Édifices patrimoniaux et archéologie - Ville de Québec et région

Le NAT ouvrira les portes de son chantier au public pour les Journées de la culture

En attendant son ouverture officielle, le Musée national de l’histoire du Québec, dorénavant appelé le NAT, invite le public à découvrir le bâtiment qui l’abrite lors des Journées de la culture, les 25, 26 et 27 septembre prochains.

Ce sera une première occasion pour les citoyens d’explorer le futur musée, toujours en chantier, situé au pavillon Camille-Roy de la Cité du Séminaire de Québec.

«On a encore quelques étapes à franchir avant de se prononcer sur une date », soutient Jean-François Ermel, directeur des communications, du marketing et des partenariats du NAT à propos de l’ouverture officielle.

Photo : Radio-Canada / Patricia Tadros

L’inauguration, déjà repoussée du 24 juin à cet été, reste incertaine. Son directeur général, Maxime Pedneaud-Jobin, a refusé de s’engager sur une date précise, même s’il vise une ouverture d’ici la fin de l’année.

C’est une restauration majeure d’un bâtiment patrimonial. Ça, ç’a amené un certain nombre de défis, rappelle M. Ermel. L’un des étages toujours en chantier serait sur le point d’être achevé, selon lui.

L’équipe du musée a dû relever le défi d’atteindre et de maintenir les conditions climatiques requises pour l’accueil des objets et artefacts, mentionne Jean-François Ermel.

On doit continuer de tester ces équipements-là et s’assurer d’atteindre les conditions muséales.

Une citation de Jean-François Ermel, directeur des communications, du marketing et des partenariats du NAT

Le programme, dans le cadre des Journées de la culture, inclut des causeries avec des membres du personnel, dont Mélanie Lanouette, historienne, et le directeur général Maxime Pedneaud-Jobin. Les visiteurs auront un accès privilégié à Gens du pays, un projet de la programmation inaugurale du NAT,Pour nous c’est de rencontrer le public, de capter leur intérêt et puis d’avoir un peu leur impression sur ce qui est en train de se préparer pour eux, soutient le directeur des communications.

Le NAT sera ouvert au public les 25, 26 et 27 septembre entre 10 h et 17 h 30. L’événement est gratuit. Réservation requise.

Projet de conversion à 125 M$ pour le Monastère des Ursulines de Québec

Le Monastère des Ursulines à Québec est composé de 17 bâtiments construits entre le 17e et le 20e siècle.

Photo : Gracieuseté - Ralph Samson

Le Monastère des Ursulines de Québec, considéré par plusieurs experts comme l’un des plus grands trésors d’architecture conventuelle en Amérique du Nord, fera l’objet d’une importante transformation au cours des prochaines années afin d’assurer sa pérennité.

La Fiducie du patrimoine culturel des Ursulines a dévoilé jeudi les détails de son projet de conversion évalué à 125 millions de dollars (investissements et fonctionnement) qui sera réalisé progressivement à compter du printemps 2027.

Le projet prévoit l’ajout de nouveaux usages jugés compatibles avec l’identité et la vocation d’origine du Monastère, tels que des unités d’habitation locative, un réfectoire, une salle de consultation et une bibliothèque patrimoniale, tout en pérennisant l’École des Ursulines de Québec et le Pôle culturel du Monastère des Ursulines.

Le Monastère est composé de 17 bâtiments construits entre le 17e et le 20e siècle. La présidente de la Fiducie du patrimoine culturel des Ursulines, Henriette Thériault, a fait remarquer que, depuis le départ des Ursulines en 2018, près de 40 % des espaces du Monastère demeurent inoccupés.

La vision des Ursulines est aujourd’hui d’en faire un patrimoine vivant, accessible et utile à la collectivité, a-t-elle déclaré.

Nous souhaitons que la population québécoise puisse s’approprier ce lieu d’exception. Qu’elle puisse s’y rassembler, apprendre, l’habiter et le découvrir , a indiqué de son côté la directrice générale, Sophie Limoges.

