Économie de Montréal

Investissements étrangers à Montréal Une demi-année record

PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE

Montréal International annonce une valeur d’investissements record de 1,86 milliard de dollars, 40 projets démarrés et 6300 emplois créés ou maintenus de janvier à juin 2021.

La pandémie n’a pas ralenti les investissements étrangers sur le sol montréalais. Montréal International annonce une valeur d’investissements record de 1,86 milliard de dollars, 40 projets démarrés et 6300 emplois créés ou maintenus de janvier à juin 2021.

Publié le 14 juillet 2021 à 5h00

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Isabelle Massé

Isabelle Massé La Presse

Un milliard de plus qu’en 2017

À la même date, l’an dernier, Montréal International comptabilisait des investissements étrangers de l’ordre de 1,4 milliard de dollars et 37 projets. Ceux-ci s’élevaient à 2,233 milliards pour l’année complète de 2020. En 2017, à mi-parcours, la somme se chiffrait à 871 millions. « Montréal se vend beaucoup mieux qu’il y a 10 ans », justifie Stéphane Paquet, PDG de Montréal International, en entrevue. « L’idée d’y faire des affaires a crû progressivement. La place qu’on occupe en intelligence artificielle joue aussi pour beaucoup. C’est une ville de tech où il se passe quelque chose. »

Le PDG estime cette première moitié d’année « remarquable ». « Notre meilleure à vie, affirme-t-il. Ce qu’il y a d’intéressant est qu’on a 24 bébés COVID-19, soit des dossiers qu’on a ouverts après mars 2020, après la fermeture des frontières. Ce ne sont pas que des projets d’avant la pandémie. »

Secteurs priorisés en temps de COVID-19

Les équipes de l’organisation ont rapidement analysé les secteurs qui avaient des chances de connaître une croissance malgré la COVID-19 : jeux vidéo, cybersécurité et intelligence artificielle notamment. « Des secteurs où Montréal tire son épingle du jeu », souligne Stéphane Paquet.

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, ARCHIVES LA PRESSE

Stéphane Paquet, PDG de Montréal International

« On a intensifié la prospection dans les marchés porteurs », ajoute Alexandre Lagarde, vice-président, investissements étrangers, de Montréal International. « La France représente 35 % de nos résultats du premier semestre ; les États-Unis (notamment la côte ouest), 60 %. Mais ça ne nous a pas empêchés de diversifier nos activités dans les marchés où on n’avait pas d’image de marque. Nos 40 projets fermés au 30 juin proviennent de 13 pays (Finlande, Turquie, Liban, Allemagne, Royaume-Uni, Tunisie…). On est aussi une ville universitaire avec un bon bassin d’étudiants. »

Montréal International pense atteindre, d’ici décembre, des investissements totalisant de 2,5 à 3 milliards. « Le pipeline de projets qu’on a réussi à renouveler est quand même bon malgré l’incertitude économique et les variants », note Alexandre Lagarde.

Missions virtuelles

Malgré la fermeture des frontières, Montréal International a organisé des missions commerciales, mais virtuelles. « On a eu 348 embauches depuis le début de l’année, c’est beaucoup », dit Stéphane Paquet.

Voyager virtuellement a permis à Montréal International de mettre un pied dans des coins où elle n’était pas ou que peu allée, comme au Cameroun. « Je ne suis pas certain que si on avait dû prendre l’avion, on aurait essayé le Cameroun, admet Stéphane Paquet. On va assurément y retourner en mission virtuelle. »

L’organisation s’assurera aussi d’un recrutement en continu grâce à un nouveau site conçu à l’interne (talentmontreal.com). « On a un bassin de 35 000 personnes sur la planète, de la Colombie, du Cameroun, de la Belgique, de la France ou encore du Maghreb qui veulent travailler à Montréal, dit M. Paquet. Surtout du secteur des TI. »

Futur modèle hybride

Quand la pandémie sera chose du passé, MM. Paquet et Lagarde s’attendent à un retour des voyages et des rencontres en personne pour amorcer et conclure des contrats. Mais les activités virtuelles seront aussi privilégiées. « Il y aura des gens dans les avions, mais on serait un peu fou d’abandonner les bonnes pratiques qu’on a développées pendant la pandémie et qui fonctionnent », dit le PDG.

« Il y a des marchés où on n’a pas le choix d’être présents physiquement, car notre présence est garante du sérieux de notre démarche, dans certains pays européens ou au Japon par exemple, poursuit Alexandre Lagarde. Mais la pandémie nous a apporté une flexibilité sur le plan de la stratégie de prospection. »

Pour un centre-ville grouillant

Montréal International considère l’apport étranger comme un levier de la relance économique du centre-ville. « Ces trois dernières années, on y a attiré plus de 3 milliards d’investissements qui ont créé plus de 12 000 emplois, calcule Stéphane Paquet. C’est la Place Ville Marie au grand complet ! Depuis le début de l’année, les investissements s’élèvent à 1 milliard pour 3398 emplois. Éventuellement, ce seront des gens dans les tours de bureaux, lorsqu’elles vont rouvrir, et qui vont faire vivre les restos, les boutiques, les dépanneurs. Qui vont mettre de la vie dans le centre-ville. Les investisseurs étrangers vont contribuer à la relance du centre-ville. »

Montréal International estime que les filiales étrangères représentent 1 % des établissements dans le Grand Montréal, emploient 10 % des travailleurs et contribuent à 20 % du PIB. Leurs achats à des fournisseurs québécois sont évalués à 17 milliards par année.https://www.lapresse.ca/affaires/2021-07-14/investissements-etrangers-a-montreal/une-demi-annee-record.php

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Mais… Mais j’pensais que l’incompétence de Valérie Plante et son focus “vie de quartier” étaient néfastes pour l’économie de la ville, et que Montréal avait perdu en crédibilité à l’international! Que seul Mononc’ Denis pouvait tout régler ça… :wink:
/s

Après ça, ce serait l’fun d’arrêter de dire qu’elle fait un mauvais travail. Améliorer les quartiers, ça crée des endroits où les gens veulent vivre, travailler, s’épanouir. Même chose pour les entreprises. Pas les tours de 400m quasi-vides, avec des acheteurs d’un peu partout qui y vivent à peine. En plus, 2020-2021 sont les deux plus grandes années, alors qu’on traverse en plus une pandémie. Avec tous ces points, ça va faire, le Plante-Bashing.
(en général, pas nécessairement sur ce forum)

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C’est pour cela qu’on ne les a pas entendu sur la cure d’amaigrissement du siège social de l’IATA ? Pas un mot. Pas un tweet. Rien. Nada. Ils s’en battent les reins royalement. La team de Montréal International qui se bat pour attirer des investissements ne change pas au gré des élections ! Et si leurs chiffres sont bons on va toujours applaudir mais ce que moi je reproche à Plante c’est surtout le fait de trop rarement (jamais?) convoquer des points de presse pour parler de l’économie de la Métropole! À part pour annoncer des petites sommes ça et là dédiées à l’installation de structures en bois colorées pour faire faire « revivre » la ville. C’est bien trop maigre.

Un projet de 10 milliards pour le réaménagement du parc Jean-Drapeau ? Super pourquoi pas un projet d’ordre économique de 5 milliards à côté ? Je sais pas. Ils n’ont pas d’idées ? On a vu comment ils ont réagi publiquement au dévoilement du Maestria je n’oublierais jamais ! Médias, Twitter, Facebook, la mairesse, les conseillers, les nanani, les nanana à fond la caisse pour dénoncer un stunt. Un projet « pharaonique » (rohlolo). Les grands projets ça leur donne de l’urticaire. Ils ne veulent surtout pas y être associés. Ça se voyait qu’ils espéraient fort qu’il ne se fasse jamais. D’ailleurs ils ont promis un PPU encore plus stricte en terme de hauteurs au centre-ville. Ça va aider.

Je ne suis pas d’accord avec les accusations de bashing parce que c’est comme si toute critique devenait irrecevable. D’autres crient au sexisme, mansplaining et je ne sais quoi d’autre dès que Plante est attaquée. Ça rend le débat vraiment toxique. Coderre s’est fait taper de partout lors de sa dernière année. Il y a même eu un article où on lui reprochait de rouler dans un VUS. Il ne se passait pas un jour sans une couverture négative sur lui ! Plante a été épargnée en 2017 car on ne savait rien d’elle. Elle n’avait encore rien montré! Aujourd’hui c’est une autre game et c’est normal qu’elle soit critiquée à son tour.

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Complètement d’accord que personne est immunisé de critiques. Cependant, certaines critiques sont plus faciles à défendre que d’autres, et c’est relativement difficile de critiquer Montréal au niveau développement économique ces temps ci. Surtout que des investissements ‘‘d’ordre économique’’, c’est pas vraiment dans leur partage de compétences.

Voici les dépenses du budget 2021. Quelles dépenses et investissements changerais-tu?
Lien pour info: Budget 2021 et PDI 2021-2030

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Toutefois, je me questionne à quel point le rôle de la mairesse (ou du poste de maire en générale) a de l’influence sur l’économie. Dans le cas de projets immobilliers, il est vrai qu’ils peuvent avoir une bonne influence mais dans le cas des projets annoncés en 2021, est-ce que c’est n’est tout simplement pas la conjecture économique qui favorise Montréal et le Québec?

Bien sur, elle n’a pas détruit l’économie comme certains le prétende, mais je me demande à quel point elle est responsable du succès actuel.

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En fait je ne parle pas du budget de la ville et de la répartition des dépenses. Mais de comment l’administration réagit face aux potentielles opportunités ou se bat contre des décisions qui vont à l’encontre de ses intérêts. On le voit avec l’IATA où c’est silence radio. L’affaire de la coupe du monde où on se dit « déçus de choix de Québec » au lieu de chercher à se battre à négocier jusqu’au bout. Je sais pas, c’est très attentiste comme attitude en général. Quand tu penses au fait que c’est grâce à Coderre et ses contacts que l’entente avec la F1 a été récemment prolongée de 2ans alors qu’il n’est même pas maire je me pose des questions sur le leadership de l’administration actuelle. Et la réaction de Plante biensûr a été de se dire inquiète de l’attitude de Coderre dans le dossier etc etc. Donc elle aurait préféré que rien ne se fasse ? C’est de ce genre de choses que je parle. C’est peut être subjectif mais c’est vraiment mon ressenti.

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Attention. Juste parce que c’est pas dans les médias ça ne veut pas dire qu’il ne se passe rien… Je connais des gens dans l’administration Plante et il y a beaucoup de négociations qui se sont faites avec Québec en coulisses, notamment par rapport à la Coupe du Monde.

*Pas grâce à Coderre… Coderre aime dire que c’est lui! Faut pas non plus tout lui donner.
C’est sûr qu’il y a un équilibre entre tout s’approprier (Coderre) et ne rien ou très peu s’approprier.

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Ce n’est pas lui qui l’a dit directement. Il y a eu des articles qui sont sortis disant qu’il a aidé le ministre de l’économie à obtenir l’entente.
Tu prends pour acquis que le gars est sorti inviter les medias pour se frapper la poitrine alors que non :rofl: