Démographie, densité et étalement urbain

Je pense que cette carte date un peu car il me semble que certains milieux inscrits se sont fait amputés.

Pour le fichier statistique de la protection du territoire, je suis assez surpris, j’ai regardé pour ma ville et le pourcentage de milieux naturels protégés est supérieur de plusieurs points à la superficie totale du territoire recouvert de canopée. Je pense que ça englobe aussi les zones protégées sur l’eau, ce qui n’est pas faux, mais ça donne l’impression que le territoire est suffisamment protégé alors que c’est loin d’être le cas. Par exemple, à Sainte-Catherine, une bonne partie du territoire est recouvert par des plans d’eau, sur lesquels on retrouve (de mémoire) deux zones protégées assez larges. Ainsi, 20% du territoire de la municipalité est protégé, mais en pratique, ces milieux ne sont pas menacés par l’étalement urbain et les milieux naturels terrestres, eux, ne sont pas protégés et sont sous une menace constante.

C’est désolant aussi de voir à quel point ce sujet n’est pas présent dans la politique municipale à l’approche des élections. Les seuls fois où j’ai entendu parler de “protection” du territoire, c’était comme argument qui pousse le nimbysme et l’anti-densification.

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Il y a une carte sur le site de la CMM. (partagée sur leur compte Twitter aujourd’hui )
Elle est datée de décembre 2011.

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Pas facile pour les villes tout juste à l’intérieur du périmètre de la CMM

Une guerre du bungalow dans les couronnes de Montréal


PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE
La Seigneurie Villemory, nouvel ensemble résidentiel à Saint-Lin–Laurentides, municipalité qui échappe aux règles de densité urbaine que s’impose la Communauté métropolitaine de Montréal.

D’un côté de la frontière, à Terrebonne, un quartier « aussi dense que le Plateau Mont-Royal ». De l’autre, à Saint-Lin–Laurentides, un terrain vague qui se transforme graduellement en champ de bungalows.

Publié le 13 octobre 2021 à 6h00
Philippe Teisceira-Lessard La Presse

L’allure des nouveaux quartiers résidentiels de la banlieue de Montréal fait l’objet d’une guerre sans merci entre les villes de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) et les municipalités situées juste au-delà de ses limites. Un conflit qui sert de décor aux élections municipales qui s’y tiennent actuellement.

En jeu : les règles que s’imposent les municipalités métropolitaines au nom de l’environnement – construire densément, en épargnant les espaces verts et agricoles, autour des transports en commun – et auxquelles leurs voisines immédiates ne sont pas soumises. Bref, condos et jumelés contre bungalows.


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Marc-André Plante, maire sortant de Terrebonne

« Il faut que les règles du jeu soient les mêmes partout au Québec », estime Marc-André Plante, maire sortant de Terrebonne. « À 10 minutes d’ici, il n’y a absolument rien de ça. […] Les municipalités du pourtour de la CMM n’ont généralement pas de règles à respecter autres que celles dictées par le schéma d’aménagement. Ces critères sont substantiellement plus faibles. » Résultat : des taxes municipales et des coûts d’immobilier plus élevés à Terrebonne qu’à Saint-Lin, par exemple.

« Défaire l’American way of life »

L’entrevue se déroule en plein cœur d’Urbanova, nouveau quartier résidentiel qui devrait à terme accueillir 30 000 résidants. Le secteur est montré en exemple par la CMM. « C’est une ville dans une ville. C’est comme si on créait Sainte-Julie dans les limites de Terrebonne », a illustré l’élu.


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Urbanova, nouveau quartier résidentiel de Terrebonne

Derrière lui, des résidences multifamiliales qui abritent chacune huit condos, installées face à un parc et un jardin communautaire. Le projet compte aussi une pléthore de maisons de ville, de grands immeubles d’appartements et des résidences unifamiliales avec de petits terrains. Des dizaines d’autos sont garées dans la rue, comme dans les quartiers centraux de Montréal.

Le défi d’Urbanova : « défaire l’American way of life des années 1960, 1970, et aller vers un ensemble qui permettra de rentabiliser les infrastructures », selon Serge Gagnon, conseiller municipal sortant du secteur, qui fait partie de l’équipe du maire Plante. Il ne cache pas que de nombreux nouveaux résidants ont eu de la difficulté à s’adapter à leur nouveau mode de vie, avec des voisins plus près et des poubelles collectives pour accélérer la collecte.

Et les nouveaux arrivants d’Urbanova ne seront pas les seuls à devoir s’adapter : à peine 4 % des habitations dont la construction a été autorisée par Terrebonne dans la dernière année étaient des résidences unifamiliales, selon le conseiller Gagnon. Tout un changement au royaume du bungalow.