Préservation patrimoniale

La Fiducie a précisé que chaque composante du projet de conversion, qui sera réalisé en plusieurs phases, avait été pensée de manière à préserver l’intégrité du Monastère tout en répondant aux besoins de la collectivité et en contribuant à la vitalité du quartier historique.

Les nouvelles fonctions s’inscrivent ainsi dans un véritable continuum où patrimoine, culture, éducation, services, habitation et vie communautaire se côtoient , a-t-elle fait valoir. La supérieure générale des Ursulines de l’Union canadienne, Sœur Pauline, estime que le projet ouvre un nouveau chapitre dans l’histoire du Monastère

[Il] permet à l’esprit qui l’anime depuis près de quatre siècles de continuer à vivre autrement. Notre souhait est que sa vocation d’éducation, d’accueil et de service se poursuive et continue d’inspirer celles et ceux qui le fréquenteront demain, a exprimé la supérieure générale.

La population aura l’occasion de visiter le Monastère une dernière fois avant le début de sa transformation; le Pôle culturel du Monastère des Ursulines organisera des visites guidées du 19 septembre au 25 octobre, les jours de fin de semaine.

2 Likes

Histoire et patrimoine

Saint-Jean-Baptiste, mon quartier

Des photos en noir et blanc défilent sur l’écran d’ordinateur. Pierre Robitaille, sans regarder le titre, replace en quelques secondes le coin de rue et l’époque. Saint-Jean-Baptiste est la constance de sa vie, il y est né et 68 ans plus tard, il y réside encore. Le temps d’un après-midi, il m’a parlé de l’histoire de son quartier, devenue la sienne.

Pierre Robitaille le 20 août 2026.

Crédit photo: Élisa Marchildon

Nous nous sommes donné rendez-vous un jeudi après-midi sur le parvis de l’église Saint-Jean-Baptiste. Lorsque j’arrive, Pierre Robitaille me regarde, sa curiosité à moitié voilée par ses lunettes de soleil.

Il me demande de définir mon projet. Je lui réponds que j’aime l’histoire et mon quartier. J’ai envie de le voir à travers les yeux de quelqu’un d’autre, quelqu’un qui l’a aimé depuis longtemps.

Sur ce point, il semble être la personne toute désignée. « J’ai vécu toute ma vie sauf deux ans où j’ai étudié à Saint-Jean-Port-Joli et deux ans à Montréal. Je n’étais pas à temps plein là-bas, je revenais tout le temps ici. Je suis un amoureux du quartier », explique-t-il.

Une première maison disparue

Premier arrêt : le stationnement en haut de la côte Sainte-Geneviève. C’est là que Pierre Robitaille a grandi. Aujourd’hui, l’espace est gris et bétonné, mais dans sa jeunesse, ce secteur de petites rues résidentielles est une continuation du reste du quartier.

Là où se trouvait la première maison de Pierre Robitaille.
Crédit photo: Élisa Marchildon

Dans les années 1960 et 1970, la ville de Québec procède au réaménagement du secteur. Cela passe notamment par la construction du boulevard Saint-Cyrille (René-Lévesque) et de l’autoroute Dufferin-Montmorency ainsi que de plusieurs bâtiments comme le complexe G, l’hôtel Hilton ou l’édifice de la Haute-Ville. Au total, 2 000 bâtiments sont détruits entre 1960 et 1976, la majorité dans Saint-Jean-Baptiste.

L’élargissement du boulevard Saint-Cyrille, aujourd’hui le boulevard René-Lévesque, en 1965.
Crédit photo: William Bertram Edwards, Archives de la Ville de Québec (image recadrée)

« Ma première maison était sous le Delta, mes deux premières maisons en fait parce que j’ai habité en face. J’ai connu les aventures de l’îlot Berthelot. […] J’étais un peu jeune, je n’ai pas participé, mais j’ai vu tout ça aller. »

Le chantier de construction de Place Québec vers 1970.
Crédit photo: Archives nationales à Québec, Fonds L’Action catholique, (03Q,P428,S3,SS1,D39,P9-10), Richard Cloutier (image recadrée)

Lire la suite et photos

Par la suite, Pierre Robitaille a résidé dans plusieurs rues du quartier, évoluant entre les paroisses Saint-Vincent-de-Paul et Saint-Jean-Baptiste comme la majorité des résidents. « On mixait les deux parce que les gens de Saint-Jean-Baptiste venaient au Patronage Saint-Vincent-de-Paul et nous on allait à l’école, j’ai fait une partie de mon secondaire à l’école Saint-Jean-Baptiste par exemple. »

Grandir dans Saint-Jean-Baptiste

Le sexagénaire a fait son primaire à l’école Saint-Vincent-de-Paul, aujourd’hui détruite. Il décrit sa jeunesse comme une période remplie de libertés et d’exploration : « le cimetière c’était un peu notre terrain de jeu. On n’avait pas le droit d’y aller, on se faisait chasser par le bedeau, mais on y allait pareil ».

Publicité

Sur la rue Saint-Olivier, « je connaissais tout le monde, pis les gens habitaient longtemps. Il n’y avait pas énormément de mouvement comme aujourd’hui ». Ces liens entre voisins créent un sentiment de sécurité unique pour les parents comme pour les enfants, ainsi qu’une communauté soudée.

Puis, les jeunes ne sont pas laissés à eux-mêmes. Ils se retrouvent au Patronage Saint-Vincent-de-Paul (Patro), tenu par les frères. Là-bas, ils profitent d’une piscine, de patinoires et jouent à d’innombrables sports et activités.

Le Patronage et l’église Saint-Vincent-de-Paul en 1937.
Crédit photo: Archives nationales à Québec, Fonds J. E. Livernois Ltée, (03Q,P560,S2,D2,P166750-1), Photographe non identifié (image recadrée)

« L’été, les frères avaient inventé un jeu. Ça s’appelait la guerre du Vietnam. Il y avait deux camps, puis c’était un peu comme le drapeau, il fallait aller chercher quelque chose chez l’adversaire. S’ils nous attrapaient, ils nous trempaient dans de l’eau et de la farine. On était élevé à la dure. »

Pierre Robitaille admet que ce n’était pas toujours une enfance tendre, mais garde de bons souvenirs de cette époque. Il se souvient notamment du frère Boucher comme « quelqu’un de bien ».

Dès 1971, une partie des installations est expropriée pour la construction de l’autoroute Dufferin-Montmorency, puis le Patro est fermé définitivement en 1984, suivi en 1988 par l’église. Aujourd’hui, tous ces bâtiments ont été démolis.

« Je trouve que c’était une institution. Ça serait probablement plus comme c’était, mais quand même, je veux dire, les jeunes avaient… On avait une place, nous autres, où aller. Maintenant, bon… Ils vont à Lucien-Borne, mais ça ne se compare pas », dit-t-il concernant la perte du Patro.

Des maisons de la côte d’Abraham démolies dans les années 1960 pour faire place à l’autoroute Dufferin-Montmorency.
Crédit photo: Bibliothèque et Archives nationales du Québec (image recadrée)

Toutefois, c’est loin d’être la seule disparition marquante du quartier.

Les enseignes du quartier

« Il y avait une petite rue qui a complètement disparu qui s’appelait la rue O’Connell et au bout de ça, à peu près au coin de Sainte-Geneviève, tu avais un commerce. C’était la tabagie des frères Paul. On allait là pour acheter des bonbons. Ce qui était drôle, c’est que c’était deux vieux messieurs jumeaux et ils ressemblaient à Dupont et Dupont. »

La rue des Zouaves vue de la rue Saint-Gabriel avec la rue Saint-Jean en arrière-plan en 1953.
Crédit photo: Service de police, Archives de la Ville de Québec (image recadrée)

Lorsque nous passons sur Saint-Jean, il me désigne quelques devantures. La boutique Roba & Caso était l’épicerie California Fruit et le Collège O’Sullivan était le magasin S. S. Kresge, le Dollarama de l’époque.

