 20 h lundi soir.
Un centre d’hébergement a été ouvert pour accueillir les résidents dans un bâtiment communautaire à l’intersection de la 25e Avenue et de la rue du Parc-René-Goupil. La piscine René-Goupil offre aussi chaleur et refuge. Les gens peuvent s’y réchauffer, et prendre un café ou une douche au besoin.
Living in cars, spoiled food: Some Montrealers left without power for days
eople living in part of the city’s Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension borough are frustrated with Hydro-Québec after waiting days for the utility to restore power during an outage as winter set in.
Au moins maintenant, les bâtiments sont branchés à des génératrices…
Sans électricité depuis plusieurs jours : une panne touche 1200 ménages à Saint-Michel
Environ 1200 ménages sont privés d’électricité depuis vendredi (13 décembre 2024) soir dans l’arrondissement Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension, où des centres d’hébergement d’urgence ont été ouverts pour leur offrir de la chaleur et un peu de confort en attendant le retour de l’électricité.
Le secteur touché s’étend de la 56e Rue à la 41e Rue, à l’est du boulevard Pie-IX.
Selon Hydro-Québec, la panne est causée par un bris d’équipement souterrain qui nécessite des travaux très complexes.
Le plus vieux poste électrique en service au Canada. Adélard-Godbout, d’Hydro-Québec, originellement mis en service par la Montreal Light, Heat and Power Co en 1901.
La Chambre d’assemblée de Terre-Neuve-et-Labrador adopte une motion sur l’entente de principe concernant la centrale hydroélectrique de Churchill Falls, donnant aux négociateurs du protocole d’accord un mandat fort pour conclure une entente définitive avec Hydro-Québec.
“Nous nous dirigeons vers ce qui sera potentiellement la transaction la plus importante de l’histoire de Terre-Neuve-et-Labrador,” affirme le premier ministre, Andrew Furey, promettant “plus d’énergie, plus de revenus et plus d’emplois” pour sa province lorsque l’entente définitive sera entérinée.
Cette première partie de l’audience publique du BAPE doit permettre aux participants et à la commission d’enquête de poser des questions aux promoteurs sur les détails du projet. (Johanne Fournier/Archives Le Soleil)
La commission d’enquête du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) tiendra prochainement une audience publique sur le projet éolien Des Neiges – Secteur Charlevoix.
Les audiences du BAPE se tiendront en deux parties. La première aura lieu le 21 janvier prochain dès 19h au pavillon Jacques-St-Gelais-Tremblay du Musée d’art contemporain de Baie-Saint-Paul.
Cette première partie de l’audience doit permettre aux participants et à la commission d’enquête de poser des questions aux promoteurs sur les détails du projet. Les participants peuvent poser leur question sur place ou à distance, via le site web, la page Facebook ou la ligne téléphonique du BAPE.
La période de questions se poursuivra dès le lendemain à 13 h 30, afin de permettre à tous d’émettre leurs interrogations.
La deuxième partie de l’audience publique aura lieu à compter du 18 février 2025. Les participants pourront alors exprimer leur opinion sur le projet sous forme de mémoire, de commentaire ou de présentation verbale.
La commission d’enquête du BAPE devra ensuite remettre son rapport au ministre de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs, au plus tard le 20 mai 2025.
Le ministre de l’Environnement, Benoit Charrette, disposera de 15 jours pour rendre le rapport public. Il pourra ensuite donner son accord au projet éolien, émettre des conditions, ou le refuser.
Porté par trois partenaires, soit Boralex, Énergir et Hydro-Québec, le projet éolien Des Neiges – Secteur Charlevoix pourrait contenir de 57 à 67 éoliennes et bénéficier d’une puissance maximale de 400 MW.
Le parc éolien serait aménagé sur la Seigneurie de Beaupré, un territoire appartenant au Séminaire de Québec et situé dans l’arrière-pays de Baie-Saint-Paul et de Saint-Urbain.
Les éoliennes devraient disposer d’une puissance maximale de 7 MW chacune et avoir une envergure d’environ 200 mètres. Le moyeu devrait se trouver à une distance entre 100 et 120 mètres du sol alors que les pales mesureront de 70 à 90 mètres.
