Fini le temps des expériences : avec plus de 200 entreprises au Québec et un nouveau programme collégial, le jeune secteur agricole urbain se structure et prend de la maturité. Portrait d’un secteur en croissance, malgré les écueils. Un dossier de Stéphanie Bérubé
Les entreprises productrices se multiplient à l’extérieur des zones agricoles au Québec et ce (jeune) secteur vit une phase de solidification.
L’agriculture urbaine commerciale se porte bien au Québec. Bien que plusieurs entreprises aient fermé leurs portes, le secteur a connu une croissance de 15 % en un an, pour atteindre un total de 202 entreprises en 2025.
Pour être considéré comme « entreprise d’agriculture urbaine », il faut se situer à l’extérieur d’une zone agricole. Ce qui exclut donc des serres qui se trouvent sur des terres agricoles (comme celles de Savoura), mais inclut celles des Fermes Lufa, toutes en milieu urbain.
[…]
Le conseil de quartier Saint-Jean-Baptiste invite citoyens, commerçants et organismes à verdir le quartier avec le projet Adopte ton carré d’arbre. L’objectif est de végétaliser des espaces urbains, puis d’en prendre soin tout l’été. Une distribution gratuite de plants aura lieu le 25 mai lors du conseil de quartier.
Des plantations aménagées dans des carrés d’arbres illustrent le potentiel de verdissement dans les rues de Saint-Jean-Baptiste.
Crédit photo: Conseil de quartier Saint-Jean-Baptiste
L’initiative Coup de pouce vert pour mon quartier est née après l’annonce d’une subvention municipale dédiée aux projets de biodiversité destinés aux conseils de quartier. Pour Saint-Jean-Baptiste, le choix du verdissement connaît jusqu’à maintenant un fort intérêt comme les espaces verts se font rares dans le Faubourg.
« Saint-Jean-Baptiste, on le sait, c’est le quartier avec la plus faible canopée. Il n’y a pas beaucoup de verdissement. Donc, pour nous, c’était logique de développer un projet autour de ça », explique Mihanta Randria, directrice générale de la SDC Saint-Jean-Baptiste.
Même si des initiatives semblables existent dans d’autres quartiers de Québec grâce au même programme, le conseil de quartier Saint-Jean-Baptiste a choisi de mettre particulièrement l’accent sur le projet cette année, notamment en le plaçant au cœur de ses rencontres citoyennes et de ses communications sur les réseaux sociaux.
Peu de carrés d’arbres disponibles, mais beaucoup d’intérêt
Résumé
Dans un quartier dense où les espaces verts demeurent limités, le projet semble trouver un écho important auprès des résidents.
« On voulait montrer que oui, c’est possible de jardiner en ville. Il faut juste être un peu plus créatif », affirme Mihanta Randria.
Le projet semble déjà mobiliser les résidents. Une cinquantaine de personnes ont assisté à la formation sur le jardinage urbain offerte par Craque-Bitume le 25 avril dernier, un record d’achalandage pour une rencontre du conseil de quartier Saint-Jean-Baptiste.
« Ça n’a jamais été aussi rempli. Il y avait même des gens debout. On était super contents de voir que les gens se sentaient vraiment interpellés par cette thématique-là », souligne la directrice générale de la SDC Saint-Jean-Baptiste.
L’intérêt dépasse même le nombre de carrés d’arbres disponibles dans certains secteurs du quartier. Pour permettre à davantage de citoyens de participer, le conseil de quartier a décidé d’ouvrir la distribution de plants à tous les résidents intéressés.
Les participants pourront ainsi utiliser les végétaux pour verdir des balcons, des cours, des terrasses ou encore des bacs installés devant leur résidence ou leur commerce.
Adopter un carré et en prendre soin tout l’été
Les participants pourront adopter un carré d’arbre répertorié sur la carte Coup de pouce vert de la Ville de Québec. En adoptant un espace, ils s’engagent à en prendre soin tout l’été, notamment en assurant l’arrosage et l’entretien des plantations.
Des commerçants du secteur ont aussi démontré leur intérêt pour le projet en souhaitant adopter les carrés d’arbres situés devant leur commerce.
« Il y a des commerçants qui étaient intéressés à adopter le carré d’arbre juste en face de chez eux », mentionne Mihanta Randria.
Lors de la distribution du 25 mai, plus de 1000 petits plants seront remis gratuitement aux citoyens. Les participants recevront entre quatre et cinq végétaux ainsi qu’un sac de compost adapté aux conditions des carrés d’arbres urbains, où le sol est souvent compact et pauvre.
