Environnement et biodiversité

En 2015, je me rappelle avoir fait du vélo en t-shirt le 24. La tendance que je vois, c’est que les hivers tardent à s’installer, mais finissent aussi plus tard. Les Noëls verts risquent de devenir la norme à Montréal.

Toutefois, il faut faire attention et distinguer la météorologie de la climatologie. La météo ne suit pas des moyennes et des anomalies peuvent survenir, sans que ce soit lié au climat. Quand on a une série d’anomalies étalées sur une longue période de temps, là on peut l’associer avec le climat.

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Ici aujourd’hui dans Charlevoix c’est le déluge, de la pluie forte depuis hier soir et des précipitations totales à hauteur de 130 mm sont prévues selon Environnement Canada. A cela il faut ajouter les eaux de fonte de la neige et la perte de 40cm de couvert neigeux. Il fait 13C actuellement et tous les sites de sports d’hiver sont fermés, une catastrophe quand on sait à quel point la période de Noël est importante pour renflouer l’économie des régions.

Décidément la météo alourdit le confinement, déjà assez frustrant pour plusieurs. Aucun doute on se rappellera de l’année 2020 et à ce propos on pourra dire qu’elle n’a vraiment pas été un cadeau. Raison de plus de garder un oeil sur les changements climatiques avec son cortège de variations extrêmes qui chamboulent de plus en plus nos saisons.

Personnellement je me suis installé dans Charlevoix pour pouvoir justement profiter de ses hivers, en fuyant ceux du sud du Québec qui m’empêchaient de faire mes sports de neige sur une base régulière. Voilà que de plus en plus les conditions de Montréal migrent vers le nord, en menaçant le plein air hivernal charlevoisien comme jamais auparavant.

À quelques mois de mes 70 ans, je me rappelle des hivers montréalais de mon enfance et adolescence, où la pluie était une rareté et les saisons bien marquées. Mon père avait une maison près de St-Jean d’Iberville. On pratiquait notamment la motoneige sur le canal Richelieu durant les vacances de Noël (années 60) et cela jusqu’au printemps.

Pour revenir à Charlevoix, c’est la deuxième fois cette année (en quelques semaines) que nous perdons complètement notre couvert neigeux à cause des grosses pluies (ce qui équivaut au total à près d’un mètre cumulatif). Mon ski de fond est toujours impraticable depuis le début et la raquette aléatoire, quant au ski c’est les montagnes russes dans tous les sens du terme.

Quoi qu’il en soit je ne désespère pas trop de rentabiliser mes passes de saison. J’en profite pour vous souhaiter tout de même de joyeuses Fêtes et une année 2021 plus sereine.

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Le Charlevoix profite d’un effet local en raison du mont des Éboulements et du relief plus prononcé. Durant les tempêtes, quand le vent vient de l’est, il se charge d’humidité au dessus du fleuve, puis lorsque la masse d’air arrive en Charlevoix, les monts forcent la masse d’air à s’élever, ce qui réduit sa température et force la condensation de l’humidité. À chaque tempête, c’est toujours en Charlevoix qu’on voit le plus de précipitations. Avec les dizaines de cm qui sont tombés depuis le début de la saison et les 130mm de pluie qui vont tomber, il risque d’y avoir des inondations, c’est exceptionnel de voir ça à ce temps-ci de l’année, surtout pour le 13°C.

Ça me parait irréel de faire de la motoneige sur le Richelieu pendant le temps des fêtes. Je me suis mouillé les chevilles en marchant sur la Saint-Régis, il y a quelques jours, qui est pourtant un cours d’eau que de quelques mètres de large et une quarantaine de cm de profondeur. Même en janvier et février passé, j’ai essayé de marcher dans le Petit Bassin de Laprairie et j’ai du rebrousser chemin en raison de craquements dans la glace et de l’eau qui commençait à sortir par les craques.

En y pensant ça me parait aussi irréel aujourd’hui et pourtant authentique il y a un demi-siècle. À cette époque le climat était encore relativement stable et avait peu évolué depuis le début des annales météo. J’ai une soeur qui habite pas loin à Marieville depuis plus de 40 ans. Au début elle pelletait régulièrement, aujourd’hui elle passe une bonne partie de l’hiver sur le gazon. Même Québec a des hivers moins froids et il y pleut davantage qu’il y a une décennie.

Quant à Charlevoix, tu as raison, ce sont les vents d’est qui produisent un effet de lac au-dessus du fleuve et la topographie qui fait le reste. Combien de fois en début et fin d’hiver, à 250 mètres au-dessus du fleuve où est située ma maison, je reçois une bordée de neige tandis qu’an bas à La Malbaie au niveau de la mer c’est souvent de la pluie.

Ici près du St-Laurent (route 362) nous profitons de la prime du fleuve avec plus de neige et quelques degrés moins froid qu’à l’intérieur des terres, où sévit un climat plus continental. Voici d’ailleurs une vue récente de ma terrasse à l’étage, prise le 14 décembre après le premier gros redoux, où la neige était revenue en pleine force. On voit bien le mont des Éboulements et St-Irénée tout en bas.

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Plus que le succès et l’enrichissement, je trouve que l’accessibilité au financement joue beaucoup ici. Il y a beaucoup d’acheteurs qui vont choisir un véhicule overkill côté besoins et budget, juste parce que l’opportunité est là. Il y a aussi une pression au côté de la vente. Côté émissions, ça serait bien si cette pression était dirigée vers les VÉ.

Il y a eu beaucoup de neige dès Novembre en 2018 et en 2019, avec du redoux par la suite. Il a fait très très froid en Décembre/Janvier 2017/2018 avec beaucoup de neige en toute fin d’année. Noel 2016 était aussi particulièrement enneigé.

Comme mentionné plus haut, il est certain que les changements climatiques ont une influence; mais pour le 8eme Noel que je passe au Québec, j’ai l’impression d’en avoir plus passer sous la pluie que sous la neige.

