Économie et commerce - Actualités

F.F. Soucy ferme à Rivière-du-Loup: 175 travailleurs au chômage à deux jours de Noël

À deux jours de Noël, Papiers White Birch annonce la fermeture définitive de l’usine F.F. Soucy de Rivière-du-Loup, entraînant la perte de 175 emplois.

Mardi matin, des dirigeants de la multinationale américaine ont convoqué les représentants et des membres du syndicat d’Unifor pour leur annoncer que l’entité de Rivière-du-Loup était en faillite. Les prochaines étapes seront encadrées par le syndic Raymond Chabot.

«C’est la pire des nouvelles pour les employés avant Noël et, pour la ville, c’est une page d’histoire qui se tourne avec tristesse», confie Marius Marquis, qui a travaillé pendant 38 ans chez F.F. Soucy.

«L’entreprise n’a pas été en mesure de compenser le déclin rapide du marché du papier journal ni les effets du soutien gouvernemental accordé à certains concurrents dans d’autres provinces», explique les dirigeants de F.F. Soucy dans une lettre aux employés dont Le Journal a obtenu copie.

L’entreprise avait temporairement cessé ses activités à la fin juillet. Les employés devaient reprendre du service au début novembre, mais ça avait été repoussée à janvier.

Les autres épargnées

«Les autres entreprises du groupe, les usines de Stadacona [Québec] et de Papier Masson [Gatineau], ne sont pas touchées par cette décision», assure Sylvain Girard, vice-président des opérations pour Papiers White Birch après des rencontres mardi.

Dans les derniers mois, Papiers White Birch demandait au gouvernement du Québec d’investir des dizaines de millions de dollars, sans quoi sa papetière du Bas-Saint-Laurent allait fermer.

Une étude avait finalement été commandée en septembre par White Birch en collaboration avec la CAQ.

«Les résultats […] ont démontré qu’aucune option ne permettait d’envisager une exploitation viable et durable de l’usine à long terme», déclare M. Girard.

Une claque pour Rivière-du-Loup

Fondée en 1963, F.F. Soucy est une institution à Rivière-du-Loup.

Pendant plusieurs années, cette usine a été l’une des plus importantes au Canada dans la fabrication du papier journal.

Selon les données compilées par le syndicat d’Unifor, cette fermeture touchera indirectement 1800 emplois dans la région.

Le retraité Marius Marquis s’inquiète également pour son fonds de pension, qui sera amputé de quelques centaines de dollars par mois.

«Nous recevons deux chèques selon la dernière entente qui remonte à plusieurs années et on nous a dit qu’on allait perdre 55% d’un des deux versements», explique l’homme de 77 ans.

White Birch carbure aux subventions

Depuis 2012, Québec et Ottawa ont octroyé près de 293 M$ pour les trois usines de Papiers White Birch

  • 2023: 2,5 M$ pour l’usine de Gatineau (prêt)
  • 2023: 47,7 M$ pour l’usine de Québec (prêt)
  • 2023: 34,8 M$ pour l’usine de Gatineau (prêt)
  • 2023: 29,4 M$ pour l’usine de Rivière-du-Loup (prêt)
  • 2021: 25 M$ pour l’usine de Québec (prêt)
  • 2013: 3 M$ pour l’usine de Gatineau (subvention)
  • 2012: 35 M$ pour l’usine de Québec (prêt)
  • De 2016 à 2022, le fédéral a versé 48,5 M$ en subventions à White Birch

Qui est le propriétaire?

Papiers White Birch est la propriété de Peter Brant, un Américain dont la fortune personnelle est estimée à près de 1 milliard $ US. La papetière possède trois usines à Québec, Gatineau et Rivière-du-Loup.

https://www.journaldequebec.com/2025/12/23/white-birch-ferme-a-riviere-du-loup-175-travailleurs-au-chomage-a-deux-jours-de-noel

Malgré l’inflation, les Québécois augmentent leurs dépenses pour les fêtes

C’est la folie de Noël dans les centres commerciaux!

