Au lieu d’acheter une tente sans savoir si vous aimerez le camping, ou un outil pour un projet unique, pourquoi ne pas l’emprunter ? C’est le réflexe que tente de développer la jeune pousse montréalaise Partage Club, avec une application qui facilite les échanges.
Projets d’intérêt national Une majorité de Québécois tient au respect des lois environnementales
(Ottawa) Un bon nombre de Québécois appuient la loi C-5, qui permet au gouvernement fédéral d’accélérer le développement des grands projets d’intérêt national, mais pas à n’importe quel prix. Un sondage Léger commandé par Équiterre révèle également un décalage entre les priorités des Québécois et celles du gouvernement Carney.
Le monde n’a pas changé, ce sont les politiciens qui reculent devant leurs responsabilités vis à vis des générations futures. Car les changements climatiques demeurent l’urgence planétaire numéro. Or selon toute vraisemblance ils deviendront irréversibles avec des bouleversements qui prendront de plus en plus d’ampleur avec le temps. Quant aux conséquences, elles seront majeures bien qu’encore imprévisibles sur l’ensemble de la planète. Une chose est sûre cependant: il n’y aura que des perdants.
Québec a déjà entamé la révision de ses cibles environnementales
(Québec) Le gouvernement Legault a déjà entamé le processus de révision de ses cibles environnementales, et a demandé au comité consultatif sur les changements climatiques un avis sur la question. L’avertissement est lancé : « le monde a changé », a dit François Legault.
Appuyé par des organisations environnementales, un citoyen de Boucherville appelle le ministère des Transports et les municipalités à revoir leur calendrier de tonte pour tenir compte de la protection des papillons monarques. « Pour chaque plant qu’on plante, ils en coupent 1000 ! », dénonce Roger Giraldeau.
Le 22 juillet dernier, un champ de désolation attendait M. Giraldeau à la sortie 17 (Boul. Marie-Victorin) de la route 132, à Boucherville. Un espace vert où pousse un grand nombre d’asclépiades, plante essentielle à la reproduction des papillons monarques, avait été fauché. Patrouilleur bénévole à la Fondation David Suzuki, il parcourt le territoire de Boucherville chaque jour de l’été pour recueillir les œufs de monarques qu’il sait menacés par la faucheuse. Cette année, sur ce terrain, il n’a pu en sauver que six. « Je suis revenu le lendemain, c’était tout fauché », déplore-t-il.
Il ne comprend pas ce qui justifie la tonte de ce terrain, sur lequel il a recensé principalement des asclépiades, de la renouée amphibie, du cerfeuil sauvage et très peu d’herbe à poux. D’autant plus que de l’autre côté de la bretelle de sortie, un îlot a été laissé intact. Le ministère des Transports et de la Mobilité durable (MTMD) a laissé cette parcelle en état à la suite d’une demande de la Ville de Boucherville. La demande ne concernait pas l’autre îlot, ce qui explique qu’il a fait l’objet d’une tonte complète.
Biodiversité au Canada depuis 1970 Plus d’une espèce sur deux touchée par le déclin
Le déclin de la biodiversité n’épargne pas le Canada. Selon le plus récent bilan du Fonds mondial pour la nature, les populations d’animaux sauvages au pays ont décliné de 10 % au cours des 50 dernières années. Et plus de la moitié des espèces subissent des reculs parmi toutes les catégories d’animaux.
L a coalition demande au gouvernement libéral de choisir des projets d’infrastructures nationales capables de protéger les Canadiens contre les changements climatiques.
La population s’attend à ce que «tous les paliers de gouvernement orientent leurs investissements vers des choix qui soutiennent à la fois l’économie et la transition écologique», sinon «on va créer des problèmes à plus long terme», a fait valoir la mairesse de Montréal, Valérie Plante, coprésidente de la campagne «Retroussons-nous les manches».
Levée du décret possible à Longueuil pour la rainette :
Avis d’intention — Évaluation par Environnement et Changement climatique Canada de la nécessité de maintenir le Décret d’urgence visant la protection de la rainette faux-grillon de l’Ouest population des Grands Lacs / Saint-Laurent et du Bouclier canadien (Longueuil)
Introduction
La Loi sur les espèces en péril (LEP) confère des pouvoirs discrétionnaires pour la prise de mesures d’urgence, notamment la prise d’un décret d’urgence, dans des circonstances exceptionnelles. La LEP prévoit que ces pouvoirs seront exercés en dernier recours.