En fait, j’ai entendu que 5 des 7 derniers Noël à Montréal étaient verts. Donc, tu n’as pas tort!
Je dois dire que même personnellement, je remarque le peu de neige aux alentours de Noël maintenant vs quand j’étais plus jeune. J’ai beaucoup moins d’expérience que @acpnc, mais tout de même! Bref, j’ai vraiment hâte à la première grande bordée de neige à Mtl! :smiley:

Voilà ce qui reste de neige ce matin 26 décembre 2020 à 8h. Un lessivage qui aura laissé quelques traces en guise de témoins de nos merveilleuses conditions hivernales, qui sont disparues quasi complètement deux fois cette saison (plutôt qu’une) depuis le début décembre. Personnellement depuis mon enfance et mes nombreux voyages hivernaux dans Charlevoix (chez mes grands-parents et la parenté) je n’ai jamais vu ça. Pas même une fois.

Ici une photo d’une randonnée en raquette prise le 24 novembre (il y a un mois) 40cm au sol sur une bonne base durcie. Tout est disparu 5 jours plus tard au premier grande redoux du 1er décembre (12C). Et maintenant deuxième épisode où nous sommes retournés une fois de plus à la même case départ.

Loin de moi l’intention de vouloir dramatiser, puisque nous avons toujours eu des redoux en début d’hiver, mais jamais au point de tout effacer à répétition. Aucun doute ces extrêmes sont symptomatiques d’une tendance de fond, qui fait qu’on ne peut plus rien prendre pour acquis en matière de climat et cela même dans la paradis hivernal légendaire charlevoisien. :unamused:

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PME québécoises Objectif : protéger la Terre depuis l’espace

PHOTO ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

Vue de la Terre depuis l’espace

Surveiller les émissions de méthane dans l’atmosphère, cartographier l’évolution des zones côtières et des océans : la solution des défis sur Terre passe en partie par les satellites. De Montréal à Rimouski, des PME québécoises œuvrent à libérer le plein potentiel de l’espace. Survol.

Publié le 26 décembre 2020 à 9h00

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Léa Carrier
La Presse

Chaque jour, l’équipe de GHGSat déchiffre les dernières données collectées par ses satellites, Claire et Iris, qui, équipés d’une caméra infrarouge, détectent et quantifient la présence de gaz à effet de serre dans l’atmosphère.

Les données sont ensuite vendues à des compagnies pétrolières, des producteurs d’électricité et autres opérateurs soumis à des plafonds d’émissions de gaz à effet de serre.

« On est la seule entreprise du genre au monde », lance fièrement le président de la PME montréalaise, Stéphane Germain.

La jeune pousse installée boulevard Saint-Laurent, à Montréal, fait partie des 16 entreprises canadiennes, dont cinq au Québec, qui ont reçu des contributions de l’Agence spatiale canadienne (ASC) dans le cadre de son initiative utiliTerre. L’objectif ? Mettre sur pied un projet de recherche et développement qui maximise l’utilisation des données d’observation de la Terre.

GHGSat a obtenu 300 000 $ pour allier l’intelligence artificielle à sa technologie de télédétection dans l’objectif de faciliter la détection de fuites de méthane.

Une pétrolière peut avoir des infrastructures partout à travers le monde. C’est impossible pour elle de tout surveiller. On veut les aider à trouver leurs fuites rapidement.

Stéphane Germain, président de GHGSat

Dans une ville dense comme Montréal, l’intelligence artificielle permet d’identifier, parmi tous les signaux et sources potentielles d’une imagerie satellite, le point de fuite exact sur une superficie de 25 m sur 25 m.

Du Bas-Saint-Laurent jusque dans l’espace

Établie à Rimouski, Arctus utilise les données des agences spatiales du monde pour suivre l’évolution des environnements aquatiques comme les rivières, les lacs et les rives.

« On sait que les zones côtières sont particulièrement sensibles aux changements climatiques. On peut penser à la hausse du niveau de la mer et à la fonte des glaces. Les données satellitaires sont très intéressantes, car elles permettent de suivre un environnement dynamique en temps quasi réel », explique son directeur scientifique, le Dr Simon Bélanger.

Avec la subvention de 300 000 $ de l’ASC, Arctus développe un observatoire de veille environnementale dans la baie de Sept-Îles. L’idée est de surveiller la fonte des glaces le long des rives, les sédiments en suspension et autres paramètres de qualité de l’eau dans cette zone portuaire riche en vie marine.

Mission : rendre les données accessibles

Que ce soit pour visualiser son futur quartier, planifier sa route, prévoir un orage ou par simple curiosité, l’imagerie satellitaire fait partie de notre quotidien. « C’est un outil d’aide à la décision », résume Stéphane Hardy, directeur de Dromadaire Géo-Innovations, installée dans l’est de l’île de Montréal.

Sa petite équipe de trois employés a reçu une contribution de 84 483 $ pour mettre au point un outil pour simplifier l’accès aux données satellitaires. Ainsi, ce ne seraient pas seulement les gestionnaires de barrage électrique, avec qui Dromadaire Géo-Innovations a l’habitude de faire affaire, mais l’ensemble de la population qui pourrait profiter des technologies d’observation de la Terre.

Toujours plus loin

L’ASC s’est basée sur trois critères pour octroyer les subventions liées au programme utiliTerre : l’innovation de la proposition, le mérite technique et les bénéfices pour les Canadiens.

« Ce qu’on cherche, ce sont des solutions pour tout le monde », précise Steve Iris. Le chef en applications et utilisations en observation de la Terre de l’ASC s’attendait à recevoir dix propositions, tout au plus.

« Avec la pandémie, on a senti un plus grand besoin des entreprises, donc on a bonifié notre programme. »

Selon l’agence fédérale, ces contributions devraient mener à la création de 240 emplois au pays. Pour les PME comme Dromadaire Géo-Innovations, ouvrir un nouveau poste représente déjà beaucoup.

« C’est porteur d’espoir, pour nous, de remporter un concours comme ça. On est une petite entreprise, je me bats contre de grosses entreprises. Les petites victoires font du bien par les temps qui courent », se réjouit M. Hardy.

En plein élan, l’équipe de GHGSat prévoit dépasser 100 employés au cours des prochains mois, alors qu’elle en comptait 58 à la fin d’août 2020.