Le 23 décembre est la journée la plus achalandée dans les magasins.

Et malgré l’inflation, les Québécois ont dépensé plus que l’an dernier pour la saison des fêtes.

Le reportage de Camille Kasisi-Monet

Starbucks va fermer 400 établissements en Amérique du nord. L’article mentionne des villes américaines majeures mais une révision de l’ensemble Canada/US a eu lieu.

The chain reviewed more than 18,000 stores in the United States and Canada, and “closed locations that were underperforming or unable to meet our brand standards,” a Starbucks spokesperson said in an email to CNN.

that’s not good :smirk:

Oh non… quel dommage… :lying_face:

La vie coûte cher ? On a vu mieux… et bien pire !

Encore cette année, le coût de la vie a été un sujet omniprésent. Logement, bœuf, café, sorties au restaurant… les prix ont fait les manchettes à répétition. Et si on comparait la situation actuelle à celles d’autres époques ? Plongée dans l’évolution du coût de la vie depuis 140 ans à Montréal.

https://www.lapresse.ca/affaires/chroniques/notre-pouvoir-d-achat-depuis-140-ans/la-vie-coute-cher-on-a-vu-mieux-et-bien-pire/2025-12-28/histoire-d-un-pouvoir-d-achat-en-zigzag.php

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Saks Fifth Avenue (qui était un peu la maison-mère de La Baie d’Hudson) a raté un paiement d’intérêt se prépare à faire faillite aux États-Unis.

Exclusif Wall Street Journal

https://www.wsj.com/finance/saks-prepares-for-bankruptcy-after-missing-debt-payment-ff3df6d2?mod=pls_whats_news_us_business_f

Je croyais que c’était le contraire, que La Baie était propriétaire de Saks…

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En 2013 La Baie d’Hudson a acheté Saks.

En fait c’est la personne de Richard Baker qui est reliée aux deux faillites.

Baker serves as Executive Chairman of Saks Global, the entity formed in late 2024 after the spin-off from Hudson’s Bay Company (HBC) and the $2.65–2.7 billion acquisition of Neiman Marcus Group. He was the primary architect of that deal, which significantly increased the company’s debt load and contributed to the ongoing liquidity challenges in the softening luxury retail sector.

Sous-traitance Intelcom profite du départ d’Amazon

PHOTO FOURNIE PAR ROSEFELLOW

Le centre de tri d’Intelcom à Laval

Intelcom, l’un des principaux sous-traitants d’Amazon au Québec, a eu du pain sur la planche en 2025. Quelques mois après avoir fait l’acquisition d’un immense centre de tri à Montréal, l’entreprise en a ouvert un autre encore plus grand à Laval.

Publié hier à 8 h 00

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[
Megan Foy
Megan Foy La Presse

](https://www.lapresse.ca/auteurs/megan-foy)

Il n’a fallu que quelques semaines pour que le bâtiment industriel développé par Rosefellow, situé au 330, rue Saulnier, à Laval, et achevé en décembre dernier, trouve un locataire.

« Durant la fin de la construction, il y a eu une visite d’Intelcom, et au mois de février, ils ont signé un bail à long terme avec nous », a indiqué Mike Jager, cofondateur de Rosefellow.

C’est l’emplacement qui a convaincu l’entreprise de livraison rapide d’aller de l’avant. Et aussi, l’importante superficie offerte par le bâtiment qui, avec le terrain, a nécessité des investissements de 65 millions de dollars : un atout rare sur le marché actuel, croit Rosefellow.

Dans les plus grands centres de tri d’Intelcom, à Montréal et à Toronto, de 75 000 à 100 000 colis transitent chaque jour, a rapporté le PDG d’Intelcom, Jean-Sébastien Joly, dans une entrevue accordée à La Presse dans les derniers mois.

Lisez l’entrevue de Jean-Philippe Décarie avec le PDG d’Intelcom

En activité depuis juin, le nouveau centre de distribution de Laval s’ajoute à ce lot. D’une superficie de 408 000 pieds carrés, le bâtiment à l’angle des autoroutes 19 et 440 s’impose comme l’un des plus imposants du secteur.