Puis, il y a les grandes pertes, comme la pâtisserie Simon, et celles qui, selon lui, ne devraient jamais avoir lieu : l’Épicerie Européenne et Bicycles Falardeau. Quant à l’épicerie J.A. Moisan, qui vient d’annoncer sa réouverture après avoir été reprise par un couple franco-italien, son histoire se poursuit. Ces adresses qui ont traversé les décennies font, selon lui, l’identité du quartier.

L’Épicerie J.A. Moisan sur la rue Saint-Jean en 1981.
Crédit photo: Gérard Donnelly, Archives de la Ville de Québec (image recadrée)

« Les gens qui tenaient les commerces étaient spéciaux, comme monsieur Lacoursière. C’était un gros monsieur avec son chapeau, décrit-il lorsque nous passons devant l’ancienne épicerie. Il y avait des personnalités très fortes. […] Aujourd’hui, il y a plus un roulement. Ces gens-là, ils commençaient et ils mouraient là. Ça créait donc peut-être plus une continuité, une ambiance. »

À l’époque, les épiceries se comptent par dizaines. Les commerces sont alors sur la rue Saint-Jean, mais aussi sur les rues parallèles et perpendiculaires. « Sur la rue des Zouaves, tu avais le petit café Ste-Julie. […] Il faisait des repas pas chers et souvent mon père m’emmenait la fin de semaine quand ma mère était partie voir ses sœurs. »

Le bâtiment blanc avec des bordures bleues (au fond) abritait le café Ste-Julie.
Crédit photo: Élisa Marchildon

Malgré les années, la diversité des commerces demeure selon lui une des grandes forces du quartier. Il souligne que Saint-Jean-Baptiste a déjà eu une offre végétarienne et aussi un cinéma. Ce n’est plus le cas, mais « on a à peu près tout dans le quartier, ça, c’est le fun ».

Les gens de Saint-Jean-Baptiste

Ce dynamisme commercial représente à l’époque la diversité de gens qui habitent le quartier. « C’était un quartier très ouvert, étudiant, très de gauche, péquiste beaucoup. Tsé Claude Charron se tenait au Fou-Bar, le Faubourg dans le temps », énumère Pierre Robitaille.

Puis, Saint-Jean-Baptiste était, et est encore, « le quartier gai ». « Dans le quartier, tout le monde se mélangeait », résume-t-il. Toutefois, Pierre Robitaille souligne que dans son enfance, la majorité des résidents étaient des familles ouvrières « de revenu modeste à très modeste ». Cela a changé notamment en raison de la hausse des prix du logement.

« C’est devenu un peu moins populaire. Aujourd’hui, cette tranche de personnes s’est plus rabattue dans Saint-Sauveur, puis dans Limoilou. Même si Limoilou, ça commence un petit peu à être pareil », songe-t-il lors d’un arrêt sur un banc de la rue Lavigueur.

Des taudis condamnés de la rue Saint-Olivier en 1968.
Crédit photo: Service de police, Archives de la Ville de Québec (image recadrée)

Pour Pierre Robitaille, cette crise du logement est décuplée aujourd’hui par la présence des Airbnb. « Pour que le quartier garde un peu de son identité, de son abordabilité, à un moment donné, il faut mettre un frein à ça. »

Un quartier magique

L’abordabilité n’est toutefois pas le seul point distinctif de Saint-Jean-Baptiste. Pierre Robitaille mentionne son dynamisme et sa capacité d’évoluer avec les changements sociaux. Il y a sa communauté « tissée serrée », composée de nombreux intellectuels, artistes et écrivains. Puis, les services et la taille du quartier permettent de faire la majorité des déplacements à pied. Enfin, Saint-Jean-Baptiste est animé, tout en étant paisible et sécuritaire.

Pour toutes ces raisons, Pierre Robitaille explique que les résidents de Saint-Jean-Baptiste, actuels et anciens, ont un réel amour pour le secteur. Chez lui, cet amour est visible à travers sa collection impressionnante de photos d’archives.