Un troisième satellite de la boîte montréalaise rejoindra Claire et Iris en janvier prochain.
https://www.lapresse.ca/affaires/entreprises/2020-12-26/pme-quebecoises/objectif-proteger-la-terre-depuis-l-espace.php

Ce qu’auraient pu faire Ottawa et Québec

PHOTO DAVID RYDER, BLOOMBERG

Le Canada devrait prendre exemple sur la Nouvelle-Zélande et investir 10 milliards de dollars dans la création de 100 000 « emplois nature » afin de protéger et de restaurer nos écosystèmes, suggère Greenpeace Canada.

Objectif carboneutralité pour 2050 au Canada. Plan vert de 6,7 milliards sur cinq ans au Québec. L’heure est à l’action pour faire face aux changements climatiques, mais les moyens choisis par les gouvernements sont parfois jugés peu efficaces ou insuffisants. Voici quelques exemples de mesures que Québec et Ottawa auraient pu adopter.

Publié le 30 décembre 2020 à 0h00

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Jean-Thomas Léveillé
La Presse

Le retour du train

PHOTO HUGO-SEBASTIEN AUBERT, ARCHIVES LA PRESSE

Le train pourrait nous aider à réduire nos émissions de gaz à effet de serre. Et pour cause : les émissions du secteur du transport de marchandises ont augmenté de 144 % de 1990 à 2018.

Le train pourrait nous aider à réduire nos émissions de gaz à effet de serre (GES). Et pour cause : les émissions du secteur du transport de marchandises ont augmenté de 144 % de 1990 à 2018. « Veut-on vraiment électrifier le parc de camions lourds qui s’est développé ces dernières années, ou plutôt repenser notre transport ? », lance Pierre-Olivier Pineau, titulaire de la Chaire de gestion du secteur de l’énergie de HEC Montréal. Électrifier des trains serait beaucoup plus facile et aurait des bénéfices notamment sur la sécurité routière et l’entretien des routes, explique-t-il. « Ce qu’on veut, c’est une mobilité performante, dit M. Pineau. Électrifier des abus, c’est juste inefficace. »

Adopter un budget carbone

Comment s’assurer d’atteindre nos cibles de réduction de GES ? En les « budgétant », comme on le fait pour l’argent à dépenser. Un budget carbone établit les émissions autorisées pour chaque secteur de la société, permet une prévisibilité, un suivi et une reddition de comptes, explique Anne-Sophie Doré, avocate au Centre québécois du droit de l’environnement. Surtout, il devient une obligation légale pour les gouvernements qui se succèdent. « C’est de [la reddition de comptes] pure ! », s’exclame Me Doré. La mesure a déjà fait ses preuves au Royaume-Uni, qui est « l’exemple parfait » d’une loi climat assortie d’un budget carbone, que le Parlement est d’ailleurs en train de réviser pour la rendre encore plus contraignante, poursuit-elle.

Bâtiments 80 % plus efficaces

PHOTO FOURNIE PAR STÉPHANE CHAMPAGNE

Pierre-Olivier Pineau, titulaire de la Chaire de gestion du secteur de l’énergie de HEC Montréal

Faire en sorte que nos bâtiments commerciaux et institutionnels consomment 80 % moins d’énergie en 2050, comme l’Allemagne ambitionne de le faire, réduirait considérablement les émissions de GES de ce secteur, qui ont augmenté de 39 % entre 1990 et 2018. Comme pour une vieille maison, « ça ne sert à rien d’électrifier [son système de chauffage], il faut mieux l’isoler avant », illustre Pierre-Olivier Pineau, qui a fait partie d’un groupe de travail mis sur pied par Québec pour l’aider à préparer son Plan pour une économie verte 2030. Améliorer l’enveloppe thermique des bâtiments est « techniquement assez simple », stimulerait l’économie locale et régionale et libérerait « beaucoup d’électricité pour faire autre chose », explique-t-il.

Améliorer la gestion de l’eau

Un plan vert doit aussi prévoir des mesures d’adaptation aux conséquences des changements climatiques, affirme Christiane Pelchat, présidente-directrice générale de Réseau Environnement, regroupement de spécialistes en environnement. Des investissements considérables devraient par exemple être faits dans les usines d’assainissement et de traitement des eaux du Québec, qui accusent un déficit d’entretien de 17 milliards de dollars de l’aveu même du gouvernement, dit-elle. Face à l’augmentation de l’intensité des précipitations, les déversements d’eaux usées dans les cours d’eau sont appelés à se multiplier. « On a tellement d’eau à gérer qu’un moment donné, ça pète de partout, dit Mme Pelchat. Il faut la mettre quelque part, la traiter, et nos usines sont fatiguées. »

Pénaliser l’achat de véhicules énergivores

PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE

Les mesures d’écofiscalité pour décourager l’achat de véhicules énergivores sont essentielles, croit l’organisme Équiterre.

Les mesures d’écofiscalité pour décourager l’achat de véhicules énergivores sont essentielles, croit Équiterre. « Un bon plan est un plan qui amène une transformation des habitudes », affirme Marc-André Viau, directeur des relations gouvernementales de l’organisation, qui fait partie des voix réclamant un système de redevance-remise. Contrairement aux subventions à l’achat de véhicules zéro émission, ce système « ne coûterait pas un sou aux contribuables » puisque la redevance imposée à l’achat de véhicules énergivores finance l’aide à l’achat de véhicules zéro émission. Afin de ne pas pénaliser ceux qui ont absolument besoin d’un gros véhicule, Équiterre propose que la redevance ne soit pas imposée aux gens qui travaillent dans la construction ou qui habitent sur des chemins de terre, par exemple.

10 milliards pour 100 000 « emplois nature »

PHOTO FRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE

Greenpeace Canada suggère la création d’« emplois nature » afin de protéger et de restaurer nos écosystèmes, comme les tourbières et les zones humides.

Le Canada devrait prendre exemple sur la Nouvelle-Zélande et investir 10 milliards de dollars dans la création de 100 000 « emplois nature » afin de protéger et de restaurer nos écosystèmes, suggère Greenpeace Canada. Non seulement c’est l’une des voies suggérées par les experts pour lutter contre les changements climatiques, mais c’est aussi l’une des solutions « rentables », explique Olivier Kolmel, porte-parole de la campagne nature et alimentation de l’organisation. Les forêts, les tourbières, les zones humides, les zones côtières sont des « endroits excellents pour absorber le carbone dans le sol », dit-il, ajoutant que « la forêt boréale, c’est le bouclier climatique ».

Travailler moins

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, ARCHIVES LA PRESSE

ENvironnement JEUnesse propose de revoir les normes du travail pour faire passer la semaine de travail de 40 à 35 heures d’ici 2025, puis à 30 heures d’ici 2030 afin de libérer du temps pour faire autre chose et, surtout, « faire soi-même ».

Pour polluer moins, on pourrait travailler moins. C’est pourquoi ENvironnement JEUnesse propose de revoir les normes du travail pour faire passer la semaine de travail de 40 à 35 heures d’ici 2025, puis à 30 heures d’ici 2030. Cela permettrait de libérer du temps pour faire autre chose et, surtout, « faire soi-même », réparer plutôt que jeter, produire localement, moins manger sur le pouce, explique la directrice générale de l’organisation, Catherine Gauthier, qui a également fait partie d’un groupe de travail du gouvernement. La proposition s’inscrit dans une volonté plus large de sobriété, de lutte contre la surconsommation et d’incitation à l’implication citoyenne. « Pour lutter contre la crise climatique, il faut revoir nos infrastructures sociales », dit-elle.
https://www.lapresse.ca/actualites/environnement/2020-12-30/plan-vert/ce-qu-auraient-pu-faire-ottawa-et-quebec.php

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Il y a quand-même une différence marquée entre un Rav4 et une Lexus. Malgré tout l’idée reste la même. Peu de propriétaires de ces véhicules font réellement du hors route. Comme le soulevait @OusmaneB, même dans la classe moyenne et la classe moyenne basse, on peut marquer sa progression dans l’échelle sociale en passant d’une Toyota Camry, par exemple, à un tout-terrain ou un VUS.

Amazon prêt à acheter des milliers de camions Lion

PHOTO FOURNIE PAR LA COMPAGNIE ÉLECTRIQUE LION

Le contrat exige que Lion protège pour Amazon une capacité de production allant jusqu’à 2500 camions d’ici 2025 inclusivement, avec un maximum de 500 par année.

Amazon est disposé à acheter des milliers de camions électriques à Lion, et le constructeur de véhicules urbains de Saint-Jérôme pourrait en produire plus de 10 000 d’ici 2030 pour le géant mondial du commerce électronique. L’entente, signée l’été dernier mais rendue publique durant le congé du jour de l’An, peut même permettre à Amazon de devenir l’un des principaux actionnaires de Lion.

Publié le 6 janvier 2021 à 6h00

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Richard Dufour
La Presse

L’accord donne à Amazon des bons de souscription lui permettant d’acquérir jusqu’à 8,6 millions d’actions de Lion, l’équivalent d’une participation de 20 % dans l’entreprise.

L’exercice de la totalité des bons de souscription doit se faire sur une période de huit ans et exige qu’Amazon dépense au moins 1,1 milliard US pour acheter des produits ou services offerts par Lion durant cette période.

Le contrat exige que Lion protège pour Amazon une capacité de production allant jusqu’à 2500 camions d’ici 2025 inclusivement, avec un maximum de 500 par année.

« L’idée est de garder une flexibilité dans la production pour nos autres clients », a dit le PDG de Lion, Marc Bédard. « Si Amazon nous en demande 700 ou 800 par année, on pourrait le faire, mais c’est à notre discrétion. »

Amazon s’est aussi entendu pour avoir une option sur la production de 2026 à 2030. « Amazon a le droit d’avoir 10 % de notre capacité de production pour ces années, dit Marc Bédard. On pense avoir une capacité d’environ 23 000 véhicules par année rendus là. Alors 10 % de notre production serait 2300 véhicules par an. »

Ça veut donc dire un total potentiel de 10 000 à 15 000 camions pour Amazon d’ici 2030. « L’objectif pour nous est évidemment de produire beaucoup de camions pour Amazon, c’est clair. En termes de potentiel, c’est notre plus gros client », affirme le PDG.

Le contrat stipule également que Lion doit s’occuper de l’entretien et des besoins de formation pour Amazon. Lion avait indiqué en septembre qu’Amazon avait commandé une dizaine de camions. Amazon a déjà reçu deux de ces camions, destinés à être utilisés au sein de son réseau, mais pas pour les livraisons à domicile. L’entente rendue publique récemment ne précise pas quelles fonctions rempliront les milliers de camions à produire.

Bientôt en Bourse

Les détails de la relation avec Amazon sont précisés dans un document complémentaire à l’entrée en Bourse de Lion déposé auprès de la Securities and Exchange Commission. Le début des transactions à la Bourse de New York sous le symbole « LEV » est attendu en mars.

Le saut de Lion sur Wall Street s’effectuera par l’entremise d’une fusion avec Northern Genesis, une société d’acquisition à vocation spécifique dont les actions sont actuellement déjà inscrites à New York.

Les modalités du contrat permettent à Amazon d’acheter des actions de Lion à un prix préétabli qui risque de s’avérer avantageux, souligne le gestionnaire de portefeuille montréalais Philippe Hynes, de la firme Tonus Capital. « Peut-être que la simple opportunité de pouvoir acquérir des actions de Lion à un prix intéressant va valoir la peine pour Amazon d’acheter des camions », dit-il.

Le financement privé accompagnant le projet d’inscription à Wall Street accordait le mois dernier une valeur boursière d’environ 2 milliards US à Lion.

L’inscription en Bourse doit permettre à l’entreprise fondée il y a 13 ans de récolter un demi-milliard US pour financer son expansion.

Lion prévoit principalement d’utiliser les 500 millions US récoltés pour avoir une usine d’assemblage de véhicules aux États-Unis, dans un État qui reste à confirmer, et construire une usine de fabrication de batteries au Québec, fort possiblement à Saint-Jérôme. L’annonce précisant le choix des emplacements est imminente.

L’usine actuelle de Saint-Jérôme a une capacité de production de 2500 véhicules par année. L’entreprise compte présentement un peu plus de 300 véhicules sur les routes et prévoit livrer 650 véhicules cette année.

Le chiffre d’affaires de Lion s’est élevé à 30 millions US en 2019. Jusqu’ici, la majeure partie des revenus de Lion ont été générés par la vente d’autobus scolaires électriques. À partir de maintenant, cependant, Lion anticipe qu’une portion « significative » de ses revenus proviendra de ses camions urbains électriques.

