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Changements climatiques
Bienvenue dans le futur
Le pire reste à venir
L’été actuel n’a rien d’exceptionnel, malgré la multiplication des évènements climatiques extrêmes au Québec, ailleurs au Canada, et en France.
« C’est notre nouvelle réalité », lance Ryan Ness, directeur de la recherche en adaptation à l’Institut climatique du Canada, une organisation de recherche sur les politiques climatiques.
Et le pire reste à venir, prévient-il.
« On n’a pas encore vu les impacts climatiques de l’ensemble des émissions de gaz à effet de serre (GES) du passé, explique-t-il. Il y a un délai entre les émissions et les effets sur le climat. »
La trajectoire actuelle des émissions mondiales de GES suggère que la température moyenne planétaire augmentera de 2,5 °C dans les prochaines décennies, soit 1 °C de plus que le réchauffement déjà enregistré, relève-t-il, pointant que les effets deviendront encore plus extrêmes qu’aujourd’hui.
Il y aura plus de chaleur, plus de canicules, plus d’incendies de forêt, plus de pluies intenses, plus de sécheresses.
Ryan Ness, directeur de la recherche en adaptation à l’Institut climatique du Canada
« C’est une réalité avec laquelle on va devoir apprendre à vivre, c’est pour ça qu’on parle beaucoup d’adaptation aux changements climatiques », ajoute Marie-Emmanuelle Bossé, spécialiste en mobilisation et transfert de connaissances des changements climatiques chez Ouranos, un consortium québécois de recherche sur le climat.
Les 11 dernières années ont été les 11 plus chaudes jamais enregistrées, rapportait plus tôt cette année l’Organisation météorologique mondiale, liée aux Nations unies1.
Conséquences médicales et économiques
Mesures insuffisantes
(…)
Un été détraqué
Les catastrophes provoquées par les changements climatiques se multiplient depuis le début de l’été, du Québec aux Territoires du Nord-Ouest, en passant par les États-Unis et la France.
Les Français cuisent… encore
La France est entrée lundi dans une nouvelle canicule. Sa troisième en un mois et demi. Elle devrait durer une douzaine de jours, avec des températures atteignant 38 °C dans la région parisienne, et jusqu’à 42 °C dans le sud du pays. Ce nouvel épisode de chaleur est provoqué par un anticyclone au large du Portugal, qui attire de l’air chaud en provenance du Sahara et le retient au-dessus de l’Europe. Cet anticyclone aurait été « pratiquement impossible il y a quelques décennies à peine », a statué une analyse du réseau scientifique international World Weather Attribution, l’attribuant incontestablement aux émissions provenant des combustibles fossiles. Et le phénomène naturel El Niño, particulièrement intense cette année, n’est même pas en cause dans cette vague de chaleur, précisent les scientifiques.
La quête de climatiseurs et de ventilateurs a même tourné à la violence quand une grande chaîne de magasins a annoncé des soldes ; de nombreuses vidéos montrant des gens se bousculant et s’arrachant les appareils des mains ont inondé les réseaux sociaux, au début du mois, lors de la précédente canicule.
L’intense chaleur et l’absence de pluie ont anéanti de nombreuses récoltes, en France, où les champs jaunis se multiplient. Quant aux plantes qui survivent, leurs grains sont souvent plus petits, ce qui réduira davantage la productivité. C’est d’ailleurs déjà le temps de la moisson, avec au moins trois semaines d’avance. Et les récoltes sont interdites l’après-midi dans certaines régions en raison du risque élevé que la machinerie agricole déclenche des incendies.
Dans les élevages, la mortalité des animaux est en hausse, à cause de la chaleur, et l’alimentation pourrait se raréfier avec les récoltes perdues. « C’est une chaîne de conséquences qui peuvent se répercuter jusqu’à l’assiette des consommateurs », que ce soit par la baisse de la qualité des produits ou la hausse de leur coût, prévient Marie-Emmanuelle Bossé, du consortium Ouranos. Ces conditions ont aussi attisé d’importants incendies de forêt, notamment dans les Pyrénées, où la troisième étape du Tour de France s’est même déroulée sans public, lundi, pour ne pas nuire aux pompiers.
Les forêts canadiennes brûlent…
… et des inondations frappent le Québec
Les États-Unis étouffent
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