D’un côté du boulevard de l’Acadie, le bitume brûle. De l’autre, la forêt urbaine s’épanouit. Lorsque Montréal suffoque, traverser cette artère revient à changer de climat. Alors que les résidants de Mont-Royal trouvent l’ombre sous des arbres centenaires, ceux de Parc-Extension, le quartier voisin, étouffent en raison d’une mince canopée. En pleine température suffocante, La Presse est allée constater à quel point il est difficile de vivre dans un îlot de chaleur.
Journaliste : Antoine Paquette
Vidéaste : Julien Carpentier-Roberge
Plantation d’arbres sur le boulevard Robert-Bourassa. Cet arbre, devant le Maxi, était mort depuis plus de deux ans et vient tout juste d’être remplacé. Une belle proactivité arboricole, de la part de la Ville, actuellement.
Les photos de ce matin ne rendent pas justice, mais sur place, on se rend compte d’une couverture très intéressante pour les 2 arbres.
Note : le chicot semble avoir cru très lentement au début, mais une fois la saillie créée autour, j’ai l’impression que ça a pas mal accéléré la croissance. À moins que ce ne soit une caractéristique de l’espèce.
Edit : j’ai ma réponse.
La croissance du chicot (aussi appelé chicot du Canada ou chicot févier / Gymnocladus dioicus) est reconnue pour être très lente durant ses premières années, puis elle s’accélère pour devenir modérée une fois qu’il s’est bien implanté.
[image]USDA Plants Database (.gov) +1
Phases de croissance
Les 5 à 10 premières années : L’arbre consacre son énergie à développer un système racinaire profond (notamment une racine pivotante). Sa croissance est très lente (souvent moins de 30 cm par an) et son apparence peut sembler un peu dégarnie.
[image]Landscape Ontario +2
Après quelques années : Une fois le système racinaire bien ancré, sa croissance annuelle accélère pour atteindre 30 à 50 cm par an. C’est à ce stade qu’il déploie sa véritable forme architecturale et son grand feuillage.
Je ne l’ai jamais dit, mais j’ai un faible particulier pour les arbres :-)).
Quelqu’un-e saurait me dire le nom de cette espèce d’arbres. Y en a plein sur Saint-Denis.
(Perso, je ne l’aime pas trop car il n’offre pas réellement une couverture intéressante et en plus il a l’air en permanence d’avoir perdu la majorité de son feuillage.
L’avantage des ormes c’est qu’ils poussent vite! Sur une rue avec très peu de canopé, c’est intéressant d’en planter pour avoir un grand arbre plus rapidement. Les deux ormes sur ta photo sont des mauvais exemples mais normalement, ils sont quand même plus fournis haha.
Au moins l’orme de sibérie dépérissant a de la belle relève en vue, le chicot à côté pousse bien!
Pour moi, il y a très peu de mauvaises plantes, mais l’orme de Sibérie en fait partie. C’est l’une des seule plante, avec l’érable à Giguère, que je trouve laide. Même des espèces très nuisibles comme le nerprun cathartique peuvent être assez belles.
Le deuxième orme me semble un autre excellent exemple de pourquoi je déteste cet arbre. N’étant pas indigènes, ils vieillissent très mal, ont toujours l’air malades et frêles, l’écorce est rarement belle et possède souvent des défauts comme ici, les feuilles sont si petites qu’elles ne procurent pas une belle ombre, la croissance rapide signifie aussi que l’arbre est très sensible aux vents violents / neiges lourdes / verglas. Sa couronne a toujours un air un peu bizarre, notamment à cause des bris tout au long de sa vie. Et en plus de tout ça, c’est une espèce exotique envahissante qui, dans nos milieux naturels urbains, est signe d’appauvrissement des écosystèmes et de perte de la biodiversité.
Par exemple, dans le plan maitre forestier du parc Jean-Drapeau :
Fait à souligner, bien qu’exempts de ravageurs importants, l’orme de Sibérie et l’érable de Norvège se retrouvent en nombre important sur la liste des abattages. Ces espèces ont une durée de vie relativement courte, elles sont peu désirables à cause de leur grande capacité de propagation, deviennent envahissantes et nuisent à la santé et à la biodiversité de la forêt. Tout comme pour les victimes d’infestation grave, le plan maitre forestier recommandera l’arrêt de plantation de ces espèces et leur remplacement graduel au cours des programmes ultérieurs de plantation.
Au parc Jean-Drapeau, certains gestes d’aménagement ont aussi provoqué des conséquences pas toujours souhaitables. L’introduction de l’érable de Norvège et de l’orme de Sibérie, durant les années 1960 lors de l’aménagement du site de l’Expo 67, a entrainé son lot d’effets négatifs sur l’évolution des milieux naturels. Ces deux espèces, reconnues envahissantes, dominent la végétation de certains secteurs et menacent la régénération d’espèces indigènes
Par exemple sur Saint-Laurent, ça pourrait avoir l’air tellement plus beau avec une autre espèce, comme le tilleul. L’orme de Sibérie est à nos paysages urbain ce qu’un stationnement / station service / verrue sont à nos quartiers.
Cela dit, l’érable de Giguère est déjà infiniment supérieur à ces ormes en contexte urbain. Il y a peu de diversité d’espèces d’arbres dans la ville, ce sont toujours les mêmes choix qui tombent. J’en peux plus des féviers, des chicots et érables de Norvège. J’admire quand les services d’arboriculture essayent d’introduire de la diversité, de faire des tests. J’ai vu récemment des marronniers Baumannii. C’est dans cette direction qu’il faut aller.
Est-ce qu’on a des platanes à Montréal? C’est sans contredit l’arbre en milieu urbain le plus courant à Paris et j’ai toujours aimé l’écorce avec ses motifs
J’en ai déjà vu de planté, mais on est vraiment à l’extrême limite de sa répartition naturelle. De façon naturelle, il n’y en a que sur les versant des Adirondacks en territoire québécois, à quelques kilomètres de la frontière. Pour cette raison, ils ne sont pas fréquents et je pense qu’ils ne poussent pas toujours très bien. Certains deviennent beaux et grands, d’autres meurent jeunes.
Avez-vous un ouvrage ou une source de référence pour les arbres urbains? Avec les principales caractéristiques (rapidité de croissance, taille, résistance urbaine, etc). Je suis curieux de savoir pourquoi certaines espèces sont particulièrement prisées, et d’autres systématiquement évitées.
Si j’en crois les données de la ville, il y a 845 platanes dans les rues et parcs de Montréal, essentiellement du platane occidental (631), et pas mal de Platanus × acerifolia ‘Exlamation’ (204), une variété moderne développée pour sa résistance à la maladie du chancre (Ceratocystis platani). Avec le réchauffement climatique, il y a des chances qu’on en voie de plus en plus. (Nous avons déjà parlé de ce sujet.)
La ville en avait planté sur la rue de Concorde et je ne crois pas qu’ils ont survécus, sinon sur de la Gauchetiere est, derrière lancien hôpital, plusieurs spécimens ont été plantés. La ville en plante quelque fois dans les parcs.
Miracle : mon cerisier de la ruelle verte a fait sa première cerise!
Après les framboises, raisins, feuilles de vigne, amélanches et camerises, nous voilà avec des (une) cerise.
(J’avais récupéré le plant de 2 pieds de ma belle-mère il y a 4 ans).
J’ai découvert par hasard il y a deux semaines l’amélanchier du Canada au Parc des Braves à côté de chez moi. Je voyais une femme en récolter les petits fruits que j’ai goutés et trouvés vraiment délicieux. Elle m’a dit qu’elle se dépêchait à en prendre avant que les écureuils les découvrent et fassent une razzia dans les quelques arbres de cette partie du parc. Ce qui fut fait dès le lendemain. Depuis j’en remarque un peu partout en ville, dont le Parc Linéaire de la Rivière St-Charles et d’autres endroits isolés un peu partout à Québec.