L’ambition de Lion est de générer en 2024 un chiffre d’affaires de 3,5 milliards US et des ventes de 18 000 véhicules.

Selon nos informations, les principaux actionnaires de Lion à l’entrée en Bourse seront Power Corporation (31 %), les fondateurs Marc Bédard et Camille Chartrand (15 %), et le fonds d’investissement XPNDCroissance d’Alexandre Taillefer (10 %).

La taille du marché électrique cible en Amérique du Nord est évaluée à 100 milliards US pour les camions urbains et à 10 milliards US pour les autobus. Les grands exploitants de parcs de camions comme UPS, FedEx ou Pepsi sont tous dans la ligne de mire de Lion.
https://www.lapresse.ca/affaires/entreprises/2021-01-06/amazon-pret-a-acheter-des-milliers-de-camions-lion.php

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Bouteille en papier, graal ou utopie verte ?

PHOTO HEO RAN, ARCHIVES REUTERS

Il se produit chaque année 80 milliards de bouteilles de plastique sur la planète. Une grande partie n’est tout simplement pas recyclée, ce qui contribue au problème grandissant de la pollution par le plastique.

Certaines entreprises présentent la bouteille en papier comme la solution miracle pour réduire le plastique, dont l’utilisation est de plus en plus controversée. Sauf que cette option est loin de représenter une panacée.

Publié le 11 janvier 2021 à 5h00

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Éric-Pierre Champagne
La Presse

Coca-Cola a dévoilé à la fin d’octobre son prototype de bouteille en papier fabriqué à son laboratoire en Belgique. La multinationale américaine rejoint ainsi d’autres entreprises comme L’Oréal, Carlsberg et Pepsi, qui investissent également dans la recherche pour concevoir une bouteille faite uniquement avec du papier.

L’idée paraît attrayante, d’autant plus qu’il se produit chaque année 80 milliards de bouteilles de plastique sur la planète. Une grande partie n’est tout simplement pas recyclée, ce qui contribue au problème grandissant de la pollution par le plastique.

C’est sans compter les émissions de carbone générées par le plastique, qui est fabriqué à partir de produits pétroliers. En mai 2019, le Center for International Environmental Law (CIEL) estimait d’ailleurs que le plastique pourrait représenter entre 10 et 13 % des émissions de carbone en 2050.

La bouteille en papier fait donc rêver, mais elle n’est pas à l’abri des critiques. « Il y a beaucoup de marketing vert [greenwashing] derrière cette idée, affirme Drishti Masand, qui est analyste chez Lux Research, à Boston. Les gens perçoivent le papier comme étant plus écologique, mais ce n’est pas aussi simple. »

Il faut une très grande quantité de papier pour produire une seule bouteille, qui nécessite plusieurs couches de fibres. Il faut jusqu’à sept fois plus de matière première que pour une bouteille en plastique, estime Mme Masand. Ce qui augmente aussi les coûts de production.

S’il fallait remplacer toutes les bouteilles de plastique produites chaque année par des bouteilles en papier, nous n’aurions tout simplement pas assez de forêts pour le faire.

Anthony Schiavo, analyste senior chez Lux Research

L’un des principaux défis consiste à protéger le papier du liquide qu’il contient. Les prototypes présentement à l’essai contiennent tous une mince pellicule de plastique. Les entreprises affirment que cette pellicule peut être retirée pour faciliter le recyclage des bouteilles en papier. Une affirmation qui fait sourciller Drishti Masand, considérant les défis actuels dans le recyclage des produits de papier doublés d’une couche de plastique.

PHOTO TIRÉE DU SITE DE PABOCO

Le prototype de bouteille en papier de Coca-Cola, fabriqué à son laboratoire en Belgique

Anthony Schiavo doute d’ailleurs qu’on puisse élaborer une bouteille faite uniquement de papier dans les prochaines années. Et si c’était le cas, les bouteilles en plastique ne disparaîtraient pas pour autant du marché. Le papier n’occuperait qu’une infime part du marché de la bouteille, selon lui.

Il faut mettre tous les éléments dans la balance, signale M. Schiavo. « En considérant tous les enjeux, il n’y a pas de preuves claires pour appuyer l’idée que la bouteille en papier serait plus verte que celle en plastique », conclut Drishti Masand.https://www.lapresse.ca/actualites/environnement/2021-01-11/bouteille-en-papier-graal-ou-utopie-verte.php

Comme toutes les nouvelles idées, les produits évolueront et s’adapteront aux défis, comme aux réalités sur le terrain. C’est la nature de la recherche que de retourner parfois en arrière pour ensuite mieux avancer. Sans oublier qu’à l’occasion une piste nous conduit à une autre, en favorisant ultérieurement la révolution de l’idée première. Dans tous les cas il faut prioriser la recherche avec l’esprit ouvert puisqu’elle est le principal moteur de l’innovation.

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Pour réduire nos déchets, il faut surtout changer de paradigme sur bien des choses… Par exemple le remplissage de bouteilles réutilisables devrait être la norme, pas une l’exception et une curiosité. Plutôt que d’acheter une bouteille de Coke, on devrait remplir notre bouteille personnelle et payer à la quantité. Peu importe comment on produit une bouteille avec des matériaux écologiques, ça reste beaucoup plus dommageable que de ne pas créer et recycler cette bouteille.

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Dans la suite de la destruction de milieux humides abritant des populations de la rainette faux-grillon à Longueuil. C’est un très bon article, avec un travail journalistique de qualité.
Affaire faux-grillon: des langues se délient enfin! - Patrick R. Bourgeois

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Des milliers de litres d’essence dans un ruisseau montréalais

PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE

La succursale d’Enterprise à Dorval où des milliers de litres d’essence ont été pompés dans un réservoir d’huiles usées, ce qui a causé un déversement dans le ruisseau Bouchard.

L’un des derniers ruisseaux à avoir survécu à l’urbanisation de l’île de Montréal a été pollué par des milliers de litres d’essence après une bête erreur humaine, la semaine dernière, à Dorval.

