Densité et étalement urbain

Je ne vois pas en quoi ça prouve votre point. Voici une capture d’écran qui montre que les différents taux de participation et on voit par exemple que l’Ile Bizard très banlieusarde fait mieux que des quartiers centraux composés de plex.

Ensuite qu’est ce qui vous permet de dire « très peu dans les tours de Griffintown et du centre-ville » ? La carte n’est aucunement aussi précise que cela. Sinon on voit que la différence entre le Plateau et Ville-Marie c’est juste 6%. Donc quand vous dites très forte participation dans un cas et très faible dans l’autre je me demande d’où ça vient.

2 Likes

Attention de ne pas trop surestimer certaines variables, ou d’attribuer de causalité là où il n’y en aurait pas. Ça peut mener à des généralisations douteuses, des portraits idéalisés, et une perte de nuance.

4 Likes

Soit pour mon premier point, même si je pense que vous sous-estimez grandement la taille des appartements européens: tout n’est pas comme Paris ou Londres. La taille moyenne des appartements d’Amsterdam est sensiblement similaire à ceux de Montréal par exemple.

Ville-Marie n’élit pas de maire d’arrondissement, ca peut aussi fortement jouer pour un désaveu des potentiels électeurs.

La carte montre bien des zones tout aussi denses en triplex à plus fortes proportions d’abstention, c’est pour cela que je ne pense pas que ce soit un argument valide. Villeray a un taux d’abstention plus fort que RdP par exemple. Comme le mentionne @OusmaneB, les différences ne sont que de quelques points de pourcentage: les résidents du Plateau se sont déplacés aux urnes en proportion 14% plus importante que ceux du Sud-Ouest. Ca ne me parait pas incroyable ni surprenant, surtout quand on réalise que les électeurs de PM se sont bien plus manifesté aux dernières élections qu’attendu. La situation d’Ahuntsic est intéressante, car à moins que je me trompe, il y a largement plus de maisons de ville, parfois divises, que de plex. Le bâti ressemble plus à celui de LaSalle que du Plateau; et pourtant les profils d’abstention sont passablement différents.

3 Likes

Je le répète encore une fois, il y a de nombreuses raisons qui expliquent la variation de l’intérêt envers la politique d’un secteur à l’autre.

La forme d’habitation en est une parmi de très très nombreuses autres.

Impossible donc de se baser sur une seule carte et une seule source d’information pour prouver ou invalider ce point.

Surtout que je n’ai jamais parlé de taux de participation mais bien de niveau d’intérêt, d’implication.

On peut très bien ne pas du tout s’intéresser à la politique et quand même sortir le jour du vote par principe, par devoir.
Tout comme plusieurs sont très intéressés par la politique mais ne votent pas pour des convictions qui leur sont propre.

Aussi, mon exemple était plutôt à l’intérieur d’un même quartier, sur une même rue.

Bref, je crois qu’il faut rester dans la nuance, rien n’est tranché au couteau.
Mais je comprends la réticence,
Ma liste de points sont précisément des sujets dont on discute rarement à l’extérieur des écoles et des groupes de recherche, puisqu’ils sont difficiles à quantifier, à démontrer, à expliquer.

Ce ne sont pas des arguments, mais bien des pistes de réflexions.
Quand il est question de densité, les discussions tournent souvent autour des chiffres,
Les chiffres sont importants, mais il y a aussi plusieurs facteurs très humains qui méritent une attention.

3 Likes

L’après-pandémie La relance des villes passe par les écoquartiers, plaide un collectif

PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE

Le Technopôle Angus, écoquartier à Montréal

Durement éprouvés par la pandémie, les centres-villes et autres « cœurs de collectivités » doivent être un des piliers de la relance qui s’annonce, plaide un collectif québécois de leaders économiques et sociaux, à la veille d’un forum sur la question. Parmi ses propositions : miser sur les écoquartiers.

Publié le 10 mai 2021 à 5h00

Partager

Jean-Thomas Léveillé Jean-Thomas Léveillé
La Presse

« Y’é tombé une bombe su’a rue Principale », chantait le regretté Dédé Fortin, sur le premier album des Colocs.

C’était à l’époque pour illustrer l’impact de la construction d’un centre commercial, mais presque 30 ans plus tard, bien des collectivités ont l’impression que la pandémie a eu le même effet sur leurs rues principales et leurs centres-villes, dont la revitalisation devrait être un moteur de la relance économique post-pandémie, croit le G15+.

Ce collectif québécois de leaders économiques et sociaux (voir encadré) appelle, entre autres propositions, à aider les municipalités, grandes et petites, à mettre en place des écoquartiers, à l’image de ceux de la Pointe-aux-Lièvres et D’Estimauville, à Québec, ou du Technopôle Angus, à Montréal.

PHOTO FOURNIE PAR LA VILLE DE QUÉBEC

L’écoquartier D’Estimauville, à Québec

Ce type d’aménagement crée des milieux de vie « favorables à la santé et à l’épanouissement de leurs habitants », estime le collectif.

La pandémie est venue accentuer la dévitalisation qu’évoque la chanson écrite par Dédé Fortin et Nicole Bélanger, conséquence du mode de développement des années 1970 et 1980 qui misait sur la voiture et l’étalement urbain, estime Jeanne Robin, directrice principale de l’organisme Vivre en Ville, membre du G15+.

Les Colocs étaient assez précurseurs, la chanson met directement le doigt sur le bobo.

Jeanne Robin, de Vivre en Ville

« Il faut vraiment qu’on trouve une solution pour empêcher cette dévitalisation-là, et nous, on pense que la conception d’écoquartiers est vraiment un moyen assez évident, assez simple, de ramener de la population aux abords des cœurs de collectivités », explique l’urbaniste de formation.

On peut aussi comparer « la concurrence d’une nouvelle offre commerciale » qu’évoque la chanson à l’explosion du commerce en ligne, qui a privé depuis le début de la pandémie le commerce de détail d’une partie de son achalandage, observe Jeanne Robin.

Un fonds de 100 millions

Le G15+ propose de créer un fonds, dans lequel le gouvernement verserait 100 millions de dollars par année, pour aider les municipalités à mettre en place des écoquartiers.

L’idée fera d’ailleurs l’objet d’un atelier au forum « Le Québec que nous voulons : solidaire, prospère et vert », qu’organise mardi le G15+, où divers projets en cours de réalisation seront mis de l’avant, comme l’écoquartier Fortissimo, à Drummondville.

IMAGE FOURNIE PAR LA VILLE DE DRUMMONDVILLE

Le projet d’écoquartier Fortissimo, au centre-ville de Drummondville

Le site de l’ancienne usine de textile, situé en plein centre-ville, au bord de la rivière Saint-François, sera transformé en un quartier « à échelle humaine » qui comprendra des habitations mixtes, des commerces, un musée, une place publique et une promenade riveraine.

D’un strict point de vue financier, ce fonds aurait un « effet de levier » qui stimulerait les investissements privés et la relance de l’économie, explique Jeanne Robin, mais surtout, il assurerait que ces investissements permettent de revitaliser les « cœurs de collectivités » et de bâtir des milieux de vie plus résilients.

« En concevant un écoquartier, on permet à de nouveaux habitants de profiter d’une offre déjà disponible et on renforce l’offre de services parce qu’on augmente tout simplement le nombre de personnes qui vont fréquenter le cœur de la ville », résume Jeanne Robin.

Concevoir des écoquartiers, c’est une réponse à plusieurs problèmes.

Jeanne Robin, de Vivre en Ville

Ce type d’aménagement offre aussi une solution au manque de logements abordables et à la pollution liée aux transports, poursuit-elle.

Devenir « la norme »

Le Québec a intérêt à ce que les écoquartiers deviennent « la norme » de l’aménagement des milieux urbains, affirme Jeanne Robin.

« Dans plusieurs villes, il y a eu des industries, elles ont fermé, leurs terrains sont difficiles à utiliser », souligne-t-elle.

Ces cicatrices urbaines revêtent un grand potentiel économique et social pour les villes, bien plus que de nouveaux quartiers périphériques, souvent qualifiés de « dortoirs », dont les résidants continuent parfois d’utiliser les services et les commerces d’une ville tierce.

Mais « tant que la porte est ouverte à l’étalement urbain, on ne peut pas s’attendre à ce que les projets d’écoquartiers se multiplient », prévient Jeanne Robin.

Presque 30 ans après La rue Principale des Colocs, alors que « La coop, le gaz-bar, la caisse pop, le croque-mort/Et le magasin général » souffrent toujours dans bien des communautés, Jeanne Robin demeure néanmoins optimiste.

« Ce qui est encourageant, c’est de voir à quel point on reste attachés à nos rues principales, à nos noyaux villageois, à nos centres-villes, dit-elle. Ça reste l’endroit où l’on se retrouve, l’endroit qu’on présente dans les programmes touristiques. […] C’est impressionnant de voir comme c’est resté fort dans l’idée de la population. »

Une population probablement bien intéressée à ce que sa « grande rue » retrouve « des ti-culs en bicycle, des cousines en visite ».

Qu’est-ce que le G15+ ?

Le G15+ est un collectif composé de leaders économiques et sociaux, du Conseil du patronat du Québec à la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), en passant par des groupes environnementaux, des urbanistes et des universitaires, qui a été formé en mars 2020 en réponse à l’appel du premier ministre François Legault de réfléchir à la façon dont le Québec pourra rebondir au terme de la crise actuelle.
https://www.lapresse.ca/actualites/environnement/2021-05-10/l-apres-pandemie/la-relance-des-villes-passe-par-les-ecoquartiers-plaide-un-collectif.php

3 Likes

Il va toutefois faire attention de ne pas perpétuer les même erreurs simplement car on ajoute la mention écoquartier dans le nom du développement.

L’article tombe bien, car hier nous avons ouvert la discussion sur le projet du Faubourg Cousineau, qui se vante d’être un écoquartier en raison de ses techniques de construction, alors que la réalité est que c’est de l’étalement urbain (on dépasse l’autoroute 30), qu’il y a une offre ridicule de transport en commun, une absence d’usage commercial et un développement orienté automobile (il suffit de regarder la quantité de stationnements dans le plan d’ensemble).

J’ai l’impression que c’est un terme qui sera de plus en plus utilisé par les promoteurs pour développer des projets en banlieue, qui ne sont que de l’étalement urbain maquillés.

6 Likes

J’ai enfin plus d’informations. Le terrain est situé sur le chemin de la Bataille N, près de la rue Mailloux. Le secteur au fond du terrain contient une magnifique prucheraie centenaire avec milieux humides, des amis biologistes m’ont tous dis qu’ils étaient émerveillés par la floraison printanière.

Le promoteur disait vouloir construire 20 maisons en conservant des étangs au fond, mais hier, il a vendu 40 lots.

Selon ma connaissance, la ville aussi ferait des choses pas très correctes, voici le message qu’elle m’a envoyé :

La ville fait des trucs louches aussi. Le délai pour recevoir des documents ou questions au conseil municipal est midi la journée même de la séance. La pétition pour se lot a été refusé le dimanche soir avant la séance du lundi… Ils sont en réaction, n’ont pas vraiment de leviers légaux forts et ont manqué de proaction pour conserver cette prucheraie depuis 20 ans au moins…

J’ajouterais aussi qu’une coupe illégale a été réalisée en avril dernier, dans un secteur où on a déjà recensé des rainettes.

À vendre Ch. de la Bataille N., La Prairie, Québec J5R0K8 - 11653151 REALTOR.ca.pdf (341,5 Ko)

2 Likes

J’aurais pas pensé que le rang de la Bataille était en zone développable, mais dans le fond si je comprends bien c’est des terrain en bordure du rang, j’imagine que c’est pour ça que ça passe. Je trouve quand même ça inquiétant, c’est un secteur plutôt déstructuré qui est vraiment loin des services (même de ceux de St-Luc). Ça me déçoit de la part de la ville où j’ai grandi.

Le jeudi 20 mai

La Ville de Québec cite en exemple le Mail Cap-Rouge du boulevard de la Chaudière comme transformation de centre commercial réussie, qui pourrait être reproduite. Dans le stationnement, Chartwell a érigé une résidence pour aînés de 360 appartements en 2018, 2019.

20 mai 2021 3h00 Mis à jour à 4h02

La Ville prend en main le développement immobilier des 80 centres commerciaux de la capitale

Baptiste Ricard-Châtelain

Baptiste Ricard-Châtelain

Le Soleil

Le conseil municipal de Québec vient de s’accaparer des pouvoirs des arrondissements pour planifier en bloc la transformation des 80 centres commerciaux de la capitale, destinés notamment à accueillir des tours d’habitation et des résidences pour aînés sur leurs stationnements.

D’ailleurs, une annonce est prévue ce jeudi en compagnie du maire de Québec, Régis Labeaume : la première pelletée de terre officielle de Nuvo Quartier, un complexe de 426 logements qui doit pousser sur le lot des Galeries de la Canardière, à l’intersection du boulevard Sainte-Anne et de l’avenue D’Estimauville.

La première phase de ce projet immobilier d’envergure, comptant 126 appartements, devrait être complétée à l’été 2022.

+

UNE SEULE VISION

«Les 80 centres commerciaux du territoire de la ville sont appelés à se transformer en tout ou en partie au cours des prochaines années, notamment avec l’ajout d’immeubles résidentiels de moyenne et de haute densité», lit-on dans un document municipal récemment diffusé. «Une vision d’ensemble des possibilités de réaménagement de ces centres commerciaux est souhaitée.»

Image de la première phase du Nuvo QuartierGaleries de la Canardière

Voilà pourquoi le conseil municipal vient de modifier la réglementation octroyant des pouvoirs aux arrondissements. Pour leur retirer des compétences.

1 Like

Un détail intéressant du dernier bilan « État du centre-ville » PDF 3ième édition (etatducentreville.com):

part des chantiers Mtl

La part de Montréal et du centre-ville dans les chantiers résidentiels de la région a augmenté durant la dernière année, pour devenir majoritaire.

7 Likes

C’est une excellente nouvelle à mon avis

Le Journal Métro aborde l’angle de la fiscalité pour lutter contre l’étalement urbain:

2 Likes

Je viens d’apprendre que les compagnies pétrolières possédaient des filiales de développement qui s’occupaient de développer les banlieues au courant des années 60 et 70, pas étonnant qu’elles soient orientées pour l’automobile !

L’un des premier projet de banlieue à Laprairie était développé par la compagnie GOREDCO (Gulf Oil Real Estate Development Co.), et voici ce qu’on nous vendait, une vision d’autoroute !

Source

4 Likes

Jusqu’à ce qu’il refasse la 132 il y a environ 15 ans, il pouvait voir que la route avait été prévue pour accueillir un échangeur autoroutier au niveau de la rivière St-Jacques. Les voies divergeaient et il y avait un gros espace au centre.

Ça aurait été vraiment désastreux pour la rivière, cette autoroute. Cela étant dit, je n’irais pas jusqu’à dire que ça aurait été mieux pour la ville qu’elle se fasse, mais en même temps il me semble qu’une autre rue Est-Ouest dans cet axe aiderait énormément le chemin St-Jean. En ce moment, c’est l’exemple parfait d’une “stroad” parce qu’elle accueille encore plein de trafic de transit, étant une des deux seules entrées de la ville. Il faut absolument l’emprunter pour tous les déplacement dans ou hors de la ville. Et ça ne s’améliorera pas quand on sait que le nouveau développement sur le golf ne prévoit pas non plus de lien direct avec les quartiers existants. On se retrouve donc avec le centre de la ville qui set un gros échangeur entre deux routes surdimensionnées, pas très charmant.

Désolé de « bumper » la discussion, mais comme on parlait de ça il y a quelques jours, j’ai retrouvé une carte datant de 1969 avec le schéma de l’autoroute et des échangeurs, dans les archives de photographies aériennes de la ville de Montréal.

Là où se trouvera le projet de l’ancien golf, se serait trouvé un échangeur.

AJOUT : Je ne savais pas que les deux échangeurs ont été en construction !
1973:

1971:
image

5 Likes

Les projections démographiques du Québec ont été mises à jour il y a quelques jours, on peut lire le bulletin ici:
Bulletin sociodémographique. Volume 25, numéro 5 | Juin 2021 (quebec.ca) - Document PDF

Avec les impacts de la pandémie, Montréal et Laval voient leur croissance revue à la baisse.

La RMR de Montréal devrait grandir de 13.2%, et Montréal de 9.6%.

2 Likes

Le nouveau président de l’IDU, qui est aussi le président du groupe immobilier de Broccolini, parle de densification avec La Presse:

Texte intégral

« La solution passe par la densification »

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, ARCHIVES LA PRESSE

« Le développement d’un Montréal fort et d’une économie forte doit passer par une notion de densification », estime Roger Plamondon, président du conseil d’administration de l’Institut de développement urbain du Québec.

Le nouveau patron du lobby des promoteurs dit partager l’objectif de la Ville de favoriser la mixité sociale dans les futurs projets d’habitation

Publié le 22 juin 2021 à 9h00

André Dubuc

ANDRÉ DUBUCLA PRESSE

Le nouveau président du conseil d’administration de l’Institut de développement urbain du Québec (IDU) veut faire de l’acceptation de la densification la priorité de son mandat à la tête de la principale organisation de défense des intérêts des promoteurs.

« La plus grande priorité pour l’IDU, ça doit demeurer de parler de la densification. Le développement d’un Montréal fort et d’une économie forte doit passer par une notion de densification », a dit lors d’un entretien Roger Plamondon, officiellement entré en fonction le 17 juin.

Dans la vie de tous les jours, Roger Plamondon est président, immobilier, de Broccolini, un des plus importants promoteurs de Montréal. C’est cette société qui bâtit le nouveau siège social de la Banque Nationale au coin de la rue Saint-Jacques et du boulevard Robert-Bourassa. Il remplace Jean Laramée, de la société Cominar, dont le mandat arrivait à terme.

PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE

Roger Plamondon, président du conseil d’administration de l’Institut de développement urbain du Québec

L’IDU, assure-t-il, partage l’objectif de la Ville de favoriser la mixité sociale dans les futurs projets d’habitation, même si son organisme a exprimé ses divergences face aux moyens retenus par la Ville avec son règlement qui impose 20 % d’habitations sociales, 20 % d’unités abordables et 20 % de familiales dans tout nouveau projet résidentiel.

La solution [à la mixité] passe par la densification. Associer automatiquement la densification à un développement sauvage, c’est une erreur. Nous sommes rendus où la densification est une partie intégrante de la solution.

Roger Plamondon, nouveau président du C.A. d’IDU Québec

L’idée étant que le promoteur qui construit 100 logements sur un terrain au lieu de 20 réussit à rentabiliser son terrain tout en vendant ses unités à un coût unitaire plus bas, ce qui favorise l’accessibilité du logement.

Pour M. Plamondon, la densification a d’autres vertus, comme la rentabilisation des services de transport collectif ou l’aménagement de services publics comme une école. Dans ce cas, le modus operandi consiste à permettre la construction en hauteur pour limiter l’empreinte du bâtiment au sol et ainsi dégager l’espace requis pour l’aménagement des services exigés.

« C’est aussi, ajoute-t-il, une façon efficace de proposer une solution à l’étalement urbain. » Effectivement, si le site de l’ancienne Maison de Radio-Canada, par exemple, loge à terme 500 ménages au lieu de 2000, les 1500 ménages laissés en plan devront aller se loger ailleurs, plus loin du centre-ville et des stations de métro.

Pas dans ma cour

Cependant, cette vision salvatrice de la densification est loin d’être partagée par tous, à commencer par les voisins immédiats du secteur qui fait l’objet de la densification. Personne n’aime voir sa vue obstruée par une tour format géant ou encore de se faire envahir par des milliers de nouveaux voisins.

Le rapport de l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM) portant sur le programme particulier d’urbanisme (PPU) des Faubourgs est un exemple de l’argumentaire des opposants aux constructions en hauteur. Ce secteur couvre le sud-est du centre-ville, incluant le site de la Molson, Radio-Canada et les abords du pont Jacques-Cartier.

« Afin de respecter la silhouette de Montréal, d’éviter un effet de cuvette entre le front fluvial et la montagne et pour créer une densité douce et conviviale, la commission recommande de revoir les paramètres de hauteur pour toute la partie sud du territoire et de ne pas les rehausser au-delà de 45 mètres », écrivaient les commissaires en 2019.

Dans le résidentiel, il faut compter 3 mètres par étage. Un bâtiment de 45 mètres compte donc 15 étages. Dans le sud du secteur des Faubourgs, la tour de Radio-Canada culmine à 100 mètres depuis 1973. L’enseigne Molson et son horloge emblématique sont à 65 mètres.

Cette proposition de l’OCPM allait à l’encontre du projet de PPU soumis à la consultation publique qui suggérait une limite de 65 mètres avec des exceptions à 80 mètres pour certains terrains.

Finalement, la Ville n’a pas retenu la recommandation de l’OCPM. « La densité proposée avec une hauteur maximale de 45 m, tel que préconisé par l’OCPM, risque de rendre les bâtiments trop massifs, alors que l’objectif est de minimiser l’impact des bâtiments en répartissant une même surface constructible sur plus d’étages, ce qui en réduit la masse », explique la Ville dans son suivi au rapport de l’OCPM.

Montréal a préféré y aller avec une hauteur maximale de 65 mètres, mais en éliminant les exceptions à 80 mètres.


On mentionne notamment le PPU des Faubourgs, et la recommendation de l’OCPM de limiter les hauteurs à 45m, ce qui a été rejeté par la ville au profit d’une hauteur de 65m.

1 Like

Densification du territoire La Ville s’est appuyée sur une position caduque de l’Ordre des architectes

PHOTO PATRICK SANFAÇON, ARCHIVES LA PRESSE

L’un des secteurs visés par les mesures de l’OCPM, photographié ici en 2007

La Ville de Montréal a décidé de limiter la hauteur des constructions au sud-est du centre-ville en réponse à une recommandation de l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM) de mars 2021. Or, cette recommandation s’appuie sur des avis passés de l’Ordre des architectes qui ne reflètent plus sa position officielle depuis la mi-2019, a constaté La Presse.

Publié le 29 juin 2021 à 8h00

Partager

André Dubuc

André Dubuc La Presse

La question de la densité au centre-ville et aux alentours fait débat au moment où l’accessibilité au logement se dégrade et que l’agglomération assiste, impuissante, au départ chaque année de dizaines de milliers de ses résidants vers des villes de banlieue des deuxième et troisième couronnes.

L’OCPM a tenu des consultations sur le projet de programme particulier d’urbanisme (PPU) des Faubourgs à l’automne 2020. Sur la question des hauteurs, le projet de règlement de la Ville à l’étude proposait d’autoriser des constructions de 65 mètres dans la partie sud du territoire, essentiellement le site de Radio-Canada, celui de la brasserie Molson et celui de la Porte Sainte-Marie (à l’est de Jacques-Cartier), avec des exceptions à 80 mètres pour certains îlots.

Il faut compter généralement environ 3 mètres par étage pour les tours d’appartements. Donc, 65 mètres donnent entre 20 et 23 étages et 80 mètres, entre 25 et 28 étages. Comme point de comparaison, la tour de Radio-Canada culmine à 100 mètres dans le secteur en question.

Au terme de la consultation publique de l’automne 2020, l’OCPM recommande, « pour créer une densité douce et conviviale », l’abaissement des hauteurs à 45 mètres pour le sud du territoire plutôt que 65 mètres et aucun terrain à 80 mètres. Il en fait même la recommandation numéro un de son rapport paru en mars 2021.

L’OCPM appuie sa recommandation sur deux éléments. Ses commissaires Isabelle Beaulieu, Luba Serge et Éric Cardinal évoquent d’abord la silhouette de la ville de Montréal, telle qu’inscrite au Plan d’urbanisme de la Ville de Montréal et au Schéma d’aménagement de l’agglomération de Montréal. En gros, les hauteurs au centre-ville épousent le dénivelé du mont Royal.

Ensuite, les commissaires se réfèrent à la position de l’Ordre des architectes du Québec (OAQ) sur la densité telle qu’elle avait été exprimée lors de consultations publiques antérieures. En 2016, puis en mars 2019, l’OAQ avait prôné la construction d’immeubles résidentiels de trois à six étages au centre-ville et dans le secteur des Faubourgs et décourageait la construction de tours résidentielles.

« Le point de vue de l’Ordre a changé là-dessus, indique le président de l’Ordre des architectes, Pierre Corriveau, à qui La Presse a demandé des explications. [La position antérieure] est le rejet d’un schème [la tour résidentielle] qui est possible et qui peut être très bien, poursuit-il. La dénonciation à l’époque était peut-être maladroite, mais on s’est amendé depuis. »

Le président, qui a été élu en juin 2019, se dit surpris que l’OCPM s’appuie sur cette position caduque dans son rapport de 2021, puisque l’OAQ avait fait parvenir une lettre non équivoque à l’OCPM en juillet 2019 lui signifiant que son avis sur la densité avait évolué. Cette lettre peut d’ailleurs être consultée sur le site de l’OCPM.

L’OAQ a tenu un forum sur la densité en novembre 2019 pour préciser sa position, qui ne rejette plus d’emblée la construction de tours résidentielles.

« La densification est extrêmement importante, dit M. Corriveau. Elle est positive à plusieurs égards, entre autres pour réduire l’étalement urbain. Une densité bien conçue et bien pensée qui répond à l’ensemble des besoins des habitants est positive pour la qualité de vie des gens », soutient-il.

Le rapport de l’OCPM de mars 2021 ne fait aucunement mention de la correspondance de l’Ordre de juillet 2019.

« L’Ordre n’aurait pas dû être cité »

« Effectivement, l’Ordre des architectes n’aurait pas dû être cité, reconnaît Luc Doray, porte-parole de l’OCPM, questionné par La Presse. Dans notre rapport, on cite un passage pour lequel l’Ordre nous avait dit, dans la consultation d’avant, de ne pas en tenir compte. Cette citation n’aurait pas dû être là. »

Les équipes de l’OCPM changent du tout au tout d’une commission à l’autre, dit M. Doray, qui plaide l’erreur de bonne foi. Les commissaires avaient lu le mémoire original de l’Ordre, mais n’avaient pas pris connaissance de la lettre, qui ne se trouvait pas au même endroit. « C’est peut-être une faiblesse de notre documentation », laisse-t-il échapper. L’Office n’entend toutefois pas modifier son rapport pour autant.

Le rapport de l’OCPM basé sur des prises de position dépassées a eu son influence. À sa suite, la version finale du PPU abaisse à 65 mètres la zone de hauteur de 80 mètres.

Réduire le zonage en hauteur peut sembler anodin pour le profane, mais pour le promoteur, ça se traduit par plus d’emprise au sol, par moins d’espaces verts et par des trottoirs plus étroits.

« Le PPU des Faubourgs est un exemple où la Ville enlève de la créativité et force l’étalement du développement au sol », a expliqué dans un récent entretien avec La Presse Roger Plamondon, président du conseil de l’Institut de développement urbain du Québec.

Il est néanmoins toujours possible pour un promoteur de demander une dérogation en surhauteur à l’administration municipale, conditionnelle à des contreparties et à l’acceptabilité sociale du projet. C’est du cas par cas.

La densité pour combattre les GES

Pour l’organisme Vivre en ville, qui prône une densité à échelle humaine dans les quartiers centraux, des constructions de 20 ou de 25 étages bien pensées devraient être permises dans des secteurs ciblés comme le centre-ville ou les abords de stations de métro et de gares du REM. « Construire plus d’unités [dans ces secteurs] et parfois construire en hauteur peut contribuer à diminuer l’étalement urbain. Ces gens qui y habitent deviennent moins dépendants de la voiture. C’est une bonne manière de réduire les gaz à effet de serre », dit Christian Savard, DG de l’organisme.
https://www.lapresse.ca/affaires/2021-06-29/densification-du-territoire/la-ville-s-est-appuyee-sur-une-position-caduque-de-l-ordre-des-architectes.php

1 Like

Ish…

Un vidéo récent de 5 secteurs de la ville sur la densité

Et un autre qui explique les Plex de la ville, par la même chaîne

4 Likes