Il s’agit d’une des plus grandes transactions de location de la dernière année, selon les rapports trimestriels de Colliers.

« L’ouverture d’installations comme celle de Laval illustre notre vision de constamment faire croître la capacité et la performance de notre réseau », a précisé l’entreprise, dans un courriel adressé à La Presse.

L’entreprise n’a pas indiqué si la location de ce bâtiment était directement liée à la fermeture des entrepôts Amazon, au Québec, au début de l’année. Les mois qui ont suivi ont toutefois prouvé que l’entreprise québécoise a bénéficié des besoins grandissants d’Amazon en matière de livraison et de services de tri.

Grosse année pour Intelcom

En juillet dernier, le PDG d’Intelcom a affirmé qu’il ne souhaitait pas reprendre les bâtiments laissés vacants par son client Amazon.

À preuve, Intelcom a aussi mis la main sur un bâtiment de plus de 350 000 pieds carrés dans l’arrondissement montréalais de Saint-Laurent dans la dernière année, afin de répondre aux besoins des clients en fonction de la densité de la population. La transaction de location a été qualifiée de « remarquable » par la firme immobilière Jones Lang LaSalle (JLL), compte tenu de la superficie occupée par l’entreprise.

Depuis 2018, Intelcom enregistre un taux de croissance annuel de 40 %, selon son PDG.

Intelcom en bref

  • Année de fondation : 1986
  • Siège social : Montréal
  • Nombre de centres de tri au pays : Plus d’une centaine
  • Nombre d’employés : 4500, dont 450 au siège social

Une année Rosefellow

Après un début d’année plus difficile, marqué par l’incertitude des droits de douanes, le cofondateur de Rosefellow croit que les grandes entreprises sont maintenant prêtes à s’engager dans leurs projets industriels.

Rosefellow a d’ailleurs enfin accueilli BRP à Saint-Philippe, dans un bâtiment de 950 000 pieds carrés. D’autres locaux, à Candiac, ont aussi accueilli un nouveau locataire du milieu de la livraison : Purolator. « On voit beaucoup plus d’achalandage, que ce soit UPS, FedEx, Purolator, ou une entreprise comme Intelcom qui dessert Amazon », remarque Mike Jager.

IMAGE FOURNIE PAR ROSEFELLOW

Un centre de distribution à la fine pointe de la technologie verra bientôt le jour à Candiac.

Parmi les autres annonces notables de l’entreprise, présentées dans son bilan de fin d’année : un terrain acquis à Candiac il y a à peine quelques semaines. Et il a déjà son futur locataire, qui occupera l’ensemble du site en bordure de l’autoroute 30, précise Rosefellow. Un centre de distribution à la fine pointe de la technologie d’une superficie de 190 000 pieds carrés, construit sur mesure, y verra le jour. Le nouveau locataire sera bientôt annoncé, a indiqué M. Jager.

https://www.lapresse.ca/affaires/2025-12-31/sous-traitance/intelcom-profite-du-depart-d-amazon.php

J’ai de gros problèmes avec ces comparaisons.

1: Les biens présentés
Beaucoup de ces biens ne sont pas acheter d’une façon quotidienne. Je ne vois pas en quoi le nombre d’heures nécéssaire pour s’acheter une laveuse représente un bon indicateur que le pouvoir d’achat est mieux ou pire. Le logement et l’épicerie sont étrangement absent de cette table.

2- industrialisation et globalisation.
Tout les biens présentés sont moins cher à cause de l’évolution des méthodes de fabrications et de l’exportation de la main d’oeuvre dans des pays beaucoup plus pauvre. Si on voyait les biens produits localement comme une partie de la nourriture, le logement, ainsi que les services privés qui n’existait pas forcément en 1885, je suis sûr que les conclusions seraient beaucoup plus morose.

En gros, si on avait juste besoin de grille-pains et de laveuses pour vivre, ces statistiques seraient utiles, mais ce n’est pas le cas. Ces statistiques sont totalement inutiles par l’omission de biens essentiels.