Le Secteur Charlevoix est la troisième phase de développement du projet éoliens Des Neiges. (Boralex)
La Seigneurie de Beaupré compte déjà 164 éoliennes en fonction. Le Secteur Charlevoix est la troisième phase de développement du projet Des Neiges, qui projette exploiter un total de 368 éoliennes. La totalité du parc éolien disposerait d’une puissance de 1564 MW.
Le projet du Secteur Charlevoix demandera des investissements d’environ un milliard de dollars. Boralex affirme que des redevances de 80 millions seront remises aux communautés, notamment à la MRC de Charlevoix et aux communautés autochtones. La mise en service des éoliennes pourrait être effective dès 2027.
La Seigneurie de Beaupré constitue la plus grande propriété privée au Canada. Communément appelé «les terres du Séminaire», ce territoire d’une superficie de près de 1600 km² s’étend de Stoneham jusqu’à Notre-Dame-des-Monts, dans Charlevoix.Ce texte sera masqué
Un bilan des 25 dernières années sur l’évolution des tarifs et du modèle d’Hydro-Québec
Déjà 25 ans depuis l’an 2000. Le Devoir replonge dans un quart de siècle jalonné par des événements marquants et de nouvelles tendances qui façonnent encore notre société. Aujourd’hui : les tarifs de l’électricité, qui vont être appelés à augmenter, signent possiblement la fin d’un modèle d’exception pour le Québec. Mais tous les experts avec lesquels nous nous sommes entretenus ne s’entendent pas sur la façon d’y parvenir.
S’il veut atteindre ses objectifs de décarbonation de son économie pour 2050, le Québec va devoir produire plus d’électricité, et donc se doter d’une plus grande capacité de production, de transport et de distribution pour cette électricité nouvellement produite. C’est mathématique.
Dans son Plan d’action 2035, Hydro-Québec prévoit donc la construction de nouvelles infrastructures pour répondre à ces besoins de puissance additionnels compris entre 8000 et 9000 mégawatts (MW). La société d’État devra également ajouter près de 5000 kilomètres de lignes pour le transport de cette capacité supplémentaire.
Au total, les investissements visant à répondre à la croissance de la demande totaliseront ainsi entre 90 et 110 milliards de dollars d’ici 2035. La société d’État devra donc trouver 9 à 11 milliards par an sur les 10 prochaines années. En plus des 4 à 5 milliards qui seront également nécessaires annuellement pour assurer la fiabilité et la qualité des actifs existants. Et ce, dans un contexte où il coûtera plus cher d’exploiter et d’entretenir un réseau électrique exposé à toujours plus d’événements climatiques extrêmes.
Pour financer ces investissements, Hydro-Québec va devoir augmenter ses revenus et donc le tarif unitaire moyen de son électricité, avance Johanne Whitmore, chercheuse principale à la Chaire de gestion du secteur de l’énergie de HEC Montréal.
Hydro-Québec amorce les travaux de modernisation de la centrale de la Trenche, sur la rivière Saint-Maurice. Ce sont 1,25 milliard de dollars qui seront investis d’ici 2034 pour assurer la pérennité de la centrale.
Ces travaux visent à prolonger la durée de vie de cet aménagement qui célèbre ses 75 ans cette année. Le remplacement des six groupes turbine-alternateur par des modèles à la fine pointe permettra aussi d’accroître la puissance installée de la centrale d’environ 15 %, la faisant passer de 302 à 350 mégawatts, sans rien changer au débit de la rivière.
Hydro-Québec a contrevenu à son obligation d’agir en conformité avec les principes de l’honneur de la Couronne […] [et] a fait preuve de mauvaise foi institutionnelle » lors de la négociation d’une entente de principe avec une communauté innue, en 2014, concernant la construction du complexe hydroélectrique de la Romaine, lit-on dans un récent jugement de la Cour supérieure.
La communauté innue d’Uashat et de ManiUtenam (ITUM), sur la Côte-Nord, poursuit depuis des années Hydro-Québec, estimant qu’elle a fait preuve de « mauvaise foi institutionnelle ».
En 2014, après des années de difficiles négociations, une entente de principe a finalement été conclue entre Hydro-Québec et la communauté. Celle-ci prévoyait la négociation d’une entente finale pour régler les questions délicates des redevances et des compensations financières.