Le conseil de quartier a sélectionné des plantes résistantes à la sécheresse et adaptées aux conditions urbaines, comme l’achillée millefeuille, l’échinacée et le thym rampant.
Certaines plantations agiront aussi comme couvre-sol afin de protéger l’humidité et de végétaliser durablement les pieds d’arbres.
Verdir sur le long terme
La directrice générale de la SDC espère également que l’initiative encouragera les résidents à s’approprier davantage les espaces verts du quartier.
« L’objectif, c’est aussi de cultiver cet amour-là du jardinage puis de prendre soin du quartier ».
Le lancement et la distribution des plants auront lieu le 25 mai au bureau de la SDC Saint-Jean-Baptiste, situé au 578, rue Saint-Jean.
« Plus de verdure, puis plus de joie », résume Mihanta Randria pour dire ce qu’elle souhaite pour le quartier.
Un des derniers terrains en friche de Montréal-Nord pourrait se transformer en jardin communautaire. En effet, l’Arrondissement a récemment déposé une demande de financement pour décontaminer le sol de cet ancien dépôt à neige, qui pourrait être reverdi et connecté à un cours d’eau naturel du secteur.
La friche Charleroi est un lot d’une superficie de 19 824,3 mètres carrés situé sur l’extrémité est de la rue Charleroi. Ce terrain est la propriété de l’administration municipale depuis l’époque de l’ancienne ville de Montréal-Nord, avant sa fusion avec la ville de Montréal.
« C’est un terrain qui était de base un dépôt à neige, où il y a beaucoup de remblais, donc qui est quand même extrêmement contaminé. Mais c’est aussi un des rares terrains libres à Montréal-Nord, parce qu’on n’en a plus beaucoup, alors on le garde précieusement », souligne Philippe Thermidor, conseiller d’arrondissement à Montréal-Nord. Ainsi, le terrain fut un dépôt à neige entre les années 1999 et 2005, mais aussi un garage municipal pendant plusieurs années, fait savoir l’élu.Un des derniers terrains en friche de Montréal-Nord pourrait se transformer en jardin communautaire.
[…]
JARDINIER PARESSEUX / Une des grandes joies d’avoir un jardin, peu importe sa taille, est de pouvoir y observer des oiseaux. Et nos petits jardins urbains peuvent leur faire énormément de bien en fournissant nourriture, abris, sites de nidification et haltes migratoires. Voici donc quelques principes simples pour transformer une cour ordinaire en un véritable refuge.
Les chants des oiseaux nous apaisent, leurs couleurs flamboyantes nous émerveillent et leurs mouvements captivent petits et grands. Mésanges à tête noire, cardinaux rouges, chardonnerets jaunes, jaseurs boréaux, sittelles, bruants, geais bleus, pics et merles d’Amérique font partie des visiteurs fréquents des jardins de la région de Québec.
Ce n’est pas tout! Plusieurs oiseaux aident à protéger nos plantes en consommant chenilles, pucerons et autres insectes ravageurs. Certains jardinent même à leur façon, en dispersant des graines au fil de leurs déplacements, ajoutant parfois une touche de spontanéité aux aménagements.
En Amérique du Nord, environ trois milliards d’oiseaux ont disparu depuis 1970, principalement à cause de la perte d’habitat, des pesticides et de l’urbanisation. Or, collectivement, nos jardins privés représentent souvent une superficie plus grande que celle de tous les parcs urbains réunis. Ils forment donc un immense réseau d’habitats potentiels et un levier de conservation largement sous-estimé.
Où trouver melons amers, haricots longs, concombres Suyo Long et aubergines rondes à Montréal ? Dans les marchés asiatiques bien sûr, mais aussi dans la serre du collectif Super Boat People qui cultive ici des légumes et fines herbes généralement importés de loin.
« Enfant, il n’y a personne qui aime ça », affirme Rémy Chhem en prenant dans sa main un petit légume vert fripé, appelé melon amer. « C’est un goût qui se développe avec le temps », assure-t-il.
Rémy Chhem et Marie-Ève Samson ont fondé Super Boat People en 2021. Le collectif, dont le nom fait écho au parcours d’immigration des réfugiés d’Asie du Sud-Est, offre un espace de partage culturel aux jeunes d’origine cambodgienne, laotienne et vietnamienne, souvent des immigrants de deuxième génération.
Aux évènements culturels et à un festival annuel de cuisine de rue s’est ajouté un volet d’agriculture urbaine. Après avoir jardiné sur le toit de l’esplanade Tranquille pendant deux ans, le collectif s’est installé cette année à la ferme Chabanel, dans l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville, un lieu d’incubation agricole urbaine piloté par le Laboratoire sur l’agriculture urbaine (AU/LAB) qui offre de l’accompagnement et du financement aux quatre microfermes choisies pour se développer sur le site.
[…]
Une terre agricole de 34 hectares située à L’Île-Bizard a été acquise conjointement par la Fiducie agricole UPA-Fondaction et Conservation de la nature Québec afin d’y établir des relèves agricoles et de préserver des milieux naturels d’une grande valeur écologique.
La Fiducie agricole UPA-Fondaction et Conservation de la nature Québec sont fiers d’annoncer l’acquisition conjointe du Site Île-Bizard, une terre agricole de 34 hectares située dans l’arrondissement L’Île-Bizard-Sainte-Geneviève de la Ville de Montréal. Cet achat permettra à la fois d’y établir des relèves agricoles et de préserver des milieux naturels d’une grande valeur écologique.
Ce projet se distingue par son caractère innovant sur le plan social. En effet, il s’agit d’une première au Québec : l’acquisition conjointe d’un terrain par un organisme dédié à la préservation de sa vocation agricole et un autre voué à la protection des milieux naturels. Cette approche permet de maintenir deux vocations complémentaires sur une même terre, sans en compromettre l’intégrité, en misant sur la synergie des expertises de chacun des organismes.
L’achat d’une terre agricole par la Fiducie agricole UPA-Fondaction permet à la fois de la soustraire au marché spéculatif et d’en faciliter l’accès à des relèves agricoles qui n’auraient autrement pas les moyens de se l’offrir.
[…]
À leur serre dans Ahuntsic-Cartierville, les rangées de tomates, de piments forts et de basilic thaï font pousser bien plus que des légumes. Ce projet d’agriculture urbaine porté par Super Boat People permet aux communautés sud-est asiatiques de Montréal de renouer avec leur culture, de transmettre leurs savoirs et de soutenir des personnes en situation d’insécurité alimentaire.
« On produit environ une vingtaine de variétés de légumes puis de fines herbes couramment utilisées dans les cuisines sud-est asiatiques », indique Rémy Chhem cofondateur de Super Boat People. Melon amer, haricots longs et piments Wiang Ping se côtoient dans cette serre située à l’Esplanade Louvain.
[…]
À LaSalle, l’agriculture urbaine occupe une place grandissante dans le paysage communautaire. Bien plus qu’une activité de jardinage, elle favorise les rencontres entre citoyen(ne)s, encourage les saines habitudes de vie et contribue à la transition écologique de LaSalle.
Jardin collectif ou jardin communautaire : quelle différence?
En bref, un jardin communautaire est divisé en parcelles individuelles où chaque jardinière et jardinier cultive et entretient son propre espace. Un jardin collectif est quant à lui cultivé en groupe, les participantes et participants partageant les tâches, les responsabilités et les récoltes.
Jardins communautaires
Deux jardins communautaires sont accessibles dans l’arrondissement :
Les personnes résidentes qui souhaitent obtenir un lot de jardin doivent d’abord s’inscrire sur une liste d’attente. Une fois une parcelle disponible, elles peuvent profiter d’un espace dédié à la culture de légumes, de fines herbes et de fleurs tout au long de la saison estivale.
Reportage en microvidéo de La Presse sur l’agriculture sur le toit du Palais des congrès
Une ferme sur le toit du Palais des congrès
En plus des salles de réunion et des boutiques, le Palais des congrès abrite une ferme maraîchère sur son toit. Elle demeure méconnue, bien que sa superficie atteigne aujourd’hui 3250 pieds carrés. La Presse est allée la visiter.
Journaliste : Émilie Côté
Vidéaste : Joris Cottin
Pour s’inscrire à la visite guidée dans le cadre des portes ouvertes de l’UPA
Portes ouvertes de l’UPA 2026 – Ferme maraîchère du Palais des congrès de Montréal
À l’occasion des Portes ouvertes sur les fermes du Québec, l’Union des producteurs agricoles (UPA), Tourisme Montréal et AU/LAB vous invitent à découvrir 4 sites, exceptionnellement ouverts au public, regroupant des fermes urbaines montréalaises. Une activité à vivre en famille, entre ami·es ou en solo, le dimanche 13 septembre 2026.
Lors de la visite de la ferme maraichère sur le toit du Palais des congrès de Montréal, avec Eric Duchemin, directeur à AULAB, découvrirez le maraîchage sur toit et des produits de niches. Cette ferme maraichère est unique au Québec et l’une des rares dans le monde. Venez en apprendre davantage sur la production alimentaire en milieu urbain, la recherche appliquée et les pratiques agricoles adaptées aux toits !
Les autres fermes urbaines à visiter dans la cadre des portes ouvertes- UPA 2026
JARDINIER PARESSEUX / En 2021, Dany Baillargeon s’est livré à un acte de «désobéissance horticole» en laissant pousser sa pelouse, contrevenant au règlement municipal. Ces deux dernières années, Jean-Sébastien Laplante a cumulé plus de 700 $ d’amende pour avoir refusé de tondre l’herbe. Son bras de fer avec la Ville a contribué à relancer le débat de la biodiversité dans la cour avant.
Le 7 juillet 2026, le conseil municipal de Sherbrooke a finalement modifié sa réglementation afin d’autoriser plusieurs solutions de rechange à la pelouse traditionnelle, notamment les jardins de biodiversité, les prés fleuris, les couvre-sols et les jardins de plantes comestibles. Selon la Ville, cette réforme vise à favoriser l’adaptation aux changements climatiques, une gestion plus écologique des espaces verts ainsi que la préservation de la biodiversité.
Quatre options pour verdir votre façade
Concrètement, les Sherbrookois peuvent désormais remplacer leur pelouse par l’un des quatre types d’aménagements reconnus par la Ville:Plantes couvre-sols: Les couvre-sols forment un tapis végétal bas qui remplace efficacement le gazon. Des végétaux comme le thym serpolet (Thymus serpyllum), les carex (Carex spp.) ou le trèfle blanc (Trifolium repens) demandent généralement beaucoup moins d’entretien qu’une pelouse, une fois bien établis. Les couvre-sols étaient déjà permis en cour avant, mais sont maintenant explicitement reconnus par le règlement municipal.
Jardin de biodiversité: Ce type d’aménagement regroupe des vivaces, des arbustes et des arbres offrant nourriture et abri à la faune. Il peut comprendre des plantes nectarifères, des plantes hôtes pour les papillons ainsi que des arbustes à fruits pour les oiseaux. Les plantes indigènes ne sont pas obligatoires, mais elles demeurent généralement les plus bénéfiques pour la biodiversité locale.
Un jardin de biodiversité à l’avant de la maison. (Richard Goldberg/.
Pré fleuri: Le pré fleuri est composé d’un mélange de fleurs sauvages et de graminées, annuelles et vivaces, sans arbres ni arbustes. Il offre une floraison abondante qui nourrit les pollinisateurs tout en créant un aménagement naturel.
Jardin de plantes comestibles: Les espaces consacrés à la culture de fruits, de légumes, de fines herbes ou de fleurs comestibles étaient déjà autorisés en cour avant. Le nouveau règlement les reconnaît maintenant explicitement comme un type d’aménagement paysager qui est permis en façade.
Le complexe de l’entreprise Greenphyto, haut de 23,3 mètres et inscrit au Livre Guinness des records, mise sur les robots et l’intelligence artificielle pour produire jusqu’à 2000 tonnes de légumes par année.
Le producteur singapourien a investi l’équivalent de 87 millions de dollars canadiens pour s’attaquer à l’une des préoccupations les plus pressantes en Asie, soit de produire suffisamment de nourriture au moment où le climat est plus imprévisible que jamais et où la main-d’œuvre agricole est vieillissante.
En arrivant à cette ferme verticale, située dans un quartier industriel de l’ouest de Singapour et officiellement qualifiée de centre d’innovation, on a l’impression d’entrer dans une usine plutôt que dans une ferme.
Les rangées de bacs blancs contenant les légumes verts s’étendent à perte de vue, empilées sur plusieurs niveaux et éclairées par des milliers de lumières DEL.
Des robots déplacent les plateaux de culture d’un niveau à l’autre pendant que l’intelligence artificielle utilise les caméras et différents capteurs pour suivre la croissance des plants et surveiller leur état.
Presque chaque étape de la production est contrôlée, allant de l’ensemencement à l’apport de nutriments dans le complexe qui peut accueillir 1,2 million de plants de laitues et de légumes verts de la famille des choux asiatiques.
L’intelligence artificielle ajuste également la lumière, la température et l’humidité afin d’obtenir les conditions de croissance optimales. Le rendement est d’environ 45 fois celui de l’agriculture traditionnelle.
Au Canada, l’agriculture verticale demeure un secteur émergent, mais certains producteurs y voient déjà une façon de rapprocher les aliments des consommateurs et de renforcer la sécurité alimentaire.
Elle cite le Québec comme marché potentiel où son modèle pourrait être intéressant en raison de l’accès à une électricité produite à partir de l’hydroélectricité.
Visés par une expulsion des jardins communautaires cet automne, les membres non résidents de l’arrondissement vivent dans l’incertitude depuis 3 ans.
Un compromis jugé satisfaisant, entre les membres des jardins communautaires d’Ahuntsic-Cartierville et l’arrondissement, a été conclu.
L’entente donne aux personnes non résidentes, membres d’un jardin depuis plus de trois ans, la possibilité de rester membres de ce jardin tant qu’une place ne leur a pas été offerte dans leur arrondissement.
La genèse des revendications
En 2023, un règlement de l’administration précédente a mis le feu aux poudres. Émilie Thuillier, mairesse de l’arrondissement à cette époque, a expliqué au Journal des voisins les raisons pour lesquelles la décision de réserver les parcelles de jardins exclusivement aux résidents de l’arrondissement a été prise. « Cette situation existe ailleurs, c’était le critère le plus facile pour accorder la chance à tous d’avoir un accès aux jardins. Nous avons donné trois ans aux jardiniers concernés pour s’inscrire sur une liste d’attente dans un jardin près de chez eux. »
Cette décision avait suscité une importante mobilisation des membres des jardins communautaires, qui se sont exprimés au moyen de pétitions, d’articles dans les médias locaux et de représentations devant le conseil d’arrondissement.
[…]
Chance, sept ans, tient fièrement une partie de la récolte à laquelle elle a contribué sur le toit du Centre multiethnique de Québec. Pour la petite Congolaise récemment arrivée au Québec, le jardin est devenu un repère dans un monde où presque tout est nouveau. (Caroline Grégoire/Le Soleil)
Chance n’a pas huit ans, mais elle manie déjà le sécateur avec l’assurance de Marthe Laverdière.
Sous un soleil de plomb, la petite Congolaise, qui a trouvé refuge au Québec avec sa famille dans les derniers mois, se faufile entre les sacs de terre, les fèves grimpantes et les plants de tomates installés sur le toit du Centre multiethnique de Québec (CMQ). Un lieu qui accueille et loge les personnes immigrantes et les accompagne dans leur nouvelle vie au Québec.
Chance observe les adultes et retourne aussitôt à l’ouvrage en reproduisant leurs gestes.
«C’est ça, les enfants en Afrique: quand ils voient les parents faire, les enfants vont pratiquer», explique sa grande sœur Patience en la regardant faire.
Elle-même est une jardinière assidue. Sans doute la plus enthousiaste parmi la clientèle du CMQ: chaque fois que l’espace jardin est accessible, c’est la première arrivée et la dernière repartie.
Sa famille fait partie d’un projet d’agriculture en ville mené conjointement par le CMQ et l’Office municipal d’habitation de Québec (OMHQ), et chapeauté par AU/LAB, le Laboratoire d’agriculture urbaine.
Au milieu du béton, des grues et des immeubles de Québec, une centaine de mètres carrés de légumes poussent sur le toit du Centre multiethnique. Un petit îlot de terre en pleine ville. (Caroline Grégoire/Le Soleil)
Bien que l’organisme communautaire de lutte contre l’insécurité alimentaire soit basé dans Le Plateau-Mont-Royal, sur la rue Roy, la nouvelle bâtisse se trouve à plus de 35 km de distance sur sa ferme de Senneville, à l’extrémité ouest de l’île de Montréal.
Locataire de cette ferme de 1,2 hectare depuis 2012, Santropol Roulant y fait la production de fruits et de légumes.
Parmi les récoltes, on trouve du sarrasin, de l’avoine, des petits pois, de l’ail, des courges, de la rhubarbe, des asperges, des framboises, des camerises, des kiwis de Sibérie, des raisins, des concombres à confire, des tomates, des abricots et des pommes.
Certaines plantes cultivées ne sont toutefois pas destinées à être mangées, mais plutôt à rendre les sols fertiles.
Dans la majorité des cas, les aliments sont offerts à des banques alimentaires de l’ouest de l’île et des environs.
[…]