Environnement et Changement climatique Canada (ECCC) prévoit d’évaluer la nécessité de maintenir le décret d’urgence visant la protection de la rainette faux-grillon de l’Ouest dans la municipalité de Longueuil, au Québec. Ce processus est initié en réponse à la modification du zonage apportée dans les arrondissements de Saint-Hubert et du Vieux-Longueuil, à Longueuil.
D’après cette évaluation, si la ministre de l’Environnement et du Changement climatique détermine que certaines parties ou la totalité du Décret d’urgence ne sont plus nécessaires pour contrer les menaces au rétablissement de la rainette faux-grillon de l’Ouest, elle recommandera à la gouverneure en conseil de le modifier ou de l’abroger. Le présent avis offre aux parties intéressées l’occasion de présenter des commentaires pour contribuer à l’évaluation du Ministère.
Contexte
La rainette faux-grillon de l’Ouest (population des Grands Lacs / Saint-Laurent et du Bouclier canadien) [l’espèce] a été inscrite sur la liste des espèces menacées à l’annexe 1 de la LEP le 23 février 2010.
En 2021, en réponse aux appels à intervenir pour protéger l’espèce à Longueuil, au Québec, le gouverneur en conseil, sur recommandation du ministre de l’Environnement et du Changement climatique, a pris le Décret d’urgence visant la protection de la rainette faux-grillon de l’Ouest population des Grands Lacs / Saint-Laurent et du Bouclier canadien (Longueuil). Le Décret d’urgence visait à protéger l’espèce en prévenant la perte ou la dégradation de l’habitat nécessaire à la viabilité de la métapopulation du boisé du Tremblay à Longueuil. Ce décret s’applique à environ 20 hectares d’habitat, dont certaines parties étaient en développement ou pour lesquelles des autorisations de développement futur avaient été accordées.
Pour de plus amples renseignements sur l’espèce, consultez les sites suivants :
ECCC souhaite obtenir des commentaires des parties intéressées pour contribuer à l’évaluation. En particulier, ECCC aimerait obtenir des commentaires sur ce qui suit :
Les activités dans l’aire d’application du Décret d’urgence qui pourraient menacer la métapopulation du boisé du Tremblay si le Décret était abrogé, notamment la probabilité d’occurrence et la date de réalisation de ces activités;
Les répercussions potentielles des activités sur la métapopulation du boisé du Tremblay;
Les mesures en place dans l’aire d’application du Décret d’urgence qui permettraient d’atténuer ou de prévenir les menaces pesant sur la rainette faux-grillon de l’Ouest et son habitat, même si le Décret était abrogé;
Toutes données pertinentes sur l’espèce et son habitat dans l’aire du Décret.
La publication du présent avis d’intention dans la Partie I de la Gazette du Canada marque le début d’une période de consultation de 90 jours qui prendra fin le 29 décembre 2025. Si vous souhaitez participer à cette consultation, veuillez transmettre vos commentaires par écrit à l’équipe des politiques sur la LEP du Service canadien de la faune d’Environnement et Changement climatique Canada. Les commentaires peuvent être envoyés par courriel à l’adresse LEPreglementations-SARAregulations@ec.gc.ca
Fossés agricoles : un mètre pour les pollinisateurs
(Granby) Ils ceinturent tous les champs, mais sont les laissés pour compte de l’agriculture. Avec un peu d’attention, les fossés peuvent devenir des refuges fabuleux pour les insectes pollinisateurs, qui vivent un déclin inquiétant dans le monde. Une dizaine d’agriculteurs de l’Estrie et de la Montérégie ont décidé de leur créer un habitat fleuri avec le projet Un mètre pour les pollinisateurs.
Des rudbeckies, des marguerites, du mélilot jaune, des verges d’or, des asters : les fossés de la ferme d’Étienne Beaudry débordent de fleurs sauvages.
« Si on en voyait partout, ça serait encore mieux pour la biodiversité », dit-il, au sujet de ses bandes de fleurs qui longent une partie de ses fos
sés sur une distance de plus de 2300 mètres, sur sa terre de Granby.
Il y a un peu plus d’un an, l’éleveur de 48 ans a levé la main pour participer au projet Un mètre pour les pollinisateurs. « C’est accessible, tout le monde peut l’essayer ! », se réjouit-il à propos de la simplicité de cette initiative.
Depuis 2023, 11 300 mètres de fossés ont été aménagés dans 11 entreprises agricoles grâce à une enveloppe de 85 000 $ obtenue dans le cadre du programme Prime vert du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec.
