Changements climatiques

Un autre recul de la CAQ


Émissions de gaz à effet de serre Bernard Drainville plaide pour une « cible réaliste »

L’impact des politiques énergétiques américaines a influencé les discussions lors de la première journée des consultations sur la révision de la cible de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) du Québec, mardi matin.
Mis à jour hier à 15 h 37

Stéphane Blais La Presse Canadienne

Dans la foulée de l’Accord de Paris en 2015, le Québec s’est fixé l’objectif de réduire ses émissions de 37,5 % sous le niveau de 1990, d’ici 2030.

La Loi précise que cette cible doit être révisée au plus tard le 31 décembre 2025 et les consultations qui ont débuté mardi à l’Assemblée nationale doivent permettre de déterminer la nouvelle cible.

« Il faut prendre soin du climat, mais également de l’économie et des emplois », a lancé le ministre de l’Environnement, Bernard Drainville, en début de consultations, avant de faire porter le blâme du manque d’ambition climatique des différents gouvernements nord-américains au président des États-Unis.

« L’arrivée de Trump et de ses politiques a déclenché une réaction en chaîne. Il a mis pratiquement fin à l’ensemble de la politique climat du gouvernement américain. Il a sabordé la politique d’électrification des transports. Il a bousillé la transition énergétique. Et ce faisant, il a amené d’autres gouvernements en Amérique du Nord à reculer sur un certain nombre de choses », a lancé Bernard Drainville avant d’indiquer que la nouvelle cible du Québec devra « être réaliste » et tenir compte de « l’instabilité économique mondiale ».

Mais la lutte aux changements climatiques est « le plus grand défi de l’histoire de l’humanité », a pour sa part souligné le professeur en économie de l’environnement Alain Webster, en citant les récentes paroles du secrétaire général de l’ONU, António Guterres.

« Si le Québec ne fait pas adéquatement cette transition [vers les énergies renouvelables], on se fera demander par nos enfants, “qu’est-ce qu’on faisait pendant qu’on était prospère ?” », a indiqué le professeur Webster, qui est président du Comité consultatif sur les changements climatiques.

Ce groupe de scientifiques a pour mandat de conseiller le gouvernement sur la crise climatique et il recommande d’adopter une cible de réduction des GES de 85 % pour 2050, et de conserver, au minimum, celle de 37,5 % d’ici 2030 par rapport au niveau de 1990.

« On est convaincu que c’est réaliste 37,5 % et on est convaincu que c’est fondamental d’atteindre 37,5 %, parce qu’on est convaincu que les sociétés humaines vont réussir à faire cette transition » malgré « la période très conjoncturelle avec cette administration américaine qui nous dit que tout ça est un canular », a indiqué M. Webster.

Celui-ci a rappelé que l’atteinte des cibles est impossible sans une « sortie des énergies fossiles » et il a précisé que « dans le bilan énergétique du Québec, il y a encore 50 % d’énergies fossiles », surtout associées aux transports, mais également aux secteurs industriels et manufacturiers et aux bâtiments.

En s’adressant au ministre Drainville, M. Webster a indiqué que les projets du gouvernement et d’Hydro-Québec pour « accroître l’énergie renouvelable » sont « extraordinaires », mais qu’il faut que ces projets servent à remplacer l’utilisation d’énergie fossile bien plus qu’à répondre à des besoins supplémentaires.

Les scientifiques du Comité consultatif sur les changements climatiques suggèrent au gouvernement de mettre en place « des budgets carbone et des feuilles de route sectorielles pour mieux baliser la trajectoire de décarbonation et accroître la mobilisation des parties prenantes ».

En règle générale, un budget carbone définit le nombre d’émissions liées au carbone cumulé autorisées dans un certain laps de temps, par exemple sur cinq ans.

Donc, selon cette recommandation, le gouvernement offrirait une feuille de route ou une trajectoire, pour indiquer les limites d’émissions de carbone que chaque grand secteur de l’économie devrait respecter.

Hausser les cibles…

La directrice de Nature Québec a fait valoir que « c’est seulement que récemment » et « non il y a 30 ans » que l’on a commencé à agir réellement contre les changements climatiques en mettant, par exemple, en place le marché du carbone ou encore le Plan pour une économie verte en 2020.

https://www.lapresse.ca/actualites/environnement/2025-11-25/emissions-de-gaz-a-effet-de-serre/bernard-drainville-plaide-pour-une-cible-realiste.php

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Entente avec l’Alberta Ottawa abandonne des politiques climatiques pour favoriser un projet d’oléoduc

(Ottawa) Le premier ministre Mark Carney et son homologue Danielle Smith ont signé un protocole d’entente jeudi pour la construction d’un oléoduc vers la Colombie-Britannique financé par le secteur privé. L’Alberta aura jusqu’au 1er juillet pour le soumettre au bureau fédéral des grands projets afin qu’il soit mis sur la voie rapide.
Publié à 12 h 05

Mylène Crête La Presse

« C’est une grande journée pour les Albertains », a déclaré Mme Smith tout sourire.

