Le changement de vocation de l’Hôtel 2170 Lincoln (un ancien Marriott Residence Inn) arrive à point nommé en pleine crise du logement, mais entraînera le licenciement de plus d’une trentaine d’employés.
Résumé
Conversion d’un hôtel Exit les touristes, bienvenue aux locataires
PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE
Un hôtel (au second plan) du centre-ville de Montréal, au 2170, avenue Lincoln, comptant plus de 200 chambres, deviendra dès l’automne une tour de logements.
Un hôtel du centre-ville de Montréal comptant plus de 200 chambres deviendra dès l’automne une tour de logements locatifs, a appris La Presse.
Publié à 2h17 Mis à jour à 6h00
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Philippe Teisceira-Lessard Équipe d’enquête, La Presse
Le changement de vocation de l’Hôtel 2170 Lincoln (un ancien Marriott Residence Inn) arrive à point nommé en pleine crise du logement, mais entraînera le licenciement de plus d’une trentaine d’employés.
« À la base, ce n’était pas l’intention », a indiqué le promoteur immobilier Kevin Hazout, qui a acquis la tour de béton de 21 étages en 2022. Mais devant les difficultés financières de l’opération hôtelière, la conversion en logements s’est imposée, a-t-il ajouté. « Ça fait 20 mois que nous sommes en essai, mais ça ne fonctionne pas. »
L’hôtel accueillera ses derniers touristes le 18 octobre et ses premiers locataires dans les jours suivants. Cette volte-face sera grandement facilitée par le fait que l’hôtel était déjà constitué de 221 suites équipées de cuisinettes : il s’agissait d’ailleurs d’un immeuble résidentiel avant sa conversion en hôtel dans les années 1980. Les conversions de bâtiments en immeubles résidentiels sont souvent beaucoup plus complexes.
« À part des petites choses mineures, il est prêt à être loué tout de suite. On a fait pas mal de rénovations aussi dans les dernières années pour essayer d’augmenter nos revenus », a dit M. Hazout, en entrevue téléphonique. Les appartements ont « 750 pieds carrés en moyenne, majoritairement une chambre et deux chambres ».
Les loyers iront de 1500 $ à 3200 $, selon la taille des appartements, incluant les meubles, l’électricité, le chauffage et la connexion à l’internet.
« On espère attirer de jeunes familles qui désirent habiter au centre-ville avant de faire l’acquisition d’une maison dans les prochaines années, des jeunes professionnels et bien évidemment des étudiants », a dit Kevin Hazout. L’immeuble est doté d’une piscine et d’espaces communs.
36 licenciements
Les élus de l’administration Plante n’ont pas voulu commenter la nouvelle.
Au total, « 36 employés syndiqués et non syndiqués » ont appris jeudi qu’ils seraient licenciés. Une poignée d’autres restera pour gérer l’immeuble.
L’équipe de M. Hazout a précisé que les démarches avec la Ville n’étaient pas encore finalisées, mais a produit un courriel d’un fonctionnaire de l’arrondissement assurant que le projet « serait permis de plein droit ».
Kevin Hazout a fait les manchettes plus tôt cette année après avoir annoncé la conversion d’une résidence de personnes âgées de 150 logements en immeuble résidentiel sans vocation particulière. L’administration Plante s’est vivement opposée à cette transformation.
Le jeune trentenaire possède – par l’entremise de plusieurs sociétés – un vaste parc immobilier. Il est notamment propriétaire de bâtiments datant de 1875 qui ont dû être démolis l’an dernier, rue Saint-Hubert, près du Vieux-Montréal, à la suite de travaux « réalisés de façon irréfléchie et incompétente », selon un jugement de la Cour supérieure. La Ville de Montréal avait demandé la démolition des immeubles, estimant que leur mauvais état menaçait la sécurité du public.
Avec les informations d’Isabelle Ducas, La Presse