Des fleurs et des insectes
L’idée vient de Gestrie-Sol, un club-conseil en agroenvironnement, qui a trouvé le financement, convaincu des agriculteurs de se lancer, puis créé des mélanges de fleurs adaptés aux réalités agricoles de la région. Douze espèces, qui fleurissent à différents moments dans l’année, ont été sélectionnées.
« Les fossés, c’est un peu les mal aimés », explique d’entrée de jeu, Marie Bourgault, agronome et biologiste pour le club Gestrie-Sol. C’est elle qui a semé les fossés à l’aide d’un semoir manuel et pris sa pelle pour planter des plants.
Un matin de juillet, elle inspecte une bande fleurie semée au printemps 2024 aux côtés d’Étienne Beaudry. De nombreux insectes sont visibles immédiatement. « On le voit aujourd’hui, c’est plein, plein, plein d’insectes », remarque Étienne Beaudry. « Il y a du stock là-dedans », s’exclame Marie Bourgault.
Abeilles, bourdons, guêpes, papillons : la communauté scientifique est unanime sur le fait que les populations d’insectes pollinisateurs s’effondrent dans le monde. Au banc des accusés : pertes d’habitats, virus, parasites, changements climatiques, urbanisation, agriculture intensive et pesticides.
Le constat, c’est que l’on perd nos pollinisateurs qui sont nécessaires pour qu’on puisse manger. Si on regarde nos étalages d’épicerie, on pourrait perdre jusqu’à 70 % de nos fruits et nos légumes si on n’avait pas les pollinisateurs.
Marie Bourgault, agronome et biologiste.
« Gardiens de la biodiversité »
Dans le cadre de la création d’une certification intitulée « Reconnaissance biodiversité aux champs », Marie Bourgault et sa collègue Andréa Schroeder ont épluché la littérature scientifique pour déterminer les meilleures pratiques à adopter à la ferme.
Au Québec, la loi interdit aux agriculteurs de cultiver une bande riveraine de trois mètres au minimum à partir de la ligne des hautes eaux, près des cours d’eau, et d’un mètre le long des fossés de drainage.
La bande de trois mètres n’est pas toujours respectée, montrent plusieurs recensions de cours d’eau effectuées au Québec. Même lorsque cette zone tampon est conservée, elle est souvent fauchée.
En laissant pousser la végétation dans les bandes riveraines et près des fossés, on obtient assez de fleurs pour favoriser la survie des pollinisateurs, indique l’agronome et biologiste.
Marie Bourgault souhaite maintenant que cette initiative fasse des petits ailleurs au Québec. De nombreuses conférences ont d’ailleurs été données.
Un producteur pourrait simplement commencer en cessant de faucher une bande d’un mètre près du fossé pour laisser les fleurs sauvages s’épanouir. Il peut aussi faire attention aux dérives d’herbicides lors des arrosages, qui peuvent tuer les espèces désirables et plus sensibles.
Diane Viau est une autre productrice qui a accepté de participer au projet. Environ 1000 mètres de ses fossés ont été semés et 75 mètres ont été plantés.
C’est important, l’environnement. On n’est pas propriétaires de nos terres, on est juste des gardiens de la biodiversité.
Diane Viau, agricultrice
Celle qui a repris la ferme laitière de ses parents avec son frère souligne que laisser pousser les fossés marque un changement de mentalité.
« C’est toute une culture différente. Mon père, dans le temps, il fauchait tout, c’était important que ce soit propre. On ne laissait pas pousser, ça devait être clean », souligne-t-elle.
Marie Bourgault souligne que les producteurs qui font partie du projet sont très ouverts et enthousiastes. « On est toujours avides d’apprendre et on est curieux », commente Diane Viau, qui, comme Étienne Beaudry, a obtenu la certification Reconnaissance biodiversité aux champs pour ses efforts de conservation.
« Je pense que c’est important que les gens sachent que des agriculteurs posent des actions et des gestes », souligne Étienne Beaudry, qui a décidé d’aménager d’autres parcelles pour le projet cette année.
La crise écologique actuelle ne suscite pas une réaction à la hauteur de son importance, s’inquiète l’auteur, qui, comme Hubert Reeves, constate que nous menons une guerre contre la nature.
Un employé de l’entreprise ontarienne Flash Forest pilote un drone qui transporte des capsules de semences de conifères, en juin dernier.