L’objectif est de faire du Canada une « superpuissance énergétique mondiale » transportant « au moins un million » de barils de pétrole « à faibles émissions » par jour vers les marchés asiatiques. Il repose sur la décarbonation du bitume par l’entremise du projet Nouvelles voies, aussi connu sous le nom de Pathways en anglais, pour la capture et le stockage du carbone.

« Ça rendra le Canada plus fort, plus indépendant, plus résilient et plus durable », a affirmé M. Carney.
Les deux gouvernements s’engagent à atteindre la carboneutralité d’ici 2050. Ottawa accepte d’abandonner le plafond sur les émissions du secteur pétrolier et gazier qui aurait permis de réduire les gaz à effet de serre émis par cette industrie. Le règlement annoncé à l’automne 2024 par l’ex-ministre de l’Environnement, Steven Guilbeault, n’était toujours pas entré en vigueur.

Il exempte aussi immédiatement l’Alberta de l’application du Règlement sur l’électricité propre en attendant la conclusion d’ici le 1er avril d’un nouvel accord sur la tarification sur le carbone industriel. Elle devra monter du prix actuel de 95 $ la tonne à un prix minimal de 130 $ la tonne.

Ottawa ouvre également la porte à modifier le moratoire sur les pétroliers le long de la côte nord de la Colombie-Britannique. En vertu de ce moratoire imposé en 2019, les navires qui transportent plus de 12 500 tonnes métriques de pétrole brut ne peuvent s’arrêter, charger ou décharger leur cargaison dans les ports situés dans cette zone qui s’étend jusqu’en Alaska et inclut l’archipel Haida Gwaii.

Le premier ministre britanno-colombien David Eby s’oppose fermement à ce qu’un oléoduc traverse sa province.

En contrepartie, l’Alberta s’engage à partager les bénéfices économiques avec la Colombie-Britannique. Elle devra également s’assurer que les Premières Nations touchées soient consultées en amont et que celles qui le souhaitent puissent être copropriétaires de l’oléoduc.

La signature de ce protocole d’entente fait suite aux aménagements déjà présentés dans la stratégie de compétitivité climatique lors du dernier budget fédéral.

https://www.lapresse.ca/affaires/2025-11-27/entente-avec-l-alberta/ottawa-abandonne-des-politiques-climatiques-pour-favoriser-un-projet-d-oleoduc.php

Colombie-Britannique Des Premières Nations s’opposent catégoriquement à un nouvel oléoduc

https://www.lapresse.ca/actualites/2025-11-26/colombie-britannique/des-premieres-nations-s-opposent-categoriquement-a-un-nouvel-oleoduc.php

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via la chaîne YouTube du Devoir

L’avenir climatique est-il aussi sombre qu’on le dit?

Avons-nous dépassé le point de non-retour? «Le Devoir» se penche sur la crise climatique avec des experts et des militants écologistes. Objectif: comprendre où nous en sommes vraiment — et ce qui nous attend. Voici un décryptage qui explique si l’avenir est aussi sombre qu’on le dit.

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Très bon reportage. Quand on prend du recul et qu’on qu’on réfléchit sérieusement à la question, on constate que nous sommes collectivement pleinement responsables des changements climatiques et des conséquences qui finiront par nous rattraper.

Rappelons-nous en bout de ligne que l’homme a besoin de la nature (il en dépend), mais la nature n’a pas besoin de l’homme. Elle pourrait très bien poursuivre son évolution sans l’humanité, ce qu’elle a fait de toute façon concrètement avant l’apparition de l’homme sur Terre.

J’en conclus que si l’homme continue à malmener la nature de manière aussi inconsciente et irresponsable, il mènera lui-même notre espèce à sa propre disparition, comme cela arrive déjà pour d’autres milliers d’espèces actuellement dans le monde.

Donc qui sommes-nous humblement dans le grand tableau? Une espèce parmi les autres. Cependant les autres espèces ne menacent pas l’équilibre de la nature, nous certainement avec notre consommation de ressources débridée, mais pas seulement.

Finalement seule une sévère prise de conscience suivie de gestes appropriés peuvent encore nous sauver, en cessant de prendre égoïstement la Nature comme si c’était notre propriété privée ou en agissant comme de vulgaires parasites sur la seule planète connue qui abrite la vie dans notre coin de l’univers.

Or il n’est pas trop tard pour changer les choses, mais réalisons que chaque délai nous conduit toujours un plus près de l’abime.

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La caricature de Côté

Par André-Philippe Côté, Le Soleil

30 novembre 2025 à 04h00

(André-Philippe Côté/Le Soleil)

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Il ne faut pas « détourner » l’argent du Fonds vert, dénonce le Conseil du patronat

La présidente du Conseil du patronat, Michelle LLambías Meunier

(Québec) En détournant les surplus du Fonds d’électrification et de changements climatiques pour assainir les finances publiques, le gouvernement Legault transforme la tarification carbone en simple taxe, déplore le Conseil du patronat.

Publié le 27 novembre

Charles Lecavalier La Presse

« L’argent accumulé dans le Fonds vient des entreprises. Ça ne devrait servir qu’aux changements climatiques. Ça ne peut pas utiliser comme une marge de manœuvre budgétaire pour assainir les finances publiques. Pour l’avenir, c’est comme si on disait aux cotisants : payez, mais on ne sait pas si l’argent va vraiment servir à ces fins », déplore Michelle LLambías Meunier, la présidente du Conseil du patronat, en entrevue avec La Presse.

Nous savions déjà que les environnementalistes et les experts dénonçaient la décision du gouvernement Legault – confirmée lors de la mise à jour budgétaire – de transférer 1,8 milliard de dollars de surplus cumulés du Fonds d’électrification et de changements climatiques vers le Fonds des générations pour rembourser la dette, plutôt que de servir à la lutte aux changements climatiques.

Les grandes entreprises ajoutent maintenant leur voix à ces critiques en utilisant l’argument suivant : ce sont elles qui paient les droits de polluer du marché du carbone finançant le FECC. Et si elles le font, c’est pour contribuer à la lutte aux changements climatiques et pour participer à la transition énergétique, pas pour assainir les finances publiques, explique Mme LLambías Meunier.

C’est le message qu’elle a relayé à la présidente du Conseil du trésor, France-Élaine Duranceau, en commission parlementaire mercredi. C’est en effet la ministre Duranceau qui a provoqué la surprise en déposant un projet de loi au début du mois donnant le pouvoir au ministère des Finances de mettre la main sur la cagnotte du Fonds vert. Une fois adopté, il permettra au ministre Eric Girard de transférer ces sommes dans le Fonds des générations, ou dans le Fonds des réseaux de transport terrestre, qui est en déficit et peine à financer l’entretien des routes et du transport collectif.

Québec parle d’enjeu de gestion. Le CPQ décèle une autre motivation.

Le gouvernement accapare des fonds destinés essentiellement à la lutte contre les changements climatiques pour pallier en partie la situation des finances publiques.

Extrait du mémoire du Conseil du patronat

Pour le CPQ, il est important de ne pas changer les règles en cours de route. Les sommes levées par le marché du carbone doivent être utilisées pour « financer la réduction des GES, notamment dans les entreprises, le transport collectif et le transport de marchandises ».

« Les revenus du FECC proviennent directement des entreprises assujetties au marché du carbone, notamment les plus grands émetteurs industriels. Ces sommes sont prévues pour le financement de la réduction des émissions de GES, l’électrification, la transition énergétique, ainsi que l’adaptation aux impacts des changements climatiques. Détourner ces fonds reviendrait à transformer la tarification carbone en taxe, nuisant à la compétitivité de l’économie québécoise, tout en ralentissant la décarbonation », déplore Mme LLambías Meunier.

Chaque dollar issu du marché du carbone doit servir à réduire les émissions de GES, pas à combler des trous budgétaires

Michelle LLambías Meunier, présidente et cheffe de la direction du CPQ

À son arrivée au pouvoir, le gouvernement Legault voulait pourtant utiliser les surplus du Fonds vert. En 2018, le conseil de gestion du Fonds vert affirmait que les surplus accumulés constituaient alors « autant de ressources disponibles qui ne sont pas mises à contribution pour l’atteinte des objectifs gouvernementaux de réduction des émissions de GES ».

Par la suite, il a changé son fusil d’épaule. L’ex-ministre de l’Environnement Benoît Charette voulait même le faire croître. « À l’heure actuelle, l’objectif n’est donc pas d’éliminer rapidement le surplus accumulé dans le Fonds d’électrification et de changements climatiques [la nouvelle appellation du Fonds vert], mais plutôt de s’assurer de pouvoir soutenir sa croissance. Aussi, les revenus de placement de ce surplus accumulé reviennent dans le FECC », disait Amélie Moffet, attachée de presse du ministre de l’Environnement, Benoit Charette en 2024.

https://www.lapresse.ca/actualites/environnement/2025-11-27/il-ne-faut-pas-detourner-l-argent-du-fonds-vert-denonce-le-conseil-du-patronat.php

La FQM et QS déplorent que le Fonds vert serve à rembourser la dette

La Fédération québécoise des municipalités déplore que le gouvernement Legault compte utiliser les 1,8 milliard de surplus cumulés du Fonds d’électrification et de changement climatique pour rembourser la dette. De son côté, le parti d’opposition Québec solidaire qualifie cette décision de « plus grande coupure en environnement de l’histoire du Québec ».

« On a 2 milliards qui vont disparaître en lutte aux changements climatiques. Il y a 1,8 milliard qui va être détourné des fonds d’électrification et 200 millions qui ont été coupés dans l’application du plan pour une économie verte. Ça, c’est 2 milliards de moins en lutte aux changements climatiques », a commenté la députée de Verdun.

https://www.lapresse.ca/actualites/environnement/2025-11-26/la-fqm-et-qs-deplorent-que-le-fonds-vert-serve-a-rembourser-la-dette.php

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Réchauffement climatique Le dangereux dégel des montagnes

Blatten, en Suisse, vu des airs en octobre. Le village a été en grande partie abandonné après l’effondrement d’un glacier en mai dernier.

(Lausanne et Wiler) En mai dernier, l’affaissement d’une montagne a rasé le village de Blatten, en Suisse. Le réchauffement de la planète ne déstabilise pas seulement les glaciers, mais aussi les cimes alpines. Une histoire de pergélisol en altitude.

Publié à 8 h 00
Mathieu Perreault La Presse

Lukas Kalbermatten se souvient encore de l’appel qu’il a reçu le samedi 17 mai. Tous les habitants de Blatten devaient se rendre à la salle communale.

L’hôtelier valaisan, qui était en train de préparer son établissement pour l’été, se doutait bien que la réunion était liée au glacier du Birch. Depuis quelques jours, le pic du Petit Nesthorn, où ce glacier était niché à plus de 3000 mètres, régurgitait de petites avalanches de pierre.

« Le maire et les géologues étaient très clairs : il fallait évacuer », raconte M. Kalbermatten, en entrevue dans le café d’un hôtel de Wiler, le village voisin.

Le 28 mai, l’hôtel Edelweiss, fondé par l’arrière-grand-oncle et la grand-mère de M. Kalbermatten, disparaissait sous une marée de 9 millions de mètres cubes de boue. Tout comme la presque totalité du village de Blatten.

Fonte du pergélisol

Les pics alpins sont sous un stress immense. Dès que leur température dépasse -2 oC, la propriété du roc change. Il y a de l’érosion et une perte de stabilité.

Jan Beutel, géologue de l’Université d’Innsbruck

La technologie en renfort

https://www.lapresse.ca/actualites/sciences/2025-12-14/rechauffement-climatique/le-dangereux-degel-des-montagnes.php

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Étude Une meilleure économie avec moins de GES, c’est possible

Selon une analyse publiée par l’Energy & Climate Intelligence Unit, une ONG britannique, un grand nombre de pays ont obtenu une croissance économique tout en réduisant leurs émissions de GES au cours des dernières années.

Maintenir la cible de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) nuirait-il à l’économie, comme l’a laissé entendre récemment le ministre de l’Environnement, Bernard Drainville ? Une étude récente démontre pourtant que plusieurs entités ont connu une croissance économique tout en diminuant leurs émissions polluantes, dont le Canada et le Québec.

Publié à 8 h 00
Éric-Pierre Champagne La Presse

Que dit cette nouvelle étude ?

Selon une analyse publiée par l’Energy & Climate Intelligence Unit, une ONG britannique, un grand nombre de pays ont obtenu une croissance économique tout en réduisant leurs émissions de GES au cours des dernières années. C’est ce qu’on appelle le découplage. Depuis le début de l’ère préindustrielle, la croissance économique a presque toujours été associée à une hausse des émissions polluantes. Le découplage, c’est quand ce lien est brisé : une économie poursuit sa croissance pendant que ses émissions de GES reculent.

Ce phénomène n’est pourtant pas nouveau…

Le concept existe en effet depuis les années 1970. L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) mesure le découplage depuis le début des années 2000.

Y a-t-il beaucoup de pays qui réussissent un découplage ?

Selon cette nouvelle analyse réalisée par l’Energy & Climate Intelligence Unit, 32 pays ont réussi un « découplage absolu » entre leurs émissions polluantes et leur croissance économique, tandis que 35 autres ont réalisé un « découplage relatif » depuis l’entrée en vigueur de l’Accord de Paris en 2015. « Les émissions mondiales de CO2 continuent d’augmenter, mais cela masque un changement radical sous la surface : une part croissante de l’économie mondiale parvient désormais à croître tout en réduisant ses émissions de CO2. Le découplage […] n’est plus une théorie. Il se produit à grande échelle », soulignent les auteurs du rapport.

Où se situe le Canada en matière de découplage ?

Le Canada est officiellement considéré comme un pays ayant réussi un découplage « absolu », c’est-à-dire qu’il a réduit ses émissions de GES tout en augmentant son produit intérieur brut (PIB), mais ce gain est jugé fragile par les experts. Depuis 2015, le pays a réduit ses émissions de moins de 2 % tandis que le Royaume-Uni, par exemple, a obtenu une baisse d’environ 30 %.

Et le Québec ?

Depuis 2015, le Québec a fait mieux que le Canada en diminuant ses émissions de GES d’environ 6 %. La province a aussi fait mieux que le Canada pour réduire ses émissions polluantes tout en maintenant une croissance économique pratiquement égale à celle observée dans tout le pays.

Le Québec pourrait donc maintenir sa cible de réduction des GES sans nuire à son économie ?

En théorie, la réponse est oui, mais Alain Webster, professeur d’économie à l’Université de Sherbrooke et président du comité consultatif sur les changements climatiques, convient que le défi est de taille. « Plusieurs pays ont observé une croissance de leurs activités économiques tout en diminuant leurs émissions [de GES]. C’est particulièrement vrai pour les pays membres de l’OCDE. »

Le principal avantage du Québec, c’est que son électricité est déjà décarbonée grâce à l’hydroélectricité, souligne Alain Webster. L’inconvénient, c’est qu’il y a peu de gains à faire de ce côté. « À l’échelle mondiale, le volet transport est le deuxième émetteur le plus important alors que chez nous, c’est le premier. […] Cet enjeu-là, il est plus compliqué », convient-il. Mais il ne faut pas ralentir dans notre transition, parce qu’on risque de perdre les gains qu’on a faits en matière d’innovation », ajoute-t-il.

Le découplage est-il vraiment une solution pour réduire nos émissions ?

La réponse n’est pas aussi simple. Plusieurs pays ont réussi à réduire leurs émissions tout en augmentant leur PIB, mais la réalité, c’est que les émissions mondiales de gaz à effet de serre continuent d’augmenter. « En général, quand il y a découplage, dans les pays du G7 par exemple, il est trop lent, mentionne l’économiste François Delorme. C’est un peu le mythe de la croissance verte : on peut tout faire en même temps puis on va découpler et ça va régler tous nos problèmes. »

Une stratégie comme le découplage permet d’acheter du temps à court terme, estime M. Delorme, qui est professeur associé à l’Université de Sherbrooke. « Mais les changements climatiques ne répondent pas à une logique de court terme. […] Le principe [du découplage], il est bon. C’est ce qu’on voit en économie de l’environnement. Mais il faudrait que ce soit à peu près 100 fois plus important. »

L’éléphant dans la pièce, estime-t-il, ce sont les coûts associés au changement climatique, qui sont déjà très importants. Il rappelle que les ménages aux États-Unis absorbent déjà une facture estimée entre 400 et 900 $ US par année liée aux conséquences du climat. « La question n’est plus de savoir combien coûtera l’action climatique, mais combien nous coûte déjà l’inaction ? »

Consultez l’analyse publiée par l’Energy & Climate Intelligence Unit (en anglais)

Une cible révisée

Le Québec doit en principe réduire ses émissions de GES de 37,5 % d’ici 2030 par rapport au niveau de 1990. À ce jour, la province a obtenu une réduction de ses émissions d’environ 19 %. Le nouveau ministre de l’Environnement, Bernard Drainville, a récemment laissé entendre qu’il pourrait revoir cette cible à la baisse pour tenir compte du contexte politique nord-américain.

https://www.lapresse.ca/affaires/2025-12-17/etude/une-meilleure-economie-avec-moins-de-ges-c-est-possible.php

Il semble que les gouvernements dans diverses parties du monde sont en train de revoir leur stratégie de réduction de GES.

On semble miser beaucoup plus sur les émanations directes de méthane que sur les autres GES. Le méthane étant plusieurs dizaines de fois plus réchauffant que le CO2. D’ailleurs, une des mesures d’atténuation de l’impact des émanations industrielles de méthane est de le brûler, libérant ainsi du CO2 à la place.

On apprend beaucoup sur les niuveaux paradigmes climatiques et les émanations les plus urgentes à adresser dans une série documentaire appelée “The Climate Restorers” disponible sur CBC Gem depuis avril 2025. La bande annonce est sur youtube. Le premier épisode est entièrement dédié au méthane et pourrait vous intéresser.

Le gouvernement Carney a d’ailleurs récemment “lâché du lousse” à certains aspects de la production pétrolière mais resserré la règlementation sur les émanations de méthane de l’industrie pétrolière et gazière même (ainsi que des sites d’enfouissement).

Il semble qu’on va devoir se mettre à jour car les reflexes d’hier (CO2 très mauvais) sont vite rendus obsolètes. On réalise qu’avec un même investissement on peut réduire l’impact de GES beaucoup plus vite en commençant par le méthane.

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Pendant ce temps:

Accusé d’être « alarmiste » L’administration Trump a l’intention de fermer un centre de recherche sur le climat

Fondé en 1960, le Centre national de recherche atmosphérique de Boulder mène des recherches et forme des scientifiques du monde entier sur les questions liées au changement climatique.

(Washington) L’administration Trump a annoncé mardi son intention de démanteler le Centre national de recherche atmosphérique de Boulder (Colorado) accusant ce centre, en pointe sur les questions de réchauffement climatique, d’être alarmiste.

Publié à 7 h 08

Agence France-Presse

« La Fondation nationale pour la science va démanteler le Centre national de recherche atmosphérique (NCAR) de Boulder, dans le Colorado », a écrit sur son compte X le directeur du bureau du Budget de la Maison-Blanche (OBM), Russ Vought.

« Ce centre est l’une des principales sources d’alarmisme climatique aux États-Unis », a-t-il ajouté. « Un examen approfondi est en cours et toutes les activités essentielles, comme la recherche météorologique, seront transférées vers une autre entité ou un autre site ».

Fondé en 1960, le NCAR mène des recherches et forme des scientifiques du monde entier sur les questions liées au changement climatique.

Son démantèlement constituerait « une perte majeure pour la recherche scientifique », a déclaré Kevin Trenberth, ancien chercheur au NCAR et professeur honoraire de physique à l’Université d’Auckland en Nouvelle-Zélande, cité par le Washington Post.

Le gouverneur démocrate du Colorado, Jared Polis a indiqué pour sa part dans un communiqué que son État n’avait pas été officiellement informé du démantèlement du centre.

« Si cela se confirme, la sécurité publique est menacée et la science est attaquée », a estimé le gouverneur. « Le changement climatique est une réalité ».

Selon Antonio Busalacchi, président de l’University Corporation for Atmospheric Research (UCAR), un consortium scientifique qui gère le NCAR, « tout projet de démantèlement du NCAR compromettrait la capacité de notre pays à prévoir, à se préparer et à réagir aux phénomènes météorologiques extrêmes et autres catastrophes naturelles ».

Depuis son retour à la Maison-Blanche en janvier, le climatosceptique Donald Trump ne manque pas une occasion de brocarder la science du climat.

Le changement climatique est la « plus grande arnaque jamais menée contre le monde », a-t-il affirmé en septembre à la tribune de l’Assemblée générale de l’ONU.

Plusieurs sites internet gouvernementaux contenant des données sur la météo et le climat ont été supprimés depuis son entrée en fonction. Et l’agence chargée des prévisions météo, de l’analyse du climat et de la conservation des océans NOAA a subi de sérieuses coupes budgétaires.

https://www.lapresse.ca/international/etats-unis/2025-12-17/accuse-d-etre-alarmiste/l-administration-trump-a-l-intention-de-fermer-un-centre-de-recherche-sur-le-climat.php

Le Canada ratera ses cibles de réduction d’émissions de gaz à effet de serre (GES) pour 2030 et 2035, a discrètement annoncé Ottawa, mercredi, un échec annoncé qui devrait servir d’incitatif à redoubler d’efforts, estiment des experts.

https://www.lapresse.ca/actualites/environnement/2025-12-18/reduction-des-emissions-de-gaz-a-effet-de-serre/ottawa-confirme-discretement-que-ses-cibles-seront-ratees.php

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Pas étonnant avec toutes les décisions controversées prises dernièrement en faveur des énergies fossiles de l’ouest. De la pure inconscience qui prouve encore que seul l’argent mène le monde.

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Cibles de réduction des émissions de GES ratées Ottawa a « scrappé » un plan qui fonctionnait, déplore Steven Guilbeault

Le gouvernement de Mark Carney a « scrappé » un plan qui « fonctionnait » pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) du Canada et l’a remplacé par une stratégie moins efficace, fustige l’ancien ministre de l’Environnement et du Changement climatique Steven Guilbeault.

Publié à 5 h 00

Jean-Thomas Léveillé La Presse

« Je suis d’accord que le plan précédent ne permettait pas d’atteindre l’objectif [de 40 à 45 % de réduction], mais il fonctionnait », dit Steven Guilbeault, qui a été l’architecte de la stratégie de réduction des émissions de GES du Canada dans le gouvernement de Justin Trudeau, qui a permis d’infléchir la courbe des émissions canadiennes.

La chose à faire serait de garder les éléments du plan précédent et voir ce qu’on peut faire de plus. Il ne faut pas scrapper ce qui fonctionne.

Steven Guilbeault, député de Laurier–Sainte-Marie

https://www.lapresse.ca/actualites/environnement/2025-12-19/cibles-de-reduction-des-emissions-de-ges-ratees/ottawa-a-scrappe-un-plan-qui-fonctionnait-deplore-steven-guilbeault.php

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Il se fout vraiment de nous :roll_eyes:

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Que peut-on attendre d’un dirigeant qui vient du monde des affaires et qui promeut l’exploitation des énergies fossiles pour s’assurer de l’appui politique de l’Alberta? :man_shrugging:

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Changement climatique Selon des chercheurs, 2025 parmi les trois années les plus chaudes

PHOTO ALEXANDER NEMENOV, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

Les chercheurs pointent du doigt la combustion continue des énergies fossiles – pétrole, gaz et charbon – qui rejette dans l’atmosphère des gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique.

L’aggravation du changement climatique due aux activités humaines a fait de 2025 l’une des trois années les plus chaudes jamais enregistrées, selon les scientifiques.

Publié hier à 20 h 20

Alexa St. John Associated Press

C’était également la première fois que la moyenne des températures sur trois ans dépassait le seuil fixé par l’Accord de Paris de 2015, qui vise à limiter le réchauffement à 1,5 degré Celsius maximum depuis l’ère préindustrielle. Les experts affirment que maintenir la Terre en dessous de cette limite pourrait sauver des vies et prévenir une catastrophe environnementale à l’échelle mondiale.

L’analyse des chercheurs de World Weather Attribution, publiée mardi en Europe, intervient après une année marquée par des conditions météorologiques extrêmes et dangereuses, conséquences du réchauffement climatique.

Les températures sont restées élevées malgré le phénomène La Niña, un refroidissement naturel et ponctuel des eaux de l’océan Pacifique qui influence le climat mondial. Les chercheurs pointent du doigt la combustion continue des énergies fossiles – pétrole, gaz et charbon – qui rejette dans l’atmosphère des gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique.

« Si nous ne cessons pas très, très, très rapidement de brûler des combustibles fossiles, il sera très difficile d’atteindre notre objectif » de réchauffement climatique, a déclaré Friederike Otto, cofondatrice de World Weather Attribution et climatologue à l’Imperial College de Londres, à l’Associated Press. « Les données scientifiques sont de plus en plus claires. »

Évènements météorologiques extrêmes en 2025

Chaque année, les phénomènes météorologiques extrêmes tuent des milliers de personnes et causent des milliards de dollars de dégâts.

Les scientifiques de WWA ont identifié 157 évènements météorologiques extrêmes parmi les plus graves en 2025, c’est-à-dire répondant à des critères tels que plus de 100 décès, l’impact sur plus de la moitié de la population d’une zone ou la déclaration d’un état d’urgence. Parmi ceux-ci, 22 ont été analysés en détail.

Ces évènements incluent des vagues de chaleur dangereuses, que WWA qualifie d’évènements météorologiques extrêmes les plus meurtriers au monde en 2025. Les chercheurs ont indiqué que certaines des vagues de chaleur étudiées en 2025 étaient dix fois plus probables qu’il y a dix ans en raison du changement climatique.

« Les vagues de chaleur que nous avons observées cette année sont des phénomènes assez courants sous notre climat actuel, mais elles auraient été quasiment impossibles sans le changement climatique d’origine humaine, a expliqué M. Otto. Cela fait une énorme différence. »

Parallèlement, une sécheresse prolongée a contribué aux incendies de forêt qui ont ravagé la Grèce et la Turquie. Au Mexique, des pluies torrentielles et des inondations ont fait des dizaines de morts et de nombreux disparus. Le super typhon Fung-wong a frappé les Philippines, forçant plus d’un million de personnes à évacuer. Les pluies de mousson ont ravagé l’Inde, provoquant des inondations et des glissements de terrain.

PHOTO COSTAS METAXAKIS, AGENCE FRANCE-PRESSE

Des pompiers luttent contre un incendie de forêt sur l’île grecque de Crète, au sud du pays, le 3 juillet 2025.

L’Association mondiale pour l’adaptation (WWA) a indiqué que la fréquence et l’intensité croissantes de ces phénomènes extrêmes menaçaient la capacité de millions de personnes à travers le monde à réagir et à s’adapter à ces évènements avec suffisamment de temps, d’avertissement et de ressources, ce que les scientifiques appellent les « limites de l’adaptation ».

Le rapport cite l’ouragan Melissa en exemple : la tempête s’est intensifiée si rapidement qu’elle a rendu les prévisions et la planification plus difficiles, et a frappé la Jamaïque, Cuba et Haïti avec une telle violence qu’elle a empêché ces petits États insulaires de faire face aux pertes et aux dégâts considérables.

Les négociations climatiques mondiales s’enlisent

Les négociations climatiques des Nations Unies, qui se sont tenues au Brésil en novembre dernier, se sont terminées sans plan explicite de transition énergétique. Bien que des fonds supplémentaires aient été promis pour aider les pays à s’adapter au changement climatique, la mise en œuvre de cette transition prendra plus de temps.

Responsables, scientifiques et analystes s’accordent à dire que le réchauffement climatique dépassera 1,5 degré Celsius, même si certains estiment qu’il est encore possible d’inverser cette tendance.

Cependant, les progrès réalisés varient considérablement d’un pays à l’autre.

https://www.lapresse.ca/actualites/environnement/2025-12-29/changement-climatique/selon-des-chercheurs-2025-parmi-les-trois-annees-les-plus-chaudes.php

Trump ordonne le retrait des États-Unis d’un traité de référence sur le climat

(Washington) Donald Trump a lancé une nouvelle charge contre la diplomatie climatique, ordonnant le retrait des États-Unis d’un traité et du comité scientifique de référence sur le climat, organisations parmi des dizaines identifiées par Washington comme ne servant « plus les intérêts américains ».

Résumé

Le décret signé mercredi par le président américain ordonne au total le retrait des États-Unis de 66 organisations, dont environ une moitié liée à l’ONU, a annoncé la Maison-Blanche.

Parmi elles, la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CNUCC), traité fondateur de tous les autres accords climatiques internationaux, conclu en 1992 lors du sommet de la Terre de Rio.

C’est dans le cadre de la CNUCC qu’a notamment été signé l’accord de Paris de 2015, dont Donald Trump a claqué la porte une deuxième fois dès son retour à la Maison-Blanche il y a un an.

Lors de son premier mandat, il avait également quitté l’accord de Paris, mais pas la CNUCC, permettant aux États-Unis de continuer à participer aux conférences annuelles sur le climat.

« La décision prise par la première économie mondiale et le deuxième plus grand émetteur de gaz à effet de serre de se retirer de cette convention est regrettable et malheureuse », a réagi jeudi le commissaire européen au Climat, Wopke Hoekstra, sur le réseau LinkedIn.

Ce retrait supplémentaire « est un coup majeur pour l’action climatique mondiale, fracturant le consensus durement gagné et posant le plus grand défi aux efforts climatiques depuis l’adoption de l’accord de Paris », a déclaré à l’AFP l’analyste Li Shuo, de l’Asia Society Policy Institute.

Cette annonce pourrait également représenter un défi juridique, alors que la Constitution américaine, qui permet au président de rejoindre un traité après un vote de deux tiers des sénateurs, ne dit rien sur sa sortie.

Si Donald Trump avait fait sortir les États-Unis de l’accord de Paris lors de son premier mandat, avant que Joe Biden n’y revienne, « sortir de la CNUCC est radicalement différent », estime Jean Su, avocate pour le Centre de la diversité biologique.

« Nous estimons qu’il est illégal pour le président de sortir unilatéralement d’un traité qui requiert un vote de deux tiers du Sénat », a-t-elle indiqué à l’AFP, évoquant des « options légales » pour le prouver.