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2026 Cinq choses à surveiller dans le monde des affaires canadien

PHOTO CARLOS OSORIO, ARCHIVES REUTERS

Des camions attendent de pouvoir traverser la frontière américaine à Windsor, en Ontario.

(Ottawa) Les enjeux commerciaux ont fait la une des journaux canadiens en 2025, mais le marché boursier a semblé ignorer les difficultés économiques, atteignant des sommets historiques.

Publié le 31 déc. 2025

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Craig Wong La Presse Canadienne

À l’aube de 2026, le commerce restera au centre des préoccupations, mais la nouvelle année apportera également de nouveaux défis, Ottawa cherchant à apporter des changements fondamentaux à l’économie.

Voici cinq choses à surveiller dans le monde des affaires canadien en 2026.

Commerce

Le président américain Donald Trump et ses droits de douane ont été le sujet principal de l’année 2025, et cela ne devrait pas changer en 2026, puisque l’accord de libre-échange entre le Canada, les États-Unis et le Mexique fait l’objet d’un réexamen officiel.

Avant les négociations, les États-Unis ont indiqué qu’ils envisageaient un meilleur accès au marché pour leurs produits laitiers. Le Canada subit également des pressions pour abroger la Loi sur la diffusion continue en ligne et la Loi sur les nouvelles en ligne, et pour mettre fin aux interdictions provinciales de distribution d’alcool américain.

L’économiste principale de la CIBC, Katherine Judge, estime que Donald Trump reconnaît les avantages de l’accord commercial et que, malgré ses fanfaronnades, le président américain ne le rompra pas.

« Nous pourrions maintenir certains droits de douane dans des secteurs déjà en vigueur, comme l’automobile et le bois d’œuvre, mais nous sommes convaincus que le président Trump y voit un intérêt », a-t-elle mentionné au sujet de l’accord.

Selon Mme Judge, le locataire de la Maison-Blanche a intérêt à conclure les négociations commerciales avant les élections de mi-mandat aux États-Unis, car le coût des droits de douane américains commence à se répercuter sur les prix à la consommation.

Projets d’infrastructure nationale

Le premier ministre Mark Carney a fait de grandes promesses concernant les projets d’infrastructure nationale et l’année 2026 nous dira s’il est en mesure de les concrétiser.

Le gouvernement fédéral a annoncé un accord avec l’Alberta pour soutenir la construction d’un nouvel oléoduc et un autre avec l’Ontario pour faciliter le développement de projets d’exploitation de minéraux essentiels dans la région du Cercle de feu de la province.

Toutefois, le véritable défi pour 2026 sera de concrétiser la volonté du Canada de diversifier son économie et de réduire sa dépendance aux États-Unis.

Marchés

L’indice composé S&P/TSX du parquet torontois a atteint des sommets historiques en 2025, porté par la vigueur du secteur financier, la flambée du prix de l’or et Shopify.

Ces gains sont survenus alors que l’engouement suscité par l’intelligence artificielle (IA) et les investissements nécessaires à la construction et à l’exploitation des centres de données requis par cette technologie ont également propulsé les marchés boursiers américains à des niveaux records.

Macan Nia, costratège en chef des placements chez Investissements Manuvie, ne prévoit pas le même niveau de rendement pour 2026, mais estime que le potentiel de croissance demeure.

« Les facteurs qui ont permis d’atteindre des rendements de l’ordre de 25 % cette année seront toujours présents l’an prochain. Ils ne pourront simplement pas se manifester avec la même intensité, car les valorisations sont plus délicates », a-t-il expliqué.

M. Nia estime que les comparaisons avec la bulle internet des années 2000 sont prématurées. Selon lui, même si les dépenses en IA ralentissent, cela ne devrait pas suffire à provoquer une récession plus importante susceptible de déclencher un marché baissier.

Immobilier

Les ventes de maisons au Canada ont commencé à se redresser vers la fin de l’année, après une période de faiblesse persistante.