L’idée paraît simplissime. Et si on saupoudrait, du haut des airs, un peu de semences d’épinettes sur les cendres d’un territoire incendié pour retrouver une belle forêt de conifères ? Et ce, sans avoir à marcher des kilomètres dans la forêt, des cassettes d’arbres sur les épaules et des mouches noires tout autour de la tête ?
« Beaucoup pensent que les drones, c’est super, et qu’on va régler le sort du monde avec ça », s’amuse Yan Boucher, professeur en écologie et aménagement forestier et directeur de l’Observatoire régional de recherche sur la forêt boréale, affilié à l’Université du Québec à Chicoutimi. « Mais il y a aussi des défis. »
Au début de juin, son équipe et lui se sont rendus au nord de Chibougamau, au sud du grand lac Mistassini, dans une zone rasée par les incendies de 2023. Mission : observer la technique d’ensemencement par drone.
C’est la première partie d’un grand projet de recherche qui évaluera, sur une longue période, l’efficacité de cette technologie de plus en plus utilisée dans les forêts dans le monde, qu’elles soient amazoniennes, australiennes ou boréales. « Mais cette technologie est très récente et son efficacité a été très peu mesurée », dit le chercheur.
Chacune des entreprises d’ensemencement par drone a sa recette, mais la technique est essentiellement la même.
Il s’agit de disperser des capsules qui contiennent, en plus des semences de conifères, des additifs qui contribuent à la rétention d’eau et un mélange de minéraux, nutriments et bactéries en guise de substrats de croissance.
Le concept semble fort prometteur, et Yan Boucher ne le contredit pas. Mais il veut voir de ses propres yeux, sur le terrain et dans les tableaux de données, quelle est l’efficacité de la technique pour reboiser le territoire. « Il n’est pas certain à 100 % que toutes ces capsules vont germer et produire des arbres, dit-il. C’est pour ça qu’on fera un suivi sur une période de cinq ans. »
Trois technologies, employées par trois entreprises différentes, seront évaluées pour en tester l’efficacité. « Et par la suite, on pourra dire au gouvernement du Québec si ces technologies sont adéquates, notamment pour remplacer le travail des gens qui plantent des arbres. »
PHOTO FOURNIE PAR YAN BOUCHER
Yan Boucher, professeur en écologie et aménagement forestier et directeur de l’Observatoire régional de recherche sur la forêt boréale, lors d’une visite sur le terrain en juin dernier
La course à la repousse
Deux ans dans la vie d’une forêt de conifères, c’est bien peu. Mais le temps presse quand même pour reboiser les territoires rasés en 2023, dit Yan Boucher. Si les conifères ne s’enracinent pas, d’autres végétaux – dont les plantes de la famille des éricacées, comme le thé du Labrador ou les bleuets – prendront leur place. « Plus on attend, plus c’est problématique et plus c’est coûteux, dit le chercheur. L’idéal, c’est de reboiser le plus tôt possible après l’incendie. »
Pour augmenter les chances que les capsules relâchées par les drones donnent naissance à de petits conifères, il faut faire une évaluation minutieuse des sols qui seront survolés. C’est d’ailleurs ici que les pilotes de drones forestiers auraient avantage à consulter les chercheurs qui ont étudié le territoire. Quand il a accompagné une première équipe sur le terrain, en juin, Yan Boucher a constaté que le terrain des zones survolées n’était pas toujours propice au reboisement. « On savait que dans ces secteurs, il faudrait d’abord travailler le sol avant d’ensemencer. »
L’entreprise ontarienne Flash Forest se trouvait dans le secteur de Chibougamau en juin dernier dans le cadre d’un projet pilote de reboisement à l’aide de drones.
Semer des conifères au lieu de planter les pousses qui ont déjà trois à cinq ans d’âge ne retarde-t-il pas le reboisement ? En effet, « mais on épargne tous les coûts associés à la production des plants en pépinière », souligne M. Boucher. Sans parler du défi du recrutement de la main-d’œuvre pour le travail de plantage. Le drone a également l’avantage de pouvoir survoler des zones inaccessibles pour les planteurs. La technologie est cependant gourmande en semences, puisqu’il faut en disperser un grand nombre pour arriver à un taux de survie comparable à celui du plantage.
