Parlant des travaux à ce niveau, j’ai appris que ma belle-sœur a eu un accident à cet endroit:
Elle était en vélo, dans le sens du trafic. Un automobiliste l’a frappé en arrière, et s’est sauvé. Elle va bien, mais est en congé depuis quelques semaines, et doit faire de la réadaptation.
Ce n’est pas un tronçon dangereux de rue, en théorie. 30 km/h, rue large et relativement tranquille, en dehors du trafic du pont, et des pointes de l’école et l’église pas loin. Il y a même des bosses de vitesse dans le secteur.
Elle a dit qu’elle aurait pris le REV Henri-Bourassa, si celui-ci était déjà construit (j’avais déjà mentionné ici que ce trajet était parfait pour elle entre sa maison et son travail). Je lui ai dit d’envoyer son histoire à la mairesse de l’arrondissement, qui est aussi sceptique face à l’infrastructure. Il est peut-être important de rappeler qu’on protège de vraies personnes, qui subissent de vrais accidents en l’absence d’une bonne infrastructure. Et que même une rue “tranquille” est à risque, sans protection physique.
Aussi, l’achalandage n’est pas tout, on protège des humains en fin de compte, que ce soit 10 ou 10 000 passages. Personnellement, je crois que la vie d’une mère de famille vaut plus que n’importe quel ralentissement du trafic. On doit se servir de ces données pour bonifier la sécurité des gens avec de meilleures infrastructures, pas en retirer et tuer du monde.
Je ne crois pas que le REV Henri-Bourassa est menacé. Défaire ce qui a été construit à coups de millions serait un gaspillage stupide d’argent et de temps. Mais j’invoque juste un cas concret où l’existence d’une piste protégée dans l’axe se justifie parfaitement, et que cette histoire s’applique partout en ville, où on rechigne à changer l’espace public.
Petite réflexion sur le conducteur responsable de la collision et qui s’est sauvé. On entend souvent que la police ne fait rien à Montréal, que ça ne vaut pas la peine de déclarer les “petits crimes”. J’ai toujours été en fort désaccord avec cela. Dans ce cas, la police a été appelée. Elle enquête, elle vérifie s’il y a des caméras, et elle fait un suivi avec la victime, qui est considérée comme telle dans tous les sens du mot et de la loi.
C’est d’une lâcheté inhumaine d’abandonner une personne sur la chaussée, alors qu’une réaction rapide des services d’urgence peut faire la différence entre la vie et la mort.