D’après Mme Judge, 2026 sera une année de transition pour le marché immobilier, l’incertitude économique liée aux négociations sur le libre-échange avec les États-Unis et le Mexique continuant de peser sur le marché.

« Nous ne prévoyons pas de reprise durable avant le second semestre », a-t-elle souligné, tout en précisant que la situation devrait s’améliorer en 2027.

La construction de nouveaux logements était une promesse majeure des élections fédérales, et Mme Judge constate une reprise de la construction de nouveaux logements locatifs.

« Ce n’est évidemment pas quelque chose qui peut se faire du jour au lendemain. Je pense que nous progressons dans la bonne direction, mais la demande latente est immense », a-t-elle précisé.

Négociations dans le secteur automobile

Les conventions collectives d’Unifor avec les grands constructeurs automobiles américains seront renégociées en 2026. Le syndicat a obtenu des avancées lors des dernières négociations en 2023, mais la situation a changé. Le président américain Donald Trump souhaite développer l’industrie automobile américaine, même au détriment des activités canadiennes.

Ces négociations surviennent après l’annonce par Stellantis du transfert de la production prévue de son Jeep Compass de Brampton, en Ontario, vers l’Illinois. Stellantis ajoute un troisième quart de travail à l’usine d’assemblage de Windsor, mais aucun remplacement n’a été désigné pour l’usine de Brampton.

General Motors, qui a annoncé son intention de supprimer le troisième quart de travail à son usine d’Oshawa, aussi en Ontario, a également mis fin à la production de sa fourgonnette de livraison électrique BrightDrop à son usine d’assemblage CAMI d’Ingersoll, après avoir constaté que le marché des véhicules électriques s’était développé beaucoup plus lentement que prévu. L’entreprise a souligné que l’évolution du contexte réglementaire et la suppression des crédits d’impôt aux États-Unis avaient rendu l’activité encore plus difficile.

La présidente nationale d’Unifor, Lana Payne, a mentionné qu’il régnait une grande incertitude à l’approche des négociations cette année, mais que le syndicat s’efforcerait de protéger les emplois canadiens.

« Nous devons continuer à progresser pour les travailleurs et travailleuses malgré les défis qui nous attendent », a-t-elle affirmé.

https://www.lapresse.ca/affaires/2025-12-31/2026/cinq-choses-a-surveiller-dans-le-monde-des-affaires-canadien.php

Forum des affaires Pourquoi l’or du Québec est essentiel

PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE

Mine d’or de Malartic

Résumé

En deux ans, le prix de l’or a plus que doublé (+2300 $ US). Alors que les coûts d’exploitation des mines ont augmenté à un rythme normal et prévisible, les revenus des producteurs aurifères ont suivi la même pente ascendante que le marché mondial du métal jaune. Résultat : des profits plus importants, qui se traduisent par plus de redevances et d’impôt miniers pour le Québec.

Publié le 29 déc. 2025

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Alain Poirier Directeur général, Association de l’exploration minière du Québec (AEMQ)

Contrairement à la filière émergente des minéraux critiques et stratégiques, les producteurs d’or développent leurs projets avec un soutien financier gouvernemental limité. Cela signifie que la vaste majorité des revenus tirés de l’or représente un apport réel et direct au trésor québécois.

On entend parfois que l’or serait secondaire parce qu’il ne figure pas dans la liste des minéraux critiques et stratégiques du Québec. C’est méconnaître ses propriétés. Aujourd’hui, l’or demeure nécessaire à l’électronique moderne : téléphones cellulaires, cartes électroniques, connecteurs de précision, micropuces, capteurs industriels, systèmes de gestion de batteries et nombreuses technologies liées à la transition énergétique. Aucun autre matériau ne combine à la fois une conductivité exceptionnelle, une résistance à la corrosion et une stabilité chimique incomparable.

De plus, l’or est stratégique depuis des millénaires. Les premières pièces furent frappées sous le règne de Crésus vers 550 av. J.-C. Mais son importance contemporaine découle surtout des grands enjeux géopolitiques, telles les tensions entre puissances, inflation persistante, volatilité des marchés et volonté croissante de plusieurs pays de réduire leur dépendance au dollar américain. Dans ce contexte, de nombreuses banques centrales augmentent leurs réserves d’or, puisqu’il demeure le seul actif universellement reconnu, sans risque politique, sans émetteur et impossible à dévaluer artificiellement.

