Politique américaine
Un professeur accuse l’administration Trump d’avoir instauré un « climat de peur » dans le milieu universitaire.
Le climatologue Adam Kalkstein affirme avoir été licencié par la prestigieuse académie militaire américaine West Point après avoir protesté contre l’ordre d’arrêter d’enseigner les causes humaines des changements climatiques. Il poursuit l’établissement et trois de ses supérieurs.
Adam Kalkstein enseigne depuis 17 ans la climatologie au Département de géographie de West Point, la plus vieille académie militaire des États-Unis. Il devra déposer la craie et la brosse à tableau de sa salle de cours pour une dernière fois en décembre prochain, après avoir été remercié.
Il croit que la raison de son licenciement est son opposition aux ordres que les causes humaines des changements climatiques ne doivent pas être incluses dans le curriculum, affirme son avocat, Michael Sussman, en entrevue à Radio-Canada.
Dans une poursuite déposée dans l’État de New York, le professeur soutient que son droit à la liberté d’expression, protégé par le premier amendement de la constitution américaine, a été bafoué.
Une longue saga
Les débuts de cette affaire remontent à mars 2025, explique Michael Sussman. C’est à ce moment que son client aurait été mis au courant d’une nouvelle politique de l’administration Trump exigeant que l’enseignement des causes humaines des changements climatiques – dites anthropogènes – soit retiré du curriculum de West Point et de toutes les académies militaires.
Après avoir appris que son poste de professeur serait supprimé, Adam Kalkstein se serait entendu avec l’école pour continuer à enseigner de manière contractuelle, jusqu’à ce qu’il épuise les fonds de recherche à son nom, affirme son avocat en entrevue à Radio-Canada.
À la rentrée suivante, le professeur, qui était le seul à enseigner les changements climatiques à cette académie militaire, aurait reçu l’ordre d’appliquer la politique de l’administration Trump.
Après avoir obtempéré, non sans d’abord s’y opposer, il aurait pris la parole dans une rencontre du Département de géographie en novembre 2025, à laquelle participait le doyen de l’époque, Shane R. Reeves, pour dénoncer la situation.
Je suis censé être un éducateur et un scientifique qui soutient les valeurs de l’armée, mais en ce moment, je suis un menteur et un escroc, aurait-il déclaré à son supérieur, selon la poursuite déposée le 24 août dernier.
Il aurait aussi dit qu’enseigner le climat sans mentionner l’incidence humaine serait comme enseigner le droit sans pouvoir mentionner la Constitution.
Le ton aurait alors monté, toujours selon son avocat.
Le doyen a dit : “Qui est le commandant en chef [NDLR, Donald Trump]? Nous suivons les ordres du commandant en chef!” Puis, il a fait comprendre à mon client que la science n’était pas importante.
Une citation de Michael Sussman, avocat d’Adam Kalkstein
Un climat de peur?
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