Le décret ordonne également le retrait des États-Unis du comité d’experts scientifiques de l’ONU sur le climat (Giec), la référence en matière de science climatique, ainsi que d’autres organisations liées à la protection de la planète, comme l’Agence internationale pour les énergies renouvelables, l’Union internationale pour la conservation de la nature, ou encore ONU-Eau.
« Idéologie progressiste »

En septembre, depuis la tribune de l’Assemblée générale de l’ONU, Donald Trump avait provoqué de vives réactions en s’en prenant sans détours à la science climatique, qualifiant le réchauffement de « plus grande arnaque de notre histoire » et faisant l’éloge du charbon « propre et magnifique ».

Le climat n’est pas la seule cible de l’administration Trump qui s’en prend à d’autres principes défendus par les Objectifs de développement durable de l’ONU destinés à améliorer l’avenir de l’humanité, comme l’égalité femme-homme. Le décret publié mercredi ordonne ainsi la sortie des États-Unis du Fonds des Nations unies pour la population, spécialisé dans la santé de la mère et de l’enfant, et d’ONU-Femmes.

Également sur la liste, l’agence de l’ONU pour le Commerce et le Développement (CNUCED).

Dans un communiqué, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a accusé les organisations visées de promouvoir une « idéologie progressiste », dénonçant notamment « les campagnes pour “l’égalité de genre” et l’orthodoxie climatique ».

Depuis son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump met en œuvre sa vision de « l’Amérique d’abord ».

En plus de l’accord de Paris, il a notamment décidé de retirer à nouveau les États-Unis de l’UNESCO (Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture).

Il a en outre claqué la porte de l’Organisation mondiale de la santé.

Le président républicain a également largement coupé l’aide américaine à l’étranger, amputant les budgets de nombreuses agences onusiennes forcées de réduire leurs activités humanitaires sur le terrain, comme le Haut commissariat aux réfugiés ou le Programme alimentaire mondial.

Il a plus généralement lancé des attaques contre l’ONU, selon lui « très loin de réaliser son potentiel ».

https://www.lapresse.ca/actualites/environnement/2026-01-08/trump-ordonne-le-retrait-des-etats-unis-d-un-traite-de-reference-sur-le-climat.php

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Les océans ont absorbé une quantité record de chaleur en 2025

(Brest) Les océans ont absorbé une quantité record d’énergie en 2025, selon une étude scientifique publiée vendredi, un phénomène propice à l’élévation du niveau de la mer, aux tempêtes violentes et au dépérissement des coraux.

Résumé

C’est la neuvième année d’affilée que la chaleur stockée par les océans atteint un record, a précisé à l’AFP Lijing Cheng, professeur à l’Institut de physique atmosphérique (IAP) de l’Académie chinoise des sciences (CAS) et auteur principal de cette analyse publiée dans la revue Advances in Atmospheric Sciences par plus de 50 scientifiques du monde entier.

La quantité totale de chaleur stockée dans les 2000 premiers mètres des océans a ainsi augmenté d’environ 23 zettajoules en 2025, une quantité d’énergie équivalente à « 12 bombes atomiques d’Hiroshima explosant chaque seconde de chaque jour de l’année », a souligné M. Cheng.

Régulateurs du climat, les océans absorbent environ 90 % de l’excès de chaleur provoqué par les émissions humaines de gaz à effet de serre. Pour calculer la chaleur absorbée par les océans, les chercheurs s’appuient sur plusieurs séries de données reposant notamment sur le programme international de 4000 flotteurs Argo, dérivant sur toutes les mers du globe et plongeant jusqu’à 2000 mètres de profondeur.

Le réchauffement des océans contribue à l’élévation du niveau de la mer par dilatation thermique, renforce les vagues de chaleur marines qui affaiblissent les coraux et aggrave les phénomènes météorologiques extrêmes comme les pluies intenses ou les cyclones.

Ce réchauffement ne se fait pas de manière uniforme : certaines zones accumulent la chaleur plus vite que d’autres. Les océans tropicaux, l’Atlantique Sud, la Méditerranée, le nord de l’océan Indien et l’océan Austral figurent ainsi parmi les régions ayant absorbé des quantités record de chaleur en 2025.

Le record de 2025 intervient alors que la température moyenne à la surface des mers, plus sensible aux variations de court terme, a elle légèrement reculé, tout en restant la troisième valeur la plus élevée jamais mesurée. Cette baisse s’explique par l’apparition de conditions de type La Niña, généralement associées à un refroidissement temporaire de la surface des océans.

Sur le long terme, le rythme de réchauffement des océans s’accélère, en raison de l’augmentation continue des concentrations de gaz à effet de serre.

« La plus grande incertitude du système climatique n’est plus la physique, mais les choix que l’humanité fait », a déclaré à l’AFP Karina von Schuckmann, océanographe chez Mercator Ocean International et coautrice de l’étude.

« Une réduction rapide des émissions peut encore limiter les impacts futurs et contribuer à préserver un climat » favorable aux sociétés et aux écosystèmes, a-t-elle ajouté.

https://www.lapresse.ca/actualites/environnement/2026-01-09/les-oceans-ont-absorbe-une-quantite-record-de-chaleur-en-2025.php

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