Après notre promenade dans le quartier, il m’accueille dans son appartement de la rue de la Tourelle. Sur son ordinateur, il ouvre un dossier de photos. Il m’avertit avoir déjà fait une sélection, sinon il y en aurait trop. Il y en a tout de même plus de 250… Certaines parlent d’un temps oublié, d’autres sont plus récentes.

« Ça, c’est l’ancien restaurant Le Veau d’or, où on est passé tout à l’heure. Tu avais le Ballon Rouge. Ça, c’était le premier club gai. Moi, je connaissais le propriétaire, parce que c’était un ami de mon frère », explique-t-il en pointant des éléments sur la photo.

Le bar le Ballon Rouge et le restaurant Le Veau d’Or en 1986.
Crédit photo: Archives de la Ville de Québec (image recadrée)

Parmi les derniers clichés qu’il me montre, quelques prises de vue du Festival Off de Québec. Pierre Robitaille fait partie de ceux qui ont créé l’événement. On y voit des musiciens, une foule animée et des enfants qui dansent.

Puis, une petite tête blonde. Ma tête.

Pierre Robitaille et moi nous regardons, incrédules. Sans le savoir, il m’a photographiée il y a de cela près de 20 ans, lorsque j’étais une gamine du quartier. Un moment magique, comme Saint-Jean-Baptiste sait si bien les concocter.

Certaines photos dans cet article ne font pas partie de celles vues ou prises lors de l’échange entre la journaliste et Pierre Robitaille et ont plutôt été choisies pour illustrer le propos.

Histoire et patrimoine

Défendre Québec comme un artilleur britannique à la Tour Martello 4

Deux petits canons, des cibles projetées sur un écran et une caméra capable de détecter les tirs : une nouvelle technologie développée à Québec permet de se mettre dans la peau d’un artilleur britannique chargé de défendre la ville contre une éventuelle attaque américaine au début du 19e siècle, à la Tour Martello 4, dans le quartier Saint-Jean-Baptiste.

C’est une entreprise basée à Charlesbourg, ALTKEY, qui a développé l’expérience ARtilleurs, en collaboration avec le Musée des plaines d’Abraham et Awastoki, un studio wendat spécialisé en 3D.

L’activité fait partie d’une série de défis à caractère historique inspirés des kermesses d’autrefois : le Club des Pinsonnault.

« On avait une innovation un peu funky qu’on voulait développer et il nous fallait un endroit pour la tester », raconte le président d’ALTKEY, Mathieu Savard.

Le Musée des plaines d’Abraham travaillait déjà à la création du Club des Pinsonnault pour l’été.

La Tour Martello 4, sur la rue Lavigueur.
Crédit photo: Thomas Verret

La collaboration avec ALTKEY est arrivée pile-poil.

« On avait déjà le projet de lancer ça [le Club des Pinsonnault], c’était prévu pour le mois de juillet. Quand ALTKEY nous a appelés, on s’est dit : “parfait, ça pourrait être un jeu parmi tous les jeux qu’on veut faire” », relate Virginie Arsenault, cheffe des programmes éducatifs et des expositions à la Commission des champs de bataille nationaux (CCBN).

Innovation technologique

Au même moment, une occasion de financement s’est présentée avec le ministère de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie, qui soutenait les projets collaboratifs. ALTKEY, le Musée des plaines d’Abraham et Awastoki ont donc soumis leur projet, qui a obtenu l’appui du ministère.

Dans le nom ARtilleurs, le « AR » en majuscules fait référence à augmented reality, précise Mathieu Savard.

Textes et photos

« Le but, c’est de reproduire un peu ce que les artilleurs pouvaient voir en haut des tours », résume-t-il.

L’entreprise a fait plusieurs tests pour développer cette technologie qui n’existait pas encore, selon Mathieu Savard.

Une petite caméra est installée en haut, explique le président d’ALTKEY. Des pointeurs laser spéciaux envoient des signaux sur la projection, qui reproduit en temps réel ce qu’on voit sur l’écran. Deux joueurs peuvent alors s’affronter en utilisant un petit canon.

La technologie mise en place dans l’espace restreint de la Tour Martello 4 pourrait se déployer sur une surface beaucoup plus grande, comme dans une grande salle ou un gymnase.