Environ 50 000 hectares de forêt sont reboisés à la main chaque année au Québec. En 2023 seulement, plus de 4 millions d’hectares sont partis en fumée… « Vous comprendrez qu’on n’a ni les gens ni les sous pour faire tout ce reboisement, dit M. Boucher. C’est pourquoi on regarde différentes technologies en fonction des secteurs qu’on a à reboiser. »
De la place pour le pin gris
Un autre virage important du reboisement post-2023 est l’intérêt porté désormais au pin gris. Ce grand conifère a la particularité de se reproduire grâce aux incendies de forêt.
À partir de 10 ans d’âge (contrairement à 25 ou 30 ans pour l’épinette noire), le pin gris produit des cocottes protégées d’une couche de résine. Lorsque le feu embrase l’arbre, la résine fond et libère les semences qui tombent au sol, et qui profiteront du soleil pour repousser.
Mais le pin gris, contrairement à l’épinette noire, n’est pas l’essence préférée des sociétés forestières – il produit de la pâte à papier plutôt médiocre. Sa valeur est ailleurs, dit Yan Boucher. « C’est le pin gris qui protège l’état forestier, qui prévient les accidents de régénération à grande échelle. »
Planter seulement de l’épinette noire dans des secteurs vulnérables aux incendies de forêt, « c’est une très mauvaise idée », dit le chercheur. « On a justement visité des secteurs qui avaient brûlé en 2005 puis en 2023. Le pin gris avait brûlé en 2005, et s’était régénéré à temps pour le feu de 2023. Si on avait eu de l’épinette noire, je peux vous assurer qu’il n’y aurait eu aucune régénération. »
En savoir plus
Nombre d’hectares brûlés au Québec
En 2023 : 4,5 millions
En 2025 (à ce jour) : environ 6600
(Rouyn-Noranda) Plus d’un quart de siècle après le documentaire-chocL’erreur boréale, le débat sur l’avenir de notre forêt reste entier. La réforme préparée par l’ex-ministre Maïté Blanchette Vézina vient d’être envoyée à la déchiqueteuse, un nouveau ministre est en poste et François Legault promet de recommencer « à zéro ».
Publié à 6 h 00
Le problème de philosophie est encore entier. Les derniers moves nous le montrent : ils n’ont pas compris grand-chose. En fait, ils ne veulent pas comprendre.
Richard Desjardins
Richard Desjardins et Henri Jacob plaident pour qu’on récolte les « intérêts » de la forêt (l’équivalent de ce qui pousse chaque année) sans entamer le « capital ».
« L’idée n’est pas d’arrêter de couper du bois, précise le chanteur. Mais il y a d’autres manières de toucher à la forêt. »
« Les forestières nous parlent uniquement de deux ou trois espèces d’arbre, et ce serait ça notre capital, observe par ailleurs Henri Jacob. On ne parle pas des orignaux, on ne parle pas des insectes, on ne parle pas des plantes au sol. »
« Ce qu’on dit, c’est que ça prend des états généraux sur notre capital-nature », résume Richard Desjardins.
Les deux hommes soulignent que depuis L’erreur boréale, un aspect de complexité s’est ajouté au dossier : les effets des changements climatiques. Les incendies font des ravages, tout comme la tordeuse du bourgeon d’épinette.
« Chez nous, à mon camp, le sapin est tout mort. On est obligé de bûcher autour du camp pour que le feu ne prenne pas », observe le chanteur.
D’où la nécessité d’une réforme qui tienne compte de cette nouvelle réalité.
Encore de l’espoir
De l’espoir, il y en a pourtant eu au cours des 26 années qui se sont écoulées depuis L’erreur boréale. Pas nécessairement tout de suite après la sortie du film, alors que les réactions étaient vives.
« Je n’en revenais pas, se rappelle Richard Desjardins. C’est l’une des raisons pour lesquelles j’ai travaillé à mettre sur pied l’Action boréale. La façon dont le ministre me répondait, la façon dont l’industrie me répondait… je suis tombé sur le cul. La pauvreté des arguments ! Je pensais qu’ils allaient critiquer le film point par point. Mais ils m’ont appelé le Brigitte Bardot des forêts ! C’est là que je me suis dit : ils ne veulent pas débattre. Alors je vais m’arranger pour qu’ils se débattent ! »
Le chanteur se rappelle qu’il ne s’était pas fait que des amis à l’époque en Abitibi.
« Mettons que le vendredi soir, je ne sortais pas trop tard », lance-t-il.
Mais le vent a fini par tourner. En 2002, le Vérificateur général du Québec soulevait les risques de « surrécolte » et de « surévaluation de la possibilité forestière » découlant de calculs mal documentés et d’un suivi inadéquat des travaux sylvicoles.