Mathieu Traversy, qui veut ravir l’hôtel de ville de Terrebonne le mois prochain, ne s’oppose pas à l’adhésion de la municipalité aux objectifs de densification de la CMM. Mais cette transformation doit se faire de façon plus harmonieuse, fait-il remarquer.

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Mathieu Traversy, candidat à la mairie de Terrebonne

La façon dont on va développer notre ville au cours des prochaines années intéresse beaucoup nos électeurs. Beaucoup de projets ont été balayés du revers de la main par les citoyennes et les citoyens au cours des derniers mois, des projets qui ont été mal présentés à la population.

Mathieu Traversy, candidat à la mairie de Terrebonne

M. Traversy fait notamment référence au projet de construction d’une tour de 25 à 32 étages (baptisée « Cachemire ») dans le secteur des Jardins d’Angora. Une modification réglementaire concernant le projet a été désapprouvée par une mince majorité lors d’un référendum local le mois dernier.

« Ce qui revient dans la plupart des dossiers de densification et d’aménagement, ce sont les infrastructures routières, l’accessibilité aux quartiers », a continué M. Traversy. Dans Urbanova – où les résidants sont encore largement dépendants de leur voiture pour se déplacer –, c’est un accès à l’autoroute 640 qui manque.

« J’ai besoin d’espace »

Juste à la limite de Terrebonne (et donc du territoire de la CMM), des ouvriers font sortir de terre des bungalows les uns après les autres à la Seigneurie Villemory, à Saint-Lin–Laurentides. Les rues sont prolongées régulièrement, chaque fois qu’une nouvelle section est inaugurée.

Vers 14 h 30, les enfants sortent de l’école primaire du Ruisseau – inaugurée en 2019 – et envahissent les rues du nouvel ensemble résidentiel.

Patrick Massé, maire sortant de Saint-Lin–Laurentides, en a assez d’entendre les récriminations des maires voisins sur la façon dont sa municipalité se développe. « Je trouve ça aberrant », lance-t-il en entrevue téléphonique, faisant observer qu’elle respectait les obligations imposées par Québec et qu’elle s’était même donné un cadre plus strict pour densifier les secteurs les plus rapprochés de son cœur villageois. « C’est un besoin. Les gens ne partent pas de Montréal et de la CMM pour rien. Ils veulent avoir une qualité de vie, ils veulent des espaces verts. Ils veulent être bien. »

L’élu voudrait que l’on arrête de considérer Saint-Lin comme une simple lointaine banlieue de Montréal et qu’on reconnaisse plutôt la ville comme le centre urbain de la MRC de Montcalm. M. Massé tentera justement d’en devenir préfet le 7 novembre. Le principal candidat à sa succession, Mathieu Maisonneuve, a indiqué qu’il exposerait sa « vision en tant que maire [seulement s’il a] la chance d’être élu ».

Rencontrés devant leur maison de la Seigneurie Villemory, Rachel Fontaine et Jonathan Beaudoin font prendre l’air à leur nourrisson de seulement 5 jours. Ils ont acheté leur maison à Saint-Lin après avoir vécu en condo à Terrebonne.

« Après le condo, des voisins collés, c’était fini pour moi », dit la nouvelle mère. « J’ai besoin d’espace. On a choisi le terrain parce que c’était l’un des plus larges disponibles au moment où on a acheté », a continué son conjoint.

La sœur de ce dernier, Vickie Beaudoin, vient de s’installer dans le quartier il y a cinq mois. Elle a accouché deux mois plus tard. « C’est vraiment très, très, très familial », explique-t-elle.
https://www.lapresse.ca/actualites/grand-montreal/2021-10-13/une-guerre-du-bungalow-dans-les-couronnes-de-montreal.php

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J’étais passé en bus à Terrebonne après m’y être rendu par la ligne Mascouche , il y a quelques semaines, pour voir comment le territoire est développé. Pour le peu que j’ai vu, j’étais vraiment surpris du niveau d’urbanisation du cœur de la ville. Il y a vraiment une volonté de le rendre accessible à pied et en transports en commun et je serais vraiment intéressé d’y retourner pour explorer un peu plus. J’espère vraiment qu’ils vont continuer sur cette lancée.

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:soap: … À quoi ressemble l’offre de services, de commerces, et de transport à Urbanova? Si elle est déficiente, on peut bien augmenter la densité résidentielle, les résidents seront infiniment plus dépendant à l’auto que les gens qui habite les bungalow à coté des stations Radisson ou Sauvé.

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Le maire de St-Lin joue complétement à l’autruche. Il sait très bien qu’il construit sur la limite de son territoire pour des citoyens qui veulent de l’espace, tout en ne s’éloignant pas trop de Montréal et de ses banlieues populeuses.

« Patrick Massé, maire sortant de Saint-Lin–Laurentides, en a assez d’entendre les récriminations des maires voisins sur la façon dont sa municipalité se développe. « Je trouve ça aberrant », lance-t-il en entrevue téléphonique, faisant observer qu’elle respectait les obligations imposées par Québec et qu’elle s’était même donné un cadre plus strict pour densifier les secteurs les plus rapprochés de son cœur villageois.»

Ce n’est pas ce que montre une simple capture d’écran Google Map où l’on voit très bien qu’il a densifié la partie sud de sa municipalité, à la frontière de la CMM. Son centre villageois lui, dépérit à vue d’oeil et aucun effort n’a véritablement été fait dans les 20 dernières années afin de le densifier et l’enjoliver.

Les élus comme les maire de St-Lin font définitivement parti du problème d’étalement urbain. Leur mauvaise foi doit être encadrée par des lois et règlements clairs en matière d’aménagement du territoire.

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Urbanova, c’est beaucoup de bungalow, c’est pas un très bon exemple à suivre selon moi…Screenshot_20211013-150138|722x1565

le design des rues me fait penser à cette vidéo que j’ai regardée hier à propos de la « guerre à l’auto » en banlieue vs en ville

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Ah et j’oubliais que dans quelques années, le maire de St-Lin va probablement implorer Québec d’effectuer l’élargissement de la Route 335 de St-Lin à Terrebonne, en passant par La Plaine, pour désengorger un trafic qu’il jugera aberrant à son tour … Le développement urbain et la politique municipale de courte vue.

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Pire, il va probablement demander le prolongement de l’A19 jusque là…

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Faudrait pas oublier l’A50 aussi, le plan initial était qu’elle passe par là et si ça continue ça va avoir l’air d’une bonne idée pour un maire comme celui-là!

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C’est pour ce genre de problèmes, qu’il faut une réduction des petites municipalités et de la meilleures planifications régionales et de MRC. La CMM est encadrée, mais a ses problèmes internes qui pourraient être réglés avec de fusions de municipalité contigües, car on s’entend que la gestion doit de faire avec en tête les problématiques et les réalités d’un territoire, sauf que lorsque ses dernières sont les même des 2 côtés d’une ligne imaginaire arbitrairement dessinée, la gestion d’enjeux communs se fait de différentes façons.

Ici, directement que l’on sort de la CMM, on n’a plus les règles de cette dernière. De plus, on le voit pas juste ici, juste à prendre la ville de Carigan qui est littéralement 3-4 secteurs déconnectés, mais collés sur ses voisins. St-Lin profite clairement de ce vide de réglementations, car c’est payant pour la municipalité de faire ce qu’on ne peut pas faire dans celle voisine. Ici c’est encore plus flagrant, car c’est fait directement à la limite du territoire ‘‘contrôlé’’

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Pareil, il y a de la densification et une place plus importante dédiée au transport actif, mais le transport en commun demeure médiocre dans le quartier, on se trouve aux limites de la zone d’urbanisation, il y a un important manque de service et l’autoroute 640 est à deux minutes. Bref, quand j’y suis passé il y a un mois, mon ressenti était qu’on est encore dans du développement pour l’automobile, malgré les efforts.

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Beau podcast du Globe and Mail. C’est plutôt intéressant!

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Caricature de Pascal dans le Devoir d’hier :slightly_smiling_face:

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Tiens tiens …

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On parlait du quartier d’Urbanova il y a quelques jours, voici une excellente lecture sur l’évolution de la forêt de Terrebonne, on y fait référence au quartier quelques fois.

St-Arnaud_Frederique_2020_memoire (umontreal.ca)

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Ça faisait un bon moment que je souhaitais voir la corrélation entre la densité d’un milieu et le nombre moyen d’autos / logis, dans le grand Montréal. J’ai compilé les données de l’enquête Origine-Destination 2018 et voici le résultat. Sans surprise, il y a une forte corrélation entre la densité et le nb autos / logis (r = -0,87).

Le territoire couvert par l’enquête est immense, s’étalant de Rivière-Baudette à Sorel et plusieurs municipalités de banlieue ont un gros territoire, qui se prolonge loin dans la campagne, alors il faut quand même prendre le graphique avec certaines pincettes.

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