Le vortex polaire qui touche le Québec, jusqu’à mercredi, ravive de mauvais souvenirs chez les prévisionnistes d’Hydro-Québec. Des documents confidentiels, obtenus par Radio-Canada, révèlent que la société d’État a déjà frôlé la catastrophe à cause d’une mauvaise anticipation de la demande d’électricité par grand froid.
Le 3 février 2023 est encore gravé dans la mémoire de la direction d’Hydro-Québec. Ce jour-là, avec une température de moins 26 degrés, la société d’État s’attendait à une consommation record de 41 000 mégawatts (MW), mais la barre historique a été pulvérisée, bien au-delà des attentes.
Les Québécois ont consommé 43 124 MW, une sous-estimation de 2 000 MW, soit plus que ce que tout le complexe hydroélectrique de la Romaine peut fournir.
Des documents internes, qu’Hydro-Québec refusait de rendre publics, démontrent que des postes électriques ont été sollicités jusqu’à 45 % plus que les prévisions, ce qui a créé une grande vulnérabilité pour l’alimentation de dizaines de milliers de Québécois.
Les postes reçoivent l’électricité d’une ligne et en abaissent la tension pour alimenter les réseaux locaux.
Une alliance d’industriels québécois demande au gouvernement Legault de réviser ses hausses de tarifs d’électricité prévues dans le cadre de son projet de loi 69. Face aux politiques commerciales américaines qui menacent la compétitivité des entreprises québécoises, les clients résidentiels doivent payer leur juste part, plaident les industriels.
Les entreprises réclament un plafonnement des tarifs d’électricité
L’arrivée au pouvoir de Donald Trump à Washington constitue une raison de plus pour que les tarifs d’électricité offerts aux clients industriels d’Hydro-Québec demeurent bas, fait valoir l’Alliance pour la compétitivité énergétique du Québec (ACEQ).
Inquiets pour l’avenir, les membres de l’ACEQ ont effectué une sortie, lundi, pour inviter le gouvernement Legault à revoir sa réforme énergétique dans la foulée de la menace brandie par le président américain d’imposer des droits de douane de 25 % sur tous les produits canadiens qui entrent aux États-Unis à compter de samedi.
Ils demandent notamment à ce que les clients résidentiels d’Hydro-Québec en fassent plus pour éponger les coûts de production.
De son côté, Hydro-Québec tient aux hausses tarifaires pour financer en partie son plan d’action nécessitant des investissements jusqu’à 185 milliards de dollars d’ici 2035 afin de décarboner le Québec et de produire davantage d’électricité.
« On va respecter l’engagement du 3 % [par an] pour les tarifs résidentiels et on s’est commis à garder les tarifs industriels compétitifs », a affirmé sa vice-présidente exécutive et cheffe de l’exploitation des infrastructures, Claudine Bouchard, de passage en commission parlementaire à Québec. « On a dit 4 à 5 %, et on a dit qu’ils étaient pour demeurer compétitifs parce qu’il faut regarder partout dans le monde. Aujourd’hui, nos tarifs sont grandement concurrentiels, et il y aura une augmentation ailleurs dans le monde également. »
Claudine Bouchard « comprend très bien » les inquiétudes des entreprises, mais la solution ne passe pas par un allègement des hausses tarifaires, selon elle. « L’efficacité énergétique demeure le moyen le plus important pour diminuer les factures d’électricité de nos clients. Et ça, on a augmenté notre offre », a-t-elle soutenu.
D’éventuels tarifs douaniers américains ne remettraient pas en question le plan d’action d’Hydro-Québec, selon elle.
On ne peut pas présumer des actions de M. Trump. Je pense qu’on est tous d’accord là-dessus. La chose certaine, c’est que la lutte au changement climatique, elle, elle ne va pas disparaître demain matin. Notre plan d’action vise la décarbonation du Québec. Et évidemment, la décarbonation du Québec contribue de façon plus large à la décarbonation de la planète, donc la lutte au changement climatique. Alors pour nous, c’est la voie et on poursuit avec notre plan d’action 2035.
Claudine Bouchard, vice-présidente exécutive et cheffe de l’exploitation des infrastructures chez Hydro-Québec