Imaginons un monde sans forêt.
Qu’est-ce qui se passerait si toutes les forêts du globe disparaissaient ?
À quoi ressembleraient les paysages ? Quelles seraient les conséquences pour les espèces animales ? Et pour nous les êtres humains ?
C’est sur cette hypothèse extrême que nos journalistes Azilis et Lucas se sont penchés.
Après avoir fait quelques recherches, elle est tombée sur une solution qui commence à faire ses preuves ailleurs en Amérique du Nord : déchiqueter la laine et la presser pour la transformer, sans aucun additif, en petites granules pouvant être intégrées à la terre pour fertiliser les sols.
Elle s’est procuré des machines permettant de produire ces granules grâce à une campagne de sociofinancement. Elle a commencé à en fabriquer au printemps 2024, à partir de laine trop sale, trop courte ou trop piquante pour être utilisée autrement.
Et c’est ainsi qu’est née sa petite entreprise, Lanolie.
Une jeune pousse québécoise revalorise la laine de mouton inutilisable en la transformant en granules pour fertiliser les sols. Une idée pleine de promesses pour l’agriculture biologique, selon un expert interrogé par La Presse.
Ça permet de transformer de grandes quantités de laine, de façon efficace, et d’éviter qu’elles finissent à la poubelle.
Le feuillicyclage ne cause aucun dommage à la pelouse et peut même améliorer sa croissance. (Getty Images/Fournie par l’Université Laval)
Le professeur Guillaume Grégoire explique pourquoi il est préférable de déchiqueter les feuilles mortes plutôt que de les ramasser et comment le faire de manière optimale.
Après la féérie des couleurs automnales, que faire de toutes ces feuilles qui s’accumulent sur les pelouses? Depuis quelques années, les municipalités incitent leurs citoyennes et citoyens à adopter le feuillicyclage. Guillaume Grégoire, professeur au Département de phytologie et titulaire de la Chaire de leadership en enseignement sur les infrastructures végétalisées Jean-Tremblay, expose les avantages de cette pratique et en donne le mode d’emploi.
Qu’est-ce que le feuillicyclage et quels sont ses avantages?
Le feuillicyclage, c’est laisser les feuilles d’arbres se décomposer sur le gazon plutôt que les ramasser. Il existe des études scientifiques qui montrent que cette pratique ne cause généralement pas de dommages à la pelouse et qu’elle peut même améliorer sa croissance grâce aux éléments nutritifs contenus dans les feuilles et à l’ajout de matière organique provenant des feuilles.
Des recherches ont, par exemple, montré que le gazon maintenait une couleur verte plus foncée l’année suivant la pratique du feuillicyclage, comparativement à un gazon témoin sur lequel les feuilles étaient ramassées. D’autres recherches ont également mesuré une réduction de la croissance des pissenlits dans la pelouse lorsque le feuillicyclage est pratiqué, quoique ces résultats n’aient été observés qu’une seule année sur les deux ans de l’expérience.
Cette pratique permettrait également d’améliorer la santé des sols en stimulant la vie microbienne et en favorisant l’infiltration de l’eau. Enfin, d’un point de vue environnemental, en réduisant les matières résiduelles mises à la collecte, on réduit l’émission de gaz à effet de serre.
Le feuillicyclage comporte-t-il des inconvénients ou doit-on éviter certains gestes quand on le pratique?
Il faut éviter de laisser les feuilles s’accumuler de manière excessive pour ne pas qu’elles étouffent le gazon, ce qui pourrait créer des zones à nu favorables à l’envahissement par des adventices le printemps suivant. Ainsi, l’un des constats provenant des études effectuées sur le feuillicyclage est l’importance de déchiqueter les feuilles pour accélérer leur décomposition et minimiser les risques d’étouffement du gazon.
De plus, il faut éviter de déchiqueter après la pluie. Il est beaucoup plus facile de déchiqueter les feuilles lorsque celles-ci sont sèches. Donc, idéalement, il est préférable d’attendre que les conditions météorologiques soient favorables pour procéder au déchiquetage.
Planète bleue, idées vertes Du lait carboneutre 100 % Québec
(Mont-Saint-Grégoire) Après avoir jonglé avec des concepts abstraits et une multitude de chiffres, des producteurs de lait de la province peuvent se targuer d’être des pionniers au pays, en offrant du lait écoresponsable. Ils tiennent compte autant du bien-être des vaches que des labours carboneutres dans les champs. Un exploit, dans cette industrie grande émettrice de gaz à effet de serre (GES).
Les changements sont notables : une quinzaine de fermes ont réduit leurs émissions de gaz à effet de serre suffisamment pour décrocher une rare certification internationale, ce qui représente des tonnes de dioxyde de carbone (CO₂) de moins dans l’atmosphère.
« La ferme agit pour le climat », indique une pancarte à l’entrée de l’étable de la Ferme Denlais S.E.N.C., située le long du rang Lareau, à Mont-Saint-Grégoire.
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La Ferme Denlais S.E.N.C. à Mont-Saint-Grégoire
Le ton est donné. Le sol est immaculé, une brise traverse les enclos grâce à la fenestration qui longe les murs. À l’entrée, un veau couleur encre noire veut se faire gratter le museau. En sourdine, on entend de la musique hip-hop. Pour l’atmosphère, explique le fermier.
Moins de vaches pour autant de lait
Mathieu Guertin a repris la ferme que ses parents ont acquise en 1996 et a gardé la même vocation laitière. Mais ses façons de tirer le lait et de cultiver les champs ont viré au vert.
Ça semblait illogique sur le coup, pas très rentable. Mais le producteur a commencé par réduire la quantité de ses vaches en lactation. Au total, il a un cheptel d’une centaine de bêtes. Entre 55 et 60 sont en pleine lactation – c’est-à-dire qu’elles donnent du lait – alors qu’une quarantaine d’autres, des jeunes, sont appelées à prendre la relève.
En attendant de produire du lait, les jeunes profitent de leur adolescence, elles vivent « lousses », lance M. Guertin.
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Le producteur de lait Mathieu Guertin
« Pour moi, un plan de réduction carbone, ça revenait à pelleter des nuages. Je faisais la même chose depuis des années. J’avais besoin de quelque chose de concret, relate l’agriculteur. Un peu comme pour les chevaux de course, les champions, je travaille sur la génétique pour avoir des vaches laitières holsteins plus résistantes, capables d’avoir de plus longues périodes de lactation. En une seule année d’intervention, le pourcentage de mes vaches capables de passer en troisième lactation est passé de 32,1 % à 34,8 %. »
Résultat : sa ferme a réduit de 31 tonnes ses émissions de CO₂ en 2024, ce qui équivaut à un parcours de 33 000 km en voiture à essence.
Ce n’est pas rien, considérant qu’une vache en lactation émet une quantité annuelle de méthane équivalente à celle d’une voiture, selon des données d’Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC). Et même s’il a réduit son cheptel, sa ferme, qu’il qualifie de taille moyenne-petite, produit la même quantité de lait, soit 3900 litres tous les deux jours. M. Guertin fait remarquer que la météo est un autre facteur à considérer puisque les vaches produisent moins de lait quand il y a fortes canicules, comme l’été dernier.
Quinze fermes en action
Jacques Nault, agronome et scientifique reconnu, a fondé avec son frère l’entreprise québécoise Logiac, qui a recruté 120 fermes laitières avec la mission de réduire leurs émissions de GES. Quinze sont en pleine action, dont celle de Mathieu Guertin.
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L’agronome Jacques Nault a cofondé l’entreprise québécoise Logiac.
Son équipe est partenaire d’un programme de recherche fédéral, le Laboratoire Vivant Lait Carboneutre (LVCL)1, précise-t-il. Mais Logiac est dans « l’action », ajoute-t-il, affirmant que son entreprise est la première au pays à aller aussi loin. Elle permet aux fermes d’obtenir leurs certifications en travaillant avec l’entreprise de vérification de l’impact climatique SustainCERT, un auditeur indépendant international.
En 2024, les 15 fermes laitières ont cumulé une réduction de 1830 tonnes de CO2, selon les données compilées par Logiac, soit 6 millions de kilomètres en voiture.
Jacques Nault souhaite éventuellement faire la même chose avec des fermes porcines, des élevages de poulets et des producteurs d’œufs.
Réduire les engrais minéraux
À un kilomètre au sud de l’étable de Mathieu Guertin, au milieu d’un champ, M. Nault montre la terre asséchée, expliquant que les fermes participantes utilisent moins d’engrais minéraux (azotés).
Il y a quelques jours, ces 16 hectares étaient recouverts à perte de vue d’une plantation de seigle d’automne. Au lieu de laisser le sol sans nourriture, le producteur laitier a semé sarrasin, petits pois, radis et moutarde. Des abeilles viennent bourdonner sur les petites fleurs, des coccinelles volent autour des nouveaux plants.
PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE
Au lieu de laisser le sol sans nourriture, Mathieu Guertin a semé du sarrasin, des petits pois, du radis et de la moutarde dans ses champs.
Le producteur laitier souligne qu’il s’agit d’une culture de couverture, une nouvelle pratique dans ses champs.
« Ça améliore la santé des sols, note-t-il. J’ai également mis au point un processus de rotation de mes cultures. Tout est planifié, calculé, pour réduire l’empreinte carbone. Par exemple, au lieu du seigle, je peux semer du maïs en grain et fourrager l’an prochain. L’idée est de réduire l’utilisation d’engrais azotés, et la rotation permet aussi d’accroître la matière organique dans le sol. »
Mathieu Guertin ne s’en cache pas : il espère que le lait de vache va regagner ses lettres de noblesse auprès des consommateurs, qui se tournent de plus en plus vers les boissons de soya ou d’avoine pour des raisons environnementales. « Le lait est un produit de chez nous, lance-t-il. On devrait être fiers. »
Les sources d’énergie renouvelables ont permis de produire plus d’électricité que le charbon dans les six premiers mois de 2025, selon un rapport du groupe international Ember. C’est une première depuis que les données sont compilées. La demande pour les combustibles fossiles atteint maintenant son pic, soulignent les experts dans leur étude. La production solaire à elle seule a permis de répondre à 83 % de la hausse de la demande mondiale au premier semestre 2025. La Chine reste la championne de la croissance des énergies propres : elle compte pour 55 % de la hausse mondiale de la production solaire, et pour 82 % de la hausse de la production éolienne.
Homme coupant un arbre près de la ville de Itaituba, au Brésil
Il faudra du temps avant de le confirmer, mais le réchauffement climatique expliquerait le fait que les arbres sont de plus en plus grands dans la forêt amazonienne. L’augmentation des taux de dioxyde de carbone dans l’air stimulerait leur croissance, selon des chercheurs de l’Université de Cambridge associés à des membres du Réseau d’inventaire forestier amazonien (RAINFOR). Pour arriver à ces conclusions, ils ont mesuré et surveillé des arbres pendant 30 ans, sur près de 200 parcelles d’une moyenne de 12 000 mètres carrés. Le CO2 agirait comme un engrais, faisant augmenter la biomasse des arbres, expliquent les chercheurs, rappelant que la déforestation est une menace à l’équilibre des écosystèmes.
Un grand voyagiste tourne le dos à la compensation carbone
PHOTO CHARLES WILLIAM PELLETIER, ARCHIVES COLLABORATION SPÉCIALE
Un leader du voyage écoresponsable, Intrepid, tourne le dos au principe de la compensation carbone.
Un leader du voyage écoresponsable, Intrepid, tourne le dos au principe de la compensation carbone. L’entreprise australienne, qui organise des voyages à travers le monde, va plutôt investir 2 millions de dollars australiens par an (1,8 million CAN) dans un « fonds d’impact climatique » pour soutenir les énergies renouvelables, ainsi que la transition vers des véhicules électriques et des carburants alternatifs. Dans une lettre ouverte, la haute direction soutient que l’industrie du voyage n’est pas « sur une bonne voie » pour atteindre la cible de réduction des températures de 1,5 degré, fixée par l’Accord de Paris en 2015, et que des mesures plus urgentes sont nécessaires.
Des nouvelles du mur de protection sur la rivière des Prairies
Le conseil a adopté une entente avec Santé Québec (CIUSSS du Nord-de-l’Île-de-Montréal) afin de préparer la construction d’un ouvrage permanent de protection contre les inondations sur la rue Crevier, entre le boulevard Gouin Ouest et la rivière des Prairies sur un terrain qui appartient à Santé Québec.
Les travaux commenceront à la mi-octobre 2025. L’arrondissement s’engage à remplacer à ses frais les arbres abattus. Les nouvelles plantations seront réalisées en 2027, une fois les travaux de construction terminés. L’entretien des arbres (notamment l’arrosage) se poursuivra jusqu’en novembre 2029.
Le gouvernement Legault veut mettre plus d’argent dans l’adaptation des citoyens aux impacts des changements climatiques et moins dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) qui les causent, révèle un document interne du ministère de l’Environnement, obtenu par Radio-Canada. Québec prépare aussi d’autres changements importants, comme des allégements dans la gestion des sols contaminés.