Publié le 14 janvier 2021 à 5h00

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PHILIPPE TEISCEIRA-LESSARD
LA PRESSE

Un livreur de carburant a pompé 20 000 litres d’essence dans un réservoir d’huiles usées d’une capacité de 5000 litres au garage du locateur d’autos Enterprise, à la limite des terrains de l’aéroport Montréal-Trudeau.

C’est une citoyenne qui a remarqué des traces d’hydrocarbure dans le ruisseau Bouchard, qui passe tout près.

« La source du déversement a été déterminée le 6 janvier », a indiqué Frédéric Fournier, du ministère de l’Environnement.

Le surplus de milliers de litres d’essence qui ont débordé du réservoir (logiquement entre 15 000 et 20 000 litres) « s’est dirigé sur le terrain voisin de l’aéroport de Montréal, pour ensuite emprunter son système d’égout pluvial et se jeter dans le ruisseau Bouchard », a indiqué M. Fournier. « Toutefois, la quantité exacte d’essence rejetée dans le milieu hydrique reste indéterminée. »

Le ruisseau Bouchard est l’un des derniers à n’avoir été ni asséché ni totalement canalisé avec le développement urbain de Montréal. Il traverse des terrains de l’aéroport, des secteurs industriels et un quartier résidentiel avant de se jeter dans le Saint-Laurent à quelques centaines de mètres de l’hôtel de ville de Dorval. « Son bassin versant mesure près de 9,1 km2 et est imperméabilisé sur 55 % de sa surface », selon un document municipal.

Son état, extrêmement précaire, inquiète depuis longtemps.

Nettoyage et surveillance

Le déversement de la semaine dernière n’améliorera pas son état.

Une fois le problème découvert, une intervention s’est mise en branle, à laquelle ont pris part notamment les pompiers de Montréal, les services environnementaux de la Ville de Montréal, une entreprise privée de pompage et le service Urgence-Environnement du ministère de l’Environnement.

L’aéroport de Montréal a aussi envoyé des équipes. Elles ont « offert leur collaboration lors de l’opération de pompage », a indiqué la porte-parole Anne-Sophie Hamel, qui précise que les activités de l’aéroport n’ont pas été touchées.

La firme Enterprise a ouvert une enquête sur l’incident, qui s’est produit près de l’intersection de la Côte-de-Liesse et de la rue Jean-Paul-Laframboise.

« Nous sommes attristés par cet accident et nous travaillons en étroite collaboration avec tous les acteurs impliqués — ainsi que l’entreprise qui livre l’essence — afin d’en comprendre les détails, a indiqué la porte-parole Lisa Martini. Des efforts ont été déployés pour contenir la situation. Nous continuons à travailler pendant que nos efforts d’enquête et de nettoyage continuent. »

Les autorités provinciales suivront le dossier de près.

« Urgence-Environnement s’est assuré que les travaux de récupération d’essence se poursuivent tant et aussi longtemps qu’il y avait présence du contaminant, a indiqué Frédéric Fournier. Ces travaux se sont poursuivis jusqu’en fin de journée le 7 janvier. À noter que la Ville effectuera un suivi terrain concernant le ruisseau Bouchard jusqu’au printemps et s’il y avait constatation de contamination, les travaux requis seront exigés. »
Des milliers de litres d’essence dans un ruisseau montréalais | La Presse

Keystone XL Ses larmes vont sécher

L’environnement a le dos large.

Publié le 19 janvier 2021 à 6h00

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Paul Journet
La Presse

Si Joe Biden s’apprête à bloquer l’oléoduc Keystone XL, ce n’est pas seulement à cause de la crise climatique. C’est aussi parce que son pays en a moins besoin.

Les États-Unis sont presque devenus autosuffisants. Près de 95 % du pétrole qu’ils consomment est produit chez eux. Les importations sont à leur plus faible niveau depuis 1954 (1).

PHOTO BLAIR GABLE, REUTERS

Le premier ministre Justin Trudeau

Pour la prochaine décennie, notre voisin veut à la fois hausser sa production et freiner sa consommation. À chaque année qui passe, le projet Keystone XL perd de sa nécessité.

Les arguments environnementaux pèsent alors plus. Autant ceux pour le climat que ceux pour les écosystèmes. La secrétaire désignée à l’Énergie, Jennifer Granholm, n’a pas oublié le catastrophique déversement de l’oléoduc Enbridge dans la rivière Kalamazoo en 2010 alors qu’elle dirigeait le Michigan.

Les années du boom pétrolier canadien sont terminées et elles ne reviendront pas.

Jason Kenney, premier ministre de l’Alberta, vit dans le passé. En dénonçant la décision attendue de M. Biden, il a repris le vieil argument du « pétrole éthique ». Au lieu d’acheter des barils des dictatures du golfe Persique, les États-Unis devraient se tourner vers leur voisin, une démocratie.

Or, les Américains nous préfèrent déjà à ces pétrocraties. Depuis plus d’une décennie, les États-Unis réduisent leurs importations de ces pays et ils haussent aussi leurs importations du Canada. C’est juste qu’il y a une limite au volume à importer.

M. Kenney ajoute que la politique environnementale du Canada rend notre pétrole plus vert. Quelle ironie. Après tout, cela se fait malgré lui. L’Alberta se bat contre la tarification pancanadienne du carbone.

Je comprends l’exaspération du promoteur TC Énergie, qui a vu son projet bloqué, puis approuvé, puis bloqué et ainsi de suite. À la toute dernière minute, la société a même proposé de l’alimenter avec de l’énergie solaire ou éolienne.

Je ne veux pas non plus banaliser les malheurs des Albertains. Ils sont frappés par une triple crise : sanitaire, économique et énergétique avec la chute mondiale du prix de pétrole.

Un choc d’autant plus pénible que la province est contrainte de vendre son pétrole au rabais à cause du manque d’oléoducs pour l’exporter.

Vrai, il reste les projets Trans Mountain ainsi que les lignes 3 et 5 d’Enbridge, qui font l’objet de litiges aux États-Unis. Mais cela ne consolera pas M. Kenney.

Impopulaire, le premier ministre albertain misait énormément sur Keystone XL. Il a investi 1,5 milliard dans le projet. Cela lui coûtera cher, dans tous les sens.

* * *

Justin Trudeau dit pleurer la décision de M. Biden, mais ses larmes sècheront vite.

En défendant l’oléoduc, le premier ministre espérait en échange un appui à la tarification du carbone. Son pari a échoué. L’Ouest est resté en colère, et les écolos se sont sentis trahis. Le premier ministre a seulement réussi à se faire des ennemis.

Si M. Biden annule Keystone XL dès le jour 1 de sa présidence, cela montrera que sa décision est irrévocable. Et elle aura le mérite pour les libéraux de ne pas survenir en pleine campagne électorale.

M. Trudeau doit être secrètement soulagé que quelqu’un ait pris cette décision difficile pour lui. Mais elle ne règle pas tout à fait une contradiction de son plan vert : Ottawa veut encore produire plus de pétrole tout en polluant moins.

Pour y voir clair, j’ai utilisé 2018 comme année de référence.

En décembre, M. Trudeau a annoncé sa nouvelle cible : baisser les émissions de gaz à effet de serre de 30 % d’ici 2030. Or, quelques jours plus tôt, la Régie de l’énergie estimait que la production de pétrole augmenterait de 49 % d’ici 2040 (2).

Bien sûr, il ne s’agit que d’une projection, et elle ne tenait pas compte des innovations technologiques ou des décisions politiques à venir. Par exemple, le plan climat de M. Trudeau haussera le prix du carbone de 30 $ à 170 $ d’ici la fin de la décennie.

Ce plan est ambitieux, mais il y a tout de même des limites à dire qu’on va polluer plus et moins en même temps…

À sa décharge, le Canada n’est pas seul. Cette contradiction existe dans plusieurs autres pays, comme le rappelle un récent rapport de l’ONU (3).

L’Agence internationale de l’énergie fait des projections quant à la demande en pétrole. Parmi les trois scénarios, un seul prévoit une baisse durant la prochaine décennie, et ce serait aussi le seul à respecter l’Accord de Paris (4).

Vrai, la planète va continuer à consommer du pétrole, mais les besoins dépendront des décisions politiques.

Contrairement à la loi de l’offre et la demande, la science du climat est inflexible. Elle se fiche de nos humeurs. Que cela plaise ou non, le carbone accumulé dans l’atmosphère cause des dégâts.

Le gouvernement Trudeau n’ose pas avouer publiquement la conclusion inévitable de son plan climat : la production de pétrole devra finir par plafonner, puis diminuer.

C’est le grand tabou qui demeure.

« Le contexte a changé, l’ère des mégaprojets arrive à sa fin », me résume Hugo Séguin, fellow au Centre d’études et de recherches internationales de l’Université de Montréal, qui a fait entre autres des recherches sur Keystone XL.

À court terme, la mort de cet oléoduc n’est pas une bonne nouvelle pour l’économie du Canada, ni pour M. Trudeau. Mais sur le plan politique, le chef libéral finira par s’en remettre. Car bien malgré lui, son plan climat est devenu plus crédible.

  1. Lisez le rapport du département américain de l’Énergie

https://www.eia.gov/energyexplained/oil-and-petroleum-products/imports-and-exports.php#:~:text=In%202019%2C%20the%20United%20States,supply%20domestic%20demand%20for%20petroleum

  1. Lisez le rapport de la Régie de l’énergie du Canada

https://www.cer-rec.gc.ca/fr/donnees-analyse/avenir-energetique-canada/2019/resultats/index. html

  1. Lisez le rapport The Production Gap
  1. Lisez le rapport de l’Agence internationale de l’énergie

https://www.lapresse.ca/actualites/2021-01-19/keystone-xl/ses-larmes-vont-secher.php

Planète bleue, idées vertes Une espèce envahissante dans le bol de pitou

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE

Léa, une femelle labernois de 5 ans, a testé les croquettes à base de carpes asiatiques.

Les carpes asiatiques, une espèce envahissante, causent des ravages importants partout où elles passent depuis leur introduction en Amérique du Nord dans les années 1970. Or, ce poisson qui peut peser jusqu’à 50 kg devra maintenant faire face à un nouveau prédateur : le chien !

Publié le 18 janvier 2021 à 6h00

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Éric-Pierre Champagne
La Presse

Depuis la fin de l’année 2020, votre toutou préféré peut en effet manger de la carpe asiatique, contribuant du même coup à réduire la population de cette espèce.

Des croquettes pour chiens faites avec de la chair de carpe asiatique broyée sont commercialisées par Wilder Harrier, une entreprise québécoise établie à Montréal. On retrouve ce nouveau produit dans les différents magasins d’alimentation pour animaux. On peut aussi se le procurer en ligne sur le site web de l’entreprise.

Selon Philippe Poirier, président et cofondateur de Wilder Harrier, les nouvelles croquettes à base de carpes asiatiques ont reçu un accueil positif jusqu’à maintenant. « Les chiens l’adorent ! », dit-il.

Le test a été aussi concluant avec le labernois du représentant de La Presse, qui a dévoré sa gamelle remplie à ras bord.

Si la carpe asiatique peut sembler inusitée comme principal ingrédient dans des croquettes pour chiens, c’est que Wilder Harrier s’est donné pour mission de produire de la nourriture et des gâteries à partir de protéines « alternatives », souligne Philippe Poirier.

L’entreprise vend déjà des croquettes faites à partir d’insectes tout comme des biscuits à base de grillons ou d’algues.

Pour la carpe asiatique, l’entreprise s’approvisionne auprès d’une usine américaine, qui récolte ses poissons dans la rivière Illinois et le lac Michigan, où l’on trouve notamment des carpes à grosse tête et des carpes argentées.

Un vrai fléau

PHOTO ANGEL FRANCO, ARCHIVES LA PRESSE

Des carpes asiatiques dans la rivière Illinois aux États-Unis

Partout où elles passent, les carpes asiatiques sont un véritable fléau. Elles se reproduisent en grand nombre, elles peuvent mesurer jusqu’à plus de 1 mètre et peser jusqu’à 50 kg. Surtout, elles sont terriblement voraces. Chaque jour, elles mangent l’équivalent d’environ 40 % de leur poids. Herbivores, elles peuvent très rapidement raser tout un écosystème.

C’est aussi une espèce difficile à contenir. Même des barrières électriques installées par l’armée américaine, au début des années 2000, n’ont pu stopper la progression de la carpe asiatique vers les Grands Lacs.

Ironiquement, ce sont autant de bonnes nouvelles pour Wilder Harrier, qui n’a pas à craindre des problèmes d’approvisionnement au cours des prochaines années.

L’entreprise prévoit déjà de vendre son nouveau produit aux États-Unis et en Corée du Sud, où la nourriture pour chiens contenant des protéines animales coûte beaucoup plus cher qu’en Amérique, précise Philippe Poirier.

Si Wilder Harrier compte sur la carpe asiatique pour vendre ses croquettes, les gouvernements américain et canadien souhaitent probablement beaucoup de succès à cette entreprise québécoise.

Ils craignent presque comme la peste cette espèce envahissante, qui cause déjà d’importants dommages écologiques et économiques.

Wilder Harrier estime avoir besoin de 50 à 100 tonnes de chair de carpes asiatiques broyées pour l’année 2021. Ce ne sera pas suffisant pour éradiquer l’espèce, mais c’est assurément un bon début.

Sur l’écran radar

Un nouveau centre sur le climat à Vancouver

PHOTO JENNIFER GAUTHIER, REUTERS

Vue de Vancouver, en Colombie-Britannique

Le gouvernement fédéral a annoncé mardi une aide de 22 millions de dollars pour permettre à l’Université Simon Fraser, en Colombie-Britannique, de mettre sur pied un centre urbain sur le climat dans la région métropolitaine de Vancouver. Le nouveau centre verra le jour grâce au programme Renewable Cities, de Simon Fraser, destiné à soutenir notamment la transition énergétique. L’objectif est de mettre en place, localement, des solutions pour améliorer l’efficacité énergétique et réduire les émissions de gaz à effet de serre.

La Presse

L’Arabie saoudite, premier exportateur de pétrole, lance une ville sans voiture

PHOTO HAMAD I MOHAMMED, REUTERS

Vue de la côte de NEOM, en Arabie saoudite

L’Arabie saoudite, premier exportateur de pétrole brut au monde, a annoncé le lancement d’une ville écologique avec « zéro voiture, zéro route, zéro émission de CO2 » à NEOM, une zone du nord-ouest du royaume actuellement en développement. Région futuriste et touristique, NEOM figure sur la liste des nombreux mégaprojets en cours destinés à diversifier l’économie de l’Arabie saoudite, qui dépend très largement de l’exportation de l’or noir. La ville, baptisée The Line, pourra accueillir 1 million d’habitants et préservera 95 % des zones naturelles. « Il n’y aura ni voiture ni route et zéro émission de carbone », a ajouté dans une déclaration retransmise à la télévision le prince héritier Mohammed ben Salmane, dirigeant de facto de la première économie du monde arabe, régulièrement classée parmi les pays les plus pollueurs au monde.

– Agence France-Presse
https://www.lapresse.ca/actualites/environnement/2021-01-18/planete-bleue-idees-vertes/une-espece-envahissante-dans-le-bol-de-pitou.php

Énergie propre Une filiale de Power Corporation lance un fonds de 1 milliard

PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, ARCHIVES LA PRESSE

Les investissements seront principalement effectués dans des projets d’énergie solaire et d’énergie éolienne.

Une filiale de Power Corporation lance un partenariat en infrastructure énergétique pour investir massivement dans le secteur des énergies renouvelables en Amérique du Nord. Cette plateforme d’investissement de Power Sustainable entend déployer 1 milliard de dollars d’ici trois ans.

Publié le 19 janvier 2021 à 6h00

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Richard Dufour
La Presse

Les investissements seront principalement effectués dans des projets d’énergie solaire et d’énergie éolienne, des sources d’énergie dont les coûts de développement et d’exploitation ont beaucoup diminué dans les dernières années.

« L’opportunité est énorme », dit Pierre Larochelle, associé directeur du Partenariat Power Sustainable en infrastructure énergétique.

« Entre 1000 et 2000 milliards de dollars américains seront investis dans les énergies renouvelables d’ici cinq ans à travers le monde. C’est un montant astronomique », dit-il.

PHOTO ROBERT SKINNER, LAPRESSE

Pierre Larochelle dirigeant de Power Sustainable. Pour le lancement d’un nouveau fonds d’investissement de un milliard de dollars.

« Il y a encore beaucoup de charbon dans le monde, et les gens réalisent que c’est extrêmement polluant. Une des sources importantes pour remplacer le charbon est l’énergie renouvelable. »

Il ajoute que la pression est forte pour combattre les changements climatiques et effectuer la transition énergétique, ce qui stimule la croissance dans le développement de l’énergie propre.

Le partenariat en infrastructure énergétique vise le développement, la construction, le financement et l’exploitation d’actifs dans le secteur des énergies renouvelables au Canada et aux États-Unis.

Les investissements de départ sont des actifs déjà en exploitation au sud de la frontière (solaire), en Ontario (solaire), ainsi qu’en Alberta et en Saskatchewan (éolien).

Pierre Larochelle espère réaliser des transactions d’une taille qui se situera entre 25 et 100 millions. « Avec 1 milliard, tu veux que chaque investissement ait une certaine taille sans être trop concentré dans un projet. »

« C’est le premier de plusieurs projets que nous entendons lancer au cours des prochaines années dans le marché des investissements durables », souligne Olivier Desmarais, président du conseil et président et chef de la direction de Power Sustainable.

« Nous souhaitons devenir une force de premier plan du développement durable. C’est l’impact que nous recherchons et c’est la raison pour laquelle nous avons décidé d’investir notre propre capital dans cette initiative », dit-il.

Le Mouvement Desjardins, la Banque Nationale, la Great-West Lifeco et la société européenne Après-demain sont les quatre investisseurs institutionnels initiaux qui se joignent à Power Sustainable à titre de partenaires dans l’initiative.

Outre cette nouvelle plateforme d’infrastructure énergétique, Power Sustainable possède deux autres plateformes : une qui investit dans les marchés d’actions chinoises et une qui détient des placements dans les entreprises québécoises Lion Électrique et Lumenpulse.https://www.lapresse.ca/affaires/2021-01-19/energie-propre/une-filiale-de-power-corporation-lance-un-fonds-de-1-milliard.php