Quant à l’idée selon laquelle l’or ne servirait qu’à fabriquer des bijoux, elle ne reflète tout simplement pas la réalité économique du marché aurifère. La joaillerie constitue certes une part importante de la demande, mais elle fonctionne avant tout comme véhicule d’investissement, particulièrement en Chine et en Inde, où l’or joue un rôle central dans l’épargne, la préservation du capital et la protection contre l’inflation. Sur le plan économique, cette demande ne diffère pas d’autres types de marchés. Elle reflète simplement l’allocation des actifs par les ménages selon leurs préférences, leur gestion du risque et leur perception de l’avenir économique.

Certains affirment que l’or québécois devrait rester sous terre, que seules les matières nécessaires à la transition énergétique méritent d’être exploitées. Or, le Québec produit moins de 2 % de l’or mondial. Si nous cessons d’en produire, la demande ne disparaîtra pas. Elle sera simplement comblée ailleurs. Il continuera d’être extrait dans d’autres pays, souvent avec plus d’émissions de gaz à effet de serre, moins de règles, moins de transparence et moins de respect pour les conditions des travailleurs.

Dans un contexte où l’or se maintient au-dessus de 4000 $ US ou poursuit sa montée, les retombées fiscales et économiques pour le Québec ne feront qu’augmenter.

Dans un moment où la situation budgétaire de nos gouvernements demeure fragile, cette dynamique représente une occasion de renforcer notre prospérité collective sans alourdir le fardeau fiscal des citoyens.

Un exemple pour illustrer la situation. Dans la perspective où la Caisse de dépôt et placement du Québec aurait conservé l’ensemble des actions de sociétés aurifères qu’elle détenait en décembre 2023, leur valeur aurait aujourd’hui plus que doublé (+110 %), ajoutant près de 500 millions au bas de laine des Québécois.

Il faut cesser d’entretenir le mythe selon lequel l’or serait une ressource non essentielle. Au Québec, cette industrie évolue dans l’un des cadres réglementaires les plus stricts au monde et mise sur l’innovation pour réduire son empreinte et accroître sa performance. Produire de l’or ici, de manière responsable, c’est soutenir nos régions ressources, leurs travailleurs, et donner aux gouvernements les moyens d’agir, dans un contexte budgétaire délicat. L’or québécois n’est pas un problème : c’est une solution stratégique.

https://www.lapresse.ca/affaires/economie/2025-12-29/forum-des-affaires/pourquoi-l-or-du-quebec-est-essentiel.php

Mariage potentiel Rio Tinto-Glencore Des répercussions importantes jusqu’au Québec

Alumineries, Fonderie Horne, usines de transformation de minéraux et complexes miniers… Le contrôle de plusieurs actifs stratégiques québécois pourrait se retrouver entre les mains d’une seule multinationale étrangère si Rio Tinto et Glencore décident d’unir leurs destinées.

Résumé

Chose certaine, s’il se concrétise, le scénario étudié par les deux géants des matières premières, qui ont confirmé, jeudi, une relance des discussions à propos d’une mégafusion, pourrait soulever des questions un peu partout dans le monde, notamment au Québec.

On parle après tout de deux sociétés possédant des actifs sur tous les continents habités de la planète et dont le regroupement donnerait naissance à une entité valorisée à plus de 260 milliards US, selon le Financial Times, qui deviendrait du même coup la plus grande minière au monde.

Prenons le Québec. D’un côté, Rio Tinto est propriétaire ou copropriétaire de six alumineries, détient la moitié de Nemaska Lithium – l’un des projets phares de la filière des batteries – et un complexe métallurgique à Sorel-Tracy (une propriété qui est à vendre).

De l’autre, Glencore, établie en Suisse, détient la Fonderie Horne, l’affinerie de cuivre située à Montréal-Est et la mine de nickel Raglan, pour ne mentionner que ces actifs.

Tout cela pourrait se retrouver chez un seul propriétaire.

« Un monstre »

« Ça serait à surveiller parce qu’on aurait tout un gros partenaire [Rio Tinto], souligne Michel Jébrak, professeur au département des sciences de la Terre et de l’atmosphère de l’UQAM. C’est l’une des fusions les plus importantes que l’on puisse faire. En même temps, au Québec, on se plaint parfois de ne pas avoir assez de [minières d’envergure]. Nous aurions un monstre. »

Au Québec, les actifs de Rio Tinto et de Glencore sont toutefois complémentaires, donc pas nécessairement en concurrence directe, ajoute l’expert. Cela limite les risques de turbulences qui peuvent parfois survenir lorsqu’il y a un changement de propriétaire, ajoute-t-il.

Mais, ce n’est peut-être pas le cas ailleurs dans le monde, ce qui pourrait compliquer la tâche aux deux sociétés, affirme Louis Hébert, professeur de stratégie à HEC Montréal.

« C’est tellement gros que je me demande si cette transaction serait acceptée dans plusieurs États », lâche l’expert, au bout du fil.

Ce sont déjà deux entreprises gigantesques qui deviendraient encore plus grosses.

Louis Hébert, professeur de stratégie à HEC Montréal

Par ailleurs, la présence d’une entreprise à ce point immense pourrait affaiblir le pouvoir de négociation du Québec face aux sociétés minières, notamment quant à la mise en place de normes environnementales, selon Marc-Urbain Proulx, professeur d’économie à l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC).

« Rio Tinto a déjà un lobby extrêmement puissant, et le Québec reste une petite province de neuf millions d’habitants », fait-il valoir.

PHOTO MARTIN TREMBLAY, ARCHIVES LA PRESSE

L’usine de Nemaska Lithium, à Bécancour

Questions sans réponse

Difficile, pour le moment, d’avoir une idée de la forme que pourrait prendre une éventuelle transaction entre les deux multinationales. Elles ont opté pour la prudence, jeudi, en se bornant à confirmer des discussions concernant « un possible rapprochement d’une partie ou de toutes leurs activités ».

« Il n’y a aucune certitude quant à la conclusion d’une transaction ou d’une offre, ni quant aux conditions ou à la structure d’une telle transaction ou offre, si elle est acceptée », insiste Glencore.

Si les deux parties trouvent un terrain d’entente, Glencore s’attend à ce que le rapprochement se fasse par l’entremise d’un rachat par Rio Tinto, qui a jusqu’au 5 février prochain pour annoncer ses couleurs.

Ces négociations surviennent alors que l’avenir de la Fonderie Horne, qui appartient à Glencore, est toujours nébuleux. L’entreprise demande un délai de 18 mois à Québec concernant ses cibles de réduction d’arsenic dans l’air à Rouyn-Noranda en échange d’un investissement de 300 millions pour moderniser l’endroit.

Selon différents médias, la fonderie de cuivre vient d’obtenir un sursis d’un mois pour poursuivre ses travaux préparatoires afin de diminuer ses émissions polluantes.

Pourquoi un rapprochement ?

Si les principales intéressées n’ont pas encore dit pourquoi, M. Jébrak envisage plusieurs hypothèses. Parmi celles-ci, la forte demande de cuivre.

Les prix du métal rougeâtre ont franchi un niveau record (plus de 13 300 $ US la tonne) cette semaine. De plus, les analystes anticipent un manque à gagner au chapitre de l’approvisionnement qui pourrait atteindre 10 millions de tonnes d’ici 2040. Le cuivre est prisé dans la fabrication de circuits électriques et est au cœur de la transition énergétique.

« Rio Tinto doit réaliser des bénéfices colossaux et réaliser d’importants investissements pour répondre aux besoins des prochaines décennies, analyse l’expert. C’est un défi financier et non géologique. Les capitaux sont difficiles à trouver. Cela explique pourquoi on assiste à une sorte de course au gigantisme. »

Selon la firme de recherche et de conseil Wood Mackenzie, la demande mondiale de cuivre devrait grimper d’environ 25 % au cours de la prochaine décennie pour atteindre quelque 43 millions de tonnes en 2035. Ces besoins pourraient être encore plus élevés si l’engouement pour les centres de données et l’IA ne s’essouffle pas, a estimé l’organisation dans une note diffusée le mois dernier.

En savoir plus

  • 10 500 personnes
    Nombre d’employés de Rio Tinto au Canada, essentiellement concentrés au Québec

sOurce : Rio Tinto

11 400
Nombre d’employés de Glencore au pays

Source : Glencore

https://www.lapresse.ca/affaires/2026-01-08/mariage-potentiel-rio-tinto-glencore/des-repercussions-importantes-jusqu-au-quebec.php

Le taux de chômage finit l’année en hausse au Canada et au Québec

L’année 2025 a pris fin sur une note négative avec la remontée du taux de chômage à 6,8 % au Canada et à 5,4 % au Québec en décembre.

Résumé

Le nombre d’emplois a peu varié au Canada (+8200), mais a augmenté de 16 000 au Québec, la première hausse significative depuis juin, indique Statistique Canada. Le taux de chômage a quand même augmenté en raison d’un plus grand nombre de personnes à la recherche d’emplois.

L’emploi a augmenté surtout dans le secteur des services, comme les soins de santé et l’assistance sociale. Après s’être amélioré en octobre et en novembre, le taux de chômage des jeunes est reparti à la hausse en décembre pour atteindre 13,3 %. Le taux de chômage des jeunes avait atteint un sommet de 14,7 % en septembre.

En novembre, le marché de l’emploi avait déjoué tous les pronostics avec un gain de 54 000 emplois et une baisse du taux de chômage de 0,4 %, à 6,5 %.

Au Québec, malgré une augmentation de 0,3 %, le taux de chômage de 5,4 % reste le plus bas au Canada.

Une année en deux temps

Le marché de l’emploi s’est détérioré au Canada pendant les huit premiers mois de 2025, constate Statistique Canada dans son bilan de l’année. L’incertitude causée par les menaces commerciales américaines et l’imposition de droits de douane a paralysé le marché du travail.

De janvier à août, la croissance de l’emploi a été pratiquement nulle et le taux de chômage a atteint un 7,1 % en août. Il s’agissait du plus haut niveau de chômage au Canada depuis mai 2016, à l’exception de la période pandémique.

Selon Statistique Canada, l’augmentation du taux de chômage au cours des huit premiers mois de l’année s’explique par un ralentissement de l’embauche et non par une hausse des mises à pied. Malgré la guerre commerciale, « les taux de mises à pied étaient semblables aux niveaux historiques enregistrés au cours de cette période », constate l’organisme fédéral.

Le marché de l’emploi s’est amélioré au cours des derniers mois de 2025. Entre les mois d’août et de novembre, l’économie canadienne a ajouté 181 000 emplois, avant la hausse modeste de 8200 emplois enregistrée en décembre.

La diminution du nombre de postes vacants indique toutefois que le marché du travail s’est resserré durant l’année 2025. Le nombre de postes vacants était en baisse de 10,2 % au troisième trimestre par rapport à la même période un an plus tôt.

Le nombre de postes vacants depuis 90 jours ou plus a aussi diminué pendant cette période, ce qui indique que les employeurs ont moins de difficultés à combler leurs besoins de main-d’œuvre, selon Statistique Canada.

https://www.lapresse.ca/affaires/economie/2026-01-09/le-taux-de-chomage-finit-l-annee-en-hausse-au-canada-et-au-quebec.php

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Saks Global fait faillite. C’est la fin de la carrière de Richard Baker qui avait “sauvé” La Baie en 2013. Il a organisé l’achat complètement raté de Neiman Marcus en 2024.

https://www.reuters.com/business/retail-consumer/saks-globals-architect-richard-baker-walks-away-checkered-legacy-2026-01-14/