C’est dans cette pièce qu’on s’installe pour jouer à ARtilleurs.
Crédit photo: Thomas Verret

D’ici quelques années, l’expérience ARtilleurs est appelée à se déplacer à la Tour Martello 1, sur les plaines d’Abraham.

Des défis manuels et intellectuels

À l’intérieur de la Tour Martello 4, c’est Marie-Ange-Flore (dite Maisie) Marois qui nous accueille. Son mari, Honoré-Joseph Pinsonnault, était responsable des pageants des fêtes du Tricentenaire. Il s’agit de grands spectacles présentés sur les plaines d’Abraham en 1908, qui relataient l’histoire de Québec.

M. Pinsonnault s’est également impliqué dans les sports, notamment dans des clubs de raquette et de bowling. Il a été à l’origine du premier club de curling à Québec.

« Nous, on aime ça jouer. Donc, on s’est dit qu’on allait jouer à plein de jeux », dit Mme Pinsonnault à propos du Club des Pinsonnault.

Un jeu d’évasion créé par l’entreprise À Double Tour a fonctionné pendant quelques années dans la Tour Martello 4, rappelle Virginie Arsenault.

« On cherchait quelque chose d’autre. Et là, il y a la mode des jeux quiz et d’adresse », souligne-t-elle.

Le jeu se joue en groupe de quatre à six personnes. Il faut réserver à l’avance une plage horaire sur le site internet du Musée des plaines d’Abraham.

Outre les activités saisonnières, la Tour Martello 4 accueille des groupes scolaires du Québec, de l’Ontario, de la Colombie-Britannique et d’autres provinces canadiennes.

À la fin octobre ou au début novembre, une activité d’Halloween prendra le relais du Club des Pinsonnault.

Un lieu méconnu, rempli d’histoire

À l’entrée, on retrouve la famille Marcoux, qui a vécu dans la Tour Martello 4 après que leur maison ait brûlé dans le quartier Saint-Roch lors du grand incendie de 1892.

William Marcoux, un agent de la paix, a habité la tour Martello 4 avec sa famille pendant plusieurs années.
Crédit photo: Thomas Verret

À l’étage inférieur, à la hauteur de la rue Lavigueur, se trouvent le magasin et la poudrière. C’est là que les soldats entreposaient leurs provisions : du rhum et de la bière dans des barils, ainsi que de la nourriture, notamment de la farine et des aliments salés, comme du lard et de la viande.

Des barils servant à entreposer les provisions des soldats.
Crédit photo: Thomas Verret

La poudrière où les soldats entreposaient la poudre et les munitions.
Crédit photo: Thomas Verret

Première ligne de défense

Quatre tours Martello ont été construites à Québec entre 1808 et 1812, à la demande du gouverneur de l’époque, James Henry Craig. Trois existent encore aujourd’hui, deux sur les plaines d’Abraham et une dans le quartier Saint-Jean-Baptiste.

La tour Martello 3 a été détruite en 1904 pour permettre la construction d’un pavillon de l’ancien hôpital Jeffrey Hale, dans le secteur du Grand Théâtre.

À l’époque, c’était stratégique de forcer les Américains à attaquer par l’ouest, en raison de la présence du cap Diamant. Le secteur, beaucoup moins développé qu’aujourd’hui, comptait alors des terres agricoles, des vaches et un chemin de terre qui correspond aujourd’hui à la Grande Allée.

Lire aussi :

Le réservoir d’eau, un autre secret des plaines d’Abraham

C’est de loin le plus vaste des 27 réservoirs d’eau potable de la Ville de Québec. Il se […]

Lire sur Monmontcalm

Sur l’aile Pratt du Château Frontenac, Lionel et son équipe mènent la deuxième phase des travaux :hammer_and_wrench: À l’œuvre sur le parement, ils font notamment le remplacement de briques fissurées et de pierres en délit. Chaque action vise à restaurer, protéger et pérenniser l’enveloppe de ce bâtiment emblématique au cœur du Vieux-Québec ! :blue_heart: