Démographie, densité et étalement urbain

le reportage au Téléjournal 18h

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vincemtl said:

D’ailleurs, l’agente immobilière de la Rive-Sud se fait juste une belle pub, mais le phénomène des Montréalais qui vont en banlieue pendant la pandémie, on parle de 4950 ménages et en 2019 et 5300 en 2020 pour les 8 premiers mois. C’est 350 ménages de différence en contexte de pandémie.

Aurais-tu les chiffres pour les ménages banlieue vers Montréal?

Les gens qui quittent en banlieue car ils peuvent faire du télétravail à 100%, il ne devrait pas en avoir beaucoup…? Les compagnies vont imposer un 1 à 3 jours par semaine au bureau… donc dans ce cas, il faut que tu viennes au travail pareil. Sauf le trajet va être plus loin si t’es en banlieue.

J’suis p-e dans les peu qui ne croit pas au télétravail en masse full time. Oui ça fonctionne peut être bien pendant les 6 à 12 premiers mois… mais j’aimerais voir ça pendant 2-3 ans d’affilé si le monde vire fou et la productivité diminue…

Ce que je pense, et j’espère qui va arriver, c’est que le prix des locaux de bureau au centre-ville va baisser, ce qui va permettre à plus de petites compagnies de s’y installer, et on aura un centre-ville plus diversifié. Les gens voudront aussi habiter à proximité de leur travail pour éviter le transport en commun, ce qui va augmenter la demande des logements résidentiels. Et les commercent locaux vont revenir en vie.

vanylapep a dit : vincemtl said:

D’ailleurs, l’agente immobilière de la Rive-Sud se fait juste une belle pub, mais le phénomène des Montréalais qui vont en banlieue pendant la pandémie, on parle de 4950 ménages et en 2019 et 5300 en 2020 pour les 8 premiers mois. C’est 350 ménages de différence en contexte de pandémie.

Aurais-tu les chiffres pour les ménages banlieue vers Montréal?

Les gens qui quittent en banlieue car ils peuvent faire du télétravail à 100%, il ne devrait pas en avoir beaucoup…? Les compagnies vont imposer un 1 à 3 jours par semaine au bureau… donc dans ce cas, il faut que tu viennes au travail pareil. Sauf le trajet va être plus loin si t’es en banlieue.

J’suis p-e dans les peu qui ne croit pas au télétravail en masse full time. Oui ça fonctionne peut être bien pendant les 6 à 12 premiers mois… mais j’aimerais voir ça pendant 2-3 ans d’affilé si le monde vire fou et la productivité diminue…

Ce que je pense, et j’espère qui va arriver, c’est que le prix des locaux de bureau au centre-ville va baisser, ce qui va permettre à plus de petites compagnies de s’y installer, et on aura un centre-ville plus diversifié. Les gens voudront aussi habiter à proximité de leur travail pour éviter le transport en commun, ce qui va augmenter la demande des logements résidentiels. Et les commercent locaux vont revenir en vie.

C’était le seul chiffre dans l’article de La Presse malheureusement, j’aimerais bien savoir le contraire aussi.

Tu n’es pas le seul à ne pas croire au télétravail à temps plein. C’est l’avis de beaucoup d’experts. La perception du télétravail est plus négative chez les dirigeants de PME du Québec aussi selon le dernier sondage de la FCEI. Ils sont déjà trois fois plus nombreux à voir une baisse de productivité qu’une hausse. Pas mal tous les indicateurs sont négatifs. C’est certain que ça va mettre un frein au télétravail permanent. Sans compter les considérations des employeurs (culture d’entreprise, formation de la main d’oeuvre, repères physiques, innovation, sécurité des données, contrôle du travail, etc) et les considérations d’une plus grande isolation sociale pour les employés à long terme. Certains le vivent bien, même mieux, mais l’humain est une créature sociale, à long terme j’ai aussi de grosses réserves pour la majorité des gens, surtout si c’est des gens travaillant dans des quartiers dortoirs…

C’est normal que ça dérange plus les gens de vivre dans petit quand ils n’ont pas de choix viables au télétravail. Aller dans une tour à bureaux en ce moment, c’est pas super pentoute. Si on se fait demander nos intentions d’habitation en ce moment sur le logement, ça pèse lourd dans la balance, avec le reste de la ville en confinement et les prix stratosphériques. Mais c’est temporaire (enfin, sauf pour les prix). Et personnellement, je dirais que c’est même un brin malsain de changer mes habitudes de vie, habiter plus loin de services et de loisirs, pour donner un espace de travail pour mon employeur qu’il peut me fournir à ses frais. Ça ne devrait pas être la première raison. Et c’est 100% insoutenable anyway, autant pour le marché immobilier que l’aménagement urbain en géneral.

Je pense cependant que le télétravail est une flexibilité fantastique à avoir. Tout le monde devrait pouvoir en profiter si possible quelques jours s’ils le veulent et en ont besoin. Pareil pour des horaires flexibles aussi…

En tout cas, pour le moment, L’augmentation des nouvelles inscriptions résidentielles à Montréal semble freinée ce mois-ci. Visiblement il n’y a pas une vente de feu, ou alors il y a assez d’acheteurs pour garder les propriétés disponibles sous le niveau qu’on voyait il y a 2 ans malgré les frontières fermées.

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Mon dieu c’est clair que le télétravail tel qu’il était prédit au printemps n’arrivera pas. Il y a une énorme perte d’efficacité, sans compter la santé mentale et les problèmes que ça engendre.

Fait divers: mon bureau a fait un sondage (plutôt informel) au sujet du futur des bureaux. Les résultats étaient étonnants. La majorité des gens ne sont pas intéressés par des bureaux satellites en banlieue et un plus petit espace au centre-ville. Ça montre juste à quel point les gens ont hâte de se voir et de travailler ensemble et socialiser. Nous sommes une entreprise de 1000 employés à Montréal, ce n’est pas rien.

Bottom line: Je pense qu’on aura juste plus de flexibilité dans le futur. Ceux qui veulent rester chez eux une journée pour des rendez-vous pourront le faire, sinon on se rejoindra au bureau, etc. Le centre-ville ne mourra pas, j’en suis certain.

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Xa1992 a dit : Mon dieu c’est clair que le télétravail tel qu’il était prédit au printemps n’arrivera pas. Il y a une énorme perte d’efficacité, sans compter la santé mentale et les problèmes que ça engendre.

Fait divers: mon bureau a fait un sondage (plutôt informel) au sujet du futur des bureaux. Les résultats étaient étonnants. La majorité des gens ne sont pas intéressés par des bureaux satellites en banlieue et un plus petit espace au centre-ville. Ça montre juste à quel point les gens ont hâte de se voir et de travailler ensemble et socialiser. Nous sommes une entreprise de 1000 employés à Montréal, ce n’est pas rien.

Bottom line: Je pense qu’on aura juste plus de flexibilité dans le futur. Ceux qui veulent rester chez eux une journée pour des rendez-vous pourront le faire, sinon on se rejoindra au bureau, etc. Le centre-ville ne mourra pas, j’en suis certain.

Faut juste que le centre-ville tienne bon quelques mois encore. Quand le tourisme sera de retour et avec un mode de télétravail hybride (2-3 jours semaine), l’achalandage sera au rendez-vous. Déjà cet été, il y avait énormément de monde sur Sainte-Catherine les soirs de semaine et le tourisme était quasi-inexistant.

SkahHigh said: Faut juste que le centre-ville tienne bon quelques mois encore. Quand le tourisme sera de retour et avec un mode de télétravail hybride (2-3 jours semaine), l’achalandage sera au rendez-vous. Déjà cet été, il y avait énormément de monde sur Sainte-Catherine les soirs de semaine et le tourisme était quasi-inexistant.

Je prédis que les 2-3 jours par semaine que les gens iront au bureau seront utilisés pour la vie sociale, pour aller dîner ensemble, pour aller magasiner, pour des 5 à 7. C’est ce qui me manque le plus du bureau! Entre collègues, on se dit qu’on travaillera probablement plus souvent qu’avant de la maison (déjà c’était permis et bien vu dans mon entreprise), mais qu’on va se coordonner pour être “en présentiel” les mêmes jours une fois la pandémie derrière nous.

Un retour sur le sondage Le 15-18, belle explication sur ce chiffre de 41%. Une maison que personne ne veut, ça ne vaut pas trop chère. Les gens ne peuvent pas y habiter parce que c’est trop cher et pensent devoir partir, parce que trop de gens veulent y habiter.

Xa1992 said: Mon dieu c’est clair que le télétravail tel qu’il était prédit au printemps n’arrivera pas. Il y a une énorme perte d’efficacité, sans compter la santé mentale et les problèmes que ça engendre.

Fait divers: mon bureau a fait un sondage (plutôt informel) au sujet du futur des bureaux. Les résultats étaient étonnants. La majorité des gens ne sont pas intéressés par des bureaux satellites en banlieue et un plus petit espace au centre-ville. Ça montre juste à quel point les gens ont hâte de se voir et de travailler ensemble et socialiser. Nous sommes une entreprise de 1000 employés à Montréal, ce n’est pas rien.

Bottom line: Je pense qu’on aura juste plus de flexibilité dans le futur. Ceux qui veulent rester chez eux une journée pour des rendez-vous pourront le faire, sinon on se rejoindra au bureau, etc. Le centre-ville ne mourra pas, j’en suis certain.

Je suis en télétavail depuis le 13 mars! Je n’en peux plus des réunions sur Teams à longueur de journée. Même si mon bureau est dans la 2e chambre de mon condo et que je peux fermer la porte, il n’y a pas de « séparation » entre la maison et le travail. Juste une journée ou deux par semaine au bureau ferait du bien question de changer d’environnement.
Chez mon employeur (à 10 minutes à pied de chez moi), pas de retour au bureau avant janvier. Certains gestionnaires sont retournés travailler au centre-ville cet été, mais on leur a tous demandés de retourner en télétravail quelques jours avant que le PM demande aux gens de faire du télétravail.
Chez mon client (à 20 minutes à pied de chez moi), aucune date prévue de retour. Certaines personnes disent que ce ne sera pas avant 2022!

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Un far west sans shérif

Il y a une bonne et une mauvaise nouvelle concernant l’étalement urbain autour de Montréal.

Publié le 26 octobre 2020 à 5h00 https://www.lapresse.ca/debats/editoriaux/2020-10-26/etalement-urbain/un-far-west-sans-sherif.php

Philippe Mercure
La Presse

La bonne : sur l’île et dans les premières couronnes, un certain ordre règne. Le dézonage agricole a été freiné, et malgré quelques dossiers chauds, l’aménagement du territoire se fait généralement selon une vision cohérente.

La mauvaise : le problème s’est déplacé vers les couronnes éloignées, qui ressemblent de plus en plus au far west. Et le gouvernement provincial, loin de jouer son rôle de shérif, y tire lui-même du fusil en transgressant ses propres règles.

L’enquête publiée ces jours-ci par nos collègues André Dubuc et Francis Vailles est à ce sujet éloquente. Elle montre que dans la MRC de Montcalm, dans Lanaudière, le gouvernement a autorisé la transformation de terres agricoles couvrant 220 terrains de football en champs de bungalows… contre les avis de trois de ses propres ministères.

(Re)lisez la première partie de l’enquête

La ministre des Affaires municipales et de l’Habitation, Andrée Laforest, affirme sans rire que ce plan est conforme aux orientations du gouvernement sur l’aménagement du territoire. C’est faux. Ces orientations ont notamment comme objectif de « freiner l’empiétement et l’expansion de l’urbanisation en zone agricole ». On fait ici précisément l’inverse.

PHOTO JACQUES BOISSINOT, LA PRESSE CANADIENNE

La ministre des Affaires municipales et de l’Habitation, Andrée Laforest

Le type de développement qu’on vient d’autoriser dans Lanaudière est problématique à tellement d’égards qu’on ne sait par où commencer. D’abord, il est inutile.

Il n’existe aucun besoin, en périphérie de Montréal, de transformer des terres agricoles en projets résidentiels. Les endroits « zonés blanc », donc non agricoles, sont déjà amplement suffisants pour répondre aux besoins démographiques.

Ces projets à faible densité, loin des réseaux de transports en commun, sont exactement ce que combattent les urbanistes depuis des décennies. Ils font grandir la ville de façon tentaculaire – parce que c’est bien de ville qu’on parle. Même si Saint-Lin–Laurentides est situé à 50 km de Montréal, la moitié de ses résidants travaillent dans la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), une proportion en constante augmentation.

La liste des conséquences d’un tel étalement urbain est longue. On perd de précieuses terres agricoles au moment même où le gouvernement évoque une plus grande autonomie alimentaire pour le Québec. On ajoute des voitures sur les routes qui provoquent des bouchons et génèrent d’autant plus de gaz à effet de serre qu’elles parcourent de longues distances (et, non, le télétravail ne s’applique pas à tous et ne réglera pas tous ces problèmes).

On perd en biodiversité, on exacerbe le risque d’inondations en bétonnant le territoire, on oblige la construction de nouvelles infrastructures. Les coûts sont énormes et systématiquement sous-estimés.

PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE

Champ agricole à Saint-Roch-de-l’Achigan

Tout cela est archiconnu. C’est pourquoi les MRC ont des schémas d’aménagement et le gouvernement se dote d’orientations. Ces documents articulent une vision du territoire, assurent une cohérence – comme un joueur de SimCity qui suit un plan au lieu de tout construire n’importe où.

Mais ils ne servent à rien s’ils sont contournés chaque fois qu’un promoteur fait pression sur une MRC pour développer un nouveau secteur. Dans la Communauté métropolitaine de Montréal, vaste région qui compte 82 municipalités, les visions ont été réunies sous le Plan métropolitain d’aménagement et de développement. Ça a amélioré les choses.

C’est à l’extérieur que le bât blesse – et les impacts en sont d’autant plus graves qu’on y est aux confins de l’étalement. Dans les MRC des Jardins-de-Napierville et des Maskoutains, le gouvernement provincial a aussi approuvé de nouveaux schémas d’aménagement qui grugent des terres agricoles.

Face à un gouvernement provincial qui a abdiqué son rôle, le seul rempart est la Commission de protection du territoire agricole – un tribunal administratif dont le pouvoir est limité.

La ministre Laforest doit réaliser que ses décisions auront des impacts pendant des décennies. Elle doit rapidement épingler une étoile de shérif sur sa veste.

On peut transformer un champ ou une forêt en zone de bungalows, mais essayez de faire l’inverse…

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Cet article est tellement éloquent sur l’absurdité de la situation. Ça me fâche au plus haut point. Ce dézonnage est non seulement non nécessaire, mais va à l’opposé de tout le travail de densité et de coordination d’aménagement du territoire de la CMM. Je trouve que les municipalités du couronnes éloignés ont du culots. Au final, ils dépendent tous de Montréal.

MRC de Montcalm 1000 terrains de football pour des bungalowshttps://www.lapresse.ca/actualites/2020-10-29/mrc-de-montcalm/1000-terrains-de-football-pour-des-bungalows.php

Il a beaucoup été question des terres agricoles sujettes à être dézonées dans l’affaire de la MRC de Montcalm. Or, l’aval du gouvernement au lotissement d’une autre catégorie de terres soulève aussi l’ire de certains experts : celles non agricoles situées à l’extérieur des zones urbaines.

Publié le 29 octobre 2020 à 5h00

Francis Vailles
La Presse

André Dubuc
La Presse

Le 19 octobre, La Presse expliquait que le gouvernement caquiste avait autorisé le schéma d’aménagement de la MRC en dépit des objections d’experts de trois des principaux ministères concernés. D’après eux, le schéma de cette MRC à 50 km de Montréal ne respecte pas les orientations gouvernementales visant à limiter l’étalement urbain.

L’autorisation du gouvernement ne touche pas seulement des terres agricoles. Selon nos nouvelles recherches, elle permet aussi le lotissement de 545 hectares de terres non agricoles hors des périmètres urbains actuels de la MRC (municipalité régionale de comté). Cette superficie représente 3,5 fois la zone agricole qui est en jeu (160 hectares).

Ramenées sur une autre échelle, ces terres non agricoles, souvent boisées, totalisent 58 millions de pieds carrés, soit l’équivalent de 1009 terrains de football américain.

On y construira principalement des maisons individuelles sur de très grands lots, ce qui est de nature à favoriser l’étalement urbain et le réchauffement climatique, selon certains.

Des promoteurs font d’ailleurs déjà la vente de lots, puisqu’ils n’ont pas à passer par la Commission de protection du territoire agricole (CPTAQ), contrairement aux terres agricoles.

« Ce projet domiciliaire offre les terrains les plus abordables de tous nos projets résidentiels dans les Laurentides. Offrez-vous un environnement agréable, loin du trafic et du stress urbain », écrit notamment l’un des promoteurs de ces terrains.

Selon nos estimations, 58 % des 3500 nouveaux logements que prévoit le schéma par rapport à l’ancien seront construits à l’extérieur des périmètres actuels d’urbanisation. Essentiellement, trois secteurs s’ajoutent, situés dans les villes de Saint-Roch-de-l’Achigan, de Saint-Calixte et de Saint-Lin–Laurentides (voir autre texte).

Des embouteillages à la campagne

La transformation de la MRC de Montcalm, tant pour les terres agricoles que pour celles éloignées des zones urbaines, soulève la grogne de certaines municipalités voisines. C’est le cas de Mascouche, de Terrebonne et de Repentigny, mais aussi de Sainte-Anne-des-Plaines, entre autres1.

Le maire de Sainte-Anne-des-Plaines, Guy Charbonneau, se plaint du trafic quotidien que créent déjà les déplacements nord-sud des navetteurs. Il explique que la route 335 est encombrée d’automobilistes venant de Saint-Lin et de Saint-Roch, au nord. Ce flot de voitures fait déborder la circulation vers le rang du Trait carré, un petit chemin agricole à l’ouest de la route 335.

En conséquence, dit-il, les agriculteurs de Sainte-Anne se heurtent à des bouchons de circulation de 2 km en semaine sur le rang, entre 17 h et 18 h.

Ces gens-là voyagent tous les jours pour aller au travail. On se tire dans le pied avec le nouveau schéma. Il faut limiter le réchauffement climatique. Je ne comprends pas. On se demande s’il n’y a pas des gens qui ont des intérêts particuliers.

Guy Charbonneau, maire de Sainte-Anne-des-Plaines

Depuis la mi-octobre, sa municipalité a entrepris de compter le nombre d’automobilistes pour y voir clair. En moyenne, il y a 8324 passages par jour en semaine et un maximum de 9700 le vendredi. « On est tannés de se faire envahir », dit-il.

Réchauffement et taxe carbone

Pour Pierre-Olivier Pineau, professeur à HEC Montréal et expert des questions énergétiques, ce nouvel aménagement de Montcalm « est exactement ce qu’on ne doit pas faire » si l’on veut atteindre les cibles de réduction de gaz à effet de serre (GES) de 2030.

« Il faut protéger ces terres et ces forêts et densifier davantage les zones urbaines. Cette occupation du territoire est problématique, car elle renforce l’obligation d’avoir un véhicule individuel privé pour se rendre dans ces logements », explique M. Pineau.

Jean-Philippe Meloche, professeur à la faculté de l’aménagement de l’Université de Montréal, prend le problème dans l’autre sens. L’étalement urbain, dit-il, n’est pas causé par ces nouveaux aménagements. Il est plutôt une conséquence des faibles contraintes imposées à l’automobile depuis des lustres, avec des routes non tarifées et une essence parmi les moins chères au monde, explique M. Meloche, qui est aussi économiste.

Une taxe carbone qui grimperait à 100 $ la tonne, par exemple, ferait augmenter le prix de l’essence et mettrait un sérieux frein à l’étalement sans qu’on doive imposer des contraintes d’aménagement comme on le fait.

Le hic, explique-t-il, c’est que les circonscriptions caquistes sont situées essentiellement dans des secteurs où les électeurs souffriraient d’une telle politique climatique, ce qui rend son implantation improbable à court terme.

Joint au téléphone, le préfet de la MRC de Montcalm, Pierre La Salle, confirme l’ajout au nouveau schéma des trois secteurs de développement, que nous estimons à 545 hectares sur la base du document officiel du schéma.

Essentiellement, explique-t-il, les demandes d’agrandissement viennent des municipalités elles-mêmes, et non de la MRC.

Pas d’étalement, dit le cabinet de la ministre

Au bureau de la ministre des Affaires municipales et l’Habitation, Andrée Laforest, un commentaire nous a été transmis par son attachée de presse, Bénédicte Trottier Lavoie. « Les agrandissements, par rapport au schéma d’aménagement antérieur, de périmètres d’urbanisation ou des espaces voués au développement urbain, totalisent 210 hectares et non 545. On parle donc d’un potentiel maximal de 525 résidences sur 15 ans. »

Visiblement, constate-t-on, ce total de 210 hectares exclut les zones dites de villégiatures ou écoresponsables, que le schéma ne décrit pas comme vouées au développement urbain. Notre calcul donnant 545 hectares les inclut.

L’attachée de presse affirme par ailleurs que « les effets du trafic générés par les MRC péri-métropolitaines sont limités » et qu’en réalité, « la pression exercée sur les infrastructures métropolitaines émane très clairement de la Communauté métropolitaine de Montréal elle-même ».

« Nous ne sommes plus sur une question d’étalement urbain, mais bien dans du développement régional qui affecte le secteur des Basses-Laurentides et du Bas-Lanaudière », nous écrit-elle dans un courriel.

– Avec la collaboration de William Leclerc

Voici la deuxième partie de l’article:

1 La Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) et la Table des préfets et élus de la Couronne Nord jugent déraisonnable l’avis du MAMH favorable au schéma d’aménagement de la MRC de Montcalm.

Un des projets serait « écoresponsable »

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

À Saint-Roch-de-l’Achigan, le nouveau schéma d’aménagement autorisé par Québec prévoit la construction d’un quartier « écoresponsable » de 450 maisons dans le boisé de part et d’autre de la ligne électrique, qui croise le rang Saint-Charles, à 3 km du village.

Trois grands secteurs ont été ajoutés au nouveau schéma de la municipalité régionale de comté (MRC) de Montcalm, où l’on construira essentiellement des bungalows et des cottages.

Le premier, appelé « Aire résidentielle écoresponsable », est situé à Saint-Roch-de-l’Achigan et fait près de 20 millions de pieds carrés (344 terrains de football).

La zone boisée est au sud du rang Saint-Charles et à l’ouest du chemin Saint-Henri. Elle est aussi vaste que tout le village de Saint-Roch.

Le nouvel aménagement de la MRC y autorise la construction de 450 maisons, ce qui fait, en retranchant les espaces non utilisables, une moyenne de 18 000 à 36 000 pieds carrés de terrain par logement. En comparaison, en banlieue de Montréal, un lot pour une maison unifamiliale est généralement de 5000 pieds carrés.

Le préfet de la MRC, Pierre La Salle, explique que dans l’ancien schéma, la construction était permise dans cette zone forestière, mais uniquement le long des chemins existants. « Avec la nouvelle aire d’affectation [écoresponsable], ça permet de construire des nouvelles rues », dit-il, mais sans services municipaux (égouts et distribution d’eau).

Municipalité de Louis-Charles Thouin

Le deuxième secteur autorisé par le nouveau schéma de la MRC est à Saint-Calixte. C’est cette municipalité que le député Louis-Charles Thouin, grand défenseur du nouvel aménagement, a dirigée comme maire jusqu’en 2017.

Le schéma ajoute l’équivalent de 28 millions de pieds carrés à développer pour des résidences de villégiature (482 terrains de football). Pas moins de 232 résidences y seront construites au cours des prochaines années, prévoit-on, pour une moyenne de 121 000 pieds carrés de terrain par maison.

Deux zones sont nouvellement acceptées : l’une au sud du lac Bob (environ 200 maisons) et l’autre, à l’extrémité ouest de Saint-Calixte.

Le troisième secteur nouvellement autorisé, qui agrandira le périmètre urbain de la MRC, est situé à Saint-Lin–Laurentides. Il fait plus de 10 millions de pieds carrés, et la densité prévue (1348 logements) signifie une moyenne de 7700 pieds carrés de terrain par logement. Le nouveau développement sera situé à l’est de la 335 et au sud de la rue Sainte-Henriette.

– Avec la collaboration de William Leclerc

Voyons donc… ce député manque d’intégrité. Il y a une limite à vouloir développer ta région au point de mettre le gouvernement dans l’embarras et outre-passer toutes les règles existantes en matière de développement…

Xa1992 a dit : Voyons donc… ce député manque d’intégrité. Il y a une limite à vouloir développer ta région au point de mettre le gouvernement dans l’embarras et outre-passer toutes les règles existantes en matière de développement…

On a vu avec le REM à Chambly et la volonté d’amener le REM jusqu’à Châteauguay qu’ils n’en ont rien à foutre de l’étalement urbain, tant que ça bénéficie leurs circonscriptions. Vraiment, c’est le far-west.

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ScarletCoral said:

Xa1992 said: Mon dieu c’est clair que le télétravail tel qu’il était prédit au printemps n’arrivera pas. Il y a une énorme perte d’efficacité, sans compter la santé mentale et les problèmes que ça engendre.

Fait divers: mon bureau a fait un sondage (plutôt informel) au sujet du futur des bureaux. Les résultats étaient étonnants. La majorité des gens ne sont pas intéressés par des bureaux satellites en banlieue et un plus petit espace au centre-ville. Ça montre juste à quel point les gens ont hâte de se voir et de travailler ensemble et socialiser. Nous sommes une entreprise de 1000 employés à Montréal, ce n’est pas rien.

Bottom line: Je pense qu’on aura juste plus de flexibilité dans le futur. Ceux qui veulent rester chez eux une journée pour des rendez-vous pourront le faire, sinon on se rejoindra au bureau, etc. Le centre-ville ne mourra pas, j’en suis certain.

Je suis en télétavail depuis le 13 mars! Je n’en peux plus des réunions sur Teams à longueur de journée. Même si mon bureau est dans la 2e chambre de mon condo et que je peux fermer la porte, il n’y a pas de « séparation » entre la maison et le travail. Juste une journée ou deux par semaine au bureau ferait du bien question de changer d’environnement.
Chez mon employeur (à 10 minutes à pied de chez moi), pas de retour au bureau avant janvier. Certains gestionnaires sont retournés travailler au centre-ville cet été, mais on leur a tous demandés de retourner en télétravail quelques jours avant que le PM demande aux gens de faire du télétravail.
Chez mon client (à 20 minutes à pied de chez moi), aucune date prévue de retour. Certaines personnes disent que ce ne sera pas avant 2022!

Je travaille de ma cuisine, faute d’une pièce dédiée et mon travail, à 15 min de marche de chez moi, restraint très fortement le travail au bureau. Je revient de vacances de quelques semaines passées chez moi (c’était en début octobre) et j’avais l’impression de passer mes vacances au bureau tout le long. Il y a quelque chose de particulièrement malsain à avoir des flashbacks du bureau chaque fois que je m’asseyais dans ma cuisine pour manger ou regarder une série sur Netflix.

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Faut pas lâcher! Ne déménagez pas en banlieue pour ça! La ville c’est bien!
Plus sérieusement. J’ai eu un appel avec une collègue cette semaine. Elle est déménagé de façon permanente à Sainte-Agathe-des-Monts. Elle regrette amèrement.

Bien hâte de voir tous ces gens qui flirtent avec l’idée de déménager à l’extérieur de la ville, coincé dans leur bungalow laid, lorsque tout reviendra à la normale et que l’énergie propre à Montréal va être de retour. Ça va vite chialer contre le traffic!

À mon avis, il faut être prudent à faire des choix aussi importants durant un temps aussi incertain, temporaire, qui ne représente pas la normalité. Personnellement, je ne prendrais jamais ce risque car je sais que mon choix serait guidé par des circonstances extraordinaires. Je comprend que la situation est inconfortable, voir pour certains qui sont moins privilégié, insupportables, mais j’aurais beaucoup trop peur de la regretter par la suite.

En région, surtout l’hiver, ce n’est pas toujours comme être au cœur du village du Mont-Tremblant tout le temps lol. Je trouve ça chouette que des gens puissent réaliser un rêve si c’était un style de vie qu’on voulait vraiment, mais juste en réaction à la pandémie? On va avoir des gens qui vont regretter, c’est certain.

Et franchement, je ne pense pas que tu vis nécessairement moins d’isolation juste en augmentant la superficie de la résidence… Quand j’ai le besoin de voir un peu d’activité humaine en dehors de chez moi, je sors dans le quartier, et je sais que les rues et les places publiques sont occupées, ça fait du bien. Ça me manquerait en ce moment de ne pas avoir ça. Changer de pièce ne le ferait pas.

Pourquoi absolument tenir le bout? Même si plusieurs qui font présentement ce choix le font sous l’angle déformé d’une pandémie et dans un état d’anxiété généralisé, pour une personne rentre dans un état de stress chronique à cause de son environnement, quitter est une réaction bien saine.

Est-ce que c’est sain quand une personne regrette après quelques mois? Dans certains cas, le déménagement sera une bonne chose, mais dans d’autres, je pense qu’on échange des problèmes sur des facteurs temporaires. Et déménager n’élimine pas plusieurs causes fondamentales d’un tel état, à terme ça peut même les empirer quand on parle d’isolement. Faut cibler ses raisons.

Mais je suis d’accord que ce n’est pas facile pour beaucoup de gens et qu’on ne peut pas reprocher une personne de se sentir juste